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Forêt et marine
Corvol Andrée
L'HARMATTAN
48,50 €
Épuisé
EAN :9782738483164
La Marine, des siècles durant, fut tributaire de la fourniture en bois, qu'il s'agisse des mâts, des coques, des contenants. Le métal ne servait qu'à renforcer le vaisseau ou à accroitre sa glisse. Les étapes d'une substitution, somme toute tardive, montrent qu'à l'heure même de la révolution industrielle les architectes navals n'estimaient pas périmé l'emploi du bois. Ce mode de construction avait donc ses avantages, des inconvénients aussi. Il imposait ses règles aux administrateurs et aux propriétaires, le bois étant considéré comme matériau stratégique. Les populations riveraines des forêts soumises à de telles contraintes dénonçaient les restrictions apportées à leur liberté d'en user et craignaient que des excès de prélèvement n'entraînassent quelque jour une grave pénurie. L'édification d'une marine. La Marine dépend de l'approvisionnement en bois, jusqu'au milieu du XIXe siècle même si des pays comme l'Angleterre et la France engagèrent plus tôt que d'autres le processus de substitution. Le livre présente ce que furent ses exigences en qualité et en quantité, les techniques de construction, la diffusion des innovations, le coût et le financement des programmes, le maniement et la fiabilité des navires. La prospection du territoire. Une nation bien dotée en bois de marine est favorisée au regard de celle obligée d'en importer. Dans l'un et l'autre cas, des infrastructures sont nécessaires pour l'acheminer, l'entreposer et le conserver. Comment est conduite la sélection ? Quels sont les circuits d'approvisionnement ? Quels sont les aménagements routiers, fluviaux ? Quels volumes accueillent les arsenaux ? Quels traitements y sont employés ? La garantie des livraisons. En vue d'une politique extérieure ambitieuse, les gouvernements maintiennent des réserves sur pied importantes ; ils défendent aussi les voies d'importation. Il y a là une dimension géostratégique de premier plan, sans parler de l'observation des méthodes et des expériences adverses. Le livre révèle le recrutement des ingénieurs navals et la nature des périmètres d'approvisionnement. Les effets sur le patrimoine. Les contraintes que les Etats ont imposées aux propriétaires forestiers comme aux pays fournisseurs ont-elles contribué au passage bois-métal ? Quelle part tient dans cette conversion les recherches en matière de performance ? de longévité? Quelles forêts naquirent des politiques navales ? Comment évoluèrent celles qui furent intégrées aux périmètres d'approvisionnement ? Et celles qui cessèrent de l'être ? On le voit, l'ouvrage concerne autant les passionnés de la Marine que les amoureux de la Forêt.
Qui prononce les mots ENSEIGNER, APPRENDRE, pense modes de transmission, à commencer par le premier d'entre eux : l'Ecole. Cela étonne appliqué à la Forêt car on croit volontiers qu'elle est du seul domaine de la Nature et que la Nature, ça ne s'apprend pas. Il y a du vrai et du faux là-dedans. Du vrai, car l'individu élevé au village en sait davantage que celui qui la visite épisodiquement. Du faux, car la question ne se limite pas au contraste ville-campagne, connaissance abstraite-expérience vécue. Cette vision est doublement réductrice. Parce qu'elle renvoie l'enseignement vers les livres alors qu'il peut emprunter d'autres supports, le geste que l'on imite, la voix que l'on écoute. Parce qu'elle postule l'incompétence du citadin alors qu'il impose au monde rural des exigences nouvelles et que les anciennes, celui-là les néglige souvent. L'ouvrage examine la conduite des hommes EN forêt, l'éducation qu'ils ont reçue SUR la forêt. En fonction des objectifs définis, bien sûr. On ne parle pas de même d'une forêt à rendre productive et d'une forêt devenue espace de loisir et lieu de beauté. En fonction de l'auditeur. Le langage varie devant l'enfant qui méconnaît la gravité d'un geste et devant l'adulte qui découvre, par la promenade, arbres et bois.
