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Les enfants d'Edom. Et autres nouvelles
Fardoulis-Lagrange Michel
CORTI
18,55 €
Épuisé
EAN :9782714305770
Né en 1910 au Caire, mort en 1994, Michel Fardoulis-Lagrange a toujours été, pour reprendre les termes de Patrick Kéchichian dans Le Monde, un écrivain secret : "Loin d'être l'expression d'une coquetterie, d'une pose sociale ou psychologique, le secret était le coeur de son oeuvre et sans doute de sa vocation. Il le portait aussi, avec une singulière intensité, sur son visage et dans son regard." Salué par de grands contemporains, Artaud, Bataille, Eluard, Henein, Jacob ou Leiris, Fardoulis-Lagrange publiera entre 1942 et 1992 une quinzaine de livres. A l'instar du Texte inconnu (Minuit, 1948), Michel Fardoulis-Lagrange prévoyait dès 1986 la publication des Enfants d'Edom. Aussi ce recueil réunit-il diverses nouvelles parues entre 1943 et 1993, en revues ou en plaquettes à tirage restreint, auxquelles cinq textes inédits sont adjoints. Pour Michel Fardoulis-Lagrange, le travail sur un texte s'achevait avec sa publication, sans quoi celui-ci était souvent repris, même à des années d'intervalle, s'épurant, tout en s'enrichissant de considérations atemporelles, "jusqu'à ce que le récit éclate et nous recouvre tous", les textes prenant alors, au cours des ans, des dimensions cosmiques. Dès Péristyle, qui ouvre le recueil, le ton est donné : "Pendant quelque temps la génisse qui fut aussi une aïeule flotta sur le fleuve ; puis des années passèrent sans qu'elle regagnât la surface, sensible parfois dans la profondeur de l'eau aux yeux amnésiques de son gardien." Nous avons passé le pont et reconnaissons instantanément l'étrangeté et la singularité du style de Fardoulis-Lagrange. Chant biblique ou mythique, hors du temps, son écriture tient du prodige. Comme pour L'inachèvement, son précédent livre, elle seule détient le mystère qui parcourt l'ouvrage. Aucune des nouvelles ne peut se résumer ; pour reprendre le mot de Michel Leiris, seul leur convient d'ailleurs le terme de nouvelle poétique, où la part de la contemplation est toujours primordiale. Les images parfois très abstraites, parfois très concrètes sont toujours surprenantes comme si, pour Fardoulis-Lagrange, l'écriture avait d'abord cette première vertu de proposer une nouvelle vision du monde par la seule puissance du style.
Après Sébastien, l'enfant et l'orange (réédité en 1986 avec une postface de Michel Leiris), le Grand Objet extérieur approfondit l'aventure poétique de Michel Fardoulis-Lagrange. Ce récit met en scène les membres d'une même famille — descendants apaisés des lointains Atride — confrontés à l'extériorité énigmatique du réel. Le livre s'ouvre sur l'éventration de poissons dans un évier, opération qui prend ici des proportions universelles.
Né en 1910 au Caire, mort en 1994, Michel Fardoulis-Lagrange a toujours été, pour reprendre les termes de Patrick Kéchichian dans Le Monde, un écrivain secret : "Loin d'être l'expression d'une coquetterie, d'une pose sociale ou psychologique, le secret était le coeur de son oeuvre et sans doute de sa vocation. Il le portait aussi, avec une singulière intensité, sur son visage et dans son regard." Salué par de grands contemporains, Artaud, Bataille, Eluard, Henein, Jacob ou Leiris, Fardoulis-Lagrange publiera entre 1942 et 1992 une quinzaine de livres. Robert Lebel, dans la première édition (Soleil Noir, 1969), présentait en ces termes ce témoignage si curieux de la rencontre de Georges Bataille et de la profonde amitié et complicité qui lia les deux écrivains à partir de 1942 : "Quelques rares personnages hors mesure ont eu si fortement le goût du secret qu'on peut difficilement se permettre de prononcer leur nom et encore moins d'en faire le titre d'un livre. Ainsi s'explique et se justifie la discrétion de Prosper Mérimée lorsqu'il publia son "H. B." après la mort de Stendhal, ou de Baudelaire qui, dans "Le peintre de la Vie Moderne", se borne à désigner Constantin Guys d'un énigmatique M. G., ou de Jean Paulhan qui intitula son étude sur Félix Fénéon "E E. ou le critique". Qui mérite mieux que Georges Bataille le droit d'accéder à cette galerie de portraits anonymes ? Mais Michel Fardoulis-Lagrange, tout en se montrant plus allusif encore que les auteurs précités, réussit néanmoins à rendre son modèle physiquement reconnaissable et à restituer le climat de conjuration qu'il imposait autour de lui". A la fin du volume figure une brève chronologie (1936-1951) des événements qui entourèrent cette rencontre.
Au travers de ces nouvelles, toutes relatant des états quotidiens si humains qu'ils en deviennent ordinaires et singuliers à la fois, l'auteur tente de reconstituer un ordre des choses qui lui est propre. Picasso a parlé autrefois de ses tableaux " comme d'une somme de destruction ". " Cependant dans de rares moments de félicité, dit toujours Picasso, l'on peut appréhender ce même monde et voir que le temps scintille, pour peu que l'ordre amoureux/amical s'installe pour un temps sans nuages noirs. " C'est en partant de ce constat que Laure Fardoulis imagine que, pour reconstruire son savoir, on peut regarder s'agiter les bêtes ! Le chat amoureux fou et son comparse le chat méchant, et d'autres - ils ont le même air que nous dans le cœur. Est-ce en raison d'" une effroyable volonté de bonheur " au départ ? Peut-être !
J'ignore tout de Solange Brillat ou plus exactement, j'ignorais tout. La presse, ces derniers jours, évoque sa disparition et publie une photo noir et blanc. Solange sourit, et derrière son sourire il y a un lac. Où cela peut-il être ? Qui a pris cette photo, à quelle occasion ? Un journaliste qui avait frappé à ma porte la semaine dernière cite mon témoignage, quelques mots que je me souviens vaguement avoir prononcés : "Selon son voisin, c'était une jeune femme très discrète, banale." J'imagine Solange Brillat quelque part à une table de café, lisant les épithètes de sa gloire et tentant de se remémorer son voisin. Très discrète, banale. Ces mots aujourd'hui, je les regrette"
Voici rééditée pour la 4ème fois cette seule édition intégrale commentée de l'ensemble des 201 contes des frères Grimm auxquels sont joints les 28 textes qu'ils ont supprimés dans la dernière mouture de leur recueil, et 10 légendes pour les enfants. Nous l'avons cette fois réédité en 1 volume de 1175 pages. Extrait de la presse unanime et élogieuse à la sortie du livre en 2009. Enfin paraît en France la première édition intégrale des 239 contes collectés par les frères Grimm, y compris les censurés, y compris les retranchés. Cette édition est indispensable à tous ceux qui aiment les livres. (...) Il y a au fond du conte, continuant de rêver, en état de rébellion à l'état pur, en état de splendeur à l'état pur, un jadis animal aussi intraitable que l'enfant incorrigible. Pascal Quignard, Le Monde des livres Les contes des Grimm doivent leur magie à la souffrance qui les fixe et la liberté qui les porte. (...) La plupart des auteurs feraient de cet enfer des machines moralistes, des manuels édifiants, ou, pire encore, des romans psychologiques. Ici, rien de tel. Lire est un acte libre. L'imagination est l'action : elle va vite, comme une vie courte réduite à l'essentiel. Philippe Lançon, Libération Classées au patrimoine mondial de l'Unesco, les 239 histoires recueillies par les frères Grimm, " vivent encore aujourd'hui ", comme on dit de leurs héros. Cette nouvelle traduction leur rend fraîcheur et rugosité. Isabelle Rüf, Le temps Soit donc deux beaux volumes, copieusement annotés et soigneusement illustrés (...). Postface, notes copieuses, index précis : l'appareil critique est sans faille, mais jamais pesant ? libre au lecteur de choisir de l'oublier ou d'en faire son miel. Nathalie Crom, Télérama