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SI LA COUR DU MOUTON EST SALE CE N EST PAS AU COCHON DE LE DIRE
COUAO-ZOTTI FLORENT
SERPENT A PLUME
15,38 €
Épuisé
EAN :9782268068909
Il y a d'abord une miss, belle et longiligne, qu'on retrouve mutilée sur la berge de Cotonou. Il y a ensuite une autre galante, toute aussi irrésistible, qui vient proposer à un homme d'affaires libanais d'échanger de l'argent contre une valise de cocaïne. Il y a enfin un détective privé, contacté par une troisième chérie, qui voudrait un acquéreur pour la même poussière d'ange. Par-dessus le marché, deux flics de la brigade des stupéfiants sont prêts à bousculer les habitudes établies dans la hiérarchie. Ils refusent de faire ami-ami avec les trafiquants et s'engagent dans une course-poursuite contre le principal suspect: Smaïn, l'homme d'affaires. Mais les nuits à Cotonou ont de multiples saveurs, qu'elles proviennent des fantômes teigneux, des amazones ou des populations elles-mêmes. Des gens qui aiment se rendre justice et charcuter au couteau tous ceux qui, dans leurs quartiers, sont surpris en flagrant délit de "pagaille nocturne". Pour eux, personne ne peut leur donner de leçon: si la cour du mouton est sale, ce n'est pas au porc de le dire!
Charly a perdu son père, un sergent accusé de trahison, puis tué par des rebelles et sa mère a été enlevée en plein camp de réfugiés de la Croix-Rouge par une des nombreuses factions armées qui se livrent combat dans le pays. Agé d'une dizaine d'années, il ne comprend rien à cette guerre civile. Enrôlé de force, il doit marcher sans cesse pour obéir à John, qui a six ou sept ans de plus que lui. John est dur et Charly doit résister. Ils deviennent quand même amis, se sauvant respectivement la vie pour échapper aux dangers de la brousse et à des poursuivants à moitié fous. Mais Charly est tenace, et la pensée de sa mère l'obsède. Est-elle toujours vivante ? Comment traversera-t-il toutes ces épreuves ?
Canaille au c?ur d'ange", "carnassière de feu", tels sont les surnoms de Gloh; une femme exceptionnelle, fière amazone régnant sur une bande de malfrats. Véritable légende à Cotonou, elle redistribue aux pauvres le butin de ses folles et périlleuses équipées. Un tel panache lui vaudra d'être arrêtée, le gouvernement ayant mis tout en ?uvre pour cela. Les hommes au pouvoir tenteront même de l'acheter afin de gagner les prochaines élections grâce à l'ascendant qu'elle exerce sur le petit peuple béninois: mais peut-on acheter ce qui n'a pas d'entrave? Gloh, incarnation de la liberté et de l'indépendance, appartient à la fière tribu des montagnes et non au monde véreux de la politique. Son personnage est directement inspiré de Phoolan Devi, la fameuse "reine des bandits" indienne. Dans sa fuite, elle entraîne avec elle son amant, l'inspecteur Alabi, lui-même en marge de ce monde corrompu et impitoyable. De rebondissements en rebondissements, porté par une écriture lyrique, sauvage, entre mélopée et poésie parfois, mais une écriture faisant aussi la part belle à l'action, le Cantique des cannibales mêle habilement intrigue policière, histoire d'amour et satire politique. Elections truquées, politiciens en déroute, histoire d'amour entre un policier père de famille et une fière amazone régnant sans partage sur une troupe de brigands: voici les quelques éléments de ce foisonnant roman qui ne laisse aucun répit au lecteur et dont l'écriture soignée et jubilatoire séduit.
Nono, une prostituée de Cotonou, tue pour se défendre un client trop entreprenant, " député du peuple ". Adolphe Saklo, un jeune boxeur surnommé " Dendjer " à cause de ses uppercuts meurtriers, qui fut l'amant de Nono et reste sous son emprise, vient à son aide et la débarrasse du cadavre. De cette nuit renaît une liaison tendue et fragile entre les deux complices. Cependant que Dendjer accumule les victoires et marche vers le championnat du monde, Nono fait son chemin dans les milieux politiques et délaisse le boxeur pour son nouvel amant, Kpakpa, un autre député à l'avenir prometteur. La jalousie de Dendjer le fait peu à peu sombrer dans la folie, jusqu'au jour où Kpakpa vient lui proposer un marché : renoncer au titre de champion du monde, en échange de la belle Nono...