Le massif vosgien a échappé à l'urbanisation et à la dénaturation sylvicole. Cela tient aux circonstances historiques : elles en firent l'obstacle qui protégeait l'hexagone des invasions ; elles empêchèrent ensuite d'y attenter. Sa ligne bleutée n'avait-elle pas été la limite du territoire national et l'incarnation du devoir patriotique : récupérer les régions perdues en 1870 ? Ces données expliquent que les Vosges paraissent d'un bloc. L'impression est confortée par la couverture végétale. Le Sapin unifie, mieux, identifie la contrée. Chacun pense qu'il en fut toujours ainsi. Rien n'est moins exact, comme le montre ce livre : les aspects actuels datent des lendemains de la Deuxième Guerre mondiale, quand les hommes quittèrent les vallées et laissèrent les prairies envahies par la broussaille, les parcours occupés par la friche et la forêt. Naguère, la tradition des emplois multiples mariait agriculture et industrie, agriculture et foresterie. Le travail aux bois qu'imposaient les pratiques affouagères, familiarisait avec les métiers du bois et de son transport, prolongés par la charpente et la menuiserie, voire par la boissellerie là où l'on fabriquait les fromages. L'emploi en usine facilitait le maniement du fer, de la soudure, de l'électricité, de la mécanique, d'où l'aptitude au bricolage qui pérennisait l'exploitation d'hectares boisés près d'un ruisseau ou d'une source. La forêt fut l'emblème des Vosges ? Elle l'est restée. Le vert est à l'honneur, puisque les peuplements de sapin et d'épicéa dominent. La " sapinière " désigne les peuplements où le sapin constitue plus des trois quarts du couvert résineux. C'est le cas pour 43 % du domanial, 47 % du communal et 10 % du privatif. Le sapin l'emporte même sur tout autre dans les parcelles de cette dernière catégorie. La chanson " Mon beau sapin, roi des forêts " retentit ici plus qu'ailleurs. Mais cette pureté des peuplements engendre des problèmes. Problèmes sanitaires en raison de l'absence de cloisons végétales pour contenir les maladies, les attaques parasitaires. Problèmes commerciaux en raison d'une production insuffisamment diversifiée. Ces difficultés préoccupent également les voisins transalpins, helvétiques et germaniques, ainsi que l'aire scandinave. Le présent ouvrage compare diagnostics et solutions. Il révèle ainsi le Sapin européen dans tous ses états, au propre comme au figuré.
Certains arbres retiennent l'attention par leur âge ou par leur taille. Objets d'admiration, ils participent à la description d'un paysage, au repérage d'un site, à l'estimation d'un terrain. En effet, comment dissocier les Vosges de leurs sapins, le Forez de ses douglas ou la Provence de ses cyprès; l'Espagne de ses oliviers, la Toscane de ses pins ou le Japon de ses mélèzes ? Pourtant, il en est davantage qui correspondent à des plantations contemporaines qu'à des peuplements historiques. Combien de temps s'écoule-t-il avant que les unes et les autres soient regardés avec le même intérêt ? Mieux, avec la même affection ? Car l'appropriation, la défense et l'entretien d'un paysage sylvicole demandent plusieurs générations. Ce serait une erreur que d'attacher une image positive à tout panorama forestier. L'image l'est en fonction d'une histoire familiale et d'une mémoire collective. Car, avant d'être réserves ligneuses, les espaces forestiers furent réserves foncières, époque qui a laissé des traces. De fait,le paysage aimable reflète la présence humaine et le paysage inquiétant, son absence. Ce subtil dosage entre Nature et Culture fait l'objet du présent livre.
Forêt et Vigne, Bois et Vin ont de temps immémorial entretenu d'étroites et complexes relations. Comme l'espace agricole, les terroirs consacrés à la vigne se sont constitués aux dépens de la sylve primitive. Celle-ci a en outre, à tout âge et dans toute époque, fourni le bois destiné tant à la confection des piquets et des treilles pour la culture des ceps qu'à la confection des cuves, barriques et vaisselles nécessaires à l'élaboration, à la conservation et à la dégustation des vins. Ces relations ont évolué au gré de l'histoire en fonction, de l'évolution de la société, des mentalités, des mœurs, du niveau de vie ; en fonction aussi des connaissances scientifiques et de la maîtrise technique ; en fonction également des interventions économiques et politiques au niveau international comme aux plans national et régional. Ainsi, en termes d'occupation du territoire, si les places respectives de la Forêt et de la Vigne reflètent les pratiques alimentaires et hygiéniques d'une population donnée, leurs fluctuations parfois brutales traduisent les pénuries liées au contexte des guerres ou à une catastrophe écologique comme le mildiou, l'oïdium. le phylloxéra. La place du bois dans l'élaboration du vin a changé selon la conception technique qui en régissait la fabrication. La notion même de terrain propre à la vigne ne tend-elle pas à s'estomper ? La notion de terrain propre à la forêt pour merrain n'est-elle pas en train d'apparaître, voire de s'imposer ? Bref, les données d'autrefois constituent l'héritage d'aujourd'hui et les contraintes de naguère, livrer du merrain, des piquets, laisser le vin vieillir et se bonifier, sont celles de maintenant. Les temps anciens régissent donc toujours notre présent et notre futur tout en livrant la clé de leurs compréhensions.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.