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Quand les juristes inventent le réel. La fabulation juridique
Edelman Bernard
HERMANN
33,66 €
Épuisé
EAN :9782705666613
Nous le savons depuis toujours: les philosophes rêvent, inventent, prennent le chemin des écoliers et, parfois, battent la campagne. On n'en finirait pas de dérouler les fables de Platon - du mythe de l'androgyne à la Caverne - les métaphores de Descartes, les hallucinations de Leibniz où le mal, comme Dieu le permet, serait la plus grande bonté, les constructions utopiques kantiennes d'une paix perpétuelle, les métaphores philosophiques nietzschéennes qui valent bien celles d'Ovide, les légendes dorées et terrifiantes de Freud... Mais les juristes? Qui oserait prétendre, un seul instant, que les juristes rêvent? Que ces êtres froids, calculateurs qui rédigent des lois, des règlements, des contrats, sont des rêveurs impénitents? Pourtant, pour peu qu'on pénètre dans leur laboratoire où se fabrique leur réalité, on est frappé par leur débordement d'imagination. Car les juristes inventent et ne cessent d'inventer; ils inventent le temps, la nature, l'homme lui-même; ils fabriquent, inlassablement, une condition humaine, tout aussi utopique que celle des philosophes, des historiens, des scientifiques car elle se nourrit du même imaginaire collectif. Leur seul souci, en vérité, est de tendre à la société un miroir où elle se contemplerait en soupirant d'aise: tout est là, se dirait-elle, tout est à sa juste place - les choses et les personnes, les droits et les devoirs, le permis et l'interdit; la maison est en ordre. Mais, de quel prix se paie cet ordre? C'est là qu'intervient la fiction comme alibi de la raison.
Qu'est-ce qu'un sujet de droit ? Revêt-il une "forme marchande" ? Comment s'approprie-t-on la réalité ? A qui appartient l'image d'un lieu, d'une personne ? Depuis Le Droit saisi par la photographie, paru pour la première lois en 1973, jusqu'à aujourd'hui. Bernard Edelman n'a cessé d'explorer les arcanes de ces questions avec un regard insolite. De la naissance de la photographie et du cinéma qui bouleversent les repères juridiques, aux personnages de fiction soudainement en quête d'identité, en passant par les paysages et les villes brutalement soustraits au domaine public, le droit d'auteur étend à l'infini ses ramifications et soutient le rêve de l'artiste : "imaginer" la nature de sorte qu'elle soit absorbée tout entière dans l'oeuvre.
Il n'y a plus d'art éternel, il n'y a plus de génie solitaire inspiré par les muses et oeuvrant dans son atelier. Nous naviguons tous, du soir au matin, nous sommes des nomades du virtuel. La terre est devenue plate comme un écran d'ordinateur où défilent, en continu, toutes les oeuvres du monde, toutes les marchandises, toutes les publicités. Nous sommes à bout de souffle et le marché est la seule réalité qui compte: il n'y a plus d'au-delà de l'histoire comme il n'y a plus d'au-delà du marché. Et l'art qui était notre ultime consolation, l'art qui nous faisait rêver et conjurait nos peurs et nos angoisses, a mis en scène ce marché: il en a fait un spectacle universel, et nous sommes devenus des consommateurs de culture et des consommateurs de nous-mêmes. Dans notre démocratie esthétique, tout homme est artiste car tout homme se voit comme une oeuvre d'art; tout homme peut proclamer: "Regardez-moi, cela suffit", comme Duchamp aurait pu dire d'un ready-made: "Achetez-moi, cela suffit". L'histoire de l'esthétique moderne s'est déroulée en deux siècles à peine. La révolution industrielle, au XIXÈME siècle inaugurera l'art industriel, l'art utilitaire, comme on disait, et fit rouler dans la fange l'auréole du poète assassiné; le XXÈME siècle a connu les grandes mises en scène des totalitarismes, l'utopie d'un peuple "oeuvre d'art totale", conçue par le guide suprême, Hitler ou Staline. Jusqu'à l'avènement de la démocratie esthétique qui concilie le marché et le narcissisme du "dernier homme".
L'utopie des posthumains est à notre porte. A nous, qui ne croyons plus aux lendemains qui chantent, elle promet que demain nous entrerons dans une nouvelle ère. Nous aurons dit adieu à notre misérable condition humaine : nous vivrons dans un monde à la mesure de notre démesure, habité par des surhommes technologiques, à la fois humains et machines, oscillant entre une réalité réelle et virtuelle, immortels dans l'ignorance du temps, vivants dans l'ignorance de la vie. Dépasser la condition humaine - vaincre la mort et conquérir la vie éternelle - semble une quête ancestrale de l'humanité. Que vivrait ce nouvel homme dans ce rien éternel, dans ce non-temps, lui qui n'aurait rien à gagner, rien à aimer ni haïr, rien à regretter, rien à pleurer, rien à espérer ? Reprenant les grandes analyses sur l'immortalité, depuis le paradis perdu jusqu'à l'humanité augmentée, Bernard Edelman s'interroge sur ce qui donne sens à la vie.
