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Peurs, rumeurs et calomnies
Cottret Monique ; Galland Caroline
KIME
35,00 €
Épuisé
EAN :9782841747818
L'histoire politique renvoie à des catégories différentes, parfois complémentaires, souvent contradictoires. Le politique se situe dans le domaine des savoirs, des idées et des débats. C'est un genre noble qui s'exprime au travers de programmes, d'analyses, de réflexions et qui évoque des conceptions du monde, des idéaux, des engagements et des espérances. Mais la politique, que l'on dit souvent "politicienne", rejoint des pratiques plus quotidiennes, et parfois contestables : les coups bas, les manipulations, les tractations, les compromis, voire les trahisons en forment la chronique ordinaire. C'est surtout à ce niveau que se rencontrent les peurs, les rumeurs et les calomnies qui font l'objet de cet ouvrage. Susciter la peur, répandre des rumeurs, calomnier l'adversaire appartiennent à l'arsenal commun des affrontements peu glorieux. Cependant depuis Bazile, le personnage du Barbier de Séville de Beaumarchais mis en musique par Rossini, nul ne s'est risqué à chanter les louanges de cet art néfaste. Il convient de le pratiquer dans l'ombre. Rassembler des études de cas, comparer dans le temps et dans l'espace de telles pratiques, permet de dégager des constantes, d'entrevoir des répétitions, de repérer des glissements d'un domaine à l'autre. Toutes les peurs cependant ne relèvent pas de la manipulation. Toutes les rumeurs ne sont pas du domaine de l'irrationnel. L'histoire des émotions, celle des imaginaires donnent une dimension passionnante à cet univers mouvant. Pendant une dizaine d'années Monique Cottret et Caroline Galland ont animé dans le cadre de l'université Paris Ouest Nanterre un séminaire doctoral qui tournait autour de ces questions. Le rejet, la haine et l'anathème ont été étudiés dans Les Damnés du ciel et de la terre (PULIM, Limoges, 2010). Les modalités de la croyance ont été au coeur d'un second volume Croire ou ne pas croire (Paris, Kimé, 2013). Le troisième et dernier volume de cette trilogie propose modestement des instruments pour mieux comprendre la politique, et pourquoi pas la réenchanter ?
La Renaissance catholique qui suivit le concile de Trente est justiciable de deux lectures historiques concomitantes. Elle fut durcissement des structures, enrégimentement des masses par un clergé mieux tenu en main, puissante entreprise de catéchèse, et cela grâce à l'appui de l'Etat. Mais elle fut aussi sainteté et piété. Ces deux aspects, qui peuvent paraître contradictoires l'un avec l'autre, cohabitèrent en réalité dans le vécu quotidien. Et si une christianisation quantitativement importante résulta de l'action méthodique de l'Eglise romaine, c'est parce que cette action fut qualitativement doublée, appuyée, vivifiée de l'intérieur par des trésors de dévouement, d'héroïsme, de charité, de spiritualité, d'imagination créatrice.Se pose toutefois la question des limites de la christianisation ainsi réalisée entre l'arrivée de Luther sur la scène historique et l'époque de la mort de Voltaire. A peine remis de la secousse protestante, le catholicisme dut affronter le choc des "Lumières".
Les trois siècles d'Ancien Régime ont vu le triomphe de l'Etat... Le propos de cette très utile synthèse apparaît à la fois ambitieux et modeste. Modeste, car elle prend place dans une tradition historiographique de probité et d'exactitude (...Mais) reprendre dans ses grandes lignes le dessin tracé par ses devanciers n'a pas sufit à Monique Cottret. Son ambition a été de découvrir sous l'émegent et le visible les secrets de la mystérieuse alchimie qui, à partir d'éléments reconnus -particularismes, talents individuels ou collectifs, hasards et nécessités- opère la transmutation en une entité originale." Jean Nicolas
Résumé : Le verbe croire renvoie à des réalités diverses et contradictoires. Croire c'est à la fois être certain, tenir pour vrai, adhérer avec conviction, mais c'est aussi, penser, admettre comme probable, envisager comme possible, et donc ouvrir la voie au doute, à l'opinion, au débat. Le verbe croire possède de multiples usages. Songeons que l'on croit en Dieu alors que l'on croit au diable. On croit à, on croit en, on croit que. Les historiens mobilisés dans cet ouvrage s'interrogent sur ces modalités complexes de la croyance dans tous les domaines du champ social. Privilégier les temps de ruptures, de déconstruction des croyances, les seuils épistémologiques fut le fil conducteur de cette recherche entre "croire" et "ne pas croire".
La Renaissance catholique qui suivit le concile de Trente est justiciable de deux lectures historiques concomitantes. Elle fut durcissement des structures, enrégimentement des masses par un clergé mieux tenu en main, puissante entreprise de catéchèse, et cela grâce à l'appui de l'État. Mais elle fut aussi sainteté et piété. Ces deux aspects, qui peuvent paraître contradictoires l'un avec l'autre, cohabitèrent en réalité dans le vécu quotidien. Et si une christianisation quantitativement importante résulta de l'action méthodique de l'Église romaine, c'est parce que cette action fut qualitativement doublée, appuyée, vivifiée de l'intérieur par des trésors de dévouement, d'héroïsme, de charité, de spiritualité, d'imagination créatrice. Se pose toutefois la question des limites de la christianisation ainsi réalisée entre l'arrivée de Luther sur la scène historique et l'époque de la mort de Voltaire. À peine remis de la secousse protestante, le catholicisme dut affronter le choc des « Lumières ».
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.