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Noires blessures
Dalembert Louis-Philippe
MERCURE DE FRAN
18,50 €
Épuisé
EAN :9782715231603
Mamad est ligoté à la chaise, les bras solidement retenus derrière le dossier. Une corde de nylon de la grosseur d'un doigt d'adulte serpente autour de son corps, des épaules aux chevilles, glisse entre les barreaux et vient garrotter ses poignets. D'étranges tatouages couvrent son buste nu. Des stigmates, en fait, résultant de ses efforts pour se libérer. Sa tête pend à la renverse. La pénombre naissante laisse deviner son visage recouvert de pustules énormes, comme s'il avait été piqué par un bataillon de fourmis rousses à grosse tête. Il ne bouge pas. La cuisine américaine, comme le reste de la maison, est plongée dans le silence. Pas le moindre bruit, ni d'humain ni d'animal. Ni même du vent, d'habitude si disert. L'homme émerge avec peine. Combien de temps a-t-il dormi, est-il resté évanoui? Les sensations lui reviennent peu à peu, en un picotement progressif de ses membres. L'envie de se gratter jusqu'au sang. Un léger tressautement des épaules trahit la rage de ne pouvoir se mouvoir. La douleur reprend possession de ses muscles. Elle s'intensifie, passe par l'estomac, qui gargouille un reflux acide de lointaine mémoire, remonte la poitrine, traverse le cou et va se loger dans son crâne. Soudain lourd, aussi lourd que celui d'un éléphant.Mamad tente d'ouvrir les yeux, mais il n'y parvient pas. Ses paupières, gorgées de sang et de sel, refusent d'obéir à son cerveau. Il insiste. Engage toute l'énergie qui lui reste dans ce geste pour le moins naturel. Les cils s'arrachent enfin les uns aux autres, dégageant un interstice horizontal, une lucarne sur la vie. Autour de lui, les objets continuent de flotter dans le brouillard. Un goût d'hémoglobine traîne sur ses lèvres sèches et bouffies. L'impression qu'elles sont énormes, aussi massives que la croupe d'un hippopotame.
Observer le monde dans le rétroviseur d'une antique Peugeot 304, voilà une bien étrange occupation pour un enfant à l'âge où l'on préfère généralement courir après une boule de chiffon en guise de ballon rond. Tout le malheur du monde s'abat sur lui lorsque sa grand-mère lui apprend qu'ils doivent quitter "le bord des quais" pour un nouveau quartier de Port-aux-Crasses. Car, pour le petit garçon, orphelin de père et de mère, il s'agit de se séparer de sa véritable famille: Faustin, le cireur de chaussures, et le groupe de quidams dépenaillés qui évoluent autour de la véranda de sa grand-mère, dans une lutte quotidienne avec la vie. Ce qu'il ignore à ce moment-là, c'est qu'il s'exile à jamais de sa prime enfance, cet autre pays de "lui-même". L'homme qui revient sur ses pas, après plus d'un quart de siècle à l'étranger, tente malgré tout de réhabiter ce pays à travers le destin réinventé de Faustin avec pour seuls outils sa mémoire et son imagination.
Résumé : Chochana, Semhar, Dima. Trois femmes puissantes qui, mues par le même espoir d'une nouvelle vie en Europe, quittent leur pays natal - le Nigéria, l'Erythrée, la Syrie - pour se lancer sur l'éprouvant chemin de l'exil. Trois femmes aux trajectoires différentes, qui bravent les obstacles devant elles. Et embarquent, sur les côtes libyennes, à bord d'un chalutier en direction de Lampedusa. Courageuses, fières, solidaires, elles sauront affronter l'innommable. Trois magnifiques portraits pour une fresque sur l'exil et la liberté. - François Busnel Louis-Philippe Dalembert, né à Port-au-Prince, publie des nouvelles, de la poésie, des essais et des romans. Mur Méditerranée a été finaliste du prix Goncourt des lycéens 2019. Prix de la langue française Le choix Goncourt de la Pologne Le choix Goncourt de la Suisse
Je ne suis qu'un résident étranger sur la terre." C'est par cette phrase des Psaumes que s'ouvre le livre de Louis-Philippe Dalembert que j'ai la joie de publier aujourd'hui. Ce recueil est l'oeuvre d'un "pied poudré" ? pye poudre comme le disent les Haïtiens ?, c'est-à-dire un homme dont la vie est vouée au départ et au vagabondage. Il débute par une évocation du petit pays de l'enfance, simple "grain de sable sur la carte du monde", avant de s'attacher à la figure d'un étranger en marche sur la terre. Qu'il chemine entre "halliers et ronces" ou tutoie les étoiles, ce dernier devient une figure de la condition humaine, le symbole des êtres qui portent leur "dissemblance en bandoulière". Et l'on parcourt ces pages comme on traverse le temps qui nous est donné, avec un amour grandissant des autres et de la vie.
