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Tracés N° 24 : Il avait appris à écrire
Dumortier Jean-Louis
PULG
15,90 €
Épuisé
EAN :9782875622631
Il avait appris à écrire" : retourner ainsi le titre d'un célèbre essai consacré aux incipit, serait-ce donner à entendre que Simenon, au contraire d'Aragon, bien faraud de prétendre n'avoir jamais appris à écrire, applique des procédés qui lui ont été enseignés ? Bien sûr que non ! On sait que sa scolarité a été écourtée et qu'il n'a pu bénéficier, de la part de ses maîtres, de conseils d'écriture susceptibles de faire de lui le romancier qu'il est devenu, un "pêcheur au lancé" capable, en quelques phrases, d'appâter et de ferrer le lecteur. Cette capacité, c'est le fruit d'un apprentissage "sur le tas" , en tant que fournisseur de la presse quotidienne, d'abord, puis, très vite, d'une littérature vouée à la consommation rapide. Peut-on dire que Simenon, au cours des années de maturation sous pseudonymes, a fabriqué des hameçons tout à fait personnels et qu'il a découvert une manière de jeter la ligne à nulle autre pareille ? Sans doute pas : ce serait un jeu d'enfant de trouver, chez ses contemporains, à l'entame des romans, des situations et des personnages aussi indéterminés que les siens, qui piquent la curiosité et suscitent le désir de savoir qui ils sont et ce qui les a menés là où ils sont. Mais il y a chez lui un degré d'intrication des points de vue bien supérieur à celui qui se rencontre chez ses confrères, une alternance de perspectives - sans scrupules pourrait-on dire - qui, à la fois, peut décontenancer le lecteur engoncé dans les habitudes de réception de la narration réaliste, et lui ouvrir de vastes espaces d'interprétation. Quelque chose arrive à quelqu'un quelque part ; quelqu'un parle, mais ce qui a lieu ou ce qui est dit est donné à connaître à travers un énoncé dont la source est indécise ou dont l'énonciateur n'est pas sûr. Si la formule n'était rebattue, on pourrait dire "Ca parle" et il revient au lecteur de chercher ce que ça signifie pour lui, ce qui est à comprendre, ou, plutôt, ce qui peut être compris à partir de, grâce à, malgré aussi parfois ce qui est dit - ou tu. De tous les écrivains "réalistes" , Simenon est peut-être celui qui laisse le plus de marge à l'interprète, celui qui, en régime de clôture du sens, débarrasse le récit de la plupart des figures dévolues à son avènement, ou ne les convoque que pour contester leurs prétentions. Il invite ainsi implicitement le lecteur à débrouiller l'écheveau et, sans le mettre en garde noir sur blanc, il lui laisse entrevoir le risque de ne tirer que sur quelques fils. Ici, très modestement, il a été proposé à des lecteurs issus de diverses communautés interprétatives et pas tous, loin de là, également familiers de Simenon, de mordre dans l'esche d'un incipit, ou de dire de quoi elle est faite, ou d'être à la fois le poisson et celui qui l'appâte. Il s'agissait de ne pas relancer le carrousel des généralités sur l'univers fictionnel du romancier, mais de mettre le doigt sur les mots, sur les phrases qui incitent à y entrer.
Découvrir Edgar Morin. Edgar Morin, tout le monde connaît le nom, le visage, les engagements parfois, mais qu'en est-il de l'oeuvre ? Ni philosophe, ni sociologue, ni anthropologue, Edgar Morin est tout cela en même temps. Il est un penseur omnivore, passionné par tous les savoirs, toutes les disciplines, fuyant la compartimentation qui mutile la connaissance de l'être humain. L'oeuvre d'Edgar Morin est volumineuse et protéiforme et, vue de loin, ressemble à celle d'un touche-à-tout glouton. Il a d'abord ouvert de nombreux chantiers en anthropologie (essai sur la mort), puis en sociologie (la culture de masse, la jeunesse, la sociologie du présent), le cinéma, les rumeurs, la nature de l'URSS, avant de se consacrer à son grand projet : la théorie de la complexité. Car derrière l'apparent éclectisme, se révèle une unité profonde : une approche complexe de l'être humain - tiraillé entre des forces diverses qui s'unissent et se confrontent en lui. Ce livre souligne la cohérence d'une pensée qui germe, naît et grandit tout au long d'un siècle jalonné de soubresauts historiques, de découvertes scientifiques, de guerres et de crises.
Honte : peine de se sentir inférieur, indigne, insignifiant. Aux yeux d'autrui, ou à ses propres yeux - mais ne sont-ils pas le truchement du regard des autres ? Peine aussi de prendre conscience de l'infériorité, de l'indignité, de l'insignifiance des personnes que l'on aime. J'ai honte de moi, qui ne puis franchir la barre à la hauteur où elle est placée. A la hauteur où, souvent, je l'ai placée moi-même - mais est-ce bien moi qui ai conçu l'idéal auquel je ne puis atteindre ? J'ai honte de toi aussi, que je voudrais plus digne de mon amour : moins mesquin, moins résigné, moins humilié. Tu me fais honte, ils me font honte (quand ce qu'ils font eux-mêmes est parfois plus honteux), je me fais honte surtout. A cause de mes larcins d'enfants, de mes trahisons d'adulte, de mes fuites en avant, dans l'alcool et la hâblerie, dans l'agitation et l'affabulation... Et comment surmonter l'épreuve ? Comment échapper au pénible sentiment de petitesse ? Comment exister à taille respectable si l'on ne choisit pas de tirer son épingle du jeu, en allant voir ailleurs si le juge n'est pas moins sévère, ou en se rayant mi-même de la liste des condamnés à honte ? Il y a le mépris - l'illusion de valoir mieux que ceux qui vous dédaignent -, il y a l'aveu d'indignité en espoir d'indulgence, il y a le rabotage du moi idéal, il y a l'oubli de sa honte dans la sauvegarde des honteux, il y a le crime et la chance paradoxale d'échapper aux jugements insupportables en choisissant soi-même la faute dérisoire pour laquelle on sera châtié. Il y a... bien d'autres issues sans doute que celles illustrées dans les romans ici étudiés. La honte est une clé de voûte de l'oeuvre de Simenon, dont les contributions à ce volume éclairent bien des facettes, toutes laissant transpirer cette idée, qu'à la honte du vécu personnel, l'écriture pourrait bien tire un remède.
