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Critiques de la démocratie
Donegani Jean-Marie ; Sadoun Marc
PUF
22,00 €
Épuisé
EAN :9782130607373
Les nostalgiques de l'Ancien Régime, les irréductibles de l'aristocratie, de la dictature ou du despotisme ont disparu. Face à la démocratie libérale ne se dressent plus, de manière claire, que les radicaux du pouvoir du peuple. A droite comme à gauche continuent pourtant de s'exprimer les critiques de la démocratie et ceux qui disent sans fard leur mépris pour un régime défini comme le régime du sans. Au libéralisme, la démocratie emprunte sa mollesse, son inaccomplissement, son imperfection. Incapable de se déterminer avec caractère sur ce qui fait débat, elle est inconsistante et en constante indécision. Pour cette raison, elle est condamnée par l'ordre immuable des choses (c'était la position du réactionnaire) comme par le cours inexorable de l'histoire (c'est la position du progressiste). Il y a ceux qui s'expriment sur le registre de la haine et voient dans la démocratie libérale une forme plus souriante des totalitarismes. Et ceux qui, ad intra, veulent plus d'unité et plus d'engagement. Mais d'où qu'elle vienne, la critique dit toujours son incompréhension d'un régime qui borne ses ambitions et cultive l'imperfection.
Ce livre prend pour objet ce que l'on appelle la "crise de la représentation": partant de l'idée qu'elle est affaire de discours, il se propose d'en mettre au jour les régimes de vérité. La représentation politique a été conçue, à ses origines, comme l'invention d'une communauté qui ne lui préexiste pas. C'est pourquoi les discours critiques de la représentation se référant à la réalité du peuple et à la "bonne représentation" ont toujours existé, et peuvent être lus à la lumière de trois grandes présuppositions relatives au peuple "réel": l'unité substantielle, trahie par des divisions politiques factices, la diversité d'opinions fallacieusement réduite par la représentation, les majorités réelles auxquelles manquent les courroies de transmission qui permettraient de les traduire. L'ouvrage, s'appuyant sur le cas français, analyse les critiques émises au cours de quatre périodes de l'histoire du régime parlementaire et s'interroge sur la persistance de la "crise de la représentation" dans la période contemporaine, alors que l'économie du régime représentatif a été transformée par les partis politiques et, en particulier, par l'avènement du phénomène majoritaire. En définitive, les individus ne sauraient se reconnaître durablement dans la représentation qui est donnée d'eux, en raison de l'indéfinition des fins, propre à la modernité démocratique. La "crise de la représentation", ainsi, se confond ultimement avec le politique lui-même en régime de modernité.
Résumé : Comme les autres Républiques, la Cinquième a perdu dans les épreuves sa cohérence et son identité. Son fondateur avait une ambition : restaurer la volonté et la légitimité politiques, placer à la tête de l'Etat un chef qui retrouve dans une relation intime avec le peuple la mission universelle de la France. Il voulait concilier ce qui passe pour exclusif et contradictoire : la représentation d'une société divisée, l'incarnation d'une nation unifiée sans laquelle rien de grand ne peut se faire. C'est le sens et l'originalité de son projet, que les juristes ont toujours eu du mal à désigner : la Constitution, telle qu'il la voulait, était le contrat, inclassable parce qu'inédit, que le chef concluait avec un peuple imparfait. Un tel régime ne pouvait fonctionner que sous le signe de l'extraordinaire. Après le règlement de la question algérienne, il a fallu transiger, composer : les successeurs du général de Gaulle ont revendiqué des pouvoirs que le fondateur lui-même dédaignait. Et dans cette recherche sans mesure, c'est le projet des origines qui s'est abîmé. La Ve République n'est plus aujourd'hui le beau régime, moderne, loué de toutes parts, qui avait assuré la stabilité des institutions. Prise dans les contraintes du quotidien, elle paraît condamnée à fonctionner de manière chaotique, au gré des concordances et des discordances de majorités. Sous d'autres formes, elle a retrouvé les travers de la IVe République.
Résumé : " Cette étude de la controverse autour de l'embryon apporte une contribution importante à la théorie de la délibération démocratique et plus précisément à la question des rapports entre savoir scientifique et savoir profane, entre éthique et politique, entre croyances et arguments, entre positions convictives de principe et création du consensus. Cette étude montre de manière convaincante que l'approche sociologique est insuffisante pour mettre au jour l'interaction entre le domaine scientifique et éthique et la société globale, interaction qui ne s'éclaire que par la prise en compte du travail proprement politique qui apparaît dans le passage entre valeurs et normes. [...] On est là en présence d'une recherche qui dépasse largement les contours empiriques de l'objet choisi et qui fait signe vers une véritable reformulation théorique des principes libéraux. En ce sens elle devrait intéresser non seulement les lecteurs attentifs à la question des enjeux politiques portés par les avancées de la recherche médicale mais, plus loin, tous ceux qui s'interrogent à la suite de Rawls sur les rapports de la pensée libérale aux doctrines compréhensives qui la précèdent, la contrarient ou la soutiennent. " Jean-Marie Donegani.
