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Tous artistes en droit. Petite histoire de l'esthétique à l'ère des droits de l'homme
Edelman Bernard
HERMANN
33,66 €
Épuisé
EAN :9782705682064
Il n'y a plus d'art éternel, il n'y a plus de génie solitaire inspiré par les muses et oeuvrant dans son atelier. Nous naviguons tous, du soir au matin, nous sommes des nomades du virtuel. La terre est devenue plate comme un écran d'ordinateur où défilent, en continu, toutes les oeuvres du monde, toutes les marchandises, toutes les publicités. Nous sommes à bout de souffle et le marché est la seule réalité qui compte: il n'y a plus d'au-delà de l'histoire comme il n'y a plus d'au-delà du marché. Et l'art qui était notre ultime consolation, l'art qui nous faisait rêver et conjurait nos peurs et nos angoisses, a mis en scène ce marché: il en a fait un spectacle universel, et nous sommes devenus des consommateurs de culture et des consommateurs de nous-mêmes. Dans notre démocratie esthétique, tout homme est artiste car tout homme se voit comme une oeuvre d'art; tout homme peut proclamer: "Regardez-moi, cela suffit", comme Duchamp aurait pu dire d'un ready-made: "Achetez-moi, cela suffit". L'histoire de l'esthétique moderne s'est déroulée en deux siècles à peine. La révolution industrielle, au XIXÈME siècle inaugurera l'art industriel, l'art utilitaire, comme on disait, et fit rouler dans la fange l'auréole du poète assassiné; le XXÈME siècle a connu les grandes mises en scène des totalitarismes, l'utopie d'un peuple "oeuvre d'art totale", conçue par le guide suprême, Hitler ou Staline. Jusqu'à l'avènement de la démocratie esthétique qui concilie le marché et le narcissisme du "dernier homme".
Résumé : Nietzsche a découvert un continent, celui de la Volonté de Puissance - et nous l'avons perdu. Délibérément, consciencieusement perdu, avec un acharnement à la mesure de l'effroi qu'il nous inspire. Car nous n'aimons pas savoir qui nous sommes, nous n'aimons pas marcher à visage découvert, la poitrine nue, vêtus de notre seul courage ; en bons pharisiens, en bons démocrates, en bons hypocrites, nous nous glissons le long des murs, furtivement, le dogme dans la ceinture, pour assassiner à coups de morale, de religion ou de philosophie les hommes exceptionnels, les héros de la pensée, les Argonautes de l'avenir. Nous voulons la bonne, la confortable chaleur du troupeau et nous bêlons de peur sous la cruelle et impitoyable lumière de Nietzsche. Pareils à de vieux hiboux dépenaillés, nous clignons des yeux, dérangés dans notre nocturne retraite. L'Homme suppose un être qui n'existe pas encore, mais qui est la fin de son existence.
Nous le savons depuis toujours: les philosophes rêvent, inventent, prennent le chemin des écoliers et, parfois, battent la campagne. On n'en finirait pas de dérouler les fables de Platon - du mythe de l'androgyne à la Caverne - les métaphores de Descartes, les hallucinations de Leibniz où le mal, comme Dieu le permet, serait la plus grande bonté, les constructions utopiques kantiennes d'une paix perpétuelle, les métaphores philosophiques nietzschéennes qui valent bien celles d'Ovide, les légendes dorées et terrifiantes de Freud... Mais les juristes? Qui oserait prétendre, un seul instant, que les juristes rêvent? Que ces êtres froids, calculateurs qui rédigent des lois, des règlements, des contrats, sont des rêveurs impénitents? Pourtant, pour peu qu'on pénètre dans leur laboratoire où se fabrique leur réalité, on est frappé par leur débordement d'imagination. Car les juristes inventent et ne cessent d'inventer; ils inventent le temps, la nature, l'homme lui-même; ils fabriquent, inlassablement, une condition humaine, tout aussi utopique que celle des philosophes, des historiens, des scientifiques car elle se nourrit du même imaginaire collectif. Leur seul souci, en vérité, est de tendre à la société un miroir où elle se contemplerait en soupirant d'aise: tout est là, se dirait-elle, tout est à sa juste place - les choses et les personnes, les droits et les devoirs, le permis et l'interdit; la maison est en ordre. Mais, de quel prix se paie cet ordre? C'est là qu'intervient la fiction comme alibi de la raison.
