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Entendre le cinéma
Deshays Daniel
KLINCKSIECK
24,99 €
Épuisé
EAN :9782252037843
Qui pense le son au cinéma? Personne vraiment. Aucune école pour inclure dans ses enseignements un questionnement sur les conditions d'existence du sonore, nulle approche des formes qui serait enseignée aux élèves réalisateurs, aux monteurs, ou même aux étudiants du son, encore moins aux producteurs. Aucune mise en perspective historique des formes sonores existantes n'est offerte à ceux qui vont devoir oeuvrer à l'apparition de cet objet artistique visible et audible: le film. On se contente d'analyser les Conditions d'existence technique du son et on essaie de produire un "bon son" - c'est-à-dire un son conforme. Pourtant, le sonore est, non moins que le visible, susceptible de création et d'invention. C'est ce que nous montre Daniel Deshays qui, prolongeant ici la réflexion entamée dans Pour une écriture du son, propose de repenser la place du son, afin de combattre son uniformisation planétaire au cinéma.
Résumé : Libertés d'écoute est un livre-somme, non seulement par la diversité des textes proposés, qui couvrent un champ très large, du théâtre au cinéma et de la radio à la musique, mais aussi par la profondeur temporelle de leur écriture. C'est une vie pour le son que cet ouvrage nous invite à découvrir. Grande figure de l'enregistrement et la composition sonores, Daniel Deshays rassemble ici une multiplicité d'expériences, de projets, d'analyses et d'essais qui dessine les linéaments de cet art encore largement impensé, l'art du son en tant qu'il est enregistré, composé, projeté, diffusé, associé à l'image ou à la scène, au texte ou au corps parlant. On se rend compte en le lisant que le son traverse tous les arts sans rien perdre de sa spécificité. Où qu'il soit, il est toujours ce qu'il faut écouter. Ce livre est aussi cela : une propédeutique à l'écoute, qu'elle soit quotidienne ou appareillée, théâtre ou cinématographique, radiophonique ou électroacoustique.
Ce livre, fruit de vingt ans d'enseignement, est né de la nécessité de répondre à des questions constamment posées qu'est-ce que l'illettrisme, quelle différence y a-t-il avec l'analphabétisme, comment repérer l'illettrisme et comment y remédier ? A de telles questions, simples et directes, on ne peut répondre sans détour. L'histoire de l'alphabétisation est une des clefs qui permet de comprendre celle des politiques de lutte contre l'illettrisme. Le passé éclaire largement les pratiques actuelles. C'est qu'il ne s'agit pas ici, comme on pourrait l'imaginer, d'une présentation technique ou pédagogique de l'illettrisme, ni des mille et une façons de s'en défaire. Ce qu'on expose renvoie à l'analyse des transformations qui ont conduit à parler d'illettrisme au moment même où la massification de l'enseignement diffusait, comme jamais en France, des connaissances jusqu'alors demeurées l'apanage d'une élite jalouse de ses privilèges. Comment expliquer ce paradoxe formidable, d'une période qui a vu coexister une démocratisation sans précédent des connaissances avec un catastrophisme complaisant, si prompt à dénoncer le retour de l'ignorance ?
Ceux qui pratiquent l'enregistrement croient transcrire fidèlement le réel. Pourtant, on n'enregistre pas le rock comme la musique classique, et la bande-son d'un film ressemble peu à celle d'une pièce de théâtre. En fait, le son est loin d'avoir acquis son autonomie, il n'a même pas le privilège de la photographie qui permet à une prise de vue de se situer à la fois du côté du reportage et de celui de l'expression artistique. Le son de reportage ne s'expose pas dans les galeries alors qu'il est, à l'instar de la photographie, "regard" sur le monde! Ce livre interroge les raisons d'une telle situation; "livre manifeste", il propose de nouvelles pratiques du sonore: mêler les écritures, inventer des "techniques mixtes" sont quelques-unes des méthodes nécessaires à une pratique du son plus ouverte. Que la prise de son ose de nouvelles règles, joue du mouvement, du déplacement de l'observateur et de l'ellipse, comme le cinéma nous l'a enseigné. La réflexion esthétique qui en émane est née du terrain. Pas de théories a priori, tout est tiré des diverses réalisations de l'auteur - films, spectacles de danse et surtout créations théâtrales.
Je pratique une méthode de communication tout autant fiable pour nous que la parole. Pire que tout c'est le putain de silence forcé et trucident. Unir notre désir de communiquer boude toutes les différences. Moi j'utilise une machine comme vous utilisez votre voix. Pourquoi toujours privilégier une dimension tout empreinte de paroles qui troublent une vraie communication? Toutes les idées fusent dans nos têtes comme dans les vôtres. Les partager aide notre pensée à se fortifier. Faites-nous parler, c'est une question de vie forte. Tuer les mots détruit notre raison de vivre. Un grand pont fixe notre itinéraire. Il nous fait circuler dans les deux sens. Merci de l'emprunter le plus souvent possible."
Des débuts de la littérature américaine jusqu'au XXe siècle, les écrivains et les intellectuels américains éprouvèrent le besoin de visiter l'Europe pour évaluer la civilisation dont ils étaient séparés et se situer par rapport à elle. Ils croyaient à l'infériorité intellectuelle de l'Amérique et pensaient que leur éducation ne serait complète que lorsqu'ils auraient pris contact avec une civilisation plus ancienne. La tendance à l'expatriation de l'intelligentsia américaine trouve donc son origine dans les liens traditionnels et culturels qui rattachaient le Nouveau Monde au Vieux Monde.