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Bouddhisme. Chronique d'une illusion
Duvauchel Marion
GREGORIENNES
24,50 €
Épuisé
EAN :9782367660387
Si, en Europe, le bouddhisme est devenu familier du grand public, son élaboration savante comme son historiographie sont largement méconnues, voire totalement inconnues. Religion universelle, sagesse, spiritualité, philosophie ou génial syncrétisme : le bouddhisme est une énigme religieuse, aussi bien qu'historique. Or, la fascination qu'il exerce aujourd'hui ne saurait s'expliquer sans une analyse nourrie de ses fondements - analyse qui montre que ce sont les chercheurs français, anglais, allemands, russes et hollandais qui, se passionnant pour les vieux textes sans âge de l'Inde, ont peu à peu élaboré le "roman du Bouddha". Au long de dix chapitres solidement documentés, cet ouvrage restitue la manière, souvent frauduleuse, dont s'est constitué ce savoir de l'indianisme européen : la nature de ce culte né en terre indienne, l'énigme de son fondateur, de sa doctrine et de son canon présumés, la difficile question des écritures indiennes, l'histoire oubliée des Quatre Généraux du Pendjab. Il étudie la dimension légendaire, voire illusoire, de bien des aspects du bouddhisme, aujourd'hui universellement admis et transmis sans examen.
De la vie parisienne à la touffeur des tropiques et à travers Arnaud Bessac et ses collègues, ingénieurs talentueux, ce livre retrace ce que fut réellement l'épopée du canal de Panama, considérée comme un échec et qui, à l'évidence avec un gouvernement moins frileux, aurait dû être une réussite française.
2024 : l'actualité braque ses projecteurs sur le Haut-Karabakh, que les Arméniens tiennent pour leur berceau historique et qu'ils appellent l'Artsakh. Avec l'appui de la Turquie, l'Azerbaïdjan a alors repris cette région, que les Azerbaïdjanais revendiquent, bases de l'école historique de Bakou à l'appui. Bases largement faussées. Pour comprendre la nature de ces conflits dans le Caucase méridional, il faut remonter jusqu'au premier siècle de notre ère, jusqu'à l'existence d'un petit royaume albanien christianisé dès le premier siècle, en lien étroit avec Jérusalem. Au VIIIe siècle, il disparaît sous les coups de l'islam, survit culturellement jusqu'au XIIe siècle avant de s'éteindre et de s'effacer de la mémoire caucasienne. Les quelques milliers d'Oudis chrétiens en Azerbaïdjan constituent " le petit reste " de ces Abghaniens. L'histoire de cette Albanie serait restée dans les limbes sans la découverte en 1975, au monastère du Sinaï, d'un palimpseste, un Evangile de la Croix (Evangile de Jean), écrit dans l'alphabet albanien. Ce livre reconstitue l'histoire et l'historiographie de ce petit royaume antique, païen puis chrétien. Il en opère la première synthèse à l'intérieur de la complexe histoire caucasienne, mise en perspective à partir d'une périodisation précise. Jusqu'aux guerres du Haut-Karabakh...
Lors de son discours à Ratisbonne le pape Benoit XVI défendait à juste titre l'hellénisme, vecteur de la première " inculturation " du christianisme où il a joué un rôle majeur dans l'histoire culturelle de l'Occident. Mais cette inculturation n'est pas la première. Parallèlement, l'Evangile a été annoncé à celles des nations dont la lingua franca était alors l'araméen, de l'autre côté de la frontière romaine, en Syrie, Palestine, en Perse mais aussi dans toute l'immense Eurasie. Ce qu'on appelle la " Tradition ", définie par un canon des Evangiles, a été élaboré dans un contexte araméen, dont le christianisme d'Orient et les syriaques ont maintenu le dépôt. Ce n'est donc pas le seul pourtour du bassin méditerranéen oriental qui constitue le cadre unique de l'expansion du christianisme mais toute l'immense Eurasie, selon un axe est/ouest que nous pensons (avec des myopies) en termes d'Orient et d'Occident. En 1940, Georges Dumézil signalait dans un bref article l'existence d'une " chrétienté disparue dans le Caucase. Des manuscrits trouvés sur le mont Sinaï, il y a une vingtaine d'années, ont contribué à exhumer cette civilisation chrétienne dont l'histoire est restée dans l'ombre de celle des deux chrétientés qui ont résisté à l'islam et à l'islamisation : l'Arménie et la Géorgie. Cette découverte constitue une pierre d'angle pour refonder un " atlas " géopolitique de la première évangélisation, et mieux comprendre le christianisme d'orient, conservatoire de la Tradition en langue et en culture araméenne, précédant de quelques années l'inculturation hellénistique.