Le droit d'auteur s'est élaboré autour de quelques concepts apparemment évidents, à partir de la définition de ce que sont une oeuvre, un auteur et les droits qu'il exerce sur son oeuvre. Cette organisation de la propriété littéraire et artistique est mise en cause aujourd'hui par l'évolution rapide de l'économie du droit d'auteur, les transformations des usages du public dans notre société de l'information, le développement d'une industrie culturelle mondialisée. En mettant à jour les logiques qui structurent notre droit d'auteur, et en particulier la notion d'"oeuvre de l'esprit" qui en fonde l'originalité, Bernard Edelman nous invite à saisir l'ampleur des mutations actuelles de ce droit. Biographie de l'auteur Philosophe, avocat à la cour. docteur en droit, Bernard Edelman est l'auteur de nombreux ouvrages dont Droit d'auteur, droits voisins droit d'auteur et marché (Dalloz, 1993), La personne en danger (Pur, 1999), Le sacre de l'auteur (Seuil, 2004) et Quand les juristes inventent le réel (Hermann, 2007).
Le corps humain est entré, à pas de loup, dans l'ère du soupçon. Jusqu'alors nous cohabitions paisiblement, nous étions indivisible : il était "moi" et j'étais "lui" . Mais ce vieux compagnon de tous les jours est devenu un autre, un quasi-étranger. Il n'est plus cette "enveloppe charnelle" que nous traitions familièrement sans même y penser, mais un gisement de valeur, composé d'organes et de cellules qu'on peut vendre, louer, breveter, une machine plus ou moins performante qu'on peut améliorer, une "monnaie vivante" pour tout dire. Et on se pose des questions incongrues qu'on n'imaginait pas il y a seulement quinze ou vingt ans. Si notre corps n'est plus nous-mêmes, quel est alors son statut ? Une chose, un objet dont nous serions, au choix, l'inventeur, l'usager, le propriétaire ? Et, en retour, où logerait la personne ? Serait-elle devenue une catégorie impalpable, un concept vagabond, sans attaches, sans domicile fixe ? Entre chose et personne, notre identité vacille : nous sommes et ne sommes pas à la fois l'une et l'autre, et seule la mort nous réconcilierait peut-être avec nous-mêmes ; seule, elle réunirait ce qui fut séparé. Car le cadavre, aujourd'hui, est sanctifié, glorifié, comme si le mépris porté au corps vivant se transmutait en vénération du corps du défunt. Etrange histoire philosophico-juridique qui ouvre sur un avenir encore indéchiffrable entre le monstrueux, le nihilisme ou qui sait ? une surhumanité.
Les principes directeurs du présent livre sont la libre pensée et la libre expression, ouvertes, mobiles et affranchies des idéologies conservatrices ou progressistes". La guerre des sexes n'est pas morte : sous la pression de mouvements dénonciateurs ou en raison de clivages politiques grandissants, hommes et femmes semblent poussés à l'affrontement. Aussi nombreuses que soient les voix s'élevant pour arbitrer la rixe, celle de Camille Paglia connaît peu d'égales. Ce recueil convie à un riche programme : l'histoire du féminisme, les rapports entre l'inné et l'acquis, l'avortement, la chirurgie plastique, les femmes en politique, le sadomasochisme ou encore l'esthétique (qu'il s'agisse de la représentation évolutive des corps féminins dans l'histoire de l'art ou de l'étude de figures inspirantes, du buste de Néfertiti à la belle du Sud, en passant par Madonna et Germaine Greer). Pareille diversité atteste un apport précieux et original aux débats féministes et culturels contemporains.
