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Un four à brûler le réel. Tome 1, Poètes de France
Dobzynski Charles
ORIZONS
28,01 €
Épuisé
EAN :9782296088108
Poète et critique, Charles Dobzynski nous invite à un singulier voyage au bout du siècle. Tout un siècle du territoire de la poésie qu'il parcourt, sous l'égide de Pierre Reverdy auquel il a emprunté son titre : Le poète est un four à brûler le réel. Ce panorama englobe 57 poètes, commence avec Guillaume Apollinaire et s'achève sur Franck Venaille. Il suit l'ordre alphabétique et celui des générations, avant et après 1940, avec un flash-back intermédiaire consacré à Rimbaud, Verlaine et Mallarmé. Tour d'horizon qui ne se prétend pas complet : il opère des choix, avoue ses prédilections. Elles sont fondées sur trois décennies de chroniques, à partir de l'observatoire que fut pour l'auteur la revue Europe. Il y a disposé régulièrement ses jalons, avec les classiques de la modernité : Aragon, Breton, Michaux, Ponge, Char, et ceux qui se sont révélés plus tard : Yves Bonnefoy, Du Bouchet, Bernard Noël, Lorand Gaspar, Lionel Ray, Marie-Claire Bancquart et Marie Etienne, entre autres. Charles Dobzynski est un critique passionné par ce qui surgit dans l'écriture de son temps. Ceci confère à cet inventaire son dynamisme et sa vivacité. Un deuxième volume est d'ores et déjà prévu sous le titre Poètes du Monde.
CLAUDE LEVI-STRAUSSA ENCORE SON MOT À DIREVoici trois ans que Claude Lévi-Strauss nous a quittés, et les volumes d'hommage, biographies et autres études critiques, déjà assez nombreux de son vivant, se sont depuis multipliés, comme si cette littérature secondaire voulait, par son flux intarissable, prolonger encore l'exceptionnelle longévité et productivité du fondateur de l'anthropologie structurale - en lui érigeant un formidable mémorial de papier, à l'aune tant de sa place éminente dans l'histoire intellectuelle du XXe siècle que du prestige de vieux sage qui l'auréolait les derniers temps-tels les «trésors nationaux vivants» de ce Japon qui le fascinait.Au moment d'ajouter une nouvelle pierre à ce monceau de publications - souvent de très grande qualité -, il est donc difficile de n'être pas saisi d'un scrupule, sinon d'un vertige. Non seulement par crainte de voir la nouvelle série de contributions engloutie et dissoute dans l'océan des précédentes; ni simplement non plus par peur de répéter ce qui a déjà été dit: plutôt parce que les ethnologues nous ont appris combien étaient ambivalents les pompes et honneurs voués aux défunts, surtout illustres. Derrière les solennités qui célèbrent à l'envi leur mémoire et les promeuvent au statut d'ancêtre, ne dissimule-t-on pas aussi - plus encore, qui sait? - le désir de s'assurer qu'ils sont désormais définitivement installés dans l'au-delà, à bonne distance des vivants et ne viendront plus les troubler par d'intempestives apparitions? L'instauration du culte funéraire, avec ses cérémonies solennelles minutieusement réglées, n'est souvent que l'avers du geste apotropaïque par lequel on souhaite exorciser les fantômes du passé et les congédier d'ici-bas, pour éviter qu'ils ne reviennent hanter notre quotidien.L'analogie nous semble particulièrement pertinente en ce cas, non seulement en raison de l'ampleur exceptionnelle que le phénomène de célébration a prise, mais aussi parce qu'il a accompagné un changement de statut intellectuel de l'homme et de l'oeuvre, dont l'édition de «La Pléiade» est sans doute le meilleur symptôme. Même si une telle présentation simplifie par trop une complexe réalité, il reste que l'entrée au panthéon de la littérature entérinait aussi très largement l'expulsion du domaine de la science vivante, la figure rassurante du penseur détaché, esthète et mélancolique, obnubilant les traits par trop acérés de l'inventeur d'une méthode qui avait bouleversé radicalement le champ du savoir - et passablement ébranlé les certitudes sur lesquelles reposait depuis longtemps la conception occidentale de l'homme et de ses formes de vie sociale. L'image du philosophe, fut-il d'humeur pessimiste, veillant au chevet d'une l'humanité en péril venait opportunément faire oublier les thèses iconoclastes d'un théoricien sans concession, devenues pour finir un épisode anecdotique de la vie intellectuelle ou mondaine parisienne qu'une nouvelle mode - ou un nouveau «régime de vérité» - avait depuis rendu obsolète, avant que d'être lui-même emporté par le «paradigme» suivant. De ce point de vue, largement dominant, l'oeuvre de Lévi-Strauss s'offre désormais soit au plaisir de la lecture pour amoureux des belles lettres peu soucieux de savoir objectif, soit à des études doxographiques pointues qui en examinent les sources et conditions de production en relation avec la biographie de l'auteur et l'état des connaissances de son temps, afin de replacer son prétendu «système» dans l'histoire des idées - entre existentialisme et postmodernisme, par exemple. L'analyse structurale (essentialisée en «structuralisme», terme devenu lui-même franchement dépréciatif) perd corrélativement toute actualité et ne saurait évidemment dès lors être discutée et critiquée selon ses propres principes, définitivement dépassés, tandis que son promoteur bénéficie en contrepartie d'un prestige inactuel, complètement déconnecté des préoccupations scientifiques contemporaines. C'est à peine forcer le tableau que de résumer en un énoncé paradoxal le postulat sous-jacent à cette dérive: «Claude Lévi-Strauss était un grand penseur bien qu'il ait été structuraliste (on ne peut échapper totalement aux penchants et illusions de son époque, naïvetés dont nous sommes aujourd'hui, il va sans dire, dessillés).»(...)
