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L'énigme platonicienne
Duhot Jean-Joël
KIME
30,00 €
Épuisé
EAN :9782841748037
La question platonicienne est traversée par une énigme qui défie les interprètes depuis les travaux de Léon Robin, qui datent de plus d'un siècle. Platon a-t-il élaboré une doctrine, ou sa pensée est-elle tout entière contenue dans les dialogues ? Autrement dit, y a-t-il un enseignement secret de Platon qui n'apparaîtrait pas dans son oeuvre écrite ? Le témoignage des doxographes, à commencer par Aristote, laisse entendre que Platon a bien enseigné une doctrine, mais comment expliquer le silence des dialogues ? Analysant l'étrange passage du Timée qui s'articule sur la gamme pythagoricienne, J.-J. Duhot, qui a aussi été musicien professionnel, en a décrypté la clef, qui avait échappé aux interprètes : le Même code l'octave, soit le rapport 2, et l'Autre code la quinte, soit le rapport 3/2. Cette clef, indiscutable en elle-même, comme le démontre J.-J. Duhot, permet d'établir la grille de lecture qui éclaire toutes les obscurités du passage. On a donc là une double équivalence, entre métaphysique (Un/Multiple), acoustique (octave et quinte), et mathématiques (construction arithmétique de la gamme). J.-J. Duhot montre que c'est la matrice sur laquelle Platon construit son oeuvre et met en place le postulat de mathématicité du monde, qui sera la base de toute la science moderne, à partir de Galilée. La gamme du Timée offre un modèle mathématique, la division de 2 en produits de facteurs dans un système logarithmique, qui résout (métaphoriquement) les problèmes de l'Un et du Multiple. On voit ainsi apparaître un "cycle éléatique" dans lequel, au fil des dialogues, Parménide, Théétète, Sophiste et Politique, se met en place une véritable doctrine platonicienne. Doctrine secrète qui s'offre au lecteur qui sait en décrypter le code.
Résumé : Épictète, l'esclave devenu philosophe, est l'une des figures les plus frappantes de l'Antiquité. Avec Sénèque et l'empereur Marc Aurèle, il fait partie de ces sages stoïciens qui ont marqué en profondeur la pensée et la morale occidentales. Impassibilité devant l'adversité, conscience de n'être qu'un élément du grand tout cosmique, tels sont les principaux traits que l'on prête habituellement au stoïcisme. Ce livre plante le décor de la Grèce antique qui favorisa l'éclosion de cette école, développe - textes nouvellement traduits à l'appui - les grands thèmes du stoïcisme et montre comment, bien avant la naissance du christianisme, il rayonna sur tout le bassin méditerranéen. L'auteur, enfin, relate de manière passionnante l'influence du stoïcisme sur la pensée juive et chrétienne et dit quel fut, au cours des siècles, son apport.
Le stoïcisme fait partie de notre patrimoine. Il a marqué très profondément notre histoire, y compris dans des domaines où on ne l'attendrait pas. Son image austère et grandiose lui confère une noblesse saluée, mais un peu rébarbative. En réalité, c'est une philosophie souvent mal comprise, qui déborde très largement le cadre de cette image. Les oeuvres des trois premiers siècles de l'école ont disparu, ce qui nous oblige à en reconstituer la pensée à partir des fragments et des témoignages qui ont franchi l'épreuve du temps. Et, au-delà de ce travail d'archéologie textuelle, nous avons à découvrir une philosophie qui reste encore largement méconnue parce qu'elle a été occultée par le platonisme, et théâtralisée par la représentation spectaculaire que les Romains en ont donnée. Paradoxalement, les outils modernes permettent aussi de mieux comprendre les philosophies du passé, et les notions de système et d'information nous ouvrent une nouvelle lecture du stoïcisme. C'est une philosophie de l'information, dont nous pouvons aujourd'hui prendre toute la mesure. Le stoïcisme nous donne des outils philosophiques grâce auxquels nous pouvons dépasser les impasses du dualisme et notre impossibilité de conceptualiser les rapports de la pensée et du corps autrement que sur le mode de l'altérité ou de la réduction. Entre un spiritualisme dualiste et un monisme matérialiste, le stoïcisme trace une voie peut-être encore plus féconde aujourd'hui qu'elle ne l'a été dans l'Antiquité. Dans ce cours, J. -J. Duhot, qui a, par ses livres et ses articles, apporté une importante contribution à la connaissance du stoïcisme, opère une synthèse d'un demi-siècle de recherche.
Ce premier tome du Labo regroupe une série dereportages BD réalisés par Jean-Yves Duhoopour le Journal de Spirou, qui publie depuis un anet demi les visites de ce dernier dans leslaboratoires d organismes de rechercheprestigieux comme le Centre National de larecherche scientifique (campus de Gif sur Yvette),le CNRS, au Museum d Histoire naturelle, l Institutde Biologie Physico-chimique, l Observatoire deParis, ou encore le Synchrotron (accélérateur departicules de la Plaine de Saclay, en France).Avec beaucoup d humour mais avec la plusgrande rigueur scientifique!, Jean-Yves Duhoonous entraîne à sa suite dans ces laboratoiresdont on ne sait finalement pas grand-chose.Et pourtant le produit des recherches qui y sontmenées ne tardera pas à investir notre quotidien!L action du soleil sur la planète, le fonctionnementde la mémoire, l étude de la matière, l observationdes fossiles...Jean-Yves Duhoo va à la rencontredes chercheurs et des scientifiques, sur leurslieux de travail, pour qu ils puissent expliquer cequ ils font, comment ils s y prennent, et avec quelsoutils. Au final, une série de reportages dessinésqui ouvrent des portes insoupçonnées pour tous,jeunes comme adultes, sur l avancement de lascience.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.