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Cliniques méditerranéennes N° 83, 2011 : Penser notre époque : mutations du sujet ou solutions subje
Ducousso-Lacaze Alain ; Grihom Marie-José
ERES
26,50 €
Épuisé
EAN :9782749214139
Michel Danti-JuanDroit pénal, changement social et économie psychique: difficultés du questionnement et plausibilité des rapprochementsL'intitulé de ma communication, j'en suis tout à fait conscient, est bien long et un peu alambiqué. Aussi me faut-il commencer par mettre à profit l'introduction de mon propos pour m'en expliquer, en en décomposant les différents aspects.Pour le droit pénal, il n'y a guère de difficulté à supposer de ne pas vouloir réduire les choses à une dimension strictement procédurale. Tel ne sera pas mon propos ici puisque je vais être amené à évoquer davantage le droit pénal de fond qui se nourrit plutôt d'incriminations et de sanctions que de règles du procès.Pour ce qui est du changement social, pas de difficulté non plus. Il s'agit des modifications qui affectent le corps social de façon significative et amènent à s'interroger aussi bien sur leurs causes que sur leurs effets. On perçoit tout de même immédiatement que c'est à travers les rapports qu'entretient le droit pénal avec le changement social que les choses seront ici envisagées et sans que l'on sache très bien encore, à ce stade, à quel titre est opéré ce rapprochement. Est-ce parce que le changement social entraînerait des modifications du droit pénal qui en deviendrait ainsi emblématique? Ou est-ce parce que, au contraire, les réformes pénales seraient susceptibles d'infléchir les comportements et de générer ainsi une certaine forme de changement social? Nous y reviendrons plus loin.Enfin, reste l'économie psychique, terme savant et obscur, mais dont j'ai fini par comprendre grâce aux explications et à l'indulgence de mes collègues psychologues, qu'il recouvre en quelque sorte des états d'esprit, des mentalités, la façon dont les uns et les autres ressentent les transformations sociales et le retentissement de ces dernières sur leur fonctionnement psychique.Dès lors, c'est sur une relation triangulaire qu'il faut s'interroger. En tant qu'elle est susceptible d'être en rapport de cause à effet avec le changement social, dans quelle mesure l'évolution du droit pénal permet-elle de nous renseigner sur la psychologie de nos contemporains?Mais je me demande au fond si le juriste que je suis est le mieux placé pour s'interroger de la sorte. J'imagine volontiers qu'en me sollicitant, les organisateurs de ce dossier auront pensé qu'au moins un juriste a quelques chances de connaître les lois. En principe, cela est vrai... Mais je ne suis pas certain pour autant que ce choix soit le plus judicieux. D'abord parce que les juristes sont souvent pleins d'illusions sur l'effet attendu des lois qu'ils étudient et je les crois pour cette raison souvent empreints d'un certain idéalisme législatif dont, pour être conscient, je ne m'estime pas pour autant indemne. Ensuite, parce que les sociologues et les psychologues sont sans doute plus éclairés et me paraissent bien mieux armés que les juristes pour formuler les hypothèses - car en vérité il ne peut guère s'agir que de cela -sur les états d'âme de leurs contemporains.Quoi qu'il en soit, m'étant engagé à m'interroger sur ce thème et n'ayant aucunement l'intention de choisir la désertion, je me suis mis au travail et me dispose à vous livrer aujourd'hui le fruit de mes réflexions. Toutefois, comme je n'ai pas plus de penchant pour le charlatanisme, j'entends bien prendre toutes les précautions qui s'imposent de sorte qu'avant d'évoquer les rapprochements qui paraissent les plus plausibles entre l'évolution du droit pénal et les dispositions d'esprit de nos concitoyens (II), j'entends bien attirer l'attention sur les difficultés inhérentes à une telle interrogation (I).
L'évolution de la législation en 2013 concernant le mariage des couples de même sexe et l'adoption a " normalisé " ces situations même si l'insémination avec donneur, pour les couples lesbiens, et la gestation pour autrui restent illégales en France. Ce mouvement historique, initié en 1999 avec le Pacs, justifie des recherches sociologiques et anthropologiques visant à rendre compte de ses effets sur les familles dites " homoparentales ", qui ne se constituent plus sur les mêmes principes, en genre et/ou en nombre, que la famille traditionnelle nucléaire. Par ailleurs, il paraît urgent que l'approche clinique référée à la psychanalyse s'empare des ces questions, avec ses problématiques propres, car si elle l'a fait en partie dans les débats, de manière souvent empirique et controversée, elle ne s'est pas attelée à de véritables recherches en ce domaine. Elle est également en retard par rapport à la psychologie du développement en ce qui concerne l'approche clinique des enfants de l'homoparentalité pour lesquels de nombreuses études, surtout à l'étranger, existent. Ce numéro privilégiera donc des recherches portant sur l'évolution récente des familles homoparentales d'un point de vue socio-anthropologique ainsi que les recherches cliniques référées à la psychanalyse visant à étudier le " faire-famille " du point de vue tant des parents que des enfants.
