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Enseigner et apprendre la forêt. XIXe-XXe siècles
CORVOL ANDREE
L'HARMATTAN
24,00 €
Épuisé
EAN :9782738414656
Qui prononce les mots ENSEIGNER, APPRENDRE, pense modes de transmission, à commencer par le premier d'entre eux : l'Ecole. Cela étonne appliqué à la Forêt car on croit volontiers qu'elle est du seul domaine de la Nature et que la Nature, ça ne s'apprend pas. Il y a du vrai et du faux là-dedans. Du vrai, car l'individu élevé au village en sait davantage que celui qui la visite épisodiquement. Du faux, car la question ne se limite pas au contraste ville-campagne, connaissance abstraite-expérience vécue. Cette vision est doublement réductrice. Parce qu'elle renvoie l'enseignement vers les livres alors qu'il peut emprunter d'autres supports, le geste que l'on imite, la voix que l'on écoute. Parce qu'elle postule l'incompétence du citadin alors qu'il impose au monde rural des exigences nouvelles et que les anciennes, celui-là les néglige souvent. L'ouvrage examine la conduite des hommes EN forêt, l'éducation qu'ils ont reçue SUR la forêt. En fonction des objectifs définis, bien sûr. On ne parle pas de même d'une forêt à rendre productive et d'une forêt devenue espace de loisir et lieu de beauté. En fonction de l'auditeur. Le langage varie devant l'enfant qui méconnaît la gravité d'un geste et devant l'adulte qui découvre, par la promenade, arbres et bois.
L'arbre grandit et grossit, dépérit, brûle ou casse (on l'a encore constaté en janvier 2009 dans le Sud-Ouest de la France). Ces phénomènes reflètent le nombre des années ou la colère des cieux. Voilà 400 millions d'années qu'il démontre ses capacités évolutives. Il connaît le sort de tous les vivants: l'éloignement des anciens conditionne le développement des jeunes - leçon de tout temps difficile à admettre. Mais si les individus meurent, l'espèce demeure. Pourtant, inerte, l'arbre semble immuable, immortel même. Son espérance de vie excède celle des hommes et des animaux. Comment imaginer qu'un sujet si familier puisse disparaître? Comment ne pas honorer un individu très vieux? Comment ne pas lui attribuer des pouvoirs extraordinaires? Comment ne pas conserver, parfois à tout prix, ce témoin de notre existence? Il la rappellera peut-être lorsqu'elle sera éteinte. Jadis, les arbres furent des dieux ou des messagers. Naguère, ils fournissaient de quoi soulager les gens souffrants, combattre les maladies, éviter le malheur, obtenir le bonheur. Hier encore, en plantant un arbre, l'homme célébrait la naissance et le mariage; il espérait la prospérité de la famille et la tranquillité de l'au-delà. Mais aujourd'hui, victimes des pollutions et des déboisements, les arbres n'écartent plus tous les maux de la terre: ils les dévoilent. Sans conteste, l'arbre est un objet d'histoire fascinant. Cette histoire-là, trop mal connue du public, réserve des surprises innombrables et est souvent plus prenante que celle de beaucoup de personnes ou de collectivités humaines. Biographie de l'auteur Directrice de recherche au CNRS, présidente du Groupe d'histoire des forêts françaises (CHEF), spécialiste de l'histoire des forêts et de la place du bois dans la civilisation occidentale, Andrée Corvol a déjà publié, chez Fayard, en 1987, L'Homme aux bois. Histoire des relations de l'homme et de la forêt (XVIIe - XXe siècle).
