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Chemises noires. Etude critique et historique de l'origine et de l'évolution du fascisme, de ses fai
Fabbri Luce ; Chueca Miguel
NOIR ET ROUGE
16,00 €
Épuisé
EAN :9791093784250
L'autrice de ce livre, toujours inédit en France depuis sa parution en 1934, est l'Italo-Uruguayenne Luce Fabbri (1908-2000), dont nous avons déjà édité deux courtes études en 2023. Anarchiste déclarée depuis son plus jeune âge, Luce fut poète, professeure de littérature italienne à Montevideo et animatrice, après la mort de son père Luigi, de la revue antifasciste Studi sociali fondée en 1931. Avec le présent ouvrage, dont les six chapitres reprenaient six conférences données à Rosario de Santa Fe, elle donna ce qui serait son chef-d'oeuvre sur l'avènement du fascisme et ses onze premières années d'existence, de la Marche sur Rome en 1922 jusqu'à 1933. Dans cet ouvrage qui devrait être un classique de l'historiographie du fascisme, Luce nota d'abord l'incompréhension des pays européens devant les exactions des escadrons noirs, où ils ne virent qu'une manifestation du caractère arriéré de leur pays natal, avant que la graine semée dans le sud de l'Europe germe un peu partout dans le mon
L'échec des printemps arabes et l'instauration d'un nouveau Califat de la terreur en Syrie et en Irak nous contraignent à repenser la place du religieux dans le monde contemporain. Rivés sur les questions sécuritaires, nous manquons encore néanmoins d'outils philosophiques pour comprendre la montée d'un nouveau totalitarisme millénariste et apocalyptique. Le présent ouvrage s'appuie sur les travaux d'Eric Voegelin (1901-1985), un philosophe américain d'origine allemande encore trop peu connu en France et dont toute l'oeuvre vise à mettre en lumière les racines religieuses des totalitarismes qui ont ensanglanté le 20e siècle. Voegelin et l'Orient propose une relecture iconoclaste de ses écrits, souvent à rebours de la réception néoconservatrice dont ils ont fait l'objet outre-Atlantique. Renaud Fabbri nous fournit ainsi des clefs pour mieux comprendre les origines idéologiques de l'islamisme radical mais aussi du nationalisme hindou. Il montre aussi qu'une redécouverte des grandes traditions de la philosophie mystique peut nous aider à conjurer le spectre des "religions politiques" qui menacent aujourd'hui aussi bien les non-croyants que les croyants de toutes les confessions.
On connaît de Valéry quelques beaux textes sur la danse, en particulier L'Ame et la danse, mais à s'en tenir là, on sous-estime l'importance que cet art eut sur le développement de sa pensée et de son oeuvre. Valéry témoigne d'une véritable sensibilité pour la danse, sensibilité qui se nourrit d'expériences diverses de la scène et d'une réflexion sur les relations entre les différents arts. Ce qui se joue dans son intérêt constant pour la danse, c'est une conception de la culture qui met l'accent sur sa dimension physique et sensible, autant que sur les productions intellectuelles. C'est aussi une conception de l'art comme acte. A partir de la danse, il développe l'idée d'une intelligence sensible qui le fascinait déjà chez Léonard et Berthe Morisot, et qui fait la matière de l'étonnant personnage de Monsieur Teste, esprit aigu, aux "paroles le plus adroitement touchantes" , d'une "terrible obstination dans des expériences enivrantes" . La danse et les danseuses appartiennent à cette série de figures, subtiles et puissantes. L'essai que nous proposons reconstitue le parcours d'un poète en danse depuis ses moments les plus méconnus : premières expériences du ballet et du music hall en compagnie de Pierre Louys, Mallarmé, Degas, premiers projets de ballet. Il procède à partir de là à une relecture de L'Ame et la danse, et à une analyse de son oeuvre pour la scène, réalisée avec Ida Rubinstein, Arthur Honegger, Massine et Fokine. Ce parcours permet d'éclairer à nouveaux frais ses derniers textes plus théoriques sur la danse, marqués par la recherche d'une autre scène.
