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La Licorne N° 94 : Le bannissement et l'exil en Europe aux XVIe et XVIIe siècles
Drouet Pascale ; Brailowsky Yan
PU RENNES
20,00 €
Épuisé
EAN :9782753512443
Dans l'Europe des XVIe et XVIIe siècles, on présentait souvent le bannissement et l'exil qui s'ensuivait comme une juste punition pour avoir transgressé la loi. On condamnait ainsi les pauvres, les vagabonds ou les femmes, pour mendicité, vol ou adultère. Dans d'autres cas, on incitait fermement hommes et femmes à quitter leur pays pour échapper aux persécutions religieuses ou politiques ; ainsi des juifs et des protestants fuyant l'Inquisition, des rebelles et des courtisans tombés en disgrâce. En proposant des textes de littéraires et d'historiens sur la mise au ban en France, en Allemagne, en Italie et en Angleterre, ce numéro de La Licorne invite à la réflexion sur les rapports entre le " cruel exil " et l'exercice du pouvoir. La proclamation : " Je te bannis ! " n'est pas qu'un acte performatif censé traduire une " oeuvre de justice ", c'est également une " manifestation de force " destinée à marginaliser des individus exceptionnels ou certaines populations indésirables. Cet ouvrage commence par évoquer les problèmes religieux de la mise au ban, de l'enfermement, de l'excommunication et de l'exil. Il aborde ensuite les modalités et les significations sociales, politiques et légales de ces peines. Enfin, il examine plus particulièrement la poétique du bannissement et de l'exil telle qu'elle se dégage des mémoires d'exilés et des oeuvres dramatiques. Par ses approches critiques variées qui s'interpellent et se répondent, il tente de comprendre cc qui se joue dans le douloureux envers de l'exil, dans " le territoire dangereux de la non-appartenance ".
Que savons-nous, nous qui nous voulons d'honnêtes citoyens, sur les filous ? Et en saurions-nous davantage sur ceux de notre pays et de notre siècle que sur ceux de l'Angleterre de Shakespeare ? Ce que nous constatons, où que nous nous tournions, c'est que la tentation de la triche, l'art de la gruge, l'arnaque menée de main de maître, la jubilation de la ruse intelligente demeurent. La filouterie est de tout temps, insaisissable et indémodable, inextirpable, d'une pratique archétypale. Éternelle bête noire des autorités, cible toujours mouvante des faiseurs de loi, remise en cause récurrente des réponses coercitives. Mais aussi, source intarissable des écrivains parce qu'elle n'en finit pas de fasciner par son audace, son inventivité, son altérité. Or, par-delà les effets premiers de fascination et de divertissement, la filouterie invite à la réflexion : que nous dit-elle sur elle-même et, plus subtilement, sur la structure globale dans laquelle elle est prise et s'exerce ? Les textes qui composent cet ouvrage analysent ce monde des filous dans l'Angleterre de la fin du XVIe et de la première moitié du XVIIe. Ils témoignent d'un intérêt personnel de l'auteure pour l'art de la débrouillardise et l'intelligence de la ruse, mais aussi d'un sentiment d'indulgence envers les petits truands sévèrement mis à l'index quand les machiavels ne sont guère inquiétés.
Une impression de déjà-vu ? La forteresse de Dunsinane, c'est le château où s'était retranché l'usurpateur Macbeth à la fin de Macbeth, la "pièce écossaise" de William Shakespeare. David Greig reprend la situation là où Shakespeare l'avait laissée en 1606. L'assassin du bon roi Duncan a enfin été éliminé ; la dangereuse femme-sorcière qui avait poussé son époux au crime est défaite, elle aussi. Le retour à la paix civile ? Pas tout à fait. Certes, Macbeth l'usurpateur est mort, mais son successeur Malcolm n'est que veulerie et luxure. L'harmonie politique semble ne pas vouloir s'installer en ce royaume. Dans la suite qu'il invente à la tragédie de Shakespeare, David Greig s'infiltre dans les ouvertures, ou plutôt les ellipses de l'histoire de Macbeth, et il les remplit des doutes politiques de notre époque. Greig a vu les armées britanniques et américaines intervenir et s'embourber au Moyen-Orient. Dans Dunsinane, il montre à quel point, une fois les opérations militaires achevées, rien n'est encore joué et comment la politique continue la guerre par d'autres moyens, pour inverser la formule de Clausewitz. Greig rebat les cartes et distribue une nouvelle main aux joueurs de la partie ; il donne la parole à ceux que Shakespeare avait, à l'instar de son tyran, réduits au silence : Lady Macbeth, Malcolm, et les soldats.
Résumé : Dans trois pièces tragiques de Shakespeare (King Richard II, Coriolanus, King Lear), une mise au ban abusive est à l'oeuvre. Elle s'inscrit, en amont comme en aval, dans une dynamique de déterritorialisation qui se décline sur plusieurs plans (linguistique, éthique, physique, psychique). L'abus de pouvoir qui exclut, sans autre forme de procès, résulte d'un franc-parler, de ce qui est mésinterprété comme abus de langage et donc refus d'allégeance. Il s'ensuit des stratégies de résistance, de déplacement. Riposte, retour transgressif, rupture de ban et " machine de guerre " s'inscrivant dans une logique d'" effet talion " (mode de l'aller-retour). Esquive, recours à la ruse du travestissement, expérience d'un " devenir-imperceptible " qui fait que, paradoxalement, l'ici se vit comme un hors-carte, comme un exil (mode du sur-place). Refuge dans l'imaginaire, subterfuge mental qui génère une dialectique de l'endurance et de l'épuisement et peut conduire à une forme d'entropie, à des phénomènes de lâcher-prise qu'il s'agisse de folie, de suicide ou d'arrêt cardiaque (mode du décrochage). Cette dynamique de déterritorialisation invite à un questionnement sur la légitimité du pouvoir, sur l'exercice du libre arbitre, sur les limites de l'humain.
Howard Barker poursuit ici son entreprise d'un théâtre politique subversif avec deux propositions puissantes. Ce qui évolue, ce qui demeure: en 1450, deux inventions majeures bouleversent la communauté d'un monastère. Hoik, 17 ans, l'un des copistes les plus brillants de son époque, est né trop tard: il méprise l'imprimerie qui éloigne l'homme des oeuvres de l'esprit. Guidé par un orgueil trop fort, il utilisera une arme à feu - seconde invention - contre son condisciple attiré par le progrès. Ce qui évolue (les machines), ce qui demeure (notre mentalité) use du détour historique pour pointer notre manque d'humilité face aux évolutions. Graves Epouses/animaux frivoles: après un bouleversement, deux femmes parlent dans un espace brûlé. Card était auparavant la domestique de Strassa. Les différences sociales ont volé en éclat: sans hiérarchie, le désir se révèle. Comme celui du mari de Card envers Strassa surgissant par la bouche de l'ancienne domestique, ou grâce à cet étrange chien mécanique qui entre parfois. Via cette situation théâtrale singulière. Barker tisse un univers sombre dans lequel les hommes auraient disparu, où seules subsistent les pulsions de vie et de mort.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.