Le massif vosgien a échappé à l'urbanisation et à la dénaturation sylvicole. Cela tient aux circonstances historiques : elles en firent l'obstacle qui protégeait l'hexagone des invasions ; elles empêchèrent ensuite d'y attenter. Sa ligne bleutée n'avait-elle pas été la limite du territoire national et l'incarnation du devoir patriotique : récupérer les régions perdues en 1870 ? Ces données expliquent que les Vosges paraissent d'un bloc. L'impression est confortée par la couverture végétale. Le Sapin unifie, mieux, identifie la contrée. Chacun pense qu'il en fut toujours ainsi. Rien n'est moins exact, comme le montre ce livre : les aspects actuels datent des lendemains de la Deuxième Guerre mondiale, quand les hommes quittèrent les vallées et laissèrent les prairies envahies par la broussaille, les parcours occupés par la friche et la forêt. Naguère, la tradition des emplois multiples mariait agriculture et industrie, agriculture et foresterie. Le travail aux bois qu'imposaient les pratiques affouagères, familiarisait avec les métiers du bois et de son transport, prolongés par la charpente et la menuiserie, voire par la boissellerie là où l'on fabriquait les fromages. L'emploi en usine facilitait le maniement du fer, de la soudure, de l'électricité, de la mécanique, d'où l'aptitude au bricolage qui pérennisait l'exploitation d'hectares boisés près d'un ruisseau ou d'une source. La forêt fut l'emblème des Vosges ? Elle l'est restée. Le vert est à l'honneur, puisque les peuplements de sapin et d'épicéa dominent. La " sapinière " désigne les peuplements où le sapin constitue plus des trois quarts du couvert résineux. C'est le cas pour 43 % du domanial, 47 % du communal et 10 % du privatif. Le sapin l'emporte même sur tout autre dans les parcelles de cette dernière catégorie. La chanson " Mon beau sapin, roi des forêts " retentit ici plus qu'ailleurs. Mais cette pureté des peuplements engendre des problèmes. Problèmes sanitaires en raison de l'absence de cloisons végétales pour contenir les maladies, les attaques parasitaires. Problèmes commerciaux en raison d'une production insuffisamment diversifiée. Ces difficultés préoccupent également les voisins transalpins, helvétiques et germaniques, ainsi que l'aire scandinave. Le présent ouvrage compare diagnostics et solutions. Il révèle ainsi le Sapin européen dans tous ses états, au propre comme au figuré.
La Marine, des siècles durant, fut tributaire de la fourniture en bois, qu'il s'agisse des mâts, des coques, des contenants. Le métal ne servait qu'à renforcer le vaisseau ou à accroitre sa glisse. Les étapes d'une substitution, somme toute tardive, montrent qu'à l'heure même de la révolution industrielle les architectes navals n'estimaient pas périmé l'emploi du bois. Ce mode de construction avait donc ses avantages, des inconvénients aussi. Il imposait ses règles aux administrateurs et aux propriétaires, le bois étant considéré comme matériau stratégique. Les populations riveraines des forêts soumises à de telles contraintes dénonçaient les restrictions apportées à leur liberté d'en user et craignaient que des excès de prélèvement n'entraînassent quelque jour une grave pénurie. L'édification d'une marine. La Marine dépend de l'approvisionnement en bois, jusqu'au milieu du XIXe siècle même si des pays comme l'Angleterre et la France engagèrent plus tôt que d'autres le processus de substitution. Le livre présente ce que furent ses exigences en qualité et en quantité, les techniques de construction, la diffusion des innovations, le coût et le financement des programmes, le maniement et la fiabilité des navires. La prospection du territoire. Une nation bien dotée en bois de marine est favorisée au regard de celle obligée d'en importer. Dans l'un et l'autre cas, des infrastructures sont nécessaires pour l'acheminer, l'entreposer et le conserver. Comment est conduite la sélection ? Quels sont les circuits d'approvisionnement ? Quels sont les aménagements routiers, fluviaux ? Quels volumes accueillent les arsenaux ? Quels traitements y sont employés ? La garantie des livraisons. En vue d'une politique extérieure ambitieuse, les gouvernements maintiennent des réserves sur pied importantes ; ils défendent aussi les voies d'importation. Il y a là une dimension géostratégique de premier plan, sