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Le savoir de l'artiste et la psychanalyse
Castanet Hervé
CECILE DEFAUT
18,30 €
Épuisé
EAN :9782350180717
Dans cet essai, la psychanalyse ne convoque pas autoritairement les artistes - Poètes, vos papiers ! C'est l'inverse : il y a dans le travail des artistes un savoir - généralement insu d'eux-mêmes - qui implique la psychanalyse. Cette dernière se trouve mise à la question - " l' énigme étant de son côté " (Lacan, 1971). Cette psychanalyse impliquée oblige à une politique des conséquences : semblants et constructions de simulacres ne peuvent faire l'économie d'un réel. Ce réel est cause. Mots, images, concepts en sont des traitements. Quels sont-ils ? Quelle logique y préside? Quels résultats sont obtenus - et quelles impasses, quels ratages? Quels effets écrire ou montrer ont-ils sur les créateurs eux-mêmes? Le savoir de l'artiste touche précisément à ce réel de la cause - il en est sa doublure, son envers, son intime (et son extime !). Une mise en garde pratique : " [...] se rappeler avec Freud qu'en sa matière, l'artiste toujours le précède et qu'il n'a donc pas à faire le psychologue là où l'artiste lui fraie la voie " (Lacan, 1965). Le savoir de l'artiste et la psychanalyse fait suite à Entre mot et image paru chez le même éditeur en 2006.
La mise en série de ces quatre écrivains: Artaud, Jouhandeau, Genet, Klossowski, peut surprendre. Rapportée à des enjeux internes à la littérature - à ses courants, histoire et réseaux -, cette série laisse à désirer. Pour H Castanet et A Merlet, elle est pertinente d'une autre façon. Le titre choisi de cet ouvrage apporte sa réponse: Pourquoi écrire? Comment, pour chacun de ces écrivains, cette question s'est-elle trouvée posée? Une psychanalyse impliquée (et non appliquée) servira de boussole. Une thèse y est mise à l'épreuve: l'écriture est un traitement du réel (celui dont Lacan dit: le réel c'est l'impossible) - et ce réel sera pris là où il est, sans chipoter: dans l'oeuvre et dans la vie de ces écrivains. Quelles surprises va-t-on découvrir? En quoi et comment une création et des corps vivants qui parlent s'y trouvent-ils engagés?
Le nom de Freud, toujours vivace, est inséparable de sa découverte: l'inconscient, et des conséquences qu'il en tire: la psychanalyse. Ce livre reprend avec force et limpidité les enjeux dégagés par Freud pour en éclairer les points cruciaux. Il démontre en quoi et comment la vexation que la psychanalyse fait subir à l'amour propre de l'humanité est toujours actuelle. Comprendre Freud, c'est entrer sur la scène de l'altérité: nous ne sommes ni notre seul cerveau, ni notre seul corps, ni notre seule famille... Notre spécificité est d'être des sujets qui parlent, assujettis au langage que le désir libère.
ECRITS-CRIEE est une revue semestrielle produite par le Théâtre national de Marseille, La Criée. Son nom : CRI-CRI. Ses textes, ses mots, ses images sont les témoins inventifs d une rencontre entre deux mondes : celui des artistes et des universitaires, des chercheurs. Joyeuse, imparfaite et malicieuse cette revue fait place à leurs paroles, leurs réflexions, leurs désaccords, leurs nouages... Elle récuse les états de fait. CRI-CRI dissidente ? Non, délicieusement créative ! CRI-CRI comme désir et jouissance de la pensée souriante, voilà la fabrique en papier et encre de Macha Makeïeff, Directrice de La Criée. La revue ECRITS-CRIEE joue sa partie sur le seuil où un réel nouveau émerge... et avec lui personne ne fait ami-ami. Il ne se laisse pas dompter. Faire de la création une formidable machine critique et des concepts des balançoires aléatoires ? Voilà le pari que relève le rédacteur en chef de la revue, Hervé Castanet, car, oui, il y a urgence à les faire se rencontrer.
Le mot « S K beau » est inventé en 1975 par Jacques Lacan pour qualifier l?esthétique de l?écrivainJames Joyce. Le mot est réemployé ici, avec sa typographie étonnante, pour masquer et à la foisfaire surgir le réel auquel l?artiste se confronte: au coeur du beau, ce S K énigmatique, hors sens.Cet essai convoque les créateurs. Ils créent des mots ou des images. L?image fait voir, ellemontre en particulier; le mot désigne, il est porteur d?universel. Hervé Castanet indique une autre direction: l?image se construit, nous dit-il, à partir d?une faille, d?une béance, d?une rupture. C?est parce que le visible ne peut être appréhendé dans sa globalité qu?il pousse le peintre, le photographe ou le cinéaste à montrer. Pareillement pour l?écrivain, les mots ne disent pas tout. Ils sont aussi marques, traces, ratures. A ce titre, ils touchent au corps. A travers les exemples d?écrivains, tels Ovide, Poe, Artaud, Klossowski, Genet, Prigent, de peintres comme Picasso, Ayme, Devade, Valensi, Witkin, de théoriciens de l?art, tels Constant, Jorn, Debord, d?un théologien comme Origène, Castanet s?attache à montrer que face à un réel spécifié, un point de réel, nommé ici S K beau, chaque artiste dénoue et renoue l?image ou le mot pour y forger un « trou réel ».
