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Gouttes dans l'océan suivi de Anarchie en Bavière
Fassbinder Rainer-Werner
L ARCHE
15,50 €
Épuisé
EAN :9782851810632
Avec Gouttes dans l'océan, Fassbinder développe un thème qui lui est cher. Un jeune homme arrive un jour dans une garçonnière impersonnelle et froide. Franz avait rendez-vous avec sa petite amie, mais s'est laissé détourner en chemin par un inconnu qui l'a emmené chez lui. Il se tient là, embarrassé et gêné, mais déjà fasciné. Puis, tout s'enchaîne très vite : l'autre n'a pas à le séduire longtemps pour révéler son homosexualité, latente jusque-là. Dans un huis clos où les sentiments arrivent à leur paroxysme, Fassbinder décortique la dépendance de deux êtres que rien ne réunit, si ce n'est le sexe, leur incompréhension mutuelle, la cruauté quotidienne de leur relation. Jusqu'au jour où, pour s'en sortir, chacun ramène son ex-petite amie. La pièce, loin de tout manichéisme, suscite un rire plus que jaune tout comme la magnifique adaptation cinématographique de François Ozon. Incisive, elle témoigne autant des difficultés d'une vie de couple marginale que des déchirements quotidiens de tout couple : éternels désirs décalés, moyens de pression impitoyables, dont l'argent n'est pas le dernier. A propos de Anarchie en Bavière : "C'est une pièce de science-fiction naïve. Des jeunes gens font la révolution en Bavière et y proclament l'Anarchie Socialiste. Les différentes scènes, montées à la manière d'une revue, plaident pour une "longue marche", une révolution dans la conscience des révolutionnaires puis dans la conscience des citoyens." (Extrait du programme de l'Antitheater.)
Fassbinder Rainer Werner ; Ivernel Philippe ; Mull
Le Bouc. Jorgos, ce « Grec de Grèce » nouvellement arrivé dans une bourgade bavaroise, suscite autant le mépris racial que les fantasmes sexuels. Faite d une série de séquences brèves, la pièce est le patient tissage d un réseau associatif de mots et de phrases, rhétorique quotidienne dans et par laquelle s annonce le meurtre rituel de « l autre ». Les Larmes amères de Petra von Kant. Modéliste réputée, Petra von Kant tisse autour d une jeune femme qu elle emploie comme mannequin un rêve d amour sans homme ni barrière de classe. Liberté à Brême. Madame Gottfried, née Timm, veuve Miltenberger (Geesche dans la pièce), fut décapitée publiquement le 21 avril 1831 à Brême pour avoir empoisonné à l arsenic quinze personnes de son entourage. De ce fait divers qui en son temps défraya la chronique, Fassbinder tire une tragédie agressivement naïve de la vie bourgeoise.
Huit heures ne font pas un jour forme ce que l'on appelle aujourd'hui une "mini-série" en cinq épisodes, diffusée à la télévision d'octobre 1972 à mars 1973 sur la première chaîne allemande, ainsi que trois épisodes supplémentaires non réalisés. Cette mini-série décrit la vie quotidienne d'une famille de la classe ouvrière à Cologne en Allemagne de l'Ouest, entre utopie prolétaire post "30 Glorieuses" et anticonformisme culturel des années 1970. Au fil des épisodes se déploie une fresque familiale, emportée par le personnage de la grand-mère, Luise, l'aïeule indocile et entêtée, au franc-parler truculent et à l'impertinence malicieuse. Sans naturalisme feint ni goût prononcé pour la caricature sociale, Fassbinder y aborde les mécanismes d'oppression et l'aliénation par le travail à l'usine, lieu d'exercice de l'autorité des contremaîtres et des patrons, le désir d'émancipation par le travail chez les femmes, l'opportunisme insidieux de la presse, l'essor du consumérisme avec l'ouverture de l'Allemagne de l'Ouest au libéralisme occidental, ou des sujets plus tabous comme le désir amoureux des personnages âgées. Loin du documentaire social, c'est une démarche fictionnelle que privilégie Fassbinder, qui joue de manière délicieusement subversive avec les codes de la narration et de la représentation télévisuelle. Dans une démarche totalement novatrice et visionnaire comparable à celle des romanciers réalistes et naturalistes du 19e siècle, le réalisateur s'attache ici à la représentation d'un monde social, celui de l'usine et du milieu du prolétariat ouvrier, qui n'était traditionnellement pas "montré" dans les fictions télévisées réservées à des milieux plus favorisés.
