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Victorine Martineau
Boulais Véronique
COMPAGNONS
12,00 €
Épuisé
EAN :9782493296146
Pendant la vieillesse de ma mère - mais ma mère a toujours été vieille pour moi, elle m'a eue tard, on la prenait souvent pour ma grand-mère -, l'idée d'écrire quelque chose après, quand elle ne serait plus, sur elle et pour elle, m'a sans doute aidée à supporter mon impuissance, ma honte, la honte de ma honte et le sentiment de ma défection. J'écrirais en compensation de ce que je n'avais pas fait. De l'amour que je ne lui avais pas témoigné. De ce que je n'avais pas été pour elle. Ce serait pour elle que j'écrirais, mais elle ne le saurait pas. Il ne fallait pas qu'elle le sache. Ma mère est morte, et ce "quelque chose", peu à peu, à partir de notes prises au jour le jour après l'événement, s'est dégagé sous la forme approximative de ces poèmes. Une discipline a régi leur écriture : ne pas se payer de mots. Comme au tribunal, il s'agissait pour moi de dire, sinon "toute la vérité", du moins "rien que la vérité". Rien d'autre que ce que je pouvais dire. Sur ma mère, et sur la mort, qu'elle avait rendu réelle en mourant.
Foulques se lève à sept heures du soir et se couche le lendemain vers midi. Une sorte d'astre, qui jette tous ses feux la nuit et que la lumière du jour fait pâlir." Lui, c'est Foulques. Obsessionnel et soupe au lait, célibataire oisif, cet excentrique n'a que deux occupations dans l'existence : dîner au restaurant, et aller chez son psy. Elle, c'est la narratrice. Prof chahutée par ses élèves, quittée par son grand amour et tout juste réchappée d'un incendie, elle attire à elle les catastrophes comme un aimant. Ces deux-là se rencontrent, se lient d'amitié, puis se brouillent. Dix ans plus tard, ils se retrouvent. Mais dans l'intervalle, Foulques a hérité d'une fortune colossale, dont il fait profiter sa bande, de palace en palace, de Venise à Londres... pour le meilleur, et pour le pire.
L'auteur s'appuie sur des entretiens et des archives inédits, sur une solide bibliographie et sur une documentation photographique. Après un bref rappel historique et ethnologique sur l'Aurès, l'étude se consacre à la guerre d'indépendance algérienne dans le massif berbère. Après avoir réalisé une synthèse de l'insurrection et de sa préparation par Ben Boulaïd, l'ouvrage met l'accent sur la mise en place originale des premières formations supplétives. Il explique ensuite les motifs d'engagement et rappelle les catégories de supplétifs ; il réalise un historique des harkas et des SAS aurasiennes. Il s'attache également à relater les faits du conflit, son évolution dans les deux camps et ses conséquences pour les civils. Enfin, il évoque le sort des Harkis au cessez-le-feu et le rapatriement de la majorité de ceux de l'Aurès. Il établit les responsabilités avec témoignages à l'appui. Après l'évocation de leur passage par les camps du Sud de la France, les derniers chapitres étudient la situation de ces Harkis dans la région de Maubeuge (Nord) en observant l'habitat, l'emploi, l'éducation ou encore les associations. Enfin, une enquête démographique et sociologique permet de cerner les caractéristiques de cette communauté berbère ainsi que la gestion de son héritage culturel.
Dallaporta Bruno ; Hocini Faroudja ; Bourg Dominiq
La passion euthanasique dans nos démocraties est-elle un progrès de nos sociétés libérales ou le signe d'une dérégulation symbolique profonde ? La question qui se pose à nous est : faut-il faire tomber l'interdit de donner la mort ? Quelles conséquences pour une civilisation ? Pour les grandes vulnérabilités ? Loin des oppositions habituelles pour/contre, progressistes/conservateurs, qui orientent les débats sur la dépénalisation de l'euthanasie et du suicide assisté, Bruno Dallaporta et Faroudja Hocini proposent ici une analyse fine des présupposés animant les camps qui se font face. Mais une troisième voix se fait entendre : celle des valeurs du soin, que nos applaudissements avaient fait retentir lors de la crise pandémique. La force argumentative du texte tient en son propos clair et synthétique, distinguant les cinq situations qui amènent le médecin à participer à la mort de la personne malade. Cet ouvrage permettra à tout lecteur de sortir de la confusion, et passer ainsi du réflexe à la réflexion. L'originalité de cette proposition inédite tient dans son horizon écologique. Le socle moderniste sur lequel s'appuient les lois euthanasiques ne serait-il pas commun à la pulsion de mort et de maîtrise qui détruit le vivant et dévitalise la Terre ?
Résumé : "Je m'appelle Martine H, j'ai 44 ans, je suis allemande, nazie et désespérée de l'être. Je suis mariée à Edmund H, endormi à mes côtés, 74 ans, sans (plus d') enfant, juif allemand, patriote fidèle, ça oui, nazi en ce sens, par simple habitude, un peu gêné de l'être sans doute. Nous fuyons l'enfer, et je suis perdue. A " Martine H n'est pas une biographie philosophique. Ce n'est pas non plus un livre sur l'identité trans-. L'autrice a voulu dans ce roman, contrairement à L'endroit et Déni ma survie, dont la tonalité est intime et familiale, entrer dans la Grande Histoire et dans celle de philosophes célèbres qui ont fait une part de notre Histoire à toutes et à tous. Mais elle a également voulu montrer leurs replis obsessionnels et traumatiques, et comment leurs idées et leurs concepts se sont incarnés dans leurs entrailles, jusque dans les tréfonds de la transformation identitaire sexuelle de l'un d'eux, sa folle sagesse. Ainsi, Natalie Depraz refuse le roman ou le théâtre d'idées à la façon de Jean-Paul Sartre, pour lui préférer l'incarnation vécue de la pensée dans l'intime fou du corps, en résonance avec la perspective genrée novatrice de Simone de Beauvoir.
L'expérience d'Artaud marque, dans la poésie et l'écriture du XXème siècle, une coupure définitive. Dans la langue, dans la pensée. On comprend que des tentatives intéressées s'attachent à limiter la portée de cette intervention-irruption. Le sens de ce débat sur Artaud est clair : réactiver, laisser libre, tranchante, efficace son aventure. "Le fait, écrit Artaud, n'est pas réductible à un élément simple et arrêté. Il doit être considéré en mouvement, car c'est en mouvement qu'il est vécu et n'existe pas hors le mouvement." Et encore : "Je ne crois pas au sublime ni à la poésie mais à la nécessité."