Mobiles, interactifs, capables de communiquer, les robots peuvent-ils pour autant "penser" ou prendre des décisions à la place des humains ? Faut-il les considérer comme des agents moraux ayant une "autonomie" ou leur donner un statut juridique particulier ? Qui est alors responsable de leurs actions - le concepteur informaticien, le fabricant industriel, l'usager consommateur ? Pour quelles finalités tous ces robots sont-ils conçus ? Depuis peu, le public a découvert comment des robots pouvaient remplacer l'être humain dans un nombre croissant d'activités économiques, sociales et politiques. Les robots-drones sont utilisés dans les conflits armés ou encore dans des contextes non armés pour la surveillance ou l'assassinat ciblé. Des robots aux formes androïdes ont fait leur apparition dans le domaine de la santé et du bien-être. Dans les hôpitaux, des robots opèrent sous la direction du chirurgien, d'autres robots aux formes animales deviennent des "compagnons" pour les personnes âgées. Dans des écoles, des robots sont utilisés par des enseignants pour l'apprentissage des langues ou des matières scientifiques. Dans des maisons, des robots de service aspirent la poussière des tapis tandis que des jouets-robots s'occupent des enfants. Dans le domaine de l'agriculture, des robots traient les vaches et nettoient l'étable. Dans les usines, les robots accélèrent la productivité et l'efficacité de la production industrielle. Tous ces robots qui remplacent les êtres humains dans des tâches devenues "robotisables" font-ils de notre société "une société robotisée" ? Tant par la réflexion théorique qu'à l'aide d'exemples précis, cet ouvrage multidisciplinaire examine comment les robots modifient la qualité de nos relations humaines, en quoi ils transforment certaines valeurs fondamentales comme la liberté et l'égalité, ou encore de quelle façon ils entraînent des changements sociaux et culturels, par exemple dans nos relations aux animaux ou à l'environnement.
Lapointe Pascal ; Dupont Christophe ; Boileau José
L'information est un service public essentiel. Sans information, comment prendre des décisions éclairées sur les enjeux de société de l'heure ? La question est devenue encore plus importante à l'heure des réseaux sociaux, qui fournissent de l'information en abondance, mais sans vérifications ni préférences pour des sources crédibles. Pour ce faire, il faut des journalistes et des médias dignes de ce nom. Comment la nouvelle génération de journalistes va-t-elle réussir à se sortir de cette situation ? Comment trouver du travail et des contrats lucratifs tandis que les médias peinent à survivre et à trouver un "modèle d'affaires " ? Que signifie concrètement devenir journaliste indépendant, ou pigiste, ou entrepreneur, dans la crise actuelle des médias ? Quelles sont les habiletés dont un "nouveau journaliste " a besoin, au-delà des compétences de base qu'on enseigne dans les écoles de journalisme ? Comment la nouvelle génération de journalistes va-t-elle réussir à maintenir la liberté de la presse à travers ce dédale ? S'ils peinent à trouver du boulot, qu'ils deviennent journalistes indépendants, les nouveaux journalistes tireront-ils leur épingle du jeu ? Cet ouvrage s'adresse aux journalistes indépendants, pigistes ou blogueurs ou aux équipes qui songent à créer un nouveau média. Il leur apportera ce temps essentiel de réflexion pour mieux saisir les enjeux de la profession et relever leurs manches, à l'heure de la communication planétaire, des algorithmes et des inquiétudes sur l'avenir de la profession.
Résumé : " Une peinture est un tout organisé, un ensemble de formes (lignes, surfaces colorées...) sur lequel viennent se faire ou se défaire les sens qu'on lui prête. Le contenu de cet ensemble n'est pas un équivalent d'émotion, de sensation, il vit de lui-même. Ces relations entre les formes sont un transfert de relations de l'univers à une autre signification. Dans ce qu'elle a d'essentiel la peinture est une humanisation du monde. " Pierre Soulages (1948) Voici réunis, dans leur variété, leur constante et exemplaire rigueur, quelques-uns des textes et entretiens de Pierre Soulages. Ils explicitent pour nous son oeuvre immense.