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La piscine Molitor
Fardoulis Laure ; Abeille Jacques
JOELLE LOSFELD
14,20 €
Épuisé
EAN :9782844120625
À Auteuil, entre les stations de métro Michel-Ange et Chardon-Lagache. C'est là qu'a grandi la narratrice (laquelle se confond avec l'auteur), dans ce quartier chic de Paris. Son père est écrivain, plutôt méconnu (mais bien réel), généreux et secret à la fois, cultivant une certaine fierté, la quête d'un idéal. D'emblée, ce premier roman de Laure Fardoulis s'inscrit et s'écrit sous l'égide paternelle. À côté de cette figure, une mère présente, très présente sans être envahissante, qui tient les rênes du foyer, évite les dérapages, les dérives matérielles, une mère courage et obstinée, intuitive, attentive aussi à l'harmonie familiale. Roman d'une éducation, La Piscine Molitor (laquelle est tout près du foyer parental), est un exercice de la mémoire, où les souvenirs vont, viennent, accostent parfois sur le bord de la piscine (métaphore du temps perdu, de l'éden familial, et panthéon où sont venus se réfugier les petits bonheurs passés). Un récit non dépourvu de lyrisme, au diapason de l'émotion, de la mémoire, sensible et délicate. --Céline Darner
Une femme rencontre un homme qu'elle a aimé vingt ans plus tôt et dont elle s'était séparée très vite. Ils se retrouvent par hasard à Villerville en Normandie et se rapprochent pendant six mois. Au cours d'un voyage à Lisbonne - Lisbonne est une " figure emblématique du bonheur ", du Sud et de ce qui se dégrade avec le temps -, elle tente de lui faire partager ce qu'a été sa vie durant cette longue séparation. La prédominance picturale (Hockney entre autres) imprègne ses souvenirs comme autant de tableaux qui ont composé sa vie. Elle lui raconte les rencontres, les amis, les amants, peintres, écrivains, aventuriers, personnages cruels ou angéliques.
Chaque grand écrivain, disait Marcel Proust, écrit dans une langue étrangère. Dans la postérité du Texte inconnu (Editions de Minuit, 1948) et de L'Observance du Même, (Puyraimond, 1978), Michel Fardoulis-Lagrange poursuit avec L'Inachèvement, une expérience de la factualité ontologique du Logos menant à l'évidence sensible autant qu'à l'abstraction, au sens kandinskien. Il y a dans cette oeuvre en suspens indéfini, ouverte à maint éclairage ainsi qu'aux ombres de l'élucidation, un enjeu insondable : quand le Neutre, signe troué de l'être, appelle l'effacement de la lumière du grand midi à travers les hauts faits de l'apparence en son clair-obscur légendaire. Hubert Haddad.
Si les prémices de toute initiation consistaient à s'imprégner de l'esprit des lieux, il faudrait se laisser dériver dans L'Observance du même jusqu'aux abords de la grande année. Certes, l'exploration du labyrinthe dont elle forme la voûte ne cessera jamais, mais toute approche de l'oeuvre de Michel Fardoulis-Lagrange en serait soudain d'autant plus aisée.Dégagés de l'emprise de la mémoire, les signes nous parlent et se jumellent, les paradoxes et contraires se conjuguent - puisqu'abordés dans l'indifférenciation comme s'il s'agissait de tracer de nouvelles lignes de fuite dans la transparence. Nous assistons ici aux commencements du Texte lorsque se comblent les failles du langage. Cette traversée s'apparente à celle du temps, un temps toujours vacant : même parcours non inscrit, en perpétuel retour sur lui-même, et que les «corps de soupçon» régénèrent ; sorte de mouvement rotatoire allant toujours s'élargissant, où rien ne se perd au coeur des répétitions.Chez Fardoulis les livres se répondent (L'Inachèvement n'est-il pas une variante de L'Observance ?), et l'approche des grands déchiffrements s'inscrit dans une écriture sans cesse tournée sur elle-même. Mais que pourrait-on déchiffrer qui ne se corrompe déjà ? Empreinte sur empreinte provoque un recouvrement et un corps de résistance. En sondant toujours plus avant les détails, des correspondances fulgurent et se succèdent, les unes taisant les autres, tandis que l'affranchissement de l'être l'expose aux transpositions.De L'Observance du même, Fardoulis tenterait-il d'accéder au sacré, fusion des êtres et de l'univers, où toute identité s'épuise ? Plus de hiérarchie donc, mais un chemin sans balise ni limitation, l'être tenu disponible au seuil de l'insouciance. Les cycles vont se dérouler infiniment et les événements feront sens à travers simulacres et divertissements. C'est peut-être aussi le règne de l'hypnose, où lumière et ténèbre s'égalisent. Les inondations du reste vont effacer l'ultime trace, si devait encore subsister ici ou là le poids des siècles...