Sous le prétexte du roman, l'auteur a éprouvé le besoin de revenir aux sources de son adolescence, de la raconter telle qu'il l'avait vécue. Descendant d'un grand-père chinois, Jean-François Samlong est un enfant métis élevé par sa grand-mère, une sang-mêlé qui lui a transmis l'amour de la culture réunionnaise, tandis que l'école lui transmettait l'amour de la culture française. Cette double appartenance culturelle est au cour de ce roman. Au cour d'une île de l'océan Indien où l'expérience du métissage, de la machine à métisser, est quotidienne et a valeur d'identité, cimentée autant par l'empreinte historique française que par l'usage revendiqué du créole. Ce roman d'initiation, qui fait la part belle à la découverte de l'amour et aux jeux de l'érotisme, raconte aussi le quotidien du petit peuple de La Réunion. Relations avec les esprits, croyances populaires, rites immuables des lavandières transmis par l'infatigable grand-mère qui avait sa roche à laver (et à rêver) au bord de la rivière. L'écrivain se souvient aussi avec nostalgie de son grand-père auquel il s'est opposé au moment de la guerre du Vietnam, chacun défendant son camp. Ce qu'il regrette évidemment aujourd'hui. La jeunesse de Jean-François Samlong fut bercée par de douces et fortes présences féminines qui lui donnèrent le goût de continuer à vivre et d'entreprendre, et son rapport aux femmes a toujours été placé sous le désir de signer une trêve, de rétablir la paix, enfin. Un roman très réussi qui, par son style éblouissant et évocateur, est à mettre entre toutes les mains.
Biographie de l'auteur Roland Brival a vécu aux Antilles, aux États-Unis et en Angleterre, avant de s'installer à Paris. Ecrivain reconnu, il est l'auteur de douze romans publiés à ce jour. Il poursuit également une double carrière de musicien de jazz et de plasticien.
Il y a quelques années, je tombai sur un recueil hilarant : Politiquement correct, de l'Américain James Finn Garner. Dans cette série de contes folkloriques revus et corrigés selon la morale d'Outre-Atlantique, les nains étaient devenus des " verticalement contrariés ", Blanche-Neige avait une âme d'écologiste, la puanteur des trolls était considérée comme un trésor culturel et Boucles d'Or avait pris une saignante revanche sur le pouvoir des mâles. Plein d'admiration, je pensai aussitôt : " Génial ! " L'objet eut un succès planétaire. Quelque temps plus tard, je découvris les joyeux récits de Jean-Pierre Enard à faire rougir les petits chaperons. Fondés, eux aussi, sur un détournement de la tradition, mais sous l'angle exclusivement libertin. Que faire, après ces deux magnifiques inventions ? En forger une troisième, peoplisée et up-to-date : sous forme d'un bref roman, des histoires politiquement correctes (à faire rougir les trois petits cochons), dans la bouche d'un moderne marquis de Sade progressivement contaminé par le style cheum et dégueu de nos écrivains à la mode. Le génie est comme l'ail : plus vous vous y frottez, plus vous embaumez. Ainsi naquirent les Histoires chuchotées à Justine, ravissante Lolita posée sur les genoux du Divin marquis. Yann Rebell.
Le roman du drame qui déchire actuellement la Côte-d'Ivoire (pays nommé Zamba) et, au-delà, tous les pays où la population est prise en otage, lorsque le régime politique est instable, prévaricateur, et que des soulèvements incessants opposent, jusqu'à la barbarie, les différentes factions. Tanella Boni nous raconte le calvaire vécu par la narratrice en butte aux tracasseries de la police parallèle et de son chef le machiavélique Arsène K qui, l'assignant à résidence durant neuf mois, mettra " son âme en grossesse ". L'occasion pour elle de réfléchir sur le cours de son existence et de se remémorer les grandes figures des femmes de sa famille. Celle de sa mère en particulier, qui endura le pire de la part de son père. Ce qu'elle-même ne voulut pas, incapable de continuer à aimer Timothée, cet homme à femmes, toujours absent, n'assumant rien de ses infidélités constantes. Une satire pleine d'humour, parfois féroce, de la société ivoirienne prisonnière de ses démons : la pauvreté, l'ethnicisation, la violence, l'ivresse du pouvoir, les enfants-soldats meurtriers, les différents visages des matins et des nuits de couvre-feu lorsque la mort décime à l'aveugle les familles.