Extrait de l'introductionLes passages brillaient dans le Paris de l'Empire comme des grottes féeriques. Qui pénétrait en 1817 dans le passage des Panoramas entendait d'un côté, les chants de sirènes de l'éclairage au gaz et avait devant lui les séduisantes odalisques des lampes à huile. En s'allumant brusquement, les lumières électriques rirent pâlir l'éclat irréprochable de ces galeries, qui devenaient soudain plus difficiles à trouver, qui pratiquaient une magie noire avec les portes et contemplaient leur intérieur par des fenêtres aveugles. Ce n'était pas un déclin mais le renversement. Ces passages devenaient d'un coup le moule en creux qui servit à tondre l'image de la «modernité». Le siècle considérait ici avec arrogance le reflet de son passé le plus récent. C'était ici la maison des enfants prodiges.La ville est un espace d'images, ambigu, dont la signification s'inverse et se retourne, comme un gant, sous l'impulsion d'un simple changement de technique d'éclairage. Dans les villes, l'espace d'images est formé d'une architecture qui communique directement avec un fonds mythique ineffaçable, des gravures, des enseignes qui accompagnent la déambulation du flâneur, mais aussi d'une littérature qui produit une mythologie moderne. C'est un espace trouvé, qui entre en résonance avec un imaginaire à la fois collectif et individuel. Un changement d'éclairage suffit à faire basculer ce monde fictif et égarant dans son contraire. Mais on ne fait que passer d'une mythologie à une autre, qui se pare des attraits de la modernité. Dans l'extrait cité, rien ne dit que le nouveau visage des passages soit plus vrai que l'ancien, bien que des historiens comme Giedion partagent ce sentiment que les passages furent la préfiguration de la modernité.Dans ce renversement toutefois s'ouvre un espace de jeu (Spielraum), qui n'est plus un ensemble d'images. Plus précisément, ce qui transparaît à travers les images, c'est l'espace lui-même comme le milieu dans lequel elles peuvent prendre un visage et en changer: il n'y a d'image que par le renvoi d'une image à une autre, chaque image prenant son sens dans le système qu'elles forment. C'est là sans aucun doute le lien le plus étroit que l'on puisse tisser entre les recherches de Benjamin et la théorie critique de la société spectaculaire marchande. Le spectacle n'est pas l'image, mais la totalité systématique qu'elles forment.Toutefois, ce qui intéresse Benjamin, plus que Debord, c'est l'espace de jeu entendu comme renversement d'un système à un autre. C'est alors l'espace lui-même qui se donne à percevoir par la disparition d'images devenues instables. Dans les passages parisiens, ce sont les miroirs qui ont le dernier mot: en un sens ils reflètent fidèlement l'apparence de chacun et, si les femmes sont à Paris plus belles qu'ailleurs, suggère Benjamin, c'est sûrement qu'elles ont dix fois par jour l'occasion d'ajuster cette apparence dans les miroirs qui jalonnent leur parcours. Mais il arrive que ces miroirs jouent aux images un tour pendable: «Si deux glaces se reflètent l'une l'autre, Satan joue son tour préféré et ouvre ainsi à sa manière (comme son partenaire dans le regard des amants) la perspective à l'infini». L'image démultipliée perd sa consistance et l'espace perçu se dépouille des coordonnées qui orientent le corps et la perception ordinaire.(...)
Fabbri Diego ; Mauriac François ; Pinelli Pier Lui
Le dimanche 14 décembre 1958, Diego Fabbri se rend chez François Mauriac à Paris, accompagné de Federico Fellini. "Vers la fin de la matinée passée à rédiger ce bloc-notes - écrit Mauriac - vint Diego Fabbri qui travaille à une adaptation théâtrale de Thérèse Desqueyroux". L'adaptation de Fabbri imite ouvertement Mauriac, mais, tout en suivant son modèle, le dramaturge italien bouleverse le schéma du roman : le romancier bordelais présentait le procès comme acquis et faisait débuter l'action par le prononcé du "non-lieu". Fabbri consacre tout le premier acte au procès même, et invente des effets de suspens. Le second acte présente le procès de Thérèse devant sa famille et le troisième celui de l'héroïne devant sa conscience. Il faut souligner l'habileté de cette construction dramatique, mais l'objectivation de Thérèse par la technique de la scène lui enlève de son intimité et de son mystère. Le réalisme l'emporte sur la poésie.
