Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les fêtes du Maréchal. Propagande festive et imaginaire dans la France de Vichy
Dalisson Rémi ; Ory Pascal
TALLANDIER
32,00 €
Épuisé
EAN :9782847343557
De 1940 à 1944, le régime de Vichy voulut à la fois affirmer une autorité sans partage et imposer aux Français un programme réactionnaire et antirépublicain. Il lui fallut, pour ce faire, mettre en place un appareil de propagande efficace, masquer la réalité d'un pays occupé et d'un régime policier derrière l'image exaltante d'une nation en pleine Révolution nationale. Les fêtes allaient jouer un rôle central dans ce dispositif. Elles résumeraient, à elles seules, la doctrine du Maréchal, centrée sur les trois termes de la devise vichyste: le "Travail" (autour du 1er Mai), la "Famille" (avec la fête des Mères) et surtout la "Patrie" (des cérémonies de la Légion française des combattants à la fête de Jeanne d'Arc, en passant par la Quinzaine impériale). Pétain, bien entendu, serait l'épicentre de la fête, soit qu'il arpente lui-même son pays rêvé, soit qu'une radio très présente et des portraits démultipliés à l'infini relayent jusque dans le moindre village sa voix et son visage. Rémi Dalisson revisite ici les grands moments et les mécanismes des fêtes de Vichy. Jusqu'au bout, cette conquête des esprits et des c?urs mobilisa les énergies et attira les foules: qui se rappelle le succès, deux mois avant le Débarquement, de la visite du Maréchal à Paris, en avril 1944? Elle n'alla pas sans querelles picrocholines ni sans incongruités - l'hymne festif du régime, Maréchal, nous voilà! recycla ainsi une ballade dédiée au tour de France: "Attention, les voilà! les coureurs, les géants de la route." Elle donna lieu à plus d'un détournement, à plus d'un geste de contestation implicite ou manifeste. Les fêtes de Vichy illustrent toute la complexité d'une période dont l'héritage est encore bien présent dans l'imaginaire français et l'identité nationale.
Depuis 1962 et la signature des accords d'Evian, pas une année ne passe sans que la mémoire de la guerre d'Algérie ne revienne dans le débat public, y compris lors des campagnes électorales ou chaque mois de mars, quand des maires refusent de la célébrer. Depuis 1962, pas une inauguration de rue "19 mars, fin de la guerre d'Algérie" ne se passe sans qu'elle ne soit perturbée par des incidents ou que sa dénomination n'en soit changée lors de "contre-inaugurations" . Et les querelles rebondissent jusque dans le domaine éducatif où les élèves de terminale doivent étudier "les mémoires de la guerre d'Algérie" . La mémoire du conflit semble donc hanter la société française comme si, entre histoire et mémoire, rien n'avait été encore tranché. Or, il n'est pas de meilleur indice de cette omniprésence et des enjeux de cette mémoire complexe, loin des simplifications et instrumentalisations dont elle est l'objet, que la question de la commémoration de la fin de la guerre. Dans un pays comme la France, friand de cérémonies publiques et de pédagogie civique par la fête, la question de la commémoration de la fin de la guerre synthétise tous les enjeux mémoriaux, identitaires et historiques de la question algérienne. En replaçant cette "impossible commémoration" dans son contexte national, en étudiant les divers groupes mémoriaux concernés, les nombreux héritages commémoratifs et les pratiques cérémonielles de terrain, Rémi Dalisson montre les stigmates de la guerre, le poids de sa mémoire et son enjeu pour une nation traversée par de multiples interrogations identitaires et un rapport complexe au passé, y compris colonial.
Chaque automne revient en France la même fête nationale, le 11 Novembre, anniversaire de l?armistice qui mit fin à la Grande Guerre. Elle fait la Une des journaux locaux, rassemble les autorités, les enfants des écoles, les Anciens combattants et l?armée autour des 36 000 monuments aux morts du pays.Le 11 Novembre, reconnaissable entre toutes les fêtes, si bien intégré au calendrier mémoriel, semble pourtant en déclin. Ainsi les affluences y sont maigres, les Poilus ont disparu et son message patriotique n?a plus guère d?écho à l?heure de l?Europe et de la mondialisation.La loi de 2012 en a donc fait, non plus l?hommage aux seuls héros de la Grande Guerre, mais l?hommage aux morts de toutes les guerres, passées, présentes et à venir. Un tel bouleversement renvoie à sa fonction de commémoration nationale, née du souvenir des massacres de 14-18 et de la victoire et qui n?a, paradoxalement, jamais été objet de consensus.Dès sa création, elle fut le réceptacle de toutes les passions françaises. Cependant, elle a survécu à tous les régimes politiques, à toutes les crises, coloniales ou sociales et à toutes les concurrences dont le 8 Mai. L?histoire du 11 Novembre permet alors de comprendre le rapport si particulier des Français au souvenir et à la mémoire de cette Grande Guerre qui fonde une partie de leur identité.
Pas une année ne passe sans que le souvenir de Vichy ne fasse irruption dans le débat public et politique. Les éditorialistes comme les politiques utilisent souvent le souvenir de ces quatre années si importantes et mal connues comme marqueur idéologique, ou simplement objet de polémique voire de pouvoir. Il s'agit ici de comprendre ce que fut le régime du Maréchal Pétain, ses singularités, ses continuités et ruptures, son absence de démocratie, mais aussi les causes profondes de son succès initial auprès de Français épuisés par la débâcle. Ainsi pourrons-nous comprendre les fluctuations de sa mémoire, la fabrique de son histoire et son omniprésence actuelle, même à travers le déni ou les relectures commodes. Car son déroulement comme sa mémoire sont révélateurs des ambivalences du rapport du pays à son histoire et, surtout, de son incapacité à affronter pleinement les brûlures et tragédies de son passé, à l'heure du retour du "roman national". En cela, Vichy comme sa mémoire fluctuante sont une histoire très française entre dénis, résilience, amnisties, relectures, instrumentalisation et mythes concurrents. En ces temps de crise identitaire, alors que toutes les certitudes sont remises en cause par la mondialisation et la crise sociale, il importe plus que jamais d'affronter lucidement ce "passé qui ne passe pas" et ainsi mieux affronter les défis du siècle nouveau.
