Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La métaphore charnelle. Vers une antropologie phénoménologique du langage
Delmotte Benjamin
COMPAGNONS
16,00 €
Épuisé
EAN :9782493296283
Je parle parce que je suis un corps charnel, et je suis un corps charnel parce que je parle. C'est ce cercle qu'il s'agit de décrire. Non pour assimiler des phénomènes aussi distincts que le langage et la chair, mais pour mettre au jour l'ancrage charnel du langage. Une telle perspective invite à privilégier, au sein de la langue, la figure de la métaphore et à réfléchir au " déplacement " que son étymologie indique. Et pour ce faire, le discours philosophique, ici d'inspiration phénoménologique, doit lui-même accepter de se déplacer. Il lui faut revenir à la langue la plus courante (celle des expressions " toutes faites "), se frotter à celle de la psychanalyse ou de la Daseinsanalyse, ou encore à celle des arts : la poésie, le cinéma et la chorégraphie nous montrent en effet à quel point la métaphore nous ramène au corps ou, plus précisément, au sempiternel jeu de déplacement que la chair réalise avec ce dernier.
On dit souvent qu'on "se fait des films" pour parler d'un imaginaire un peu débordant, parfois ridicule. Mais derrière cette expression familière se cache une activité bien plus profonde : une rêverie, une mise en scène intérieure, une fiction secrète où chacun devient le héros (ou l'antihéros) de sa propre histoire. Se faire des films, est-ce fuir le réel ou mieux le comprendre ? Peut-on transformer ses délires en art, ses illusions en lucidité ? Entre Buster Keaton et Descartes, Hitchcock et Freud, Benjamin Delmotte explore avec finesse et clarté les liens intimes entre le cinéma, l'imagination et la pensée. Un livre pour celles et ceux qui aiment rêver, penser librement, et croient en la force de vérité des images.
« Memento mori » (« souviens-toi que tu vas mourir): cette célèbre maxime latine, quun esclave était censé murmurer à loreille du général romain durant son triomphe, a trouvé sa postérité dans lhistoire de lart. Ainsi, de nombreux tableaux, souvent assimilés à des ""vanités"", sintitulent ou constituent des memento mori. Mais quest-ce quun memento mori en peinture? Quel rapport établir entre laudition de la maxime latine et la vision dun tableau? À partir du concept dangoisse et de son analyse phénoménologique, il convient de définir lesthétique propre au memento mori et de la caractériser par rapport à des genres picturaux voisins, comme celui de la vanité. Avec le memento mori se constitue une esthétique, non de la mort, mais de langoisse de mort, qui traverse lhistoire de lart et témoigne du rapport ambigu que lhomme entretient avec la certitude de sa mort.
Bien que Duras soit entrée dans les manuels et programmée à de nombreux concours, son oeuvre n'en continue pas moins de déranger. Le présent travail tente de reconstruire, par l'approche de textes-limites hétérodoxes souvent ignorés de la critique, la dynamique du processus créatif de l'auteur. Hybridité, fragmentaire, reprises et réécritures qualifient ces travaux en marge des romans de la maturité. Ils naissent après l'expérience cinématographique. Après aussi des moments de crise. C'est dans la recherche d'un moyen terme à ce qui fait désordre que la notion d'obscène prend place ici.
Polylogue analyse diverses pratiques de symbolisation : de la plus archaïque, la langue, le discours de l'enfant ou de l'adulte, en passant par la peinture de la Renaissance (Giotto, Bellini) et la littérature moderne (Artaud, Joyce, Céline, Beckett, Bataille, Sollers), jusqu'à leurs approches par les "sciences humaines" actuelles ; linguistique (classique ou moderne), sémiotique, épistémologie, psychanalyse. Traversant ainsi des époques charnières - Chrétienté, Humanisme, XXe siècle - et interrogeant l'usure des anciens codes comme l'affirmation d'une nouvelle identité, d'une nouvelle signification, le livre pose en permanence la question du sujet parlant. S'il indique, par chaque texte, comment a pu émerger, d'un négatif assumé jusqu'à l'évanouissement de sens, une positivité neuve, il démontre, par son trajet, que la seule positivité acceptable à l'époque moderne est la multiplication des langages, des logiques, des pouvoirs. Poly-logue ; pluralisation de la rationalité comme réponse à la crise de la Raison occidentale. C'est le pari de relèves multiples, à chaque fois spécifiques, de la mort qui menace notre culture et notre société, dans des langages dont la multitude est la seule marque de l'existence d'une vie. J. K.
Pendant la vieillesse de ma mère - mais ma mère a toujours été vieille pour moi, elle m'a eue tard, on la prenait souvent pour ma grand-mère -, l'idée d'écrire quelque chose après, quand elle ne serait plus, sur elle et pour elle, m'a sans doute aidée à supporter mon impuissance, ma honte, la honte de ma honte et le sentiment de ma défection. J'écrirais en compensation de ce que je n'avais pas fait. De l'amour que je ne lui avais pas témoigné. De ce que je n'avais pas été pour elle. Ce serait pour elle que j'écrirais, mais elle ne le saurait pas. Il ne fallait pas qu'elle le sache. Ma mère est morte, et ce "quelque chose", peu à peu, à partir de notes prises au jour le jour après l'événement, s'est dégagé sous la forme approximative de ces poèmes. Une discipline a régi leur écriture : ne pas se payer de mots. Comme au tribunal, il s'agissait pour moi de dire, sinon "toute la vérité", du moins "rien que la vérité". Rien d'autre que ce que je pouvais dire. Sur ma mère, et sur la mort, qu'elle avait rendu réelle en mourant.
Encore et pourquoi cette bouffée de calme, A la rencontre de l'orage et du printemps, Là au café quand la pluie hésite à tomber, Il fait une chaleur ambiguë et ce gris, Cette gouache de gris qui est aussitôt velours, Promesse ou l'exacte couleur du matin, Celle de la vie légère qui arrive au pas suivant.
Le mot " S. K. beauA " (à lire : escabeau) est inventé parJacques Lacan en 1975 à propos de la tentative de James Joyce de démantibuler lalangue anglaise. De fait, il remplace celui, usé, de sublimation. Dans cetessai, il est réemployé avec sa typographie étonnante, pour dénuder ce réelauquel l'artiste se confronte : au coeur du Beau et du Sublime, toujours ce S. K. - bouts de jouissance opaques, hors sens. Quelles conséquencestirer de ce changement de paradigme ? De nombreux créateurs (écrivains, peintres, photographes, metteurs en scène de théâtre, acteurs...) sontconvoqués. On ne leur demande pas leurs papiers, on ne les interprète pas. Lemême fil est tiréA : chacun d'eux bricole de façon singulière avec l'incurabledu réel. Pourquoi le font-ilsA ? Comment s'y prennent-ilsA ? Quelles sont leurspratiques, leurs impasses, leurs réussitesA ? Lacan a pu avouer son embarrasquant à l'art signalant au passage que Freud ne se débrouillait pas mieux. Loindes balivernes fleur bleue où l'on confine souvent les artistes, une questionfait retourA : pourquoi donc l'art embarrasse-t-il le psychanalyste ? Hervé Castanet, membre de l'Ecole de la Cause freudienne, estpsychanalyste à Marseille. Professeur des Universités, il a publié une vingtainede livres et en a coordonné une quinzaine d'autres collectifs.