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Le texte inconnu
Fardoulis-Lagrange Michel
CORTI
14,70 €
Épuisé
EAN :9782714307514
Celui qui écrit fait nécessairement acte de mondanité, tout en ouvrant des perspectives nouvelles au langage ; l'écriture, comme l'automatisme en général, tend à la communication ; seulement à la limite de sa réussite les choses se gâtent et celui qui communique se soustrait de plus en plus à son identité recherchée. Par delà quelques frontières le langage est toujours abstrait, et le secret réside dans des détails infimes qu'on a négligés en route et qui éclairent d'une manière diffuse ce passé où notre tentative a expiré. Il serait donc absurde de prétendre à l'immédiateté par des voies traditionnelles. Le roman comme la poésie n'abordent que le côté le moins rigoureux de l'existence humaine, ainsi que l'historique. Quelle est donc la place de la littérature parmi ce chiffre de fulgurances ? Dans les cadres de ce livre, elle est essentiellement souvenir ; mais celui-ci n'est pas dépourvu d'anticipation. M. F-L
Chaque grand écrivain, disait Marcel Proust, écrit dans une langue étrangère. Dans la postérité du Texte inconnu (Editions de Minuit, 1948) et de L'Observance du Même, (Puyraimond, 1978), Michel Fardoulis-Lagrange poursuit avec L'Inachèvement, une expérience de la factualité ontologique du Logos menant à l'évidence sensible autant qu'à l'abstraction, au sens kandinskien. Il y a dans cette oeuvre en suspens indéfini, ouverte à maint éclairage ainsi qu'aux ombres de l'élucidation, un enjeu insondable : quand le Neutre, signe troué de l'être, appelle l'effacement de la lumière du grand midi à travers les hauts faits de l'apparence en son clair-obscur légendaire. Hubert Haddad.
Après Sébastien, l'enfant et l'orange (réédité en 1986 avec une postface de Michel Leiris), le Grand Objet extérieur approfondit l'aventure poétique de Michel Fardoulis-Lagrange. Ce récit met en scène les membres d'une même famille — descendants apaisés des lointains Atride — confrontés à l'extériorité énigmatique du réel. Le livre s'ouvre sur l'éventration de poissons dans un évier, opération qui prend ici des proportions universelles.
Quatrième de couverture Dossier complet qui offre le parfum de divers moments dans la constitution d'une sensibilité, celle d'un temps qui nous précède à peine, Échanges et correspondances est le coffret singulier où deux silhouettes ne cessent de s'effleurer, avides de ce heurt violemment délicat. Bataille et Leiris nous parlent certes par eux-mêmes, dans la force de leurs œuvres, mais il n'est pas discutable que leur amitié fraternelle constitue à nos yeux un surcroît de légitimité, qu'elle ajoute une touche de lumière à chacune des mythologies en acte dans les poèmes, récits et essais tentés par l'un et l'autre. Ce volume est la trace d'une attention réciproque, active dans la crainte d'une distance comme dans l'affrontement de la différence. Il est le déni de toute solitude et la communauté d'une dissidence.