Le monde d'aujourd'hui est marqué par des situations de crise aux visages multiples dans les domaines politique, social, économique, sanitaire et climatique. L'expérience pandémique avec la covid-19, les guerres, le terrorisme, les discriminations, l'injustice sociale, les droits humains bafoués, le réchauffement climatique et les catastrophes environnementales constituent les paramètres d'une actualité contemporaine qui influent sur les représentations de l'avenir. C'est dans ce contexte qu'on a vu naître des néologismes comme "éco-anxiété" , "solastalgie" ou encore "traumatisme climatique" , pour désigner l'inquiétude liée à la situation environnementale. Mais ces différents termes font débat et méritent d'être interrogés dans leurs définitions et différences. La crise environnementale entrave les projections vers l'avenir des jeunes mais touche aussi l'ensemble de la population. Elle suscite des divergences de point de vue, des échos de natures différentes, sur les plans intra et intergénérationnel, à l'échelle politique, sociétale mais également au coeur des familles.
La notion de stigmatisation implique au moins deux dimensions. La première concerne le rapport d'une personne ou d'un groupe aux normes de la société. La seconde appréhende ce rapport comme une disqualification de la personne ou du groupe menaçant son acceptation au sein de la société. Deux approches complémentaires s'ouvrent alors : l'une centrée sur les mécanismes sociaux de la stigmatisation, l'autre sur les processus psychiques individuels et groupaux qui leur sont associés. Dans ce numéro, nous nous intéresserons aux familles confrontées à la stigmatisation du fait de l'écart à la norme des parents : familles non conventionnelles, parents aux prises avec la justice. Comment se construisent et évoluent les mécanismes sociaux de stigmatisation de ces familles ? Une réflexion sur " la norme du bon parent " interrogera sa raison d'être dans la modernité ainsi que ses évolutions récentes. Quels sont les processus subjectifs et intersubjectifs par lesquels la stigmatisation, au sein des familles, participe au sentiment d'appartenance ou menace le lien de filiation, la transmission entre les générations ? Comment les familles s'arrangent-elles de l'évolution de la norme du bon parent et des réaménagements de la distinction entre privé et public qu'elle entraîne ?
Dès l'apparition de la théorie de l'attachement - dans la trilogie de John Bowlby, Attachement et perte - ses relations tumultueuses avec la psychanalyse ont occupé le devant de la scène. Plus encore, on peut affirmer rétrospectivement que cette option théorique a puisé une bonne part de sa créativité dans la vivacité de cette conflictualité. C'est dans cet esprit qu'a été conçu cet ouvrage qui reprend, actualisé et complété. le dossier publié dans Le carnet Psy. Il propose une revue critique en examinant les éléments de convergences. de divergences et d'enrichissement mutuels entre théorie de l'attachement et psychanalyse. Son format synthétique. sa vocation didactique et sa lisibilité en font un incontournable outil pour tous ceux qui veulent s'initier aux rudiments fondamentaux de la théorie de l'attachement; les thèmes traités et l'originalité des ouvertures épistémologiques offrent aussi une lecture stimulante pour les connaisseurs.
Ben Soussan Patrick ; Korff-Sausse Simone ; Nelson
Comment dire l'indicible de cette rencontre fondatrice entre un enfant porteur d'un handicap et ses parents? Comment partager cette expérience impensable, comment l'élaborer, lui donner du sens?Quelles peurs, quelles résistances suscite le handicap? Comment dès lors l'accueillir? Comment aider les parents, les fratries, les familles mais aussi les équipes à faire en sorte que le handicap nommé n'assigne pas le nouveau-né à la différence, ne le condamne pas à être autre, irréductiblement, aux yeux de tous?Pédiatres, psychiatre et psychanalyste proposent ici des élaborations croisées à ces situations surchargées d'affects.
Bosse-Platière Suzon ; Ben Soussan Patrick ; Desca
Si de tout temps les femmes ont travaillé tout en ayant des enfants, aujourd'hui elles sont de plus en plus nombreuses à exercer leur activité à l'extérieur de chez elles. Et les transformations de la famille conduisent la plupart d'entre elles à confier leurs enfants à des professionnels de l'accueil éducatif. Le mouvement féministe, ces dernières décennies, s'est attaché à l'émancipation de la femme et à la construction de la parité avec les hommes. Aujourd'hui, il apparaît important de repenser la maternité et la prise en charge du jeune enfant à partir de la question de la place des femmes dans la société. C'est cette interrogation qui est ici soumise à des historienne, sociologue, médecin, psychiatre, psychologues et psychanalyste.
