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L'Autre Face de la mer
Dalembert Louis-Philippe
MOTIFS
7,95 €
Épuisé
EAN :9782753800144
Louis-Philippe Dalembert est né le 8 décembre 1962 à Port-au-Prince (Haïti), qu'il laisse à l'âge de 23 ans. Depuis, il n'a cessé de parcourir le monde (les Amériques du Nord et du Sud, les Caraïbes, l'Afrique du Nord et l'Afrique noire, le Moyen-Orient, l'Europe...). Ce vagabond, ainsi qu'il se présente, vit d'abord à Nancy, puis à Paris où il poursuit ses études universitaires et exerce la profession de journaliste. Il séjourne ensuite une première fois à Rome en 1994/95, en qualité de pensionnaire de la très convoitée Villa Médicis. Après un court retour au pays natal (1996), une retraite nécessaire de plusieurs mois dans les Andes lui permet de s'émanciper des fausses contingences de la politique. Il demeure ensuite un certain temps à Jérusalem, d'où il visite une nouvelle fois Israël, la Palestine, l'Egypte et la Jordanie. Cette partie du monde influence sa poésie. Louis-Philippe Dalembert est par ailleurs diplômé de L'Ecole normale supérieure de Port-au-Prince, diplômé de l'Ecole supérieure de journalisme de Paris et auteur d'une thèse de doctorat en littérature comparée sur l'écrivain cubain Alejo Carpentier. Il vit aujourd'hui entre Paris, Rome, Port-au-Prince et ailleurs. Pour la rédaction de cet ouvrage, l'auteur a bénéficié d'une bourse Unesco-Aschberg et d'une résidence au centre Mishkenot Sha'ananim de Jérusalem.
Résumé : Harlem, New York, un soir de novembre. Un sous-sol à l'écart des grandes avenues. Une cérémonie vaudou. Le narrateur regarde. Observateur, et non pas acteur. La nuit qui suit devient rêverie. Va-et-vient inlassable entre Harlem et Port-au-Prince. Le corps interdit de son amie et son enfance lointaine. Dans une approche semi-autobiographique, Louis-Philippe Dalembert retrouve l'un de ses thèmes favoris : l'enfance et ses tabous. La magie du récit, la langue, mélange heureux de gouaille et de détours créoles, de métaphores empruntées au vaudou et à la Bible, font de Les dieux voyagent la nuit le lieu d'une autre initiation : celle du lecteur, prêt à braver avec l'enfant téméraire toutes les peurs.
Longtemps après, lorsque les douleurs se seraient refermées, que les survivants raconteraient l?événement sans que l?émotion vînt leur nouer la gorge, certains jureraient avoir senti la veille une forte odeur de soufre dans l?atmosphère. D?autres diraient l?avoir humée depuis trois jours, sans toutefois y avoir prêté attention. Peut-être, allez savoir, l?odeur n?avait-elle existé que dans leur imagination, ou n?avait-elle pas été assez persistante pour qu?on s?en alarmât. Avril 2009 : la terre tremble en Italie. Dans un village des Abruzzes, un couple mixte, Azaka et Mariagrazia, attend dans la joie l?arrivée de son premier bébé. Sous le regard réprobateur des uns, opposés à la présence des étrangers dans la région, et la curiosité bienveillante des autres. Si les secousses tendent à exacerber les tensions, elles viennent rappeler à Azaka un épisode traumatisant de son enfance : un autre séisme, à l?autre bout du monde, pendant lequel il fut enseveli sous les décombres. L?histoire se répéterait-elle ? Où qu?il soit, doit-il redouter la colère de la Terre ? Des questions que pour l?heure il refuse de se poser : bientôt il sera père, le bonheur ne lui échappera pas? Entre chronique au quotidien et commedia dell'arte, Ballade d?un amour inachevé revisite les séismes de L'Aquila et d'Haïti, auxquels l?auteur s?est retrouvé mêlé. Comme souvent chez Louis-Philippe Dalembert, l'humour et la force de vie dominent tout au long du roman.
