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Le vagabond dans l'Angleterre de Shakespeare, ou l'art de contrefaire à la ville et à la scène
Drouet Pascale
L'HARMATTAN
32,50 €
Épuisé
EAN :9782747553049
Sous le règne d'Elisabeth l, les lois contre les vagabonds se multiplient et se durcissent: fouet public et infamie, marquage au fer rouge, essorillement, enfermement, travaux forcés, pendaison et déportation, c'est tout un système punitif qui est mis en place pour châtier ostensiblement les traîne-savates, puis pour les soustraire à la vue de la société. Ces textes législatifs font également apparaître la distinction purement physique sur laquelle repose l'établissement des catégories de "impotent beggars" et de "sturdy beggars". sont les "mauvais pauvres" qui inspirent des pamphlétaires comme Thomas Harman et Robert Greene, et des dramaturges comme Thomas Dekker, Ben Jonson et William Shakespeare. Les brochures contre les "attrape-conils" et les typologies mettent à nu, avec une certaine jubilation, les artifices des filous et des faux mendiants contournent les lois grâce à leur ingéniosité et à leur capacité à faire passer pour des miséreux invalides, c'est-à-dire grâce à le qualités historiques; leurs auteurs, dont la position est souvent ambivalente, visent à avertir le lecteur autant qu'à le divertir. Le théâtre, quant à lui, ajoute une dimension subversive tout en faisant entendre des voix diverses: les gueux font l'objet d'une projection utopique et sont pris dans une économie du divertissement, ils favorisent les effets de miroir et de repoussoir qui offrent une perspective relativiste de la société et ils rendent saillants les traits satiriques prennent pour cible la justice défaillante. L'humour, la sympathie: l'absence de condamnation qui se dégagent en outre du traiteur dramatique trouvent peut-être leur explication dans l'amalgame semble faire la législation entre les "statuts" de vagabond. d'acteur, et dans leur art respectif de contrefaire
Dans l'Europe des XVIe et XVIIe siècles, on présentait souvent le bannissement et l'exil qui s'ensuivait comme une juste punition pour avoir transgressé la loi. On condamnait ainsi les pauvres, les vagabonds ou les femmes, pour mendicité, vol ou adultère. Dans d'autres cas, on incitait fermement hommes et femmes à quitter leur pays pour échapper aux persécutions religieuses ou politiques ; ainsi des juifs et des protestants fuyant l'Inquisition, des rebelles et des courtisans tombés en disgrâce. En proposant des textes de littéraires et d'historiens sur la mise au ban en France, en Allemagne, en Italie et en Angleterre, ce numéro de La Licorne invite à la réflexion sur les rapports entre le " cruel exil " et l'exercice du pouvoir. La proclamation : " Je te bannis ! " n'est pas qu'un acte performatif censé traduire une " oeuvre de justice ", c'est également une " manifestation de force " destinée à marginaliser des individus exceptionnels ou certaines populations indésirables. Cet ouvrage commence par évoquer les problèmes religieux de la mise au ban, de l'enfermement, de l'excommunication et de l'exil. Il aborde ensuite les modalités et les significations sociales, politiques et légales de ces peines. Enfin, il examine plus particulièrement la poétique du bannissement et de l'exil telle qu'elle se dégage des mémoires d'exilés et des oeuvres dramatiques. Par ses approches critiques variées qui s'interpellent et se répondent, il tente de comprendre cc qui se joue dans le douloureux envers de l'exil, dans " le territoire dangereux de la non-appartenance ".