La naissance soudaine, au sixième mois de grossesse, d'un enfant pesant souvent moins de mille grammes est toujours une épreuve pour le bébé et sa famille. Sont ici abordés en termes accessibles au plus grand nombre les problèmes médicaux, mais aussi psychologiques et éthiques qu'ils pourront rencontrer. Ce livre constitue une aide pour dialoguer avec les équipes soignantes, un outil pour mieux comprendre les difficultés, un point de repère auquel ils pourront peut-être se référer dans les périodes d'angoisse.
En psychiatrie comme en psychologie clinique, le patient ne se réduit pas à ses symptômes ni à sa maladie qui ne peuvent pas être compris dans leur seule dimension négative et " handicapante " : ils ont un sens au regard de l'histoire du sujet relevant de diverses formes de conflits, de blessures psychiques, de traumatismes et de systèmes défensifs. Les auteurs reprennent ici la description des grands syndromes psychiatriques actuels en leur apportant l'éclairage de la métapsychologie freudienne et postfreudienne ainsi que celui de la psychopathologie psychanalytique et transculturelle d'aujourd'hui, sans ignorer l'apport des neurosciences. Ces approches théoriques de la clinique apparaissent indispensables à une compréhension contemporaine des troubles psychiques et psychiatriques. Elles donnent les moyens de saisir ce qu'aucun scanner ni aucune statistique ne peuvent montrer, à savoir les dynamiques, les conflits et les déchirures psychiques sous-jacents à l'expression de ces troubles.
Résumé : La psychanalyse a produit avec Freud une mutation sans précédent dans la conception de l'homme : désormais nous savons qu'un déterminisme inconscient organise notre existence. Ce déterminisme se révèle clairement, avec Lacan, comme celui du langage lui-même. Dès lors que la psychanalyse reconnaît cette dimension, elle doit, bien sûr, lui laisser toute sa place dans la théorie. Celle-ci a sa rigueur, qui n'est pas seulement liée à un usage réglé des concepts. Mais il faut poser surtout qu'elle ne se réduit jamais à un ensemble d'énoncés où l'on oublierait l'énonciation.
4e de couverture : Notre corps ne ment jamais. Quand nous tombons malades, quand nous faisons l'expérience de la dépression, de la toxicomanie, de l'anorexie, c'est que nous sommes traversés par un conflit intérieur entre ce que nous ressentons et ce que nous voudrions ressentir. D'un côté, il y a notre corps, qui garde intacte la mémoire de notre histoire - et tout particulièrement des mauvais traitements que nos parents ont pu nous infliger -, de l'autre, il y a notre esprit et notre volonté, conditionnés par la morale et notre éducation, qui nous déterminent à aimer et honorer, quoi qu'il arrive, ces mêmes parents. Ce livre explore, à travers de nombreux exemples - notamment des vies d'écrivains célèbres -, les conséquences parfois dramatiques de ce conflit, mais il montre aussi qu'il existe des raisons d'espérer. Non, nous ne sommes pas obligés d'être les «bons» enfants de nos parents s'ils nous ont fait du mal et s'ils continuent de pratiquer le chantage affectif. Oui, c'est notre responsabilité que d'être attentifs aux signaux d'alerte que nous envoie notre corps. Au terme de ce chemin exigeant par lequel nous acceptons de relire l'histoire de nos rapports avec nos parents, il y a l'espoir de naître à une authentique liberté intérieure.Notes Biographiques : Alice Miller (1923-2010) a exercé la psychanalyse jusqu'en 1980 avant de se consacrer entièrement à ses recherches sur l'enfance. Traduite dans le monde entier, elle est l'auteur de nombreux ouvrages sur les causes et les conséquences des mauvais traitements infligés aux enfants, dont en Champs-Flammarion Notre corps ne ment jamais, C'est pour ton bien et Ta vie sauvée enfin.
Rejet du « réel » au profit du « virtuel », banalisation de la violence, perte de légitimité des figures de l'autorité, montée des diverses toxicomanies, attitudes inédites face à la procréation comme face à la mort, nouvelles formes de libertinage, difficultés d'une jeunesse sans perspectives, multiplication spectaculaire des états dépressifs... la liste est longue des changements récents qui témoignent d'une évolution radicale des comportements des individus et de la vie en société. Et qui provoquent une véritable crise des repères suscitant le désarroi des humains, à commencer par ceux qui font profession d'éduquer, de soigner ou de gouverner leurs semblables. C'est à une véritable mutation à la fois de la subjectivité et de l'existence collective que nous assistons aujourd'hui; où l'on voit apparaître ce que l'on peut déjà appeler, avec Charles Melman, « la nouvelle économie psychique ». Son moteur n'est plus le désir mais la jouissance. L'homme du début du XXIe siècle est sans boussole, sans lest, affranchi du refoulement, moins citoyen que consommateur, un « homme sans gravité », produit d'une société libérale aujourd'hui triomphante, qui semble n'avoir plus le choix: il est en quelque sorte sommé de jouir.