Né en 1910 au Caire, mort en 1994, Michel Fardoulis-Lagrange a toujours été, pour reprendre les termes de Patrick Kéchichian dans Le Monde, un écrivain secret : "Loin d'être l'expression d'une coquetterie, d'une pose sociale ou psychologique, le secret était le coeur de son oeuvre et sans doute de sa vocation. Il le portait aussi, avec une singulière intensité, sur son visage et dans son regard." Salué par de grands contemporains, Artaud, Bataille, Eluard, Henein, Jacob ou Leiris, Fardoulis-Lagrange publiera entre 1942 et 1992 une quinzaine de livres. Robert Lebel, dans la première édition (Soleil Noir, 1969), présentait en ces termes ce témoignage si curieux de la rencontre de Georges Bataille et de la profonde amitié et complicité qui lia les deux écrivains à partir de 1942 : "Quelques rares personnages hors mesure ont eu si fortement le goût du secret qu'on peut difficilement se permettre de prononcer leur nom et encore moins d'en faire le titre d'un livre. Ainsi s'explique et se justifie la discrétion de Prosper Mérimée lorsqu'il publia son "H. B." après la mort de Stendhal, ou de Baudelaire qui, dans "Le peintre de la Vie Moderne", se borne à désigner Constantin Guys d'un énigmatique M. G., ou de Jean Paulhan qui intitula son étude sur Félix Fénéon "E E. ou le critique". Qui mérite mieux que Georges Bataille le droit d'accéder à cette galerie de portraits anonymes ? Mais Michel Fardoulis-Lagrange, tout en se montrant plus allusif encore que les auteurs précités, réussit néanmoins à rendre son modèle physiquement reconnaissable et à restituer le climat de conjuration qu'il imposait autour de lui". A la fin du volume figure une brève chronologie (1936-1951) des événements qui entourèrent cette rencontre.
4e de couverture : John Smythe est venu s'installer avec ses enfants, Cathy et Daniel, dans la région d'origine de leur mère, le Yorkshire rural. Ils y mènent une vie ascétique mais profondément ancrée dans la matérialité poétique de la nature, dans une petite maison construite de leurs mains entre la lisière de la forêt et les rails du train Londres-Édimbourg. Dans les paysages tour à tour désolés et enchanteurs du Yorkshire, terre gothique par excellence des soeurs Brontë et des poèmes de Ted Hughes, ils vivent en marge des lois en chassant pour se nourrir et en recevant les leçons d'une voisine pour toute éducation. Menacé d'expulsion par Mr Price, un gros propriétaire terrien de la région qui essaye de le faire chanter pour qu'il passe à son service, John organise une résistance populaire. Il fédère peu à peu autour de lui les travailleurs journaliers et peu qualifiés qui sont au service de Price et de ses pairs. L'assassinat du fils de Mr Price déclenche alors un crescendo de violence ; les soupçons se portent immédiatement sur John qui en subit les conséquences sous les yeux de ses propres enfants... Ce conte sinistre et délicat culmine en une scène finale d'une intense brutalité qui contraste avec la beauté et le lyrisme discret de la prose de l'ensemble du roman.
La célèbre collection d'objets et peintures érotiques de Pompéï, Herculanum et Stabia ensevelie sous les cendres volcaniques du Vésuve fut déposée dans un cabinet particulier du Musée Royal Degli Studi à Naples au XIXe siècle. C'est à l'intérieur des maisons particulières que l'on a retrouvé les peintures érotiques : chez les gens aisés, on trouvait une pièce consacrée uniquement au culte de Vénus, une sorte de "chapelle d'amour" (venerea) étroitement surveillée par l'esclave attitré. Des fresque qui décoraient les murs de la plupart des maisons de Pompéï et de Herculanum furent aussi sauvées de l'ensevelissement. De la même manière, des sujets érotiques en sculpture, bronze, marbre, cristal de roche, terre cuite, des phallus, des amulettes bacchiques et autres objets non moins intéressants furent découverts dans des lieux appelés lupanaria et dans de nombreux domiciles particuliers. Ils sont, entre autres, les témoignages d'un culte "théophallique" datant de l'époque d'Osiris. Cet ouvrage reproduit la quasi-totalité de cette collection considérée comme la plus riche en son genre.
Je prépare le disque laser et j'entends le ronronnement d'un moteur. J'ai laissé la porte ouverte, tout est éteint. J'entends la porte qui s'ouvre, je ferme les yeux, les pas s'approchent et une main se pose sur mon épaule. Je lui dis : "Dis-moi simplement deux ou trois mots pour que je reconnaisse ta voix". Il prend le foulard, il me bande les yeux. Il me dit : "Lève-toi, marche, mets-toi à genoux, croise les jambes, décroise les jambes, écarte les jambes, tends la main". " Martine Vantses a rencontré ces femmes qui cherchent un homme par minitel ou par petites annonces. Nulle part ailleurs dans la société le sexe de la femme ne se dit aussi crûment, aussi clairement. Prises par la panique du manque et la peur de ne plus plaire, ces femmes expriment le féminin dans ce qu'on a l'habitude de dissimuler : l'obsession d'un homme à tout prix, le rêve d'un homme qui réparerait, et font l'expérience de "l'impossible rencontre" . A travers ces témoignages, l'auteur analyse les raisons pour lesquelles les femmes reproduisent majoritairement les mêmes insatisfactions que leurs aînées.
La ville de plomb, c'est le titre d'un roman qu'écrit Marcel, un tout jeune dessinateur industriel, pour se libérer du quotidien, pour exprimer sa peine, ses espoirs et surtout l'impression pesante, étouffante, que fait sur l'âme de l'adolescent qu'il est encore le monde affreux qu'est le nôtre. Mais la ville de plomb, c'est aussi Paris, le Paris de Belleville, que Jean Meckert, dans ce livre d'un réalisme puissant, , vrai, sans faiblesse, sans complaisance, fait vivre intensément grâce à une intrigue très simple : Etienne et Marcel, deux tres jeunes gens de Belleville, sont tous les deux épris, d'une dactylo, Gilberte. Leur inquiétude, Ieur timidité, leur inexpérience de la vie compliquée d'un manque total d'illusion, leur sensualité qui se cherche, les rendent tous trois terriblement maladroits. Sans doute Gilberte, après des tentatives amoureuses décevantes, trouvera-t-elle avec Marcel le chemin d'un bonheur possible, mais ce n'est là que l'apparence d'une heureuse conclusion. Le débat, si l'on peut dire, reste ouvert, ce débat navrant d'âmes de faibles avec un monde fort, fermé, un monde de rats, un monde impitoyable, un monde de plomb.