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De la filouterie dans l'Angleterre de la Renaissance. Etudes sur Shakespeare et ses contemporains
Drouet Pascale
PU MIDI
21,00 €
Épuisé
EAN :9782810702701
Que savons-nous, nous qui nous voulons d'honnêtes citoyens, sur les filous ? Et en saurions-nous davantage sur ceux de notre pays et de notre siècle que sur ceux de l'Angleterre de Shakespeare ? Ce que nous constatons, où que nous nous tournions, c'est que la tentation de la triche, l'art de la gruge, l'arnaque menée de main de maître, la jubilation de la ruse intelligente demeurent. La filouterie est de tout temps, insaisissable et indémodable, inextirpable, d'une pratique archétypale. Éternelle bête noire des autorités, cible toujours mouvante des faiseurs de loi, remise en cause récurrente des réponses coercitives. Mais aussi, source intarissable des écrivains parce qu'elle n'en finit pas de fasciner par son audace, son inventivité, son altérité. Or, par-delà les effets premiers de fascination et de divertissement, la filouterie invite à la réflexion : que nous dit-elle sur elle-même et, plus subtilement, sur la structure globale dans laquelle elle est prise et s'exerce ? Les textes qui composent cet ouvrage analysent ce monde des filous dans l'Angleterre de la fin du XVIe et de la première moitié du XVIIe. Ils témoignent d'un intérêt personnel de l'auteure pour l'art de la débrouillardise et l'intelligence de la ruse, mais aussi d'un sentiment d'indulgence envers les petits truands sévèrement mis à l'index quand les machiavels ne sont guère inquiétés.
Dans l'Europe des XVIe et XVIIe siècles, on présentait souvent le bannissement et l'exil qui s'ensuivait comme une juste punition pour avoir transgressé la loi. On condamnait ainsi les pauvres, les vagabonds ou les femmes, pour mendicité, vol ou adultère. Dans d'autres cas, on incitait fermement hommes et femmes à quitter leur pays pour échapper aux persécutions religieuses ou politiques ; ainsi des juifs et des protestants fuyant l'Inquisition, des rebelles et des courtisans tombés en disgrâce. En proposant des textes de littéraires et d'historiens sur la mise au ban en France, en Allemagne, en Italie et en Angleterre, ce numéro de La Licorne invite à la réflexion sur les rapports entre le " cruel exil " et l'exercice du pouvoir. La proclamation : " Je te bannis ! " n'est pas qu'un acte performatif censé traduire une " oeuvre de justice ", c'est également une " manifestation de force " destinée à marginaliser des individus exceptionnels ou certaines populations indésirables. Cet ouvrage commence par évoquer les problèmes religieux de la mise au ban, de l'enfermement, de l'excommunication et de l'exil. Il aborde ensuite les modalités et les significations sociales, politiques et légales de ces peines. Enfin, il examine plus particulièrement la poétique du bannissement et de l'exil telle qu'elle se dégage des mémoires d'exilés et des oeuvres dramatiques. Par ses approches critiques variées qui s'interpellent et se répondent, il tente de comprendre cc qui se joue dans le douloureux envers de l'exil, dans " le territoire dangereux de la non-appartenance ".
In a High Room regroupe une sélection de poèmes écrits entre 1987 et 2022. Howard Barker y déploie une grande variété de figures : un coolie, un aviateur en détresse, un fou prolixe, une jeune femme malmenée, un voyageur mélomane, un mercenaire vaincu, un fils prodigue, un héros incarcéré, une fillette rescapée, un tueur obsessionnel, un mystérieux déserteur, une femme aimée, un prestidigitateur à bout de souffle, une cariatide encore debout, un homme vieillissant. Ces laissés-pour-compte de la société, ces oubliés de l'Histoire, ces victimes de la guerre ou de tragédies plus personnelles, il les regarde, les écoute, leur prête sa voix au plus près du mode d'être au monde qui est le leur.