De quoi nous parle Le bal des baleines ? De notre temps que sa crise fait craquer ici et là. Craquements inopinés : dans le monde animal, où les papillons s'avèrent des ennemis publics, où les baleines danseuses donnent des leçons à ceux qui les traquent. Craquements d'un système de surconsommation, menacé d'autodestruction : les appareils électroménagers d'un grand magasin se rebellent et deviennent incontrôlables. La résidence high-tech, de Jean-Christophe, où tout est régi par télécommande, tombe en panne. Craquements aussi dans les relations humaines et les passions. L'amoureux de la pensionnaire d'un bordel sophistiqué, al voit dépérir dans ses bras comme une plante. Une famille, cantonnée dans la clandestinité, se désagrège. Les sans-papiers, qui protestent contre leur sort en occupant une synagogue, assistent à d'étranges phénomènes. Un pédophile incarcéré écrit ses mémoires. Un procureur que déstabilise l'échec de son enquête criminelle, finit par assassiner sa femme. Un illustre généticien voit surgir chez lui en maître-chanteur, sa propre réplique. Un bibliothécaire collectionneur se décide à voler et à, revendre les éditions rares dont il a la charge.
Cette poésie est l'impressionnant témoignage d'une vocation, d'une histoire, d'un destin collectifs. Les tragédies qu'elle a vécues l'ont terriblement éprouvée, sans la détruire. Elle demeure, pour des millions d'hommes, un patrimoine, pratiquement inconnu en français, que le poète Charles Dobzynski nous révèle après des années de recherche et de travail. Les quatre-vingt-douze poètes qu'il a traduits et réunis, dans l'ordre chronologique, forment le panorama représentatif d'une prodigieuse aventure littéraire dont les «foyers» se situent simultanément en Europe, en Amérique et en Israël.L'unité acquise de la langue - dans laquelle se sont fondus de multiples apports - relie la floraison des écoles, des styles, des tempéraments. La vitalité de cette poésie ne laissera pas de surprendre : lyrique, épique ou narrative, tantôt d'inspiration sociale ou philosophique, tantôt s'attachant à l'expérimentation, elle s'épanouit par des mutations et découvertes successives, passe du populisme aux inventions des Inzikhistes, aux élans frénétiques des expressionnistes. Le sens de l'humour et le sens du tragique, le mysticisme et le réalisme, l'ironie et la tendresse, expriment tour à tour la sensibilité profonde d'un peuple qui nous a légué ce trésor du chant comme un miroir de son âme.
Si l'amour est un excès, il se donne à comprendre comme extase, décentrement ou aliénation. Jeté hors de soi, on n'est plus soi-même et à soi-même, car on cherche à être en l'aimé et pas seulement auprès de lui ; on désire être l'aimé au lieu de simplement lui appartenir. Le discours de l'amour a confié à la poésie le soin de décrire ces élancements. C'est pourquoi, en vue de la configuration des divers types de l'extase amoureuse (extase simple, union synthétique, transmanence, inter-immanence, engravement, hospitalité, incarcération...), l'auteur a convoqué des poètes de plusieurs aires culturelles, le tout étant placé sous l'égide de Shakespeare et de Louise Labé auxquels deux chapitres sont consacrés. Cet essai prolonge les recherches de l'auteur sur l'amour pur et la nodalisation.
Une jeune fille rencontre celui qu'elle appelle l'homme de sa vie. Ils habitent à Ashod, une ville portuaire sur la côte israélienne. Elle l'épouse et le suit en France, à Paris. Mais Charles, au fil du temps, s'est progressivement détaché de ses origines ; le message de Jésus le bouleverse et le sentiment d'être plus proche de la religion, va en lui plus profond. Ce récit émouvant trouve sa résonance sur la scène religieuse contemporaine.