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Aggravation. Tome 2, Prospérités du désastre
Curnier Jean-Paul
NOUVELLES LIGNE
14,00 €
Épuisé
EAN :9782355261299
Alors, si ce monde va aussi franchement et volontairement à sa perte, autant qu'il y aille vite pour en vivre au plus vite le remplacement. Et il convient même de l'aider chaque fois que cela s'avère possible. Pas de le critiquer ou de le condamner c'est là une affaire hors de saison, une ancienne ferveur pour le sauver contre son gré ; non, il convient au contraire de faciliter toute chose sur la voie dans laquelle il s'est engagé. Et qu'on n'aille pas nous dire que c'est lui vouloir du mal car c'est exactement ce que font ceux qui disent s'y épanouir le mieux". Une voix libre, parmi les plus libres, dont l'ironie, sans limite, pose que les choses, étant ce qu'elles sont (politiquement, socialement, moralement, culturellement), rien ne sert de prétendre y remédier ; qu'il faut au contraire s'employer à les aggraver.
Le commerce des charmes est un roman construit sur l'entremêlement de huit voix. C'est en effet à la " production " d'une réalité que s'attache Jean-Paul Curnier, en faisant ici usage de tous les moyens utiles : textes rapportés des courriels d'escrocs en ligne, proposés comme " survivance de la littérature populaire " ; descriptions de moments de solitude existentielle ; songes et états de pensée ; discours proférés ; développements sur le devenir d'un monde à l'extrême violence désormais routinière.
Le principe de cette exposition (Saint-Laurent Le Capitole 26 février-18 avril 2010) comme du catalogue qui l'accompagne est de présenter un ensemble de créations, une par artiste, qui par leur format, leur composition, leur sujet seront directement inspirées de l'oeuvre d'Edouard Manet intitulée "L'Homme mort" ou "Le Toréador mort". L'objet de cette exposition est de retrouver une pratique assez peu usitée aujourd'hui, la copie ou l'oeuvre-hommage franchement inspirée d'un chef-d'oeuvre. Cela se faisait davantage au XIXe siècle et au début du XXe siècle, revendiquée souvent par d'immenses artistes tel Van Gogh, Picasso ou plus tard Bacon.
Des mélodies douces-amères, des variations infimes mais infinies sur la peine de vivre, sur le malentendu d'amour, sur les mécomptes de soi amusés, pas même amers, sur le rien qu'on ne sait pas comment fuir, mais qu'on ne fuit pas sans risque, parce que la déception est inhérente à toute fuite, et parce que le malentendu alors n'en est que plus épais. Tout, dans Par-dessus tête, est d'un humour modeste et triste, léger et incrédule, sans reproche aucun, sans plainte non plus - délicat à l'extrême. On y rit (d'un rire léger) du fait qu'il faille être deux dans l'amour et qu'il y en ait toujours un de trop ; de ce qu'il n'arrive rien (constante de ces mélodies) ou que ce qui arrive soit arrivé pour rien (sinon pour se retrouver vite un peu plus seul) ; de ce que chacun soit deux, deux au moins, ce qui complique encore considérablement l'équation amoureuse. Heureusement, écrit Jean-Paul Curnier, "Rien n'arrive ! Et ça arrive souvent !"
Démocratie et piraterie : pourquoi un tel rapprochement ? On aurait plutôt tendance à penser que la piraterie, monde des hors-la-loi, du crime et du pillage, est à l'exact opposé de la démocratie qui incarnerait, elle, le triomphe du droit. Que font donc ici, associés, les représentants respectifs de la morale et de l'immoralité ? On savait, depuis quelque temps déjà, et par les historiens, qu'au XVIIIe siècle, époque de son apogée aux îles Caraïbes, la piraterie se dotait d'une forme d'organisation assez exemplaire de ce que nous mettons sous le mot démocratie. Ce seul point méritait que l'on réfléchisse plus avant sur le sens d'un emprunt aussi inattendu. II fallait donc aller chercher plus loin la nature de cette association que dans la seule motivation des pirates : non plus du côté de la piraterie mais du côté de la démocratie cette fois-ci, de son histoire et de sa nature profonde. L'argument qu'avance ce livre procède d'un renversement complet de nos habitudes de penser. II tient en ceci : si la piraterie s'est faite si spontanément démocratique, c'est en réalité parce que c'est la démocratie qui a, en son essence, à voir avec la piraterie, avec la prédation et l'extorsion, et non l'inverse. C'est parce qu'elle a, en quelque sorte, la piraterie dans l'âme. Et cela, depuis ses origines jusqu'à nos jours.
Une quinzaine de philosophes parmi les plus importants se sont réunis à Londres, en mars 2009, pour une conférence organisée à l'initiative d'Alain Badiou et de Slavoj Zizek, intitulée "On the idea of Communism". Par-delà leurs différences spéculatives et politiques, tous y ont affirmé leur attachement inentamé au mot et à l'Idée du "communisme". Seul mot, seule idée à pouvoir selon eux désigner et penser les conditions d'une "alternative globale à la domination du capitalo-parlementarisme" (A. Badiou), d'une "réforme radicale de la structure même de la démocratie représentative" (S. Zizek). Le présent volume réunit la totalité des interventions prononcées à l'occasion de cette conférence, qui connut un succès considérable.
La deuxième conférence internationale sur le sens et l'usage du mot " communisme ", organisée à l'initiative d'Alain Badiou et de Slavoj Zizek, s'est tenue à la Volksbühne de Berlin au mois de mars 2010.Après le succès de la conférence inaugurale de Londres, l'année précédente, il s'agissait cette fois d'ouvrir les débats à l'expérience et à la réflexion de philosophes venus d'autres régions du monde, et en particulier des pays de l'ancien bloc soviétique. Leur apport à la définition d'une idée renouvelée du communisme contribue ici de façon déterminante à ce que ce mot retrouve sa place et son aura dans les débats philosophiques qui touchent au problème de l'émancipation. " On le verra, toutes les interventions sont tendues entre deux périls. Le premier est qu'au nom de ce qu'a comporté de Terreur la figure des Etats qui s'en sont réclamé au XXe siècle, on finisse par ne réhabiliter le mot "communisme" qu'au prix d'une idéalisation totale de sa signification, éloignée de tout principe de réalité [ ... ]. Le second est qu'au nom des réalités politiques et économiques contemporaines [...], on finisse par faire du mot "communisme" l'index noble d'un opportunisme activiste ".