Dumortier Jean-Louis ; Dispy Micheline ; Nélisse S
Le nouveau référentiel "Français - Langues anciennes" enjoint explicitement aux enseignants d'envisager les savoirs langagiers "comme des outils" au service de la communication verbale. La finalité de ces apprentissages reste donc l'amélioration des performances de lecture et d'écriture, de parole et d'écoute. Ces dernières devraient dès lors s'évaluer au moyen d'activités de compréhension et de production, dans le cadre de situations de communication. Or, la tradition scolaire de l'enseignement de la langue, orienté par une connaissance' théorique de la morphosyntaxe et de l'orthographe, résiste à l'innovation. Pourtant, les compétences de communication au moyen de la langue ne sauraient être réduites à la capacité d'orthographier. Tout comme on s'assure encore des connaissances des élèves en grammaire, conjugaison et vocabulaire au moyen d'exercices portant sur des mots ou des phrases coupé(e)s de tout contexte... tandis qu'on déplore que les élèves ne mettent pas en oeuvre les savoirs enseignés quand ils lisent, écrivent, parlent ou écoutent. Cela s'explique, notamment, par le manque d'un matériel pertinent qui ferait sauter les cloisons entre les composantes de la discipline "français" et qui compléterait la grammaire de la phrase par une grammaire du texte. En réponse à cette carence, cet ouvrage propose aux instituteurs et aux agrégés de l'enseignement secondaire inférieur un double support : après une synthèse des savoirs langagiers fondamentaux destinés au tronc commun, en une cinquantaine de pages, l'essentiel du volume est consacré à des activités de lecture et d'écriture propices à l'utilisation de ces savoirs et assorties de corrigés.
Résumé : Bien moins nombreux que les papyrus grecs, les papyrus latins présentent néanmoins un grand intérêt pour l'étude des contacts entre les deux langues officielles du bassin méditerranéen antique, à savoir le grec et le latin. Ces contacts se manifestent non seulement par l'existence de papyrus bilingues, mais sont aussi perceptibles à d'autres niveaux : les emprunts lexicaux dans les papyrus documentaires et l'influence d'une écriture sur l'autre. Ces aspects ont été fortement renouvelés ces dernières années. Les Actes de la Table Ronde organisée à Liège les 12 et 13 mai 2011 proposent non seulement des pistes de réflexion sur les phénomènes inter-linguistiques en Egypte gréco-romaine, mais font également le bilan des avancées récentes de la papyrologie latine en prenant en considération deux phénomènes étroitement liés, le bilinguisme et le digraphisme.
Pourquoi certaines cultures rejettent-elles la chair du porc ? Les Grecs se posaient déjà la question, qui n'a cessé de revenir au devant de la scène. Etudier le porc en Egypte ancienne est une manière de mettre cette problématique à l'épreuve. En effet, depuis que les Grecs s'y sont intéressés, l'Egypte pharaonique se retrouve dans ce débat anthropologique puisque le porc, dit-on, n'y aurait pas été vraiment en odeur de sainteté. Viande malsaine ? Animal infâme ? Bête "taboue" ? L'objet de ce livre est de comprendre ce discours et de voir sur quoi il se fonde, en offrant une approche historique et anthropologique du cochon en Egypte ancienne. Le portrait de l'animal au sein de la culture pharaonique émerge très contrasté d'une analyse qui permet de réfléchir à la genèse des interdits religieux, aux discours qui s'y rapportent et aux choix culturels et identitaires qu'ils véhiculent. Ce véritable "roman du cochon" entend ainsi contribuer à une anthropologie de l'alimentation, tout comme à une histoire des relations entre les hommes et les animaux.
Bert Jean-François ; Lorre Christine ; Benthien Ra
Henri Hubert (1872-1927) est une figure importante de la période qui a vu le développement de l'anthropologie et de la sociologie des religions. Proche d'Emile Durkheim, il fut aussi l'ami de Marcel Mauss avec lequel il signa deux études majeures sur le sacrifice (1899) et sur la magie (1904). Les analyses de cet auteur prolifique se situent à la croisée de l'histoire et de l'anthropologie, de la linguistique et de l'archéologie, de l'histoire des religions et de l'orientalisme. Mais ses travaux vont pas connu la postérité de l'oeuvre de Mauss, en dépit de la richesse des perspectives comparatives qu'Hubert y développe, et surtout de leur indéniable actualité. Qu'il aborde la question de la magie dans l'antiquité, celles du sacré, du temps ou encore des héros, Hubert étonne par sa largeur de vue, par les perspectives novatrices qu'il déploie, et par sa solide érudition. La réédition de quelques textes majeurs signés par Henri Hubert offre l'occasion de mieux comprendre l'importance de ce chercheur injustement négligé dans les débats qui agitent, en ce début du XXIe siècle, la réflexion sur les questions religieuses.