Résumé : A la demande de la CNT (Confédération nationale du travail) en exil, José Peirats (1908-1989) ? ouvrier briquetier, militant anarcho-syndicaliste dès ses plus jeunes années puis collaborateur de la presse confédérale ? fut chargé de rédiger l'histoire de l'organisation, de sa naissance jusqu'à la fin de la guerre espagnole. Une décision courageuse, alors que la centrale anarcho-syndicaliste était fragilisée par une scission en exil et dans l'Espagne franquiste, et que la répression des services secrets du régime ne ménageait ni l'une ni l'autre. Bien que n'étant pas historien de profession, José Peirats prit à coeur la demande et se lança dans un travail de longue haleine. Pour ce faire, il recueillit de nombreux documents, consulta maints protagonistes directs des événements, puis, au début des années 1950, il conçut et rédigea son ouvrage. Comme il le dit lui-même dans ses introductions aux deux premières éditions du livre, il imaginait pouvoir embrasser en un seul volume tous les aspects de l'histoire de la centrale ouvrière anarchiste. Son effort accoucha finalement des trois tomes de La CNT en la revolución espanola, qui parurent entre 1951 et 1953, et ? de l'aveu de l'auteur lui-même ? ne furent guère lus hors des milieux cénétistes. C'est avec sa réédition, en 1971, par les soins de la prestigieuse maison d'édition antifranquiste Ruedo Ibérico que le livre de José Peirats devint un ouvrage de référence, indispensable à tous les lecteurs soucieux de connaître le rôle de l'anarcho-syndicalisme durant la guerre civile espagnole du point de vue de l'un de ses militants. Un ouvrage dont, faisant fi de la froide objectivité issue de la consultation des " fiches bibliographiques ", l'auteur revendiquait le caractère délibérément partisan. Il était bien temps que, plus de soixante ans après sa première parution en langue castillane, les lecteurs français puissent enfin lire ce grand classique de l'historio-graphique anarchiste de la guerre et de la révolution espagnoles. Nous sommes convaincus que, en dépit du passage des années, ils en tireront le plus grand profit.
Résumé : Voilà un événement méconnu de lhistoire sociale asiatique. A la fin des années 1920, le processus de transformation sociale lancé par les anarchistes coréens passa par d'inévitables discussions sur le lieu où devait se déclencher la dynamique révolutionnaire : à partir des masses paysannes ou des centres urbains ? Il est évident que la réalité militante et la situation des pays limitrophes furent prises en compte au cours des débats. Lanalyse que firent les anarchistes des forces indépendantistes et lalliance avec une partie de celles-ci permirent d'envisager létablissement dune société libre et égalitaire défendue par ses propres armes face à toutes les menaces extérieures.
Résumé : Ah ! Odile, comme je suis heureuse de te rencontrer. On me dit le plus grand bien de ton travail. Charles est dithyrambique à ton sujet, et tu sais combien je l'estime. Bon, je vais être directe. Ce n'est pas mon genre de tourner autour du pot. Bon, tu es une parfaite animatrice. Et c'est justement à ce titre que je voulais te parler. Voilà, tu n'es pas sans savoir que nous sommes engagés dans une opération fitness. Je veux dégraisser en douceur... Pour ça, je vais avoir besoin de toi. On a ouvert un guichet pour les partants. On n'est pas chien. Si besoin est, on finance des formations pour faciliter les reconversions. C'est correct, non ? Bon, le hic, c'est que pour l'instant les volontaires ne se bousculent pas au portillon. Alors, on va être obligé de pousser quelques personnes vers la sortie. Mais sans faire de vague, hein pas de vague, pas d'hystérie, ni de blabla revendicatif. Pour toi, ça va être assez simple. J'ai besoin d'un dossier sur une seule personne.
Résumé : Ce volume rassemble deux essais de l'Italo-Uruguayenne Luce Fabbri (1908-2000), une auteure de grande classe presque inconnue en France. Leçons sur la définition et l'histoire du fascisme est la version française d'un opuscule publié en 1963 par l'Université de Montevideo, où Luce enseignait la littérature italienne. Le second, "Le totalitarisme entre les deux guerres" , est tiré d'un article paru en 1945 dans Studi Sociali, la revue fondée par son père, l'anarchiste Luigi Fabbri. Dans son étude de 1963, Luce avait repris et prolongé le livre Camisas Negras, terminé par elle en 1934, en recourant à l'idée de "contre-révolution préventive" forgée dès 1922 par son père pour caractériser le fascisme italien.