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La surprise du lieu
Dobzynski Charles
DIFFERENCE
17,25 €
Épuisé
EAN :9782729116569
L'oeuvre littéraire de Charles Dobzynski s'aventure en des chemins si variés (poésie, nouvelles, romans, essais, traductions) qu'un des intérêts du recueil de récits La Hantise du lieu est de le saisir avant la distinction des genres. Les lieux, on le sait, sont révélateurs. Qu'il s'agisse du bois de Vincennes, d'un village dans le Hainaut, du domaine hindou, d'un café littéraire sur les grands boulevards, d'Aden, de Dieppe ou du XIXe arrondissement, ils nous renseignent à profusion sur l'écrivain qui les fréquente car c'est en eux que s'est incrustée la mémoire du passé, des amis, des voyages, des illuminations, des peurs et des choix de l'existence.C'est donc à une espèce d'autobiographie morcelée que nous convie Charles Dobzynski dans La Hantise du lieu, voyages dans des espaces et dans son temps.
Né en 1929 à Varsovie. Journaliste à partir de 1950 à ce Soir puis aux Lettres Françaises qui publient ses premiers poèmes présentés par Paul Éluard et où il exerce la critique de cinéma. En 1972, devient rédacteur en chef de la revue Europe où il continue de publier une chronique mensuelle de poésie. A participé depuis 1998 à la rédaction du mensuel Aujourd'hui Poème. Membre de l'Académie Mallarmé président du jury du prix Apollinaire. Auteur d'une trentaine d'ouvrages de poésie. A publié diverses traductions (Rilke, Maiakovski, Markish, Sutskever) et tout particulièrement une Anthologie de la poésie yiddish plusieurs fois rééditée.
CLAUDE LEVI-STRAUSSA ENCORE SON MOT À DIREVoici trois ans que Claude Lévi-Strauss nous a quittés, et les volumes d'hommage, biographies et autres études critiques, déjà assez nombreux de son vivant, se sont depuis multipliés, comme si cette littérature secondaire voulait, par son flux intarissable, prolonger encore l'exceptionnelle longévité et productivité du fondateur de l'anthropologie structurale - en lui érigeant un formidable mémorial de papier, à l'aune tant de sa place éminente dans l'histoire intellectuelle du XXe siècle que du prestige de vieux sage qui l'auréolait les derniers temps-tels les «trésors nationaux vivants» de ce Japon qui le fascinait.Au moment d'ajouter une nouvelle pierre à ce monceau de publications - souvent de très grande qualité -, il est donc difficile de n'être pas saisi d'un scrupule, sinon d'un vertige. Non seulement par crainte de voir la nouvelle série de contributions engloutie et dissoute dans l'océan des précédentes; ni simplement non plus par peur de répéter ce qui a déjà été dit: plutôt parce que les ethnologues nous ont appris combien étaient ambivalents les pompes et honneurs voués aux défunts, surtout illustres. Derrière les solennités qui célèbrent à l'envi leur mémoire et les promeuvent au statut d'ancêtre, ne dissimule-t-on pas aussi - plus encore, qui sait? - le désir de s'assurer qu'ils sont désormais définitivement installés dans l'au-delà, à bonne distance des vivants et ne viendront plus les troubler par d'intempestives apparitions? L'instauration du culte funéraire, avec ses cérémonies solennelles minutieusement réglées, n'est souvent que l'avers du geste apotropaïque par lequel on souhaite exorciser les fantômes du passé et les congédier d'ici-bas, pour éviter qu'ils ne reviennent hanter notre quotidien.L'analogie nous semble particulièrement pertinente en ce cas, non seulement en raison de l'ampleur exceptionnelle que le phénomène de célébration a prise, mais aussi parce qu'il a accompagné un changement de statut intellectuel de l'homme et de l'oeuvre, dont l'édition de «La Pléiade» est sans doute le meilleur symptôme. Même si une telle présentation simplifie par trop une complexe réalité, il reste que l'entrée au panthéon de la littérature entérinait aussi très largement l'expulsion du domaine de la science vivante, la figure rassurante du penseur détaché, esthète et mélancolique, obnubilant les traits par trop acérés de l'inventeur d'une méthode qui avait bouleversé radicalement le champ du savoir - et passablement ébranlé les certitudes sur lesquelles reposait depuis longtemps la conception occidentale de l'homme et de ses formes de