Une femme d un certain âge, rondelette et maternelle, tombe amoureuse d un Maghrébin. Salem, lui, cherche en elle l affection qui lui fait défaut dans un environnement froid et hostile. Le ménage s installe, mais la vie douce et paisible, cette lueur d espoir dont ils rêvent tous les deux, est exposée à un danger mortel: le regard des autres, qui font de ce faux ménage l objet de tous les fantasmes. Sous ce regard, le couple est en danger, il risque de se désagréger. Pour qu il soit accepté, il faudra que son entourage y trouve un intérêt mercantile. Mais la peur dévore les âmes des immigrés et de ceux qui les aiment.
Fassbinder Rainer Werner ; Fischer Robert ; Straus
Rainer Werner Fassbinder (1945-1982), auteur, metteur en scène, homme de théâtre et cinéaste, ne s est jamais caché. Il a parlé dès le début, dans des entretiens avec des journalistes, avec des amis, il a parlé de lui-même et de son travail sans détour et dans le détail. Comme s il voulait compléter ou corriger les éléments autobiographiques qu on trouve, de façon ouverte ou latente, dans ses films et dans ses pièces, par des déclarations et des commentaires personnels. Ce volume rassemble 30 entretiens avec Rainer Werner Fassbinder, qui vont de 1969 à 1982, couvrant ainsi toute la carrière du cinéaste allemand le plus important de l après-guerre. « Il y a une honnêteté tout à fait honnête, une honnêteté presque honnête, une honnêteté à demi honnête et une honnêteté presque malhonnête, et le mensonge commence seulement après elle. Je ne raconte pas toujours toute la vérité. Mais je ne mens vraiment jamais ».
L'Amour de Phèdre semble occuper une position singulière parmi les pièces de Sarah Kane et il est de fait très rare qu'un auteur anglais adapte une pièce classique. L'adaptation s'intègre parfaitement dans l'univers de l'auteur : réapparaissent notamment la dissection d'une émotivité masculine malsaine et nihiliste, tout comme la question de Dieu et les conséquences de la violence.
Malgré l'image d'ermite qu'il s'est forgée ou qu'on lui a faite, Thomas Bernhard a participé activement à la vie sociale de l'Autriche et de l'Allemagne. A partir des années 80, il a adressé à des journaux des textes provocateurs, des "dramuscules" traitant de la xénophobie, du racisme et de la haine de l'autre dans la société d'aujourd'hui.
Sous le nazisme, la peur et la misère affectaient toutes les couches de la société allemande, l'intelligentsia, la bourgeoisie, la classe ouvrière. Il y a certes le courage de la poignée de militants qui, au mépris de tous les dangers, publient une littérature illégale. Mais il y a aussi la capitulation, face à la terreur, d'une trop grande part de l'intelligentsia. C'est ce qu'a voulu montrer Brecht, d'abord à ses compatriotes exilés, autour des années 1938, en écrivant la trentaine de courtes scènes, inspirées de la réalité même, de Grand-peur et misère du IIIe Reich. La pièce naît en 1934 de la volonté de Brecht et de Margarete Steffin, de rassembler un matériau composé de coupures de presse et de témoignages sur la vie quotidienne en Allemagne sous la dictature hitlérienne. Le titre fait allusion au roman Splendeurs et misères des courtisanes de Balzac, et inscrit donc la pièce dans une lignée de peintures naturalistes de la société allemande de l'avant-guerre, brossant un large tableau allant du monde ouvrier à la magistrature en passant par la petite bourgeoisie. La création de huit scènes aura lieu en mai 1938 à Paris devant un public essentiellement composé d'émigrés. Certaines scènes seront également publiées dans des revues d'émigrés visant à alerter l'opinion publique sur la réalité de la dictature en Allemagne et signalant le danger d'une guerre imminente. On y voit tour à tour la bourgeoisie, le corps médical, la justice, les enfants, les prisonniers, etc. évoluer face au régime. Ce n'est cependant qu'après la Seconde Guerre mondiale que la pièce rencontre son succès, car elle montre, comme le disait Brecht lui-même, "la précarité évidente du IIIe Reich, dans toutes ses ramifications, contenue uniquement par la force". Aujourd'hui encore, Grand-peur et misère du IIIe Reich résonne comme un avertissement contre toute forme de système absolu et reste l'un des textes clés du vingtième siècle et au-delà. C'est un manifeste qui invite à lutter contre toute forme politique basée sur la discrimination et sur la crainte.