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Europe N° 978, Octobre 2010 : Vélimir Khlebnikov
Dobzynski Charles
REVUE EUROPE
18,50 €
Épuisé
EAN :9782351500354
Généralement classé comme figure majeure du Futurisme russe, Vélimir Khlebnikov (1885-1922) peut enjamber avec aisance la clôture des commodes typologies. Eveilleur d'avenir, il fut aussi un aventurier de la " nuit étymologique ", comme le nota Mandelstam qui salua en lui un des plus féconds créateurs d'images à l'échelle des siècles. Khlebnikov comparait le langage de l'homme à un sac rempli de papillons. Eternel vagabond, aiguillonné par un intarissable désir d'itinérance, ses amis à leur tour le comparaient à un héron cendré ou à quelque échassier pensif avec son habitude de rester debout sur une jambe, ses déambulations silencieuses, ses brusques envols pour de longues migrations vers les espaces insoupçonnés du futur ou les forêts ombreuses de l'archaïque. Mais aussi bien, il pérégrina jusqu'à l'épuisement à travers la Russie, promenant partout les eaux claires de son regard et l'audace d'un esprit intrépide. A Kharkov ; il fut le témoin des furies de la guerre civile. Avec les troupes de l'Armée rouge, il se rendit jusqu'au nord de l'Iran où il reçut de ses amis persans les surnoms de "derviche russe " et de " prêtre des fleurs ". " Novateur par excellence ", selon le mot d'Anna Akhmatova, Khlebnikov était convaincu de la consubstantialité de l'univers et de la parole comme créations rythmiques continues. Il inventa des formes inédites, bouscula les frontières entre art et science et opéra un gigantesque déplacement des valeurs esthétiques. Il voulut établir les lois pures du temps afin de libérer le monde des périls et des guerres en rendant la " destinonavigation " humaine aussi tranquille que sur un fleuve dont on a balisé les écueils. Dans la plénitude du grand songe, il aura saisi l'art dans sa pure fonction exploratrice et comme foyer intégrateur de tous les temps. En compagnie de Khlebnikov qu'il avait fréquenté dans sa jeunesse, Roman Jakobson disait avoir éprouvé " la sensation rare et saisissante d'être soudain en présence d'un génie ". Ce numéro d'Europe offre en langue française le plus vaste ensemble d 'études et de témoignages jamais dédié à ce jour au grand poète russe.
Poète et critique, Charles Dobzynski nous invite à un singulier voyage au bout du siècle. Tout un siècle du territoire de la poésie qu'il parcourt, sous l'égide de Pierre Reverdy auquel il a emprunté son titre : Le poète est un four à brûler le réel. Ce panorama englobe 57 poètes, commence avec Guillaume Apollinaire et s'achève sur Franck Venaille. Il suit l'ordre alphabétique et celui des générations, avant et après 1940, avec un flash-back intermédiaire consacré à Rimbaud, Verlaine et Mallarmé. Tour d'horizon qui ne se prétend pas complet : il opère des choix, avoue ses prédilections. Elles sont fondées sur trois décennies de chroniques, à partir de l'observatoire que fut pour l'auteur la revue Europe. Il y a disposé régulièrement ses jalons, avec les classiques de la modernité : Aragon, Breton, Michaux, Ponge, Char, et ceux qui se sont révélés plus tard : Yves Bonnefoy, Du Bouchet, Bernard Noël, Lorand Gaspar, Lionel Ray, Marie-Claire Bancquart et Marie Etienne, entre autres. Charles Dobzynski est un critique passionné par ce qui surgit dans l'écriture de son temps. Ceci confère à cet inventaire son dynamisme et sa vivacité. Un deuxième volume est d'ores et déjà prévu sous le titre Poètes du Monde.
Cela pourrait se dire une autobiographie, ce qui s'entretisse ici, comme une tapisserie depuis la naissance, en Pologne, c'est toute la gamme des événements petits et grands, parfois dramatiques, les aventures, mésaventures, les amours et les amitiés, les étapes de la construction psychologique et professionnelle de celui qui deviendra le poète de Je est un Juif, dont ce livre est un peu le prolongement. C'est la chronique d'une expérience jalonnée par les rencontres avec quelques grandes figures de ce temps, Cendrars, Eluard, Aragon, Char, Césaire, Asturias, Chagall. Itinéraire sinueux des rêves d'avenir, des utopies politiques, de l'enracinement dans la judéité. Chaque séquence de cette vie a pour rythme la musique du vers, et constitue par sa continuité, autour du thème central de la mère, un roman aux variantes et embranchements multiples.
L'oeuvre littéraire de Charles Dobzynski s'aventure en des chemins si variés (poésie, nouvelles, romans, essais, traductions) qu'un des intérêts du recueil de récits La Hantise du lieu est de le saisir avant la distinction des genres. Les lieux, on le sait, sont révélateurs. Qu'il s'agisse du bois de Vincennes, d'un village dans le Hainaut, du domaine hindou, d'un café littéraire sur les grands boulevards, d'Aden, de Dieppe ou du XIXe arrondissement, ils nous renseignent à profusion sur l'écrivain qui les fréquente car c'est en eux que s'est incrustée la mémoire du passé, des amis, des voyages, des illuminations, des peurs et des choix de l'existence.C'est donc à une espèce d'autobiographie morcelée que nous convie Charles Dobzynski dans La Hantise du lieu, voyages dans des espaces et dans son temps.
Né en 1929 à Varsovie. Journaliste à partir de 1950 à ce Soir puis aux Lettres Françaises qui publient ses premiers poèmes présentés par Paul Éluard et où il exerce la critique de cinéma. En 1972, devient rédacteur en chef de la revue Europe où il continue de publier une chronique mensuelle de poésie. A participé depuis 1998 à la rédaction du mensuel Aujourd'hui Poème. Membre de l'Académie Mallarmé président du jury du prix Apollinaire. Auteur d'une trentaine d'ouvrages de poésie. A publié diverses traductions (Rilke, Maiakovski, Markish, Sutskever) et tout particulièrement une Anthologie de la poésie yiddish plusieurs fois rééditée.