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Vichy, une histoire si française
Dalisson Rémi
UPPR
12,50 €
Épuisé
EAN :9782371682436
Pas une année ne passe sans que le souvenir de Vichy ne fasse irruption dans le débat public et politique. Les éditorialistes comme les politiques utilisent souvent le souvenir de ces quatre années si importantes et mal connues comme marqueur idéologique, ou simplement objet de polémique voire de pouvoir. Il s'agit ici de comprendre ce que fut le régime du Maréchal Pétain, ses singularités, ses continuités et ruptures, son absence de démocratie, mais aussi les causes profondes de son succès initial auprès de Français épuisés par la débâcle. Ainsi pourrons-nous comprendre les fluctuations de sa mémoire, la fabrique de son histoire et son omniprésence actuelle, même à travers le déni ou les relectures commodes. Car son déroulement comme sa mémoire sont révélateurs des ambivalences du rapport du pays à son histoire et, surtout, de son incapacité à affronter pleinement les brûlures et tragédies de son passé, à l'heure du retour du "roman national". En cela, Vichy comme sa mémoire fluctuante sont une histoire très française entre dénis, résilience, amnisties, relectures, instrumentalisation et mythes concurrents. En ces temps de crise identitaire, alors que toutes les certitudes sont remises en cause par la mondialisation et la crise sociale, il importe plus que jamais d'affronter lucidement ce "passé qui ne passe pas" et ainsi mieux affronter les défis du siècle nouveau.
Résumé : Qui n'a pas étudié dans un établissement scolaire Paul Bert ou habité rue Paul Bert ? Cependant, malgré cette omniprésence dans l'espace public, l'oeuvre de ce républicain est largement oubliée de nos jours. Paul Bert fut pourtant l'un des plus grands scientifiques français du XIXe siècle et un des pères fondateurs de l'école laïque et républicaine. S'il a été un partisan de la colonisation, notamment en Indochine, on retiendra de lui le grand patriote, traumatisé par la défaite de 1870, compagnon de Gambetta, Ferry et Buisson qui a laissé une loi sur la généralisation des Ecoles normales et rédigé un fameux manuel d'éducation civique. Rémi Dalisson réhabilite ici la mémoire de ce savant engagé en politique, de ce libre-penseur qui voulait émanciper les consciences par la raison et l'école. Paul Bert pousse aussi à la réflexion sur la mémoire, sur la citoyenneté et sur l'éthique républicaine, dans le contexte d'un retour de la morale laïque et civique, alors que se multiplient les crispations identitaires.
Hippolyte Carnot n'a ni la gloire de son père, « l'organisateur de la victoire » de l'An II, ni le renom de son frère, l'inventeur de la thermodynamique, ni le destin tragique de son fils, président de la République assassiné en 1894. Il reste méconnu alors que sa vie couvre presque tout un siècle (1801-1888) et que son oeuvre et son influence sont considérables. À travers révolutions, coups d'État, monarchies, empires ou républiques, guerres et procès, ce ministre de l'Instruction publique de 1848, ami de Victor Hugo et de Jules Ferry, est en effet un bâtisseur et un inspirateur. Il participe à tous les combats pour les libertés publiques et privées, jette les bases de la formation des professeurs et de l'école gratuite et obligatoire, y compris maternelle, crée l'ancêtre de l'ENA et défend les causes les plus avancées (scolarisation des filles, suffrage universel, lutte contre l'esclavage et abolition de la peine de mort). Philosophe et journaliste, mémorialiste et ministre, franc-maçon et croyant, exilé politique et député, sénateur et membre de l Académie, il incarne le xixe siècle. La redécouverte d une grande figure de notre panthéon républicain.
Résumé : L'histoire de la "drôle de guerre", qui a mobilisé cinq millions de soldats français de 1939 à la défaite de juin 1940, a longtemps été réduite, dans notre mémoire nationale, au Fernandel de La vache et le prisonnier ou aux aventures de la Septième compagnie. Quatre-vingts ans après cette "étrange défaite", les héros de Dunkerque ou de la ligne Maginot, captifs manipulés par Vichy et oubliés dans les Stalags ou Oflags, restent des marginaux de l'histoire officielle. En étudiant le parcours d'une centaine de ces anonymes ou célébrités et en utilisant les travaux les plus récents, Rémi Dalisson tente de comprendre la fabrique de ce dénigrement commencé dès 1939. Car la République et la société ont préféré les ignorer ou les moquer, malgré leur nombre et leur rôle dans la reconstruction du pays. Tous les moyens étatiques comme l'école, les décorations, les monuments ou les noms de rues, mais aussi la chanson, le cinéma ou la télévision les ont longtemps marginalisés. Cependant, à l'initiative de quelques spécialistes des Memorial Studies et des passionnés d'histoire, les soldats de 1940 semblent enfin sortir de l'oubli. Les leçons du destin d'une génération méconnue, "tombée pour la France", et qui attend encore sa juste reconnaissance.
Résumé : Entre 1848 et 1870, Louis-Napoléon Bonaparte, élu président de la République puis proclamé empereur, sillonne le territoire français. De Tarascon à Cherbourg en passant par Lyon, Elbeuf, Strasbourg, Angoulême, et même Alger, avec plus de 5 000 kilomètres parcourus, aucune région n'est oubliée. La mise en scène est soignée : à peine sorti du train ou du bateau, le prince-président est accueilli en fanfare par des foules en liesse, selon un protocole empêchant toute velléité d'opposition. Remise de médailles, inauguration de gares ou d'usines, visite d'hôpitaux et d'écoles, secours aux indigents et aux populations sinistrées, récits détaillés relayés dans la presse à grand tirage, rien n'est négligé pour construire la légende d'un chef d'Etat tout-puissant et omniprésent. Car sous les sonneries de cloches, les bruits de troupes, de feux d'artifice, la musique des bals et des concerts se dessine un projet politique novateur et d'une redoutable efficacité reposant sur le lien direct entre le peuple et son dirigeant. Cette pratique de populisme itinérant sera reprise sans cesse après le Second Empire par des hommes politiques de tous bords, désireux d'incarner un homme providentiel. Qui soupçonnerait aujourd'hui que le moindre candidat à l'élection présidentielle orchestrant ses déplacements en province poursuit sans le savoir une stratégie de communication inventée cent cinquante ans plus tôt par un pouvoir autoritaire ? Rémi Dalisson, professeur des universités à Rouen, travaille sur les sociabilités, les politiques symboliques et les commémorations aux XIXe et XXe siècles. Il a publié de nombreux ouvrages, dont Les Fêtes du Maréchal (CNRS Editions, 2008, prix François Millepierres de l'Académie) et Guerre d'Algérie. L'impossible commémoration (Armand Colin, 2018).
Mieux vaut une connerie d'avance qu'une information en retard : c'est sans détour qu'Hubert Huertas énonce le principe qui régit l'Information en continu, ce monstre familier devenu aussi indispensable qu'insupportable. Nous voilà donc prévenus et comblés : malgré la sensibilité du sujet, la démarche sera franche et l'auteur n'avancera pas masqué. Pour autant, Hubert Huertas ne se positionne pas en redresseur de torts ; car si le propos est manifestement critique et engagé, il est également nuancé, le journaliste n'hésitant pas à reconnaître le talent et la compétence lorsqu'ils sont évidents. Plutôt donc que de mener un réquisitoire caricatural et inutilement passionné, il nous convie à une réflexion d'envergure touchant de multiples domaines : la déontologie naturellement, mais aussi l'histoire de la presse, la politique et ses communicants, le tempo et la mise en scène de l'information? Ses analyses, soutenues à l'occasion par un humour décapant, sont toujours accompagnées d'exemples qui font sens les événements tragiques de Charlie Hebdo, l'annonce erronée de la mort de Martin Bouygues et autres illustrations tirées en toute honnêteté de son expérience personnelle. Hubert Huertas met ainsi magistralement en relief les enjeux de la "bfmisation de la société", montrant finalement qu'elle aboutit à la désagrégation du Politique. Un essai indispensable et décisif.