Howard Barker poursuit ici son entreprise d'un théâtre politique subversif avec deux propositions puissantes. Ce qui évolue, ce qui demeure: en 1450, deux inventions majeures bouleversent la communauté d'un monastère. Hoik, 17 ans, l'un des copistes les plus brillants de son époque, est né trop tard: il méprise l'imprimerie qui éloigne l'homme des oeuvres de l'esprit. Guidé par un orgueil trop fort, il utilisera une arme à feu - seconde invention - contre son condisciple attiré par le progrès. Ce qui évolue (les machines), ce qui demeure (notre mentalité) use du détour historique pour pointer notre manque d'humilité face aux évolutions. Graves Epouses/animaux frivoles: après un bouleversement, deux femmes parlent dans un espace brûlé. Card était auparavant la domestique de Strassa. Les différences sociales ont volé en éclat: sans hiérarchie, le désir se révèle. Comme celui du mari de Card envers Strassa surgissant par la bouche de l'ancienne domestique, ou grâce à cet étrange chien mécanique qui entre parfois. Via cette situation théâtrale singulière. Barker tisse un univers sombre dans lequel les hommes auraient disparu, où seules subsistent les pulsions de vie et de mort.
Lorsque Francis Beaumont et John Fletcher portent Philastre, ou l'amour ensanglanté (Philaster, or, Love Lies a-Bleeding) à la scène en 1610, leur pièce collaborative rencontre un succès immédiat. Il y a plusieurs raisons à cela. Les deux dramaturges reprennent les genres anciens de la pastorale et de la romance pour créer un genre théâtral hybride, celui de la tragicomédie à la fois romantique et satirique. Ils font dialoguer leur tragicomédie avec un corpus théâtral que le public connaît bien, celui de leur contemporain William Shakespeare. Riche d'intertextualité littéraire, Philastre fait aussi écho aux questions sociopolitiques et éthiques de son temps (moeurs de la Cour, sentiment anticatholique, doctrine du droit divin). Ce succès ne serait sans doute pas démenti de nos jours, car certains sujets abordés par cette tragicomédie jacobéenne sont toujours d'actualité : la question de l'usurpation politique, les problèmes de succession, la peur d'une mainmise étrangère, la frontière ténue qui sépare l'autoritarisme de la tyrannie, les débordements populaires qui s'ensuivent. Francis Beaumont et John Fletcher nous invitent également à nous interroger sur des problématiques atemporelles : équilibre entre sphère publique et sphère privée, oscillation entre tentation de vengeance et appel du lâcher-prise, recherche du contrôle des passions et de la maîtrise de soi. Et c'est ce qui confère à leur pièce une qualité universelle.
King Richard II, pièce historique qui ouvre la seconde tétralogie de Shakespeare est joué pour la première fois en 1595, par la troupe "The Chamberlain's Men". sans doute dans le théâtre de James Burbage. Si la pièce a attiré de nombreux metteurs en scène britanniques depuis l'époque élisabéthaine jusqu'à à nos jours ce n'est qu'en 1947 qu'elle a été représentée en France sous la direction de Jean Vilar à Avignon - dans ces deux pays, cependant, les représentations de Ring Richard II se sont multipliées depuis.Les diverses études et entretiens de cet ouvrage permettent de jeter un éclairage sur les mises en scène anglaises et françaises de la seconde moitié du XXe siècle jusqu'à la production récente de Trevor Nunn à l'Old Vic Theatre, à Londres (2005).Riche d'une rhétorique étincelante, d'un langage qui n'en finit pas de se mettre en scène, de métaphores optiques dont la célèbre anamorphose de Bushy, King Richard II se prête particulièrement à des jeux de mises en perspective. Ainsi sont également étudié, les rapports complexes du pentamètre iambique originel et de la traduction en français, du texte et de la scène, du texte et de l'image, de la métaphore et de sa littéralisation visuelle, de la littérarité textuelle et de ses prolongements imaginaires.Mettant en regard articles, entretiens et table ronde, cet ouvrage propose d'abouler la pièce historique de Shakespeare sous l'angle double de la mise en scène et de la mise en perspective avec les contributions de Jean-Michel Déprats, Paul Desveaux, Pascale Drouet, Michael Earlev,. Cécile Falcon, Carole Guidicelli, Wilhelmina L. Hotchkiss, François Laroque, Edouard Lekston, Marie-Madeleine Martinet, Nathalie Rivère de Carles, Estelle Rivier, Isabelle Schwartz-Castine, Clotilde Thouret et Kate Wilkinson.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.