Sous le règne d'Elisabeth l, les lois contre les vagabonds se multiplient et se durcissent: fouet public et infamie, marquage au fer rouge, essorillement, enfermement, travaux forcés, pendaison et déportation, c'est tout un système punitif qui est mis en place pour châtier ostensiblement les traîne-savates, puis pour les soustraire à la vue de la société. Ces textes législatifs font également apparaître la distinction purement physique sur laquelle repose l'établissement des catégories de "impotent beggars" et de "sturdy beggars". sont les "mauvais pauvres" qui inspirent des pamphlétaires comme Thomas Harman et Robert Greene, et des dramaturges comme Thomas Dekker, Ben Jonson et William Shakespeare. Les brochures contre les "attrape-conils" et les typologies mettent à nu, avec une certaine jubilation, les artifices des filous et des faux mendiants contournent les lois grâce à leur ingéniosité et à leur capacité à faire passer pour des miséreux invalides, c'est-à-dire grâce à le qualités historiques; leurs auteurs, dont la position est souvent ambivalente, visent à avertir le lecteur autant qu'à le divertir. Le théâtre, quant à lui, ajoute une dimension subversive tout en faisant entendre des voix diverses: les gueux font l'objet d'une projection utopique et sont pris dans une économie du divertissement, ils favorisent les effets de miroir et de repoussoir qui offrent une perspective relativiste de la société et ils rendent saillants les traits satiriques prennent pour cible la justice défaillante. L'humour, la sympathie: l'absence de condamnation qui se dégagent en outre du traiteur dramatique trouvent peut-être leur explication dans l'amalgame semble faire la législation entre les "statuts" de vagabond. d'acteur, et dans leur art respectif de contrefaire
Résumé : Dans trois pièces tragiques de Shakespeare (King Richard II, Coriolanus, King Lear), une mise au ban abusive est à l'oeuvre. Elle s'inscrit, en amont comme en aval, dans une dynamique de déterritorialisation qui se décline sur plusieurs plans (linguistique, éthique, physique, psychique). L'abus de pouvoir qui exclut, sans autre forme de procès, résulte d'un franc-parler, de ce qui est mésinterprété comme abus de langage et donc refus d'allégeance. Il s'ensuit des stratégies de résistance, de déplacement. Riposte, retour transgressif, rupture de ban et " machine de guerre " s'inscrivant dans une logique d'" effet talion " (mode de l'aller-retour). Esquive, recours à la ruse du travestissement, expérience d'un " devenir-imperceptible " qui fait que, paradoxalement, l'ici se vit comme un hors-carte, comme un exil (mode du sur-place). Refuge dans l'imaginaire, subterfuge mental qui génère une dialectique de l'endurance et de l'épuisement et peut conduire à une forme d'entropie, à des phénomènes de lâcher-prise qu'il s'agisse de folie, de suicide ou d'arrêt cardiaque (mode du décrochage). Cette dynamique de déterritorialisation invite à un questionnement sur la légitimité du pouvoir, sur l'exercice du libre arbitre, sur les limites de l'humain.
A un moment où de nombreux domaines affichent des préoccupations relatives à la littératie, ce numéro s'intéresse à la constitution et à la réinterprétation de son espace conceptuel dans le champ de l'enseignement et de l'éducation. Plutôt que de se focaliser sur les différentes tentatives de définition qui ont pu en être proposées, ce volume cherche à comprendre en quoi la littératie conduit à penser autrement le développement des activités langagières : le continuum de leurs apprentissages, leurs interactions, leurs usages dans différentes institutions sociales, leurs fonctionnalités pour l'individu et la société.
L'amour des animaux est au coeur d'une société du changement qui donnerait une place de premier plan aux attachements, aux liens et aux connexions, à une empathie qui est la clé de tout changement sociétal. Des espèces compagnes à la relation des ani-maux pour des membres de leur propre espèce ou d'espèces différentes, l'expression "l'amour des animaux" est polysémique. Le but de ce volume est d'envisager l'amour des animaux, l'amour animal, l'amour pour les animaux dans sa multiplicité et sous un angle à la fois philosophique, environne-mental, scientifique, esthétique et littéraire ((littératures du monde), c'est-à-dire en ins-crivant ce thème dans la relation plus large de l'homme au monde".
Ce recueil, construit comme un dialogue entre universitaires, psychologues et psychanalystes, cible la complexité des liens qui unissent l'amour à la sexualité, décrivant et analysant la névralgie de leur articulation. La partition du sexe et de l'amour est soumise à travers les chapitres à l'épreuve des contextes psychopathologiques actuels, interrogeant le féminin, la dépendance, la mort, la temporalité, la procréation et la création. Cet ouvrage sur amour et sexualité est aussi une déclaration amoureuse à la psychanalyse et la psychologie clinique, ces disciplines qui courageusement accueillent, dans l'intimité de leurs séances, la complexe singularité du sujet pour permettre ce qu'Elisabeth Roudinesco nomme une "révolution de l'intime". Les auteurs rappellent les variations de l'amour et cherchent à les conjuguer à différents temps et modes : aimer, être aimé, s'aimer, sans oublier ses modalités d'expression sous transfert. Les situations cliniques originales qui y sont présentées partagent cette complexité de l'amour, décrivent ses dérives, ses ratages, et décortiquent ses liaisons et déliaisons avec la sexualité.
Blond Stéphane ; Hilaire-Pérez Liliane ; Nègre Val
Ce livre est issu de journées d'étude qui ont renouvelé les approches sur l'histoire des ingénieurs à l'époque moderne en interrogeant les interfaces avec d'autres professions et le rôle des mobilités dans la mise en oeuvre de formes d'intelligence collective. L'enjeu est d'approfondir la thématique de la transmission, des intermédiations et des savoirs mixtes, un sujet majeur de l'historiographie récente. Les auteurs soulignent l'importance des hybridations de savoirs à l'épreuve du terrain, sur les chantiers, qu'il convient de considérer comme de véritables "trading zones" . Mais jusqu'à quel point la diversité des savoirs, des statuts, des langues permet-elle une mixité des savoirs ? Dans quelle mesure aussi l'hybridation des savoirs des élites techniciennes ne constitue-t-elle pas un mode de prédation des savoirs vernaculaires et communautaires ? Ce sont autant de questions auxquelles les auteurs s'efforcent de répondre.