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Thérèse Desqueyroux
Fabbri Diego ; Mauriac François ; Pinelli Pier Lui
L'HARMATTAN
13,50 €
Épuisé
EAN :9782343106144
Le dimanche 14 décembre 1958, Diego Fabbri se rend chez François Mauriac à Paris, accompagné de Federico Fellini. "Vers la fin de la matinée passée à rédiger ce bloc-notes - écrit Mauriac - vint Diego Fabbri qui travaille à une adaptation théâtrale de Thérèse Desqueyroux". L'adaptation de Fabbri imite ouvertement Mauriac, mais, tout en suivant son modèle, le dramaturge italien bouleverse le schéma du roman : le romancier bordelais présentait le procès comme acquis et faisait débuter l'action par le prononcé du "non-lieu". Fabbri consacre tout le premier acte au procès même, et invente des effets de suspens. Le second acte présente le procès de Thérèse devant sa famille et le troisième celui de l'héroïne devant sa conscience. Il faut souligner l'habileté de cette construction dramatique, mais l'objectivation de Thérèse par la technique de la scène lui enlève de son intimité et de son mystère. Le réalisme l'emporte sur la poésie.
Fabbri Alexandra ; Guéry Christian ; Lemoine Miche
Résumé : L'oeuvre de Simenon parle de justice. En tant qu'institution tout d'abord, les auteurs s'intéressent à la façon dont l'auteur belge a donné une description, le plus souvent très sévère, du personnel judiciaire : juges et procureurs mais aussi avocats ont droit généralement au même traitement, eux qui appartiennent à la même classe sociale et font partie du même système. Le criminel, chez Simenon, est un homme qui dévie, un "homme à failles" , qui tente de franchir la ligne qui le limite, en même temps qu'elle le détermine. Etrangers le plus souvent à leur crime, ces héros malheureux le sont encore plus face à ce qui se joue dans une salle d'audience. En manque de reconnaissance, humiliés, coupables, ils étouffent dans l'incommunicabilité. Pour Simenon, n'importe quel homme peut devenir un meurtrier mais nombre de ses personnages semblent pourtant déterminés vers une mort inscrite à l'avance, ou vers un crime qu'ils ne peuvent pas ne pas commettre. Au principe selon lequel il faudrait "comprendre et ne pas juger", Simenon ajoute celui selon lequel on peut à la fois absoudre ou condamner... Le commissaire Maigret se pose ainsi comme critère du juste, alors pourtant qu'il s'en défend vaillamment ! Pour Simenon, le système judiciaire n'est pas à même de porter un jugement, car il ne possède de l'homme qu'une vision réductrice.
On connaît de Valéry quelques beaux textes sur la danse, en particulier L'Ame et la danse, mais à s'en tenir là, on sous-estime l'importance que cet art eut sur le développement de sa pensée et de son oeuvre. Valéry témoigne d'une véritable sensibilité pour la danse, sensibilité qui se nourrit d'expériences diverses de la scène et d'une réflexion sur les relations entre les différents arts. Ce qui se joue dans son intérêt constant pour la danse, c'est une conception de la culture qui met l'accent sur sa dimension physique et sensible, autant que sur les productions intellectuelles. C'est aussi une conception de l'art comme acte. A partir de la danse, il développe l'idée d'une intelligence sensible qui le fascinait déjà chez Léonard et Berthe Morisot, et qui fait la matière de l'étonnant personnage de Monsieur Teste, esprit aigu, aux "paroles le plus adroitement touchantes" , d'une "terrible obstination dans des expériences enivrantes" . La danse et les danseuses appartiennent à cette série de figures, subtiles et puissantes. L'essai que nous proposons reconstitue le parcours d'un poète en danse depuis ses moments les plus méconnus : premières expériences du ballet et du music hall en compagnie de Pierre Louys, Mallarmé, Degas, premiers projets de ballet. Il procède à partir de là à une relecture de L'Ame et la danse, et à une analyse de son oeuvre pour la scène, réalisée avec Ida Rubinstein, Arthur Honegger, Massine et Fokine. Ce parcours permet d'éclairer à nouveaux frais ses derniers textes plus théoriques sur la danse, marqués par la recherche d'une autre scène.