4e de couverture : À Sabratha, sur la côte libyenne, les surveillants font irruption dans l'entrepôt où sont entassées les femmes. Parmi celles qu'ils rudoient pour les obliger à sortir, Chochana, une Nigériane, et Semhar, une Érythréenne. Les deux amies se sont rencontrées là, après des mois d'errance sur les routes du continent. Grâce à toutes sortes de travaux forcés et à l'aide de leurs proches restés au pays, elles se sont acharnées à réunir la somme nécessaire pour payer les passeurs, à un prix excédant celui d'abord fixé. Ce soir-là pourtant, au bout d'une demi-heure de route dans la benne d'un pick-up fonçant tous phares éteints, elles sentent l'odeur de la mer. Un peu plus tôt, à Tripoli, des familles syriennes, habillées avec élégance comme pour un voyage d'affaires, se sont installées dans les minibus climatisés garés devant leur hôtel. Ce 16 juillet 2014, c'est enfin le grand départ. Dima, son mari et leurs deux fillettes ont quitté leur pays en guerre depuis un mois déjà, afin d'embarquer pour Lampedusa. Ces femmes si différentes ¿ Dima la bourgeoise voyage sur le pont, Chochana et Semhar dans la cale ¿ ont toutes trois franchi le point de non-retour et se retrouvent à bord du chalutier, unies dans le même espoir d'une nouvelle vie en Europe. L'entreprenante et plantureuse Chochana, enfant choyée de sa communauté juive ibo, se destinait pourtant à des études de d roit, avant que la sécheresse et la misère la contraignent à y renoncer et à fuir le Nigeria. Semhar, elle, se rêvait institutrice, avant d'être enrôlée pour un service national sans fin dans l'armée érythréenne, où elle a refusé de perdre sa jeunesse. Quant à Dima, au moment où les premiers attentats à la voiture piégée ont commencé à Alep, elle en a été sidérée, tant elle pensait sa vie toute tracée, dans l'aisance et conformément à la tradition de sa famille. Les portraits tout en justesse et en empathie que peint Louis-Philippe Dalembert de ses trois protagonistes ¿ avec son acuité et son humour habituels ¿ leur donnent vie et chair, et les ancrent avec naturel dans un quotidien que leur nouvelle condition de « migrantes » tente de gommer. Lors de l'effroyable traversée, sur le rafiot de fortune dont le véritable capitaine est le chef des passeurs, leur caractère bien trempé leur permettra tant bien que mal de résister aux intempéries et aux avaries. Luttant âprement pour leur survie, elles manifesteront même une solidarité que ne laissaient pas augurer leurs origines si contrastées. S'inspirant de la tragédie d'un bateau de clandestins sauvé par le pétrolier danois Torm Lotte en 2014, Louis-Philippe Dalembert déploie ici avec force un ample roman de la migration et de l'exil.Notes Biographiques : LOUIS-PHILIPPE DALEMBERT est né à Port-au-Prince et vit à Paris. Il publie depuis 1993 chez divers éditeurs, en France et en Haïti, des nouvelles, de la poésie, des essais et des romans. Le dernier en date, Avant que les ombres s'effacent, paru en mars 2017 chez Sabine Wespieser éditeur, a remporté le prix Orange du Livre et le prix France Bleu/Page des libraires.
