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S.K.beau. Pourquoi l'art embarrasse-t-il le psychanalyste ?
Castanet Hervé ; Makeïeff Macha
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27,00 €
Épuisé
EAN :9782493296290
Le mot " S. K. beauA " (à lire : escabeau) est inventé parJacques Lacan en 1975 à propos de la tentative de James Joyce de démantibuler lalangue anglaise. De fait, il remplace celui, usé, de sublimation. Dans cetessai, il est réemployé avec sa typographie étonnante, pour dénuder ce réelauquel l'artiste se confronte : au coeur du Beau et du Sublime, toujours ce S. K. - bouts de jouissance opaques, hors sens. Quelles conséquencestirer de ce changement de paradigme ? De nombreux créateurs (écrivains, peintres, photographes, metteurs en scène de théâtre, acteurs...) sontconvoqués. On ne leur demande pas leurs papiers, on ne les interprète pas. Lemême fil est tiréA : chacun d'eux bricole de façon singulière avec l'incurabledu réel. Pourquoi le font-ilsA ? Comment s'y prennent-ilsA ? Quelles sont leurspratiques, leurs impasses, leurs réussitesA ? Lacan a pu avouer son embarrasquant à l'art signalant au passage que Freud ne se débrouillait pas mieux. Loindes balivernes fleur bleue où l'on confine souvent les artistes, une questionfait retourA : pourquoi donc l'art embarrasse-t-il le psychanalyste ? Hervé Castanet, membre de l'Ecole de la Cause freudienne, estpsychanalyste à Marseille. Professeur des Universités, il a publié une vingtainede livres et en a coordonné une quinzaine d'autres collectifs.
François-Timoléon de Choisy (1644-1724) vécut à la Cour de Louis XIV. Ami des princes, il rédigea plus de huit mille pages consacrées à la vie des saints et des ecclésiastiques. Il fut membre de l'Académie française. À quel titre est-il une référence, à propos de la perversion, de Jacques Lacan et de la psychanalyse ? L'abbé de Choisy est connu pour s'être habillé, sa vie durant, en femme. Il passa des vêtements masculins aux accoutrements féminins - et réciproquement. Il fut femme par éclipses. Il fut homme de la même façon. Ainsi paré, il s'est évertué à séduire des femmes jeunes et jolies - jamais des hommes ; il aura même une fille de ses amours tumultueuses. Que nous apprennent ces pratiques transvestistes ? Quelle logique y préside ? Quel lien avec l'écriture ? En quoi et comment la psychanalyse fait-elle boussole pour s'orienter dans le fantasme qui soutient ce désir de faire La femme ?
Résumé : La thèse neurobiologique : l'être humain est un cerveau, le cerveau est une machine à traiter de l'information. Logeant toute causalité dans le cerveau, cette thèse réduit l'être parlant au silence d'un organe. Aujourd'hui hégémonique, cette thèse prétend s'imposer à toute conception humaine et sociale, à la psychanalyse et à tous ceux qui y puisent une orientation, elle légitime la mise sous tutelle administrative des pratiques de la parole, elle postule le tout neuro. A l'endroit de cette idéologie, notre opuscule livre un combat épistémologique, concept contre concept. Car la psychanalyse, elle, fait valoir l'énonciation du sujet : celui-ci dit ce qui cause son tourment, le réel de son symptôme, qui emporte désir, amour et jouissance.
Macha Makeïeff a créé début 2018 une Installation minuscule et l'a aussitôt placée dans le hall du théâtre de La Criée qu'elle dirige. A s'approcher, on découvre, coincée entre deux piliers, une lourde et vieille cabine téléphonique des années 1930 transformée en reliquaire. Pourquoi y montrer, enchâssée dans une valise, une figurine de Macha petite fille qui regarde ? En quoi la comédie fantastique de Mikhaïl Boulgakov, La Fuite, y est-elle impliquée ? Quel spectacle immobile se joue ? Menons l'enquête en suivant ce fil de l'artiste : " J'avais besoin de cagibi, d'appentis, d'alcôve où emmurer un secret. " Le nouveau Sherlock devra savoir que l'artiste, avec son secret, toujours précède le psychanalyste puisqu'il livre l'accès à " la place de ce qui ne saurait se voir " (Jacques Lacan).
Résumé : Dans cet essai, la psychanalyse ne convoque pas autoritairement les artistes - Poètes, vos papiers ! C'est l'inverse : il y a dans le travail des artistes un savoir - généralement insu d'eux-mêmes - qui implique la psychanalyse. Cette dernière se trouve mise à la question - " l' énigme étant de son côté " (Lacan, 1971). Cette psychanalyse impliquée oblige à une politique des conséquences : semblants et constructions de simulacres ne peuvent faire l'économie d'un réel. Ce réel est cause. Mots, images, concepts en sont des traitements. Quels sont-ils ? Quelle logique y préside? Quels résultats sont obtenus - et quelles impasses, quels ratages? Quels effets écrire ou montrer ont-ils sur les créateurs eux-mêmes? Le savoir de l'artiste touche précisément à ce réel de la cause - il en est sa doublure, son envers, son intime (et son extime !). Une mise en garde pratique : " [...] se rappeler avec Freud qu'en sa matière, l'artiste toujours le précède et qu'il n'a donc pas à faire le psychologue là où l'artiste lui fraie la voie " (Lacan, 1965). Le savoir de l'artiste et la psychanalyse fait suite à Entre mot et image paru chez le même éditeur en 2006.
La référence à Descartes n'est pas dans Freud. C'est Lacan qui l'amène avec insistance, tout au long de son enseignement, pour établir le concept de sujet de l'inconscient. Ainsi se trouve fondé en raison l'inconscient freudien. Ni la philosophie ni la psychanalyse ne peuvent ignorer l'importance de cette référence à Descartes. Un psychanalyste et un philosophe s'attachent ici à en suivre l'élaboration et le sens dans le Séminaire de Lacan, les Quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse. Pour autant, il ne vient ni le consensus ni la convergence. Bien plutôt, entre leurs parcours, la distance et les croisements.
bientôt elle se lèvera, croyant la langueur passée, niais la langueur ne passera pas, elle s'attardera dans la sombrear du velours rouge, toujours là, où elle ne sera plus.
Le lieu électif de la flânerie ne laissera pas d'intriguer : arpenter une nécropole, n'est-ce pas un peu macabre ? Non, pas d'allégeance fascinée à la mort dans ces haïkus : le plus grand jardin intra-muros de Paris qu'est le Père-Lachaise recèle sans conteste la vie la plus foisonnante. Une sève allègre sinue parmi les dures arêtes de la pierre anthracite, là affleure et pulse un peu de la chair du monde.
Polylogue analyse diverses pratiques de symbolisation : de la plus archaïque, la langue, le discours de l'enfant ou de l'adulte, en passant par la peinture de la Renaissance (Giotto, Bellini) et la littérature moderne (Artaud, Joyce, Céline, Beckett, Bataille, Sollers), jusqu'à leurs approches par les "sciences humaines" actuelles ; linguistique (classique ou moderne), sémiotique, épistémologie, psychanalyse. Traversant ainsi des époques charnières - Chrétienté, Humanisme, XXe siècle - et interrogeant l'usure des anciens codes comme l'affirmation d'une nouvelle identité, d'une nouvelle signification, le livre pose en permanence la question du sujet parlant. S'il indique, par chaque texte, comment a pu émerger, d'un négatif assumé jusqu'à l'évanouissement de sens, une positivité neuve, il démontre, par son trajet, que la seule positivité acceptable à l'époque moderne est la multiplication des langages, des logiques, des pouvoirs. Poly-logue ; pluralisation de la rationalité comme réponse à la crise de la Raison occidentale. C'est le pari de relèves multiples, à chaque fois spécifiques, de la mort qui menace notre culture et notre société, dans des langages dont la multitude est la seule marque de l'existence d'une vie. J. K.