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Philosopher à l'arc
Curnier Jean-Paul
NOUVELLES LIGNE
16,00 €
Épuisé
EAN :9782355261510
Chasser à l'arc, c'est apprendre à disparaître. La portée courte des flèches obligeant à s'approcher au plus près des bêtes, il faut impérativement connaître d'elles tout ce qui peut s'en apprendre et en tirer toutes les conclusions pour se rendre pratiquement inexistant à leurs yeux. Mais à cela il y a une conséquence : à force de se rendre insignifiant, de quitter toute apparence humaine, on cesse aussi d'être soi. On devient, pour partie au moins, ce que l'on traque. Se tenir au plus près des bêtes c'est aussi fréquenter au plus près l'animalité, sa propre animalité originelle ; enfouie et pourtant toujours si proche. Confondu avec l'arc, avec la cible et avec tout ce qui l'entoure, livré à la seule vision et à la seule sensation pour toute prise avec le monde, l'archer n'est plus seulement un individu qui pense, qui raisonne et tente de maîtriser ce qui advient, il devient le théâtre de combinaisons de sens et de significations jusqu'alors tenues pour étrangères les unes aux autres. Il se fait lui-même scène d'un collage, d'un rendez-vous imprévu de significations et de décisions qui semblent se prendre hors de lui et de sa volonté. "Philosopher à l'arc" c'est, en somme, laisser se développer les pensées qu'appelle et mobilise cette expérience à la fois physique et mentale, archaïque et actuelle, de la présence au monde. Expérience où défilent et se côtoient une succession de visions, de présences et de réminiscences, où rôde la sensation d'une origine retrouvée.
Cela se présente à la fois comme une vérité indiscutable et comme un impératif de rassemblement général : le Front National, parce qu'il en est l'ennemi naturel, menace l'existence même de la culture. [...] Mieux : tout ce qui, d'une manière ou d'une autre, s'en prend à la culture, à ses contenus ou au mode de fonctionnement de ses institutions serait consciemment ou inconsciemment un aveu de sympathie pour l'idéologie fasciste..." Jean-Paul Curnier a écrit une première version de ce texte à l'occasion du Salon du livre anti-fasciste de Gardanne le 19 novembre 1997, où il l'énonça sous le titre Aggraver. Nous en publions aujourd'hui une nouvelle mouture dans laquelle l'auteur a développé ses arguments.
Des mélodies douces-amères, des variations infimes mais infinies sur la peine de vivre, sur le malentendu d'amour, sur les mécomptes de soi amusés, pas même amers, sur le rien qu'on ne sait pas comment fuir, mais qu'on ne fuit pas sans risque, parce que la déception est inhérente à toute fuite, et parce que le malentendu alors n'en est que plus épais. Tout, dans Par-dessus tête, est d'un humour modeste et triste, léger et incrédule, sans reproche aucun, sans plainte non plus - délicat à l'extrême. On y rit (d'un rire léger) du fait qu'il faille être deux dans l'amour et qu'il y en ait toujours un de trop ; de ce qu'il n'arrive rien (constante de ces mélodies) ou que ce qui arrive soit arrivé pour rien (sinon pour se retrouver vite un peu plus seul) ; de ce que chacun soit deux, deux au moins, ce qui complique encore considérablement l'équation amoureuse. Heureusement, écrit Jean-Paul Curnier, "Rien n'arrive ! Et ça arrive souvent !"
Alors, si ce monde va aussi franchement et volontairement à sa perte, autant qu'il y aille vite pour en vivre au plus vite le remplacement. Et il convient même de l'aider chaque fois que cela s'avère possible. Pas de le critiquer ou de le condamner c'est là une affaire hors de saison, une ancienne ferveur pour le sauver contre son gré ; non, il convient au contraire de faciliter toute chose sur la voie dans laquelle il s'est engagé. Et qu'on n'aille pas nous dire que c'est lui vouloir du mal car c'est exactement ce que font ceux qui disent s'y épanouir le mieux". Une voix libre, parmi les plus libres, dont l'ironie, sans limite, pose que les choses, étant ce qu'elles sont (politiquement, socialement, moralement, culturellement), rien ne sert de prétendre y remédier ; qu'il faut au contraire s'employer à les aggraver.
