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Huit heures ne font pas un jour. Une série familiale
Fassbinder Rainer Werner ; Muhleisen Laurent
L ARCHE
19,50 €
Épuisé
EAN :9782381980225
Huit heures ne font pas un jour forme ce que l'on appelle aujourd'hui une "mini-série" en cinq épisodes, diffusée à la télévision d'octobre 1972 à mars 1973 sur la première chaîne allemande, ainsi que trois épisodes supplémentaires non réalisés. Cette mini-série décrit la vie quotidienne d'une famille de la classe ouvrière à Cologne en Allemagne de l'Ouest, entre utopie prolétaire post "30 Glorieuses" et anticonformisme culturel des années 1970. Au fil des épisodes se déploie une fresque familiale, emportée par le personnage de la grand-mère, Luise, l'aïeule indocile et entêtée, au franc-parler truculent et à l'impertinence malicieuse. Sans naturalisme feint ni goût prononcé pour la caricature sociale, Fassbinder y aborde les mécanismes d'oppression et l'aliénation par le travail à l'usine, lieu d'exercice de l'autorité des contremaîtres et des patrons, le désir d'émancipation par le travail chez les femmes, l'opportunisme insidieux de la presse, l'essor du consumérisme avec l'ouverture de l'Allemagne de l'Ouest au libéralisme occidental, ou des sujets plus tabous comme le désir amoureux des personnages âgées. Loin du documentaire social, c'est une démarche fictionnelle que privilégie Fassbinder, qui joue de manière délicieusement subversive avec les codes de la narration et de la représentation télévisuelle. Dans une démarche totalement novatrice et visionnaire comparable à celle des romanciers réalistes et naturalistes du 19e siècle, le réalisateur s'attache ici à la représentation d'un monde social, celui de l'usine et du milieu du prolétariat ouvrier, qui n'était traditionnellement pas "montré" dans les fictions télévisées réservées à des milieux plus favorisés.
Avec Gouttes dans l'océan, Fassbinder développe un thème qui lui est cher. Un jeune homme arrive un jour dans une garçonnière impersonnelle et froide. Franz avait rendez-vous avec sa petite amie, mais s'est laissé détourner en chemin par un inconnu qui l'a emmené chez lui. Il se tient là, embarrassé et gêné, mais déjà fasciné. Puis, tout s'enchaîne très vite : l'autre n'a pas à le séduire longtemps pour révéler son homosexualité, latente jusque-là. Dans un huis clos où les sentiments arrivent à leur paroxysme, Fassbinder décortique la dépendance de deux êtres que rien ne réunit, si ce n'est le sexe, leur incompréhension mutuelle, la cruauté quotidienne de leur relation. Jusqu'au jour où, pour s'en sortir, chacun ramène son ex-petite amie. La pièce, loin de tout manichéisme, suscite un rire plus que jaune tout comme la magnifique adaptation cinématographique de François Ozon. Incisive, elle témoigne autant des difficultés d'une vie de couple marginale que des déchirements quotidiens de tout couple : éternels désirs décalés, moyens de pression impitoyables, dont l'argent n'est pas le dernier. A propos de Anarchie en Bavière : "C'est une pièce de science-fiction naïve. Des jeunes gens font la révolution en Bavière et y proclament l'Anarchie Socialiste. Les différentes scènes, montées à la manière d'une revue, plaident pour une "longue marche", une révolution dans la conscience des révolutionnaires puis dans la conscience des citoyens." (Extrait du programme de l'Antitheater.)
Entre un café et un tripot, des habitants de Venise font des affaires, jouent, se disputent, se jalousent, se trompent, se volent, se menacent. Mais trahisons et malhonnêtetés n'empêchent pas que tout finisse par rentrer dans l'ordre et que les couples un moment désunis ne se reforment. Le grand perdant n'est plus, comme dans la pièce de Goldoni, don Marzio, la mauvaise langue convaincue de délation, mais Trappolo, le valet au coeur trop tendre, que son affection pour le jeune et bel Eugenio amène à montrer imprudemment le magot qu'il cachait.