Cet ouvrage fait suite à celui consacré à l'Enigme de la pensée que nous achevions par une considération de saint Jean de la Croix : "Une seule pensée de l'homme est plus précieuse que tout l'Univers : d'où vient que Dieu seul en est digne". Quelle "pensée" serait-elle assez forte pour n'avoir d'autre objet que la divinité ? C'est l'objet d'un débat et d'un combat. La religion formalisant la relation de l'homme à Dieu et de Dieu à l'homme est-elle une création de l'esprit humain ? Si l'homme doit combattre laborieusement ses propres préjugés pour faire de la science, combien plus doit-il faire face à l'obstacle de sa pensée auto-référente et à son désir inconscient pour recevoir une véritable capacité d'accueil d'une révélation, sans laquelle il serait à jamais clos sur lui-même. La proposition chrétienne de transformation des principes de la pensée et des principes du désir s'appelle métanoïa. Les méditations données dans cet ouvrage dessinent un chemin intellectuel et spirituel vers un but qui semble inaccessible à l'imaginaire "naturel" : la déification de l'âme. Grégoire Palamas ou Louis Lanneau l'ont exploré aux XIVe et XVIIe siècles. Nous reprenons le flambeau, pour que brille la véritable espérance.
Jusqu'à la fin du Moyen Âge, saint Joseph n'était honoré d'aucune fête spécifique, d'aucun culte particulier ni de dévotion publique connue. Pourtant, il reçut de Dieu une mission exceptionnelle : être l'époux de la Vierge Marie en gardant la vertu de chasteté et devenir par là même le père adoptif de celui qui devait se révéler le Messie, Fils de Dieu, Jésus. Au début de l'époque moderne, saint Joseph sort de l'effacement où il semble avoir été tenu par la dévotion, et reçoit alors l'hommage d'un culte spécifique. L'Église propose à l'attention des fidèles le saint qui, par excellence, montre une paternité reçue de Dieu. Saint Joseph est aussi l'aboutissement de toute une lignée généalogique, révélatrice de cette véritable paternité, issue de l'Ancien Testament à travers le patriarche Jacob, son fils Joseph mais aussi d'une lignée de " figures " comme Moïse et David. Par ailleurs, l'Église propose la méditation sur plusieurs autres vertus du saint : modèle des travailleurs, patron de la bonne mort, patron de l'Église universelle, etc. L'iconographie exceptionnelle de Jean-Paul Dumontier complète les approches historiques de Jean-Michel Sanchez et la contribution anthropologique que Jean-François Froger apporte en relisant les textes de l'Écriture Sainte concernant la différence féminin-masculin, révélatrice de la spécificité humaine de la " paternité " dans l'union en " une seule chair ".
Henri Le Saux était moine, écrivain, poète et mystique, un des ascètes cachés du XXe siècle qui se nourrit intensément de silence et de recherche de l'Au-delà divin. Les quatre-vingt-douze lettres qu'il adressa, entre 1952 et 1973, à sa soeur Marie-Thérèse, moniale bénédictine à l'abbaye Saint-Michel de Kergonan, témoignent du lien fraternel et spirituel fort, tissé au fil des ans entre deux âmes pénétrées d'une même spiritualité monastique : "Tu sais, désormais, tu tiens en quelque manière ma place à Kergonan" (lettre du 17 juillet 1952). Cette correspondance apporte un éclairage nouveau, pleinement ancré dans le quotidien de la vie mais aussi profondément mystique, sur la vocation si particulière de cet infatigable pèlerin de l'absolu. Plus précisément, elle nous enseigne — et c'est là toute son originalité — qu'Henri Le Saux est resté moine dans l'âme et en relation avec son monastère, au sein même de son expérience novatrice en terre indienne. Peu d'hommes ont incarné leur vocation arec une telle radicalité. Les tente fragments choisis dans ce recueil de lettres, présentés et commentés chronologiquement, reconstituent le témoignage d'une expérience d'intériorité intégrant la dimension orientale. Une expérience ultime d'être, au-delà du mot "Dieu", qui invite simplement le chercheur d'Absolu à s'élancer vers le chemin de l'espace intérieur — "vers l'Orient du coeur" — là où se lève la Lumière.
Les récits de la Genèse sur la création du monde et celle de l'homme offrent au lecteur contemporain un sujet d'étonnement profond : ils sont structurés par une logique rigoureuse. Une lecture toute nouvelle s'offre à nous si nous voulons bien accepter une généralisation de la logique classique, remontant à Aristote, en une logique plus puissante. On peut ainsi se dégager de l'impasse métaphysique dont les travaux de Martin Heidegger ont fait toucher le fond. Il faut s'appuyer sur la catégorie de relation, valide aussi bien en Physique qu'en Métaphysique ; alors la réconciliation entre Foi et Raison s'opère naturellement. L'interprétation de chaque verset se découvre aussi passionnante qu'un roman policier dont on attend le dénouement avec impatience ! L'auteur, dont c'est le quinzième ouvrage, livre ici le résultat de méditations assidues avec son propre étonnement devant cette révélation, souvent méprisée comme un mythe mais qu'on peut redécouvrir dans sa fraîcheur de source.