Né en 1910 au Caire, mort en 1994, Michel Fardoulis-Lagrange a toujours été, pour reprendre les termes de Patrick Kéchichian dans Le Monde, un écrivain secret : "Loin d'être l'expression d'une coquetterie, d'une pose sociale ou psychologique, le secret était le coeur de son oeuvre et sans doute de sa vocation. Il le portait aussi, avec une singulière intensité, sur son visage et dans son regard." Salué par de grands contemporains, Artaud, Bataille, Eluard, Henein, Jacob ou Leiris, Fardoulis-Lagrange publiera entre 1942 et 1992 une quinzaine de livres. Robert Lebel, dans la première édition (Soleil Noir, 1969), présentait en ces termes ce témoignage si curieux de la rencontre de Georges Bataille et de la profonde amitié et complicité qui lia les deux écrivains à partir de 1942 : "Quelques rares personnages hors mesure ont eu si fortement le goût du secret qu'on peut difficilement se permettre de prononcer leur nom et encore moins d'en faire le titre d'un livre. Ainsi s'explique et se justifie la discrétion de Prosper Mérimée lorsqu'il publia son "H. B." après la mort de Stendhal, ou de Baudelaire qui, dans "Le peintre de la Vie Moderne", se borne à désigner Constantin Guys d'un énigmatique M. G., ou de Jean Paulhan qui intitula son étude sur Félix Fénéon "E E. ou le critique". Qui mérite mieux que Georges Bataille le droit d'accéder à cette galerie de portraits anonymes ? Mais Michel Fardoulis-Lagrange, tout en se montrant plus allusif encore que les auteurs précités, réussit néanmoins à rendre son modèle physiquement reconnaissable et à restituer le climat de conjuration qu'il imposait autour de lui". A la fin du volume figure une brève chronologie (1936-1951) des événements qui entourèrent cette rencontre.
Heinrich Bernd ; Homassel Anne-Sylvie ; Indoukaeva
Dans En été - Une saison d'abondance Bernd Heinrich parvient à nous communiquer son sens inépuisable de l'émerveillement en nous faisant partager la vénération qu'il éprouve pour le foisonnement du vivant, à partir de ses observations sur le terrain comme de ses recherches scientifiques. Qu'il s'agisse de réflexions sur les guerres entre les fourmis, des particularités prédatrices des guêpes, des rituels de séduction des pics verts ou de sa description de la découverte d'une route encombrée de grenouilles des bois, En été nous offre un panorama d'une beauté évidente sur les interactions complexes entre le règne animal et le règne végétal, entre le réchauffement estival et la luxuriance de la nature. Comment des cigales parviennent-elles à survivre - et à prospérer - à des températures allant jusqu'à plus de 46° C ? Les oiseaux mouches savent-ils à quoi ils seront confrontés avant d'entreprendre leur migration vers le Golfe du Mexique ? Pourquoi certains arbres cessent-ils de grandir alors qu'ils disposent encore d'une période de trois mois de temps chaud ? Avec un sens de l'émerveillement et une compétence incomparable, Heinrich étudie une centaine de questions de ce type. On comprend aisément que Heinrich soit considéré aux Etats-Unis comme le digne successeur de Thoreau, parmi les écrivains américains contemporains de la nature.
Résumé : Ce livre est né de dix années d'affût, et d'un si long regard que l'oeil qui observait s'est peu à peu identifié à l'oiseau qu'il pourchassait. Chasseur pacifique, chasseur d'images, qui a épié les faucons pèlerins dans une vallée débouchant sur les marécages de l'estuaire de la Tamise, entre octobre et avril, quand les étangs désertés se chargent des brumes et des silences de l'automne, des soleils pâlis et des drames de la nature, et qui, à son tour devenu proie, s'est fondu dans le paysage mouillé, s'est fait lui-même roman, journal, livre de nature, poème-jeté, comme l'oiseau, point dans le ciel, parole dans le silence. Ce livre, d'abord publié au Mercure de France, en 1968, était épuisé, nous le rééditons enrichi d'une postface de Francis Tabouret, dans la traduction d'Elisabeth Gaspar, revue.
J'ignore tout de Solange Brillat ou plus exactement, j'ignorais tout. La presse, ces derniers jours, évoque sa disparition et publie une photo noir et blanc. Solange sourit, et derrière son sourire il y a un lac. Où cela peut-il être ? Qui a pris cette photo, à quelle occasion ? Un journaliste qui avait frappé à ma porte la semaine dernière cite mon témoignage, quelques mots que je me souviens vaguement avoir prononcés : "Selon son voisin, c'était une jeune femme très discrète, banale." J'imagine Solange Brillat quelque part à une table de café, lisant les épithètes de sa gloire et tentant de se remémorer son voisin. Très discrète, banale. Ces mots aujourd'hui, je les regrette"