vie sociale. L'image du philosophe, fut-il d'humeur pessimiste, veillant au chevet d'une l'humanité en péril venait opportunément faire oublier les thèses iconoclastes d'un théoricien sans concession, devenues pour finir un épisode anecdotique de la vie intellectuelle ou mondaine parisienne qu'une nouvelle mode - ou un nouveau «régime de vérité» - avait depuis rendu obsolète, avant que d'être lui-même emporté par le «paradigme» suivant. De ce point de vue, largement dominant, l'oeuvre de Lévi-Strauss s'offre désormais soit au plaisir de la lecture pour amoureux des belles lettres peu soucieux de savoir objectif, soit à des études doxographiques pointues qui en examinent les sources et conditions de production en relation avec la biographie de l'auteur et l'état des connaissances de son temps, afin de replacer son prétendu «système» dans l'histoire des idées - entre existentialisme et postmodernisme, par exemple. L'analyse structurale (essentialisée en «structuralisme», terme devenu lui-même franchement dépréciatif) perd corrélativement toute actualité et ne saurait évidemment dès lors être discutée et critiquée selon ses propres principes, définitivement dépassés, tandis que son promoteur bénéficie en contrepartie d'un prestige inactuel, complètement déconnecté des préoccupations scientifiques contemporaines. C'est à peine forcer le tableau que de résumer en un énoncé paradoxal le postulat sous-jacent à cette dérive: «Claude Lévi-Strauss était un grand penseur bien qu'il ait été structuraliste (on ne peut échapper totalement aux penchants et illusions de son époque, naïvetés dont nous sommes aujourd'hui, il va sans dire, dessillés).»(...)
Vingt et une nouvelles où, à chaque fois, se joue, le temps d'un éclair, le sens de la vie. Anecdote, hasard, rencontre, pour qui sait les déchiffrer, projettent un faisceau de lumière sur les mobiles souterrains qui déterminent l'existence. Après L'Embranchement des heures, en 1991, Le Double du calendrier, en 1993, L'Angle de vue, en 1997, Philippe Jones persévère, en orfèvre, dans l'art du bref.
Un jeune homme a commis un attentat au gaz : 184 morts, 30 blessés, parmi lesquels 70 écoliers, 20 enfants en bas âge dont le plus jeune n'avait pas trois mois. La mère de ce jeune homme est seule en scène. Elle raconte sa grossesse, la petite enfance de son fils, l'adolescence. Qu'a-t-elle fait de mal ? Pourquoi son fils s'est-il laissé embrigader dans cette spirale djihadiste ? Il n'était pas pire qu'un autre. Elle était une mère aimante. Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi lui ? Pourquoi elle ? L'attentat monstrueux qu'il a commis rend même sa douleur irrecevable. Écrivain engagé, Tom Lanoye prend la plume dans les journaux de son pays, milite pour les droits des homosexuels, s'insurge contre les Flamands qui veulent diviser la Belgique et reste abasourdi devant le fait que plus de 3.000 jeunes gens de nationalité belge aient basculé dans l'intégrisme militant et soient partis en Syrie. (Le pourcentage le plus élevé en Europe) Commandée pour commémorer la toute première attaque au gaz de combat menée par les Allemands en 1915 à Tielt, ville de Flandre occidentale, cette pièce a été jouée au Théâtre Malpertuis de Tielt en avril 2015, un siècle plus tard.
Un homme sans nom, à la recherche de sa mémoire, un enfant, une femme, une ourse et Ney. Cinq personnages, peut-être quatre, peut-être un seul en train de rêver, se frôlent en quête de réponses à des questions informulées dans ce récit atemporel, rythmé en courts chapitres. L'espace et les époques se mêlent entre les sommets des montagnes et l'océan. Le mystère reste entier. Au lecteur d'en démêler les fils. L'auteur de Café Europa réécrit ici de fond en comble un récit qu'il avait publié jeune sous pseudonyme. Les obsessions présentes dans Café Europa et Le Livre canoë réapparaissent dans des paysages glacés. Tout est signe. Les empreintes sur la neige ou sur le sable, comme le nombre des vagues, comme les gestes des hommes, comme l'écriture qui griffe la page blanche. Mais si tout est signe, comment les interpréter, comment les déchiffrer? Dans ce très beau livre, énigmatique et dense, Serge Delaive montre une nouvelle fois son grand talent d'écrivain.