Extrait de l'introductionLes passages brillaient dans le Paris de l'Empire comme des grottes féeriques. Qui pénétrait en 1817 dans le passage des Panoramas entendait d'un côté, les chants de sirènes de l'éclairage au gaz et avait devant lui les séduisantes odalisques des lampes à huile. En s'allumant brusquement, les lumières électriques rirent pâlir l'éclat irréprochable de ces galeries, qui devenaient soudain plus difficiles à trouver, qui pratiquaient une magie noire avec les portes et contemplaient leur intérieur par des fenêtres aveugles. Ce n'était pas un déclin mais le renversement. Ces passages devenaient d'un coup le moule en creux qui servit à tondre l'image de la «modernité». Le siècle considérait ici avec arrogance le reflet de son passé le plus récent. C'était ici la maison des enfants prodiges.La ville est un espace d'images, ambigu, dont la signification s'inverse et se retourne, comme un gant, sous l'impulsion d'un simple changement de technique d'éclairage. Dans les villes, l'espace d'images est formé d'une architecture qui communique directement avec un fonds mythique ineffaçable, des gravures, des enseignes qui accompagnent la déambulation du flâneur, mais aussi d'une littérature qui produit une mythologie moderne. C'est un espace trouvé, qui entre en résonance avec un imaginaire à la fois collectif et individuel. Un changement d'éclairage suffit à faire basculer ce monde fictif et égarant dans son contraire. Mais on ne fait que passer d'une mythologie à une autre, qui se pare des attraits de la modernité. Dans l'extrait cité, rien ne dit que le nouveau visage des passages soit plus vrai que l'ancien, bien que des historiens comme Giedion partagent ce sentiment que les passages furent la préfiguration de la modernité.Dans ce renversement toutefois s'ouvre un espace de jeu (Spielraum), qui n'est plus un ensemble d'images. Plus précisément, ce qui transparaît à travers les images, c'est l'espace lui-même comme le milieu dans lequel elles peuvent prendre un visage et en changer: il n'y a d'image que par le renvoi d'une image à une autre, chaque image prenant son sens dans le système qu'elles forment. C'est là sans aucun doute le lien le plus étroit que l'on puisse tisser entre les recherches de Benjamin et la théorie critique de la société spectaculaire marchande. Le spectacle n'est pas l'image, mais la totalité systématique qu'elles forment.Toutefois, ce qui intéresse Benjamin, plus que Debord, c'est l'espace de jeu entendu comme renversement d'un système à un autre. C'est alors l'espace lui-même qui se donne à percevoir par la disparition d'images devenues instables. Dans les passages parisiens, ce sont les miroirs qui ont le dernier mot: en un sens ils reflètent fidèlement l'apparence de chacun et, si les femmes sont à Paris plus belles qu'ailleurs, suggère Benjamin, c'est sûrement qu'elles ont dix fois par jour l'occasion d'ajuster cette apparence dans les miroirs qui jalonnent leur parcours. Mais il arrive que ces miroirs jouent aux images un tour pendable: «Si deux glaces se reflètent l'une l'autre, Satan joue son tour préféré et ouvre ainsi à sa manière (comme son partenaire dans le regard des amants) la perspective à l'infini». L'image démultipliée perd sa consistance et l'espace perçu se dépouille des coordonnées qui orientent le corps et la perception ordinaire.(...)
Les Cours d'esthétique de Hegel sont un monument de. réflexion philosophique sur l'art en général et sur les œuvres d'art particulières. Hegel s'est passionné pour l'art sous toutes ses formes, avec une très grande largeur de goût ; ainsi, dans les arts plastiques, il apprécie Raphaël et Michel-Ange, mais aussi la peinture flamande de paysages et les scènes de genre. La fonction de l'art est d'idéaliser la réalité empirique. L'art ne traitera donc pas seulement des sujets nobles, comme les aventures des dieux antiques, mais il montrera sa puissance d'idéalisation d'autant mieux que le sujet traité sera modeste et quotidien. Hegel est le premier à avoir compris la valeur du monde de l'art comme monde en soi dans sa théorie de l'Esprit absolu : c'est dans l'art que l'Esprit manifeste en premier lieu sa liberté et sa créativité. Il ne s'intéresse pas aux théories esthétiques (classicisme, romantisme), mais aux œuvres mêmes, et aux artistes créateurs. On trouve donc dans son esthétique ce qui manque en général aux philosophes, par exemple à Kant ou à Heidegger, une analyse philosophique des couvres particulières, et une synthèse de toutes les formes de l'art. Pour repenser aujourd'hui ce chefs-d'œuvre, on a fait appel aux meilleurs spécialistes allemands des cahiers manuscrits des élèves de Hegel, jamais publiés tels quels jusqu'à présent. On a repris la question de la mort de l'art, thèse sommairement attribuée à Hegel, alors que pour lui la vitalité de l'art est la première manifestation de l'immortalité de l'esprit. Devançant le vingt et unième siècle, Hegel a compris que l'esthétique n'est pas un discours philosophique sur le beau ni sur le jugement de goût ; rien ne peut remplacer la contemplation directe des œuvres, et la philosophie de l'art est l'analyse des œuvres singulières qui seule permet de justifier leur valeur.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.