Mobiles, interactifs, capables de communiquer, les robots peuvent-ils pour autant "penser" ou prendre des décisions à la place des humains ? Faut-il les considérer comme des agents moraux ayant une "autonomie" ou leur donner un statut juridique particulier ? Qui est alors responsable de leurs actions - le concepteur informaticien, le fabricant industriel, l'usager consommateur ? Pour quelles finalités tous ces robots sont-ils conçus ? Depuis peu, le public a découvert comment des robots pouvaient remplacer l'être humain dans un nombre croissant d'activités économiques, sociales et politiques. Les robots-drones sont utilisés dans les conflits armés ou encore dans des contextes non armés pour la surveillance ou l'assassinat ciblé. Des robots aux formes androïdes ont fait leur apparition dans le domaine de la santé et du bien-être. Dans les hôpitaux, des robots opèrent sous la direction du chirurgien, d'autres robots aux formes animales deviennent des "compagnons" pour les personnes âgées. Dans des écoles, des robots sont utilisés par des enseignants pour l'apprentissage des langues ou des matières scientifiques. Dans des maisons, des robots de service aspirent la poussière des tapis tandis que des jouets-robots s'occupent des enfants. Dans le domaine de l'agriculture, des robots traient les vaches et nettoient l'étable. Dans les usines, les robots accélèrent la productivité et l'efficacité de la production industrielle. Tous ces robots qui remplacent les êtres humains dans des tâches devenues "robotisables" font-ils de notre société "une société robotisée" ? Tant par la réflexion théorique qu'à l'aide d'exemples précis, cet ouvrage multidisciplinaire examine comment les robots modifient la qualité de nos relations humaines, en quoi ils transforment certaines valeurs fondamentales comme la liberté et l'égalité, ou encore de quelle façon ils entraînent des changements sociaux et culturels, par exemple dans nos relations aux animaux ou à l'environnement.
La dépression est-elle une vraie maladie, que seuls les psys et les docteurs savent diagnostiquer ? Peut-elle être traitée avec des médicaments efficaces ? Ou bien est-ce une sorte de "maladie imaginaire" dont ceux qui en souffrent sont des tire-au-flanc qui s'écoutent trop ? Les médicaments antidépresseurs marchent-ils, ou bien sont-ils une sorte de drogue légale qui rapporte beaucoup d'argent ? En somme, qu'est-ce réellement que la dépression, ce phénomène si répandu et pourtant si mal connu ? Dans ce petit livre ingénieux, Maël Lemoine nous aide à distinguer, à rebours des idées reçues, ce qu'est, et n'est pas, la dépression, quels sont les faits scientifiquement établis, loin du discours des philosophies feel good qui vendent un bonheur kitsch et irréaliste. Cette Petite philosophie de la dépression, qui prend au sérieux la réalité des phénomènes dépressifs, propose ainsi en creux une réflexion sur le véritable bonheur.
En quelques décennies, le jeu vidéo est devenu l'une des pratiques culturelles les plus prisées des adolescents. Sources de problèmes et d'inquiétudes pour les uns, simple loisir pour les autres, les pratiques vidéoludiques sont souvent l'objet de critiques et la cible de nombreux stéréotypes, malgré leur grande popularité. A partir d'enquêtes de terrain, cet ouvrage propose de déconstruire les présupposés sur le jeu vidéo afin de mieux comprendre sa relation avec ces adeptes singuliers que sont les adolescents et, depuis plusieurs années déjà, les adolescentes. De leur rôle dans la construction identitaire de jeunes joueurs aux représentations de l'adolescence dans les scénarios qu'ils proposent, les jeux vidéo révèlent alors leur complexité à la lumière des regards sociologiques et anthropologiques.
Nous vivons une époque paradoxale : les extraordinaires progrès scientifiques et techniques des dernières décennies ont bouleversé notre existence, mais, dans le même temps, un fulgurant retour de la barbarie sape nos valeurs laïques fondamentales, héritées des Lumières. Religions et utopies sociales, ces illusions dangereuses constituent la pire malédiction de l'humanité ; elles assaillent notre liberté de penser et de nous exprimer librement. Elles nous imposent leurs critères absolutistes du Bien et du Mal ainsi leur foi dans un au-delà ou un avenir radieux chimériques. Leur but est évident : nous empêcher de vivre sereinement et nous priver du bonheur quotidien. Dès lors, l'alternative est tranchée : Homme ou Dieu ? Raison ou foi ? Plaisir ou ascèse ? Vivre ici et maintenant ou attendre la vie après la mort ? Ce livre très documenté n'en est pas moins un ouvrage grand public : écrit dans un style simple et accessible, il se veut un essai-coup de poing, un pamphlet choc et sulfureux pour nous libérer des fausses promesses et des mensonges qui nous emprisonnent.