Au moment où les querelles sur l'identité nationale se multiplient, il est bon de s'interroger sur ce qui constitue une nation comme la France. Or, depuis 1789, ce pays s'est fait une spécialité de se célébrer régulièrement dans des fêtes nationales pour rassembler les citoyens autour de valeurs communes, socle d'un sentiment national original. Au fil des siècles s'est formée une culture de la fête, encore en usage aujourd'hui, faite de civisme, de sociabilités et de pratiques ludiques variées, depuis les placards du XVIIIe siècle jusqu'à Internet. Elle a résisté à onze régimes politiques, à des coups d'État, à des révolutions et à deux guerres mondiales. Mais elle s'est fracassée sur l'hédonisme des Trente Glorieuses, sur la crise économique et les pertes de repères de la globalisation. Cet ouvrage propose donc de faire le point sur ce que fut la mémoire nationale festive longue, sur ses héritages et ses pratiques, pour comprendre le sentiment national d'un pays doté d'une Délégation aux célébrations nationales et qui n'aime rien tant que s'interroger sur son passé et ses valeurs.
La croisade contre les Albigeois au XIIIe siècle a profondément modifié le cours de notre histoire. De son issue découle le rattachement du Languedoc à la France. C'est dire l'importance extrême de cette guerre "sainte" prêchée pour la première fois par l'Eglise de Rome à l'encontre d'un peuple chrétien! Menée à l'origine pour extirper du Midi de la France l'hérésie cathare, elle dégénéra vite en guerre dévastatrice de conquête, opposant inexorablement défenseurs de la civilisation occitane et assaillants venus du Nord, c'est-à-dire les "Français". Dans le tumulte des combats, l'atmosphère fiévreuse des chevauchées, des massacres, des incendies où culmine la tragique vision de l'holocauste de Montségur, s'affrontèrent donc pendant un demi-siècle croisés, inquisiteurs, légats du pape et peuple occitan sporadiquement rassemblé sous l'étendard des comtes de Toulouse. C'est l'histoire de ce long et terrible conflit jalonné de bûchers, d'actes d'héroïsme, de dévouements insignes, de duplicité, d'odieux excès, que raconte avec force et sagacité Georges Bordonove.
Vendredi 13 octobre 1307. Partout dans le royaume de France, les agents du roi Philippe le Bel s'emparent de la personne des chevaliers du Temple. Les Templiers, naguère membres respectés d'un ordre modèle et défenseurs par excellence de la Terre sainte, sont emprisonnés par centaines, sous l'accusation d'apostasie, d'idolâtrie, de sacrilège et de sodomie. L'opération, spectaculaire, est sans précédent dans l'histoire médiévale. Elle connaîtra une fin aussi célèbre que tragique avec la mort sur le bûcher du grand maître Jacques de Molay et du commandeur Geoffroy de Charney le 18 mars 1314. Malcolm Barber revient avec une maîtrise et une érudition inégalée sur cette affaire complexe : les interrogatoires, la torture, l'exécution des plus courageux, le silence inexplicable des grands dignitaires, le mutisme du pape Clément V, enfin l'interminable processus de liquidation qui vit disparaître le plus puissant des ordres militaires.Malcolm Barber est professeur d'histoire médiévale à l'université de Reading. Ses ouvrages sur les ordres militaires médiévaux, l'hérésie cathare et les croisades font aujourd'hui référence dans le monde entier.
Le 29 mai 1453, Constantinople, capitale de l'Empire romain d'Orient depuis sa fondation en 330, tombe aux mains des Turcs. Le choc est terrible pour l'Occident chrétien, qui a pourtant négligé de secourir la ville. L'année 1453 a longtemps symbolisé, peut-être de manière excessive, la fin du Moyen Âge et le début des Temps modernes aux yeux des historiens. Elle fut, de fait, décisive pour deux peuples : les Turcs, qui y gagnèrent une capitale et s'établirent durablement sur le sol européen: les Grecs, qui virent se clore le long chapitre byzantin et dont les humanistes vinrent nourrir l'élan de la Renaissance occidentale. 1453 : année heureuse pour les uns, funeste pour les autres, que raconte Steven Runciman à travers les fiévreux préparatifs du siège, la violence de l'assaut, la résistance dramatique d'une poignée de héros et l'effondrement sans surprise d'une cité depuis longtemps moribonde.Sir Steven Runciman (1903-2000), professeur à Cambridge, a été l'un des plus grands médiévistes du XXe siècle. Il est l'auteur de nombreux ouvrages de référence sur le monde méditerranéen, dont Le Grand Schisme d'Orient (Les Belles Lettres, 2005) et l'Histoire des croisades (Tallandier, 2006).
Paris, août 1945 : le maréchal Pétain, ex-chef de l'État français, assiste, muré dans le silence, à son procès. Nuremberg, novembre 1945 : vingt et un dignitaires du IIIe Reich prennent place sur le banc des accusés. Jérusalem, avril 1961 : Adolf Eichmann répond devant un tribunal israélien de sa participation à la Solution finale. Envoyé spécial de France-Soir, Joseph Kessel met ici son talent exceptionnel d'homme de lettres au service d'un récit dramatique où la justice rencontre l'histoire.