Mamad est ligoté à la chaise, les bras solidement retenus derrière le dossier. Une corde de nylon de la grosseur d'un doigt d'adulte serpente autour de son corps, des épaules aux chevilles, glisse entre les barreaux et vient garrotter ses poignets. D'étranges tatouages couvrent son buste nu. Des stigmates, en fait, résultant de ses efforts pour se libérer. Sa tête pend à la renverse. La pénombre naissante laisse deviner son visage recouvert de pustules énormes, comme s'il avait été piqué par un bataillon de fourmis rousses à grosse tête. Il ne bouge pas. La cuisine américaine, comme le reste de la maison, est plongée dans le silence. Pas le moindre bruit, ni d'humain ni d'animal. Ni même du vent, d'habitude si disert. L'homme émerge avec peine. Combien de temps a-t-il dormi, est-il resté évanoui? Les sensations lui reviennent peu à peu, en un picotement progressif de ses membres. L'envie de se gratter jusqu'au sang. Un léger tressautement des épaules trahit la rage de ne pouvoir se mouvoir. La douleur reprend possession de ses muscles. Elle s'intensifie, passe par l'estomac, qui gargouille un reflux acide de lointaine mémoire, remonte la poitrine, traverse le cou et va se loger dans son crâne. Soudain lourd, aussi lourd que celui d'un éléphant.Mamad tente d'ouvrir les yeux, mais il n'y parvient pas. Ses paupières, gorgées de sang et de sel, refusent d'obéir à son cerveau. Il insiste. Engage toute l'énergie qui lui reste dans ce geste pour le moins naturel. Les cils s'arrachent enfin les uns aux autres, dégageant un interstice horizontal, une lucarne sur la vie. Autour de lui, les objets continuent de flotter dans le brouillard. Un goût d'hémoglobine traîne sur ses lèvres sèches et bouffies. L'impression qu'elles sont énormes, aussi massives que la croupe d'un hippopotame.
En mai 1986, en pleine perestroïka, un diplomate mexicain (l'auteur?) en poste à Prague est invité en Géorgie à titre d'écrivain. Il rédige un journal de bord de ce voyage au cours duquel il doit rencontrer d'autres écrivains. Or, la glasnost s'embrouille et notre homme est promené à Moscou, à Leningrad; aussi le voyage se transforme-t-il en une galopade folle de scènes grotesques et de calamités joyeuses, pour se terminer à Tbilissi l'irrévérencieuse, ivre de ce printemps politique. Sous la plume d'un merveilleux érudit excentrique et rêveur, ce voyage qui n'est ni un récit autobiographique ni un récit de voyage est aussi une traversée de siècles d'art et de culture, et de toute la forêt sacrée de la littérature russe, de Pouchkine à Gogol à Marina Tsvetaïeva.
Résumé : " Le scandale ne connut pas de bornes le jour où la femme du vicaire s'enfuit avec un jeune homme sans le sou. " Ce roman possède la vertu de raconter avec une sensibilité rare, la découverte de la sensualité chez une jeune femme de la bonne société anglaise confrontée à un homme fruste et fort. Un " Gitan " de condition plus modeste, mais " rayonnant d'aura sexuelle et d'exubérance vitale ". La prouesse est que Lawrence parvient à adopter avec une belle justesse de ton, le point de vue de la jeune femme... Un récit court, aigu et vif, le plus achevé sans doute de l'auteur de L'Amant de Lady Chatterley.
Seul roman achevé d'Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz (1877-1939), le grand écrivain lituanien d'expression française, L'Amoureuse Initiation fait figure, comme d'autres oeuvres de l'auteur, d'autobiographie lyrique. Parce que l'ouvrage possède les qualités littéraires les plus éminentes, il est de ceux qui confèrent à Milosz une actualité que les ans n'entament pas. Situé dans la Venise cosmopolite et décadente du XVIIe siècle, L'Amoureuse Initiation, plus qu'une évocation d'un lieu littéraire par excellence, est un récit sur la passion, dont la tendresse et la jalousie formeraient comme les deux pôles, à l'image d'une ville qui est à la fois celle de la fête et de la fin des choses.
Paris, années 1920. Un homme entre deux âges, entrepreneur de son état, contemple sa réussite depuis sa belle villa de Neuilly. De jour en jour, il apprend à connaître sa voisine, une jeune veuve dont la fille Dinah, âgée de douze ans, est malade. Sa mère, dans l'impossibilité matérielle de l'envoyer se faire soigner dans un sanatorium, se décide à demander de l'aide à son voisin. La peur du manque, du qu'en-dira-t-on, et une certaine étroitesse de vue empêchent Jean Michelez d'accepter, mais il finit pourtant par se prendre d'affection pour la petite fille... Description subtile des moeurs bourgeoises, mais aussi d'une solitude très contemporaine, La Mort de Dinah (1928) est un texte pudique et émouvant signé par un des grands écrivains français du siècle passé.