Résumé : La recherche menée par Julien Barroche a pour visée de comprendre l'origine et les transformations du concept de subsidiarité par une analyse minutieuse et exhaustive de ses occurrences dans les écrits en français, italien, anglais et allemand concernant la théologie et la philosophie autant que le droit et la science politique. Refusant la simplicité des généalogies qui voient naître le concept chez Althusius pour trouver une vie nouvelle avec la pensée du magistère catholique au XXe siècle et enfin accomplir son destin en contribuant à la formation de la pensée juridique de l'Union européenne, Julien Barroche en décèle au contraire les discontinuités et les reformulations qui permettent d'éclairer non seulement le concept lui-même et son usage mais aussi les configurations historiques, sociales et culturelles dans lesquelles il prend place. Il s'agit, sous le signe de la Begriffsgeschichte de Koselleck, de proposer l'histoire d'un mot et de comprendre comment il a été inventé puis enrichi et réemployé. Le savoir mobilisé ici est impressionnant et, dessinant la carte conceptuelle d'une notion qui n'a cessé de circuler entre les trois espaces qui lui donnent sens : l'Eglise, l'Allemagne et l'Europe, la thèse de Julien Barroche démontre avec force en quoi et comment la subsidiarité navigue entre la conception libérale de l'Etat-gendarme et la conception sociale de l'État providence, sans pour autant se réduire à la synthèse des deux. La subsidiarité cristalliserait la manifestation préoccupante d'une perte essentielle de la notion d'Etat et le moyen par lequel certaines organisations seraient en mesure de justifier leur capture d'un pouvoir détenu normalement par l'Etat, institution des institutions. C'est parce que l'auteur a réussi à relier le concept à l'expérience qu'il peut avancer une interprétation aussi hardie que celle tenant que les luttes définitionnelles renvoient finalement à un seul enjeu : celui de la nature de l'Etat après les expériences totalitaires. On l'aura compris, on est ici en présence d'une thèse forte, informée, exigeante. Elle ne manquera pas de susciter des discussions dont on peut souhaiter qu'elles soient à la hauteur de la finesse de la démonstration et de l'ampleur de l'érudition mobilisée.
Dans ce volume, le premier d'une trilogie, John Bowlby examine à la lumière de travaux récents les processus qui sous-tendent la relation de l'enfant à sa mère. L'attachement chez le petit de l'homme est considéré comme un schème de comportement instinctif, ayant pour fonction de protéger l'enfant des dangers, en particulier des prédateurs. Son importance est donc équivalente à celle des schèmes aboutissant à la nutrition ou à la reproduction. Biographie de l'auteur De 1946 à 1972, Le Dr Bowlby travailla à plein temps comme psychiatre consultant à la Tavistock Clinic et au Tavistock Institute of Human Relations - pour une grande part sous les auspices du National Health Service joint au Medical Research Council. Il poursuit son oeuvre dans les deux institutions, à la fois comme chercheur et comme enseignant. Il a été président de la Société britannique de Psychanalyse et de l'Association internationale de Psychiatrie infantile et des Professions associées.
Ce Dictionnaire de psychologie allie les qualités d'un bel ouvrage accessible à tous avec les avantages de l'exhaustivité, ce qui ravira les spécialistes. Les termes de la langue courante (adolescence, leurre, agression, réaction, tempérament...) et du vocabulaire de la psychologie (autisme, psychodrame, test de Rorschach...) y sont définis, tandis que les notions fondamentales sont mises en perspective par un rappel des doctrines qui les ont élaborées. Ainsi, le lecteur pourra se demander s'il est plutôt allocentrique ou égocentrique, après avoir distingué les fantômes de son passé des fantasmes de sa libido. Grâce à un système de renvoi entre les définitions et à la prise en compte de notions qui font intervenir aussi bien la psychologie, la sociologie et la psychanalyse, cet ouvrage très utile offre un panorama complet des sciences humaines. --Paul Klein
Ce vocabulaire est un succès inégalé depuis sa première édition en fascicules dans le Bulletin de la Société française de philosophie, de 1902 à 1923 puis en volume (18 éditions reliées, 2 éditions en poche). Le but originel de l'auteur était de contribuer à l'unité de la philosophie à travers la définition d'un langage philosophique commun, ce vocabulaire est ainsi devenu un manuel du « bon usage du langage philosophique permettant l'accord des esprits ».
L'ouvrage aborde des situations cliniques diverses (victimes d'agressions violentes, de viol et d'inceste, réfugiés du Kosovo ou du Rwanda) rencontrées lors de prises en charge individuelles ou de groupe. Il décrit le travail de survivance grâce auquel le psychisme mobilise des défenses actives contre les expériences d'anéantissement et contre leur fascination. Il analyse les processus psychiques comme la subjectivation de la mort et sa liaison à la vie qui permettent aux personnes de se remettre à vivre. Il souligne également le travail de reliance par lequel la personne violentée parvient à se relier à la communauté humaine et à restaurer un sentiment d'appartenance à l'humanité qui avait été détruit.