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La fin d'un monde ? Essai sur la déraison naturaliste
Dartiguenave Jean-Yves ; Garnier Jean-François
PU RENNES
18,00 €
Épuisé
EAN :9782753532656
Cet essai part du constat largement admis selon lequel nous aurions affaire aujourd'hui à une profonde transformation de notre société entraînant une crise de nos repères. Cette transformation se traduit par des phénomènes n'ayant, de prime abord, aucun lien entre eux, tels que les problèmes d'autorité, les pratiques d'hyperconsommation, l'affadissement du conflit, la généralisation de modèles gestionnaires et managériaux de "gouvernance", la tendance à la négation de l'histoire, la recherche à tout prix de la transparence, la délégitimation du politique, etc. Se distinguant d'une analyse historique, les deux auteurs adoptent un point de vue anthropologique, pour éclairer ces changements et leur donner une unité de sens. Ils posent, notamment, l'hypothèse d'un glissement de la frontière entre nature et culture, glissement qui altérerait notre rapport au monde. Nous inclinerions ainsi vers une immédiateté se traduisant par un délitement de l'identité et de la responsabilité, la transformation de notre appréhension de l'espace et de l'histoire et une emprise plus forte de l'instinctif et du pulsionnel dans nos relations sociales.
Pourquoi la situation de non-développement du Sénégal perdure-t-elle, malgré les dernières découvertes de ressources naturelles et derniers projets structurants lancés par l'Etat ? Cet ouvrage propose une analyse indispensable pour comprendre les raisons d'une telle stagnation, voire d'un tel recul dans la construction du bien-être des populations. Elle est utile pour les collectivités locales, les organismes de développement nationaux et internationaux désireux de comprendre les logiques locales et d'améliorer le processus d'intervention en faveur de la lutte contre la pauvreté. Le livre pose un regard critique sur des pratiques qu'il urge de déconstruire, pour enfin inscrire le pays dans une voie de vrai développement. Il peut servir de base méthodologique, et à ce titre, inspirer au-delà des frontières sénégalaises.
La délinquance enfantine et la criminalité juvénile existent depuis toujours. Ou presque. En tout cas, depuis que la misère sociale qui les sous-tend est de ce monde! Pour y faire face, des siècles durant, on a réprimé et enfermé. Et on a envoyé des enfants en prison, dans des bagnes, dans des colonies pénitentiaires, dans des maisons de correction... Ce livre, littéralement hallucinant, nous conte l'histoire d'une gestion à la hache (c'était avant le "karscher") de la délinquance des mineurs. Et c'est terrifiant, caron ne souhaiterait pas la moitié de çà à son pire ennemi. Pour autant, il nous raconte également l'histoire d'une stratégie de la répression et de l'enfermement qui s'est révélé tellement contre-productive que l'évidence de la prévention et de l'éducatif s'est peu à peu imposée à l'institution judiciaire et au législateur. A l'heure d'aujourd'hui, c'est à dire d'un délire sécuritaire (savamment orchestré par les mates du monde) prônant un retour prioritaire à la répression et à l'enfermement, c'est peu dire que ce livre est à lire... de toute urgence!
Il existe un réel problème de définition du social et de l'intervention sociale. Certes bien des discours s'évertuent à apporter quelque éclairage mais généralement ils font l'économie d'une recherche approfondie sur l'homme et ses capacités, ses incapacités ou ses difficultés relationnelles à vivre sa socialité et à produire sa propre histoire. Ainsi en va-t-il des discours nostalgiques convoquant le passé humaniste et vocationnel du travail social comme, sur un versant différent, des représentations managériales à la quête a priori de la "rationalité instrumentale". Pour les auteurs, c'est dans la méthode expérimentale retrouvée qu'il faut redéfinir le social et en extraire les directions essentielles pour le travail social. En d'autres termes, toute considération qui ne partirait pas de l'expérience quotidienne et qui, après théorisation, ne se confronterait pas en retour à l'expérience quotidienne, ressortirait du mythe. Cette voie est affirmée par les différents intervenants du séminaire L.A.R.E.S. - I.R.T.S. qui traduisent cette volonté de nourrir de manière originale et fondatrice le renouveau d'une pensée sur le social en général et sur le travail social en particulier.
Quelle est la spécificité du comportement rituel chez l'homme ? Sur quoi repose cette spécificité ? Peut-on réduire les rites à une simple production historique et sociale ? Comment expliquer la variété des pratiques rituelles entre les groupes sociaux mais aussi au sein même des groupes sociaux ? L'homme ne dispose-t-il pas d'une capacité à se distancier du rite pour en faire un traitement singulier ? Quels sont les processus qui participent au renouvellement des rites mais aussi à leur dépérissement ? C'est cet ensemble de questions qui conduit l'auteur de cet ouvrage à fonder anthropologiquement la notion de ritualité, en la distinguant du comportement rituel animal, et à discerner les termes généralement confondus de rite et de rituel. Il propose alors d'envisager le rituel comme un moment vécu de réappropriation et de réinterprétation du rite modifiant les finalités initiales et les significations de ce dernier. C'est ce mécanisme qui lui paraît être à l'origine des modifications du contenu du rite par-delà sa reconduction dans des formes sociales relativement identiques. C'est également dans le trajet qui va du rite au rituel qu'il cherche à dégager les processus d'appauvrissement de la ritualité au plan, notamment, de l'imaginaire. S'il récuse l'opinion selon laquelle on assisterait aujourd'hui à un dépérissement généralisé des rites, il montre, en revanche, que l'appauvrissement de la ritualité est perceptible dans des situations sociales extrêmes, marquées par l'incertitude et la précarité de l'existence.
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour