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Ni chose, ni personne. Le corps humain en question
Edelman Bernard
HERMANN
28,05 €
Épuisé
EAN :9782705668754
Le corps humain est entré, à pas de loup, dans l'ère du soupçon. Jusqu'alors nous cohabitions paisiblement, nous étions indivisible : il était "moi" et j'étais "lui" . Mais ce vieux compagnon de tous les jours est devenu un autre, un quasi-étranger. Il n'est plus cette "enveloppe charnelle" que nous traitions familièrement sans même y penser, mais un gisement de valeur, composé d'organes et de cellules qu'on peut vendre, louer, breveter, une machine plus ou moins performante qu'on peut améliorer, une "monnaie vivante" pour tout dire. Et on se pose des questions incongrues qu'on n'imaginait pas il y a seulement quinze ou vingt ans. Si notre corps n'est plus nous-mêmes, quel est alors son statut ? Une chose, un objet dont nous serions, au choix, l'inventeur, l'usager, le propriétaire ? Et, en retour, où logerait la personne ? Serait-elle devenue une catégorie impalpable, un concept vagabond, sans attaches, sans domicile fixe ? Entre chose et personne, notre identité vacille : nous sommes et ne sommes pas à la fois l'une et l'autre, et seule la mort nous réconcilierait peut-être avec nous-mêmes ; seule, elle réunirait ce qui fut séparé. Car le cadavre, aujourd'hui, est sanctifié, glorifié, comme si le mépris porté au corps vivant se transmutait en vénération du corps du défunt. Etrange histoire philosophico-juridique qui ouvre sur un avenir encore indéchiffrable entre le monstrueux, le nihilisme ou qui sait ? une surhumanité.
Le droit d'auteur s'est élaboré autour de quelques concepts apparemment évidents, à partir de la définition de ce que sont une oeuvre, un auteur et les droits qu'il exerce sur son oeuvre. Cette organisation de la propriété littéraire et artistique est mise en cause aujourd'hui par l'évolution rapide de l'économie du droit d'auteur, les transformations des usages du public dans notre société de l'information, le développement d'une industrie culturelle mondialisée. En mettant à jour les logiques qui structurent notre droit d'auteur, et en particulier la notion d'"oeuvre de l'esprit" qui en fonde l'originalité, Bernard Edelman nous invite à saisir l'ampleur des mutations actuelles de ce droit. Biographie de l'auteur Philosophe, avocat à la cour. docteur en droit, Bernard Edelman est l'auteur de nombreux ouvrages dont Droit d'auteur, droits voisins droit d'auteur et marché (Dalloz, 1993), La personne en danger (Pur, 1999), Le sacre de l'auteur (Seuil, 2004) et Quand les juristes inventent le réel (Hermann, 2007).
Résumé : Nietzsche a découvert un continent, celui de la Volonté de Puissance - et nous l'avons perdu. Délibérément, consciencieusement perdu, avec un acharnement à la mesure de l'effroi qu'il nous inspire. Car nous n'aimons pas savoir qui nous sommes, nous n'aimons pas marcher à visage découvert, la poitrine nue, vêtus de notre seul courage ; en bons pharisiens, en bons démocrates, en bons hypocrites, nous nous glissons le long des murs, furtivement, le dogme dans la ceinture, pour assassiner à coups de morale, de religion ou de philosophie les hommes exceptionnels, les héros de la pensée, les Argonautes de l'avenir. Nous voulons la bonne, la confortable chaleur du troupeau et nous bêlons de peur sous la cruelle et impitoyable lumière de Nietzsche. Pareils à de vieux hiboux dépenaillés, nous clignons des yeux, dérangés dans notre nocturne retraite. L'Homme suppose un être qui n'existe pas encore, mais qui est la fin de son existence.
Qu'est-ce qu'un sujet de droit ? Revêt-il une "forme marchande" ? Comment s'approprie-t-on la réalité ? A qui appartient l'image d'un lieu, d'une personne ? Depuis Le Droit saisi par la photographie, paru pour la première lois en 1973, jusqu'à aujourd'hui. Bernard Edelman n'a cessé d'explorer les arcanes de ces questions avec un regard insolite. De la naissance de la photographie et du cinéma qui bouleversent les repères juridiques, aux personnages de fiction soudainement en quête d'identité, en passant par les paysages et les villes brutalement soustraits au domaine public, le droit d'auteur étend à l'infini ses ramifications et soutient le rêve de l'artiste : "imaginer" la nature de sorte qu'elle soit absorbée tout entière dans l'oeuvre.