«Aggravation», parce que tel est le double projet de ce livre : celui de rendre mieux visible l?état de dégradation continuée des conditions faites à l?existence commune ; celui également d?en perturber le cours en rendant plus incertain et plus contrarié l?assentiment aveugle qui partout le permet. Que la face cachée de ce qui se montre soit aujourd?hui la chose la moins supportée, cela méritait qu?on s?emploie à l?aggraver. C?est assez dire qu?on ne trouvera pas ici de quoi ajouter à cette forme d?apathie consentante, de résignation euphorisée, qui se présente volontiers comme un progrès de civilisation et dont la généralisation assure l?actuel succès des formes les plus grossièrement cyniques du pouvoir et l?abandon de tous à la férocité sans limites de la loi du marché. On y trouvera au contraire de quoi entamer la volonté d?innocence et d?ignorance mêlées qui accompagnent cet abandon : par le tracé de ses plus accablantes perspectives, par le relevé de son inavouable contrepartie, par le retournement de ses valeurs proclamées. Et cela, sans autre motif que celui de donner en partage, face à la vanité de ce pitoyable triomphe, le goût d?un écart inconciliable, d?un rire déplacé.
Alain Gauthier enseigne la sociologie à Paris-Dauphine. Il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages dont: L'impact de l'image (L'Harmattan, 1993); Du visible au visuel (PUF, 1996); Désastre politique (Lignes & Manifeste, 2003) et L'art de ne pas se souvenir (Sens & Tonka, 2006).
Les deux "adversaires" ici en présence témoignent, dans le débat d'idées, de deux visions irréconciliables. Tout, dans leurs prises de positions respectives, les sépare: Alain Badiou comme penseur d'un communisme renouvelé; Alain Finkielkraut comme observateur désolé de la perte des valeurs. La conversation passionnée qui a résulté de leur récente rencontre - à l'initiative de Aude Lancelin - prend souvent la tournure très vive d'une "explication", aussi bien à propos du débat sur l'identité nationale, du judaïsme et d'Israël, de Mai 68, que du retour en grâce de l'idée du communisme. Mais le présent volume ne se réduit pas à la somme de leurs désaccords. Car ni l'un ni l'autre ne se satisfont, en définitive, de l'état de notre société ni de la direction que ses représentants politiques s'obstinent à lui faire prendre. Si leurs voix fortes et distinctes adoptent, un moment, une tonalité presque semblable, c'est sur ce seul point.
La mode a fait de l'inauthentique l'espace de ses expérimentations. Lorsqu'ils véhiculent les codes de la frivolité, créateurs et top-modèles le font en conscience, et se posent en sujets d'énonciation à part entière. L'examen du "phénomène de mode" fait apparaître la relation étroite qu'il entretient avec les motifs fondamentaux de la représentation occidentale : un platonisme "hétérodoxe" et une "inversion paradoxale de l'incarnation", entendue en son sens religieux.
La deuxième conférence internationale sur le sens et l'usage du mot " communisme ", organisée à l'initiative d'Alain Badiou et de Slavoj Zizek, s'est tenue à la Volksbühne de Berlin au mois de mars 2010.Après le succès de la conférence inaugurale de Londres, l'année précédente, il s'agissait cette fois d'ouvrir les débats à l'expérience et à la réflexion de philosophes venus d'autres régions du monde, et en particulier des pays de l'ancien bloc soviétique. Leur apport à la définition d'une idée renouvelée du communisme contribue ici de façon déterminante à ce que ce mot retrouve sa place et son aura dans les débats philosophiques qui touchent au problème de l'émancipation. " On le verra, toutes les interventions sont tendues entre deux périls. Le premier est qu'au nom de ce qu'a comporté de Terreur la figure des Etats qui s'en sont réclamé au XXe siècle, on finisse par ne réhabiliter le mot "communisme" qu'au prix d'une idéalisation totale de sa signification, éloignée de tout principe de réalité [ ... ]. Le second est qu'au nom des réalités politiques et économiques contemporaines [...], on finisse par faire du mot "communisme" l'index noble d'un opportunisme activiste ".