Dans un style léger et précis, agréable et vigoureux, on trouve ici une présentation inhabituelle de la psychanalyse, loin des jargons et enracinée dans la pratique clinique. L'auteur est fidèle à Freud par le choix d'une langue simple et par le recours à la littérature. Cette manière c'est aussi un choix politique : la psychanalyse est citoyenne ou elle n'est qu'imposture. Ce livre parle de la folie pour parler d'amour. Parce que de quoi s'occupe un psychanalyste sinon de l'amour ? En quoi consiste son travail sinon à préparer ceux et celles qu'il rencontre à cette catastrophe salutaire, ou à réparer blessures, ravages et stigmates de l'absence d'amour ou des amours ratés ? Pour parler d'amour, le choix de Dostoïevski s'impose. Dostoïevski est, par excellence, l'écrivain de la démesure du réel d'une vraie rencontre. La grandeur ou la misère des personnages fondamentaux de son oeuvre accompagne la découverte qu'ils font de l'inconscient. Que les personnages soient construits à partir du trauma de la rencontre avec l'inconscient est certainement une des raisons principales de leur pérennité. L'auteur s'appuie sur ces personnages pour aborder des points essentiels de la clinique : le trauma, le fantasme, la perversion, la folie.
Cet ouvrage collectif s'articule autour de la question de l'esthétique dans la pensée de Jacques Derrida. Ce projet, intitulé Derrida et la question de l'art: le défi de l'esthétique, réunit une dizaine de contributions d'éminents spécialistes de la philosophie et de l'esthétique derridienne dont, notamment, Marie-Louise Mallet, Ginette Michaud, Marc Crépon, Jean-Luc Nancy. Ce projet s'efforce de mettre en relief la spécificité absolument contemporaine de l'approche derridienne des arts: aussi bien dans la peinture que l'histoire du dessin, mais aussi le cinéma, la poésie, l'architecture postmoderne, la musique, en passant par la littérature et la photographie.Marie-Louise Mallet: - Comment ne pas parler de musique? Peter Szendy: - L Oreille de Derrida. Ecouter, ausculter, ponctuer Jean-Philippe Milet: - L artifice littéraire « une folie doit veiller sur l écriture » Charles Ramond: - Derrida lecteur d Artaud: la déconstruction à sens unique Danielle Cohen-Levinas: Une interruption pensive: Derrida devant Celan Marc Crépon: - Partages de la singularité: Derrida lecteur de CelanSerge Trottein: Pour une esthétique des parerga: lire Derrida avec Kant Jérôme de Gramont: - Par quelle offrande sans nom? Derrida, Kant et la restance en peintureJean-Michel Rabaté: - Derrida, Husserl et Joyce: ou comment oeuvrer à l"infini? Vincent Houillon: - L" intraitable épochè de l'oeuvre d art: Derrida, Heidegger, Husserl Andrea Potestà: - L"exhibition de l" absent: Derrida, Heidegger et l'inorigine de l"oeuvre d artMarta Segarra: - De l" esthétique « féminine » au regard de travers Joana Maso: Illustrer, photographier. Le point de suspension ou l"image chez Derrida Ginette Michaud: Ombres portées. Quelques remarques autour des skiagraphies de Jacques Derrida Mireille Calle-Gruber: - Du deuil photographique dans quelques textes de Jacques DerridaBenoit Goetz: - Derrida. De architecturaFernanda Bernardo: - Croire aux fantômes. Penser le cinéma avec Derrida"
Comment redonner vie à ces deux notions, dont la désuétude fait penser à Baudelaire : Vois se pencher les défuntes années, Sur les balcons du ciel, en robes surannées, mais qui de ce fait méritent quelque égard, tant elles occupèrent les philosophes du passé ? Faut-il choisir entre le dualiste, qui s?écrit "j?ai un corps" et affirme la séparabilité de l?âme et du corps, et le moniste qui dit leur inséparabilité, et s?écrit : "je suis mon corps" ? Nous proposerons qu?entre le dualisme et le monisme il soit urgent de ne pas choisir, et que le corps se situe à la limite de l?être et de l?avoir, limite toujours mouvante, tant il est vrai qu?il est des moments du jour où il nous semble que nous avons un corps, et d?autres où il nous semble que nous sommes notre corps. Car le corps en bonne santé, oubliable et silencieux, n?est pas le corps souffrant, inoubliable et auquel on est comme assigné. Car le corps regardé n?est pas le même que celui qui ne l?est pas. De sorte qu?il ne faudrait pas prendre ce qui phénoménologiquement apparaît pour des réalités ontologiques ! Inspiré par les traditions aristotélicienne et chrétienne, cet essai se voudrait une contribution à une anthropologie résolument philosophique, et au fond une méditation sur la pensée de Pascal selon laquelle "l?homme n?est ni ange ni bête", ayant entre angélisme et bestialité "ses allées et venues"?
Une conviction anime ces pages. Un sort commun lie la raison et la foi: le refus, de la part de la raison, de se mesurer à l'univers religieux risque bien d'aboutir à un affaissement de ses prétentions et à un repli sur le pré carré de l'immanence ; inversement une religion ou une foi qui n'est plus stimulée, remise en cause, interrogée par la raison s'abîme à son tour dans le fondamentalisme, le repli sectaire, elle glisse vers l'irrationnel, le subjectivisme ou l'intériorité acosmique et apolitique. Et malheureusement de nos jours on pourrait certainement poser un diagnostic fondé concernant un affaissement réciproque des deux vieux adversaires : une raison dévorée du dedans par le nihilisme et impuissante à faire face, et une foi abîmée de l'intérieur par l'irrationnel et le fondamentalisme, par le dogmatisme et le repli sectaire.