Il n'y a plus d'art éternel, il n'y a plus de génie solitaire inspiré par les muses et oeuvrant dans son atelier. Nous naviguons tous, du soir au matin, nous sommes des nomades du virtuel. La terre est devenue plate comme un écran d'ordinateur où défilent, en continu, toutes les oeuvres du monde, toutes les marchandises, toutes les publicités. Nous sommes à bout de souffle et le marché est la seule réalité qui compte: il n'y a plus d'au-delà de l'histoire comme il n'y a plus d'au-delà du marché. Et l'art qui était notre ultime consolation, l'art qui nous faisait rêver et conjurait nos peurs et nos angoisses, a mis en scène ce marché: il en a fait un spectacle universel, et nous sommes devenus des consommateurs de culture et des consommateurs de nous-mêmes. Dans notre démocratie esthétique, tout homme est artiste car tout homme se voit comme une oeuvre d'art; tout homme peut proclamer: "Regardez-moi, cela suffit", comme Duchamp aurait pu dire d'un ready-made: "Achetez-moi, cela suffit". L'histoire de l'esthétique moderne s'est déroulée en deux siècles à peine. La révolution industrielle, au XIXÈME siècle inaugurera l'art industriel, l'art utilitaire, comme on disait, et fit rouler dans la fange l'auréole du poète assassiné; le XXÈME siècle a connu les grandes mises en scène des totalitarismes, l'utopie d'un peuple "oeuvre d'art totale", conçue par le guide suprême, Hitler ou Staline. Jusqu'à l'avènement de la démocratie esthétique qui concilie le marché et le narcissisme du "dernier homme".
Les principes directeurs du présent livre sont la libre pensée et la libre expression, ouvertes, mobiles et affranchies des idéologies conservatrices ou progressistes". La guerre des sexes n'est pas morte : sous la pression de mouvements dénonciateurs ou en raison de clivages politiques grandissants, hommes et femmes semblent poussés à l'affrontement. Aussi nombreuses que soient les voix s'élevant pour arbitrer la rixe, celle de Camille Paglia connaît peu d'égales. Ce recueil convie à un riche programme : l'histoire du féminisme, les rapports entre l'inné et l'acquis, l'avortement, la chirurgie plastique, les femmes en politique, le sadomasochisme ou encore l'esthétique (qu'il s'agisse de la représentation évolutive des corps féminins dans l'histoire de l'art ou de l'étude de figures inspirantes, du buste de Néfertiti à la belle du Sud, en passant par Madonna et Germaine Greer). Pareille diversité atteste un apport précieux et original aux débats féministes et culturels contemporains.
Résumé : " Une peinture est un tout organisé, un ensemble de formes (lignes, surfaces colorées...) sur lequel viennent se faire ou se défaire les sens qu'on lui prête. Le contenu de cet ensemble n'est pas un équivalent d'émotion, de sensation, il vit de lui-même. Ces relations entre les formes sont un transfert de relations de l'univers à une autre signification. Dans ce qu'elle a d'essentiel la peinture est une humanisation du monde. " Pierre Soulages (1948) Voici réunis, dans leur variété, leur constante et exemplaire rigueur, quelques-uns des textes et entretiens de Pierre Soulages. Ils explicitent pour nous son oeuvre immense.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.
Nous vivons une époque paradoxale : les extraordinaires progrès scientifiques et techniques des dernières décennies ont bouleversé notre existence, mais, dans le même temps, un fulgurant retour de la barbarie sape nos valeurs laïques fondamentales, héritées des Lumières. Religions et utopies sociales, ces illusions dangereuses constituent la pire malédiction de l'humanité ; elles assaillent notre liberté de penser et de nous exprimer librement. Elles nous imposent leurs critères absolutistes du Bien et du Mal ainsi leur foi dans un au-delà ou un avenir radieux chimériques. Leur but est évident : nous empêcher de vivre sereinement et nous priver du bonheur quotidien. Dès lors, l'alternative est tranchée : Homme ou Dieu ? Raison ou foi ? Plaisir ou ascèse ? Vivre ici et maintenant ou attendre la vie après la mort ? Ce livre très documenté n'en est pas moins un ouvrage grand public : écrit dans un style simple et accessible, il se veut un essai-coup de poing, un pamphlet choc et sulfureux pour nous libérer des fausses promesses et des mensonges qui nous emprisonnent.