Fassbinder Rainer Werner ; Fischer Robert ; Straus
Rainer Werner Fassbinder (1945-1982), auteur, metteur en scène, homme de théâtre et cinéaste, ne s est jamais caché. Il a parlé dès le début, dans des entretiens avec des journalistes, avec des amis, il a parlé de lui-même et de son travail sans détour et dans le détail. Comme s il voulait compléter ou corriger les éléments autobiographiques qu on trouve, de façon ouverte ou latente, dans ses films et dans ses pièces, par des déclarations et des commentaires personnels. Ce volume rassemble 30 entretiens avec Rainer Werner Fassbinder, qui vont de 1969 à 1982, couvrant ainsi toute la carrière du cinéaste allemand le plus important de l après-guerre. « Il y a une honnêteté tout à fait honnête, une honnêteté presque honnête, une honnêteté à demi honnête et une honnêteté presque malhonnête, et le mensonge commence seulement après elle. Je ne raconte pas toujours toute la vérité. Mais je ne mens vraiment jamais ».
Après la mort de Fassbinder, sa mère retrouva un manuscrit, qu'il avait conçu en vue de son examen d'études cinématographiques, et qu'il avait transformé par la suite en pièce radiophonique. Qu'une tranche de pain, écrit en 1967, un an avant la révolte des jeunes contre leurs pères, reprend un point non négligeable du débat sur l'Holocauste soulevée en ces termes par le philosophe Adorno : "Après Auschwitz, il n'y a plus de poésie possible." Fassbinder prend pour sujet l'histoire d'un jeune cinéaste qui a obtenu un contrat pour un film, une fiction sur Auschwitz, de ses affrontements avec l'équipe du film, des doutes qu'il éprouve à filmer ce qu'il estime irreprésentable. Ce n'est pas une pièce sur Auschwitz, mais une pièce qui fait réfléchir sur les images qu'engendre Auschwitz, et c'est là son aspect prémonitoire et contemporain.
Anéantis, la première pièce de la dramaturge anglaise fut créée en 1995 à Londres au Royal Court Theatre. La pièce comme l'auteur devenaient immédiatement célèbres, faisant les gros titres de la presse britannique parce qu'ils décrivaient le viol, la torture et la brutalité de cette guerre qu'on appelle civile.
Le métro, lui, il s'en fout. Il charrie. Des gens. Assis. Debout. Toujours les mêmes. Il charrie en bas, en creux, plus profond que la mer ; charrie le mensonge de destinations aux noms de châteaux et de plaines.
L'Amour de Phèdre semble occuper une position singulière parmi les pièces de Sarah Kane et il est de fait très rare qu'un auteur anglais adapte une pièce classique. L'adaptation s'intègre parfaitement dans l'univers de l'auteur : réapparaissent notamment la dissection d'une émotivité masculine malsaine et nihiliste, tout comme la question de Dieu et les conséquences de la violence.
Olivier Aurélie ; Delaume Chloé ; Chiambretto Soni
21 grands noms de la scène poétique francophone se racontent. Ces lettres racontent leur parcours, leur intimité, leur place dans la société des lettres. Dans ces billets, mots d'humeur, mots d'ordre pour un nouvel ordre du monde, elles prennent le contre-pied d'un lyrisme classique. La femme n'est pas (seulement) Muse, mais Poète, Musicienne, Inspiratrice, Agente de son propre désir. Poésie verticale et adressée, ces lettres racontent les combats, les dialogues et les rencontres qui font de l'écriture une matière politique. Une chair à vif, une matière spirituelle inflammable, une sensualité sans contraintes. Dotées d'une virulence poétique radicale et troublante, ces lettres racontent une soif de partage, un désir de transmission, un rêve de l'autre, l'histoire d'une reconquête de soi. s.