Résumé : Laure avait des mots d'amour mais pas les preuves : Vincent n'évoquait jamais de date pour une prochaine rencontre. Et ce décalage entre les paroles et les actes la perturbait. Les messages maintenaient un lien entre eux, mais ils rendaient aussi la distance plus palpable et transformaient Vincent en une divinité inaccessible. Laure est tombée amoureuse de Vincent en discutant avec lui sur Facebook. Depuis des mois, ils échangent aussi des SMS à longueur de journée. Elle sait tout de lui, de ses goûts, de ses habitudes mais tout reste virtuel. Si Vincent tarde à lui répondre, l'imagination de Laure prend le pouvoir et remplit le vide, elle s'inquiète, s'agace, glisse de l'incertitude à l'obsession. Quand une rencontre réelle se profile, Laure est fébrile : est-ce le début d'une histoire d'amour ou bien une illusion qui se brise ? Subtile analyste du sentiment amoureux, Stéphanie Dupays interroge notre époque et les nouvelles manières d'aimer et signe aussi un roman d'amour intemporel sur l'éveil du désir, l'attente, le doute, le ravissement.
Socialiste convaincu, John Reed (1887-1920) débarqua à Petrograd à l'automne 1917 pour rendre compte des bouleversements politiques de la Russie post-impériale. Parce que sa qualité de correspondant américain lui donna accès aux cercles les plus divers et qu'il joignit au sérieux de l'exposition des faits la volonté de donner un contour palpable à la foule des insurgés, il dressa un tableau incroyablement vivant des événements qui permirent aux bolcheviks de s'emparer du pouvoir. Publié pour la première fois en France en 1927, ce témoignage historique exceptionnel est également une grande leçon de journalisme.
4e de couverture : Avec l'ère Meiji (1868), après deux siècles de clôture, le Japon s'ouvre au monde. En octobre 1867, à l'âge de 22 ans, Maurice Dubard s'engage dans la Marine française. La mission militaire à laquelle il participe a pour but de contribuer à doter le Japon d'une armée moderne. Avec l'un de ses collègues, Marcel, le jeune homme sillonne donc les principales villes de l'archipel. Mais son projet d'écriture est loin des armes et des uniformes, loin des bureaux administratifs et des fabriques. À l'instar du célèbre Japoneries d'automne de Pierre Loti, Maurice Dubard s'emploie à peindre en une série de tableaux et de saynètes ce Japon des années 1870. Sa passion se porte aussi bien sur la culture matérielle ancestrale de l'Empire que sur l'énergie débordante de la jeunesse nippone. Conteur formidable, Dubard ne cesse d'osciller entre ce passé et le présent. Son récit de voyage est absolument contemporain du rapprochement entre l'Europe et le Japon.
Mae découvrit à son réveil que Peter avait disparu. Elle s'assit, tendit l'oreille et se heurta au silence qui enveloppe un espace lorsque la personne que l'on attend n'est pas rentrée. Parfois les gens sortent et ne reviennent pas. Parfois les malheurs surviennent. Mae le sait depuis qu'elle a six ans. Peter. Son compagnon... L'homme qu'elle était sur le point d'épouser. Mae va vite découvrir que son "fiancé" est en réalité un redoutable escroc qui a la police à ses trousses. Eplorée, elle retourne chez ses grands-parents, qui l'ont élevée et tiennent une auberge sur les bords du Saint-Laurent. Au sein d'une nature magnifique, mais qui peut se révéler dangereuse quand le fleuve se déchaîne, elle va retrouver et affronter ses souvenirs : la mort inexpliquée de ses parents dans la fonte des glaces, la disparition brutale de son inséparable ami d'enfance, Gabe, les silences de sa grand-mère... Et tenter de trouver des réponses.