A première vue, tout le monde croit comprendre ce que signifie "bioéthique". On pense en effet aussitôt à une éthique spécialisée dans les problèmes "bios". Et l'on ne se trompe pas si l'on désigne par là un champ nouveau de l'action humaine. Il a fait son apparition à cause de l'irruption du progrès scientifique et technique dans des pratiques inédites, tant médicales qu'extra-médicales, mais qui concernent tous ce que l'on peut et ce que l'on veut faire de l'homme. Mais est-ce une raison nécessaire et suffisante pour se charger d'un mot nouveau, susceptible de faire double emploi avec celui d' "éthique" ? Car enfin, qu'a fait l'éthique depuis qu'elle existe, sinon se préoccuper de la vie (bios) ? Comme l'a suggéré France Quéré, viserait-on un quelconque effet marketing, dans le but de vendre de l'éthique aux Américains ? Ou bien cherche-t-on à remplacer l'éthique par un dispositif chargé de promouvoir un nouveau projet sur l'homme ? Dans cet essai décisif, Dominique Folscheid examine à la loupe les origines et les fondements problématiques de la bioéthique, en mesure les enjeux, en révèle les ambiguïtés, en dévoile les leurres et met en évidence les collusions qu'elle nourrit entre liberté, utilitarisme, religiosité et fascination pour la Technique.
Nous le savons, les conflits qui sévissent dans les régions défavorisées du monde ont un effet dévastateur sur l'éducation, notamment en termes de pertes humaines, de dégradation du système éducatif et de ses infrastructures. Si, en règle générale, l'éducation ne subit pas un arrêt brutal en situation de guerre mais continue de représenter un nid protecteur pour les enfants et permet de rétablir un sens de normalité dans le chaos ambiant, la corrélation entre l'éducation et la guerre soulève de nombreuses questions. Quelles sont les méthodes pour éviter l'effondrement total du système éducatif à l'issue d'un conflit ? Le système éducatif permet-il d'assurer une protection aux communautés affectées par la guerre ? Quel est le rôle de l'éducation dans la prévention des conflits et comment peut-elle servir de pierre angulaire à la reconstruction d'un pays ? L'enseignement de l'histoire peut-il par exemple influer sur le comportement des étudiants en promouvant une culture de la paix ? Et finalement, dans quelles circonstances le rôle positif de l'éducation peut-il être détourné de son sens initial pour, plutôt que de les contenir, alimenter les causes de conflits violents ? Fort de sa riche expérience, Denis Bouclon partage ici des analyses d'une grande finesse, qui mettent en lumière la complexité des conditions du rétablissement durable de la paix dans les zones de conflit. Un ouvrage décisif et salutaire.
Ni démocratie, ni association supranationale, ni ceci, ni cela. L'Europe cherche toujours sa définition et il semble plus aisé de la définir par l'énumération de ce qu'elle n'est pas que par ce qui, positivement, la caractérise. Qu'est donc, en réalité, l'Europe ? Comment interroger le "fait européen" aujourd'hui ? Quelles problématiques envisager pour interroger ce monstre institutionnel qu'est l'Union européenne ? Dans cet essai, Renaud Zuppinger relève le défi de "faire le point", d'interroger le su et le moins su, le dit et le non-dit, l'émergé, l'immergé et l'émergeant au sein du marécage institutionnel et administratif d'une Europe en pleine mutation. Ainsi met-il en lumière, avec une élégante clarté, les dynamismes cachés d'une nouvelle donne qui instaure, comme allant de soi et à notre insu, des distorsions qui font que nous passons de nation à nationalisme, d'Etat à fief, de peuple à populisme, et de famille gouvernante à tribu. Serions-nous donc en train de retrouver le côté sombre de la diversité ? C'est avec force et finesse que Renaud Zuppinger nous fait découvrir pourquoi la période que nous traversons nous intime de faire le point et de reconsidérer nos systèmes de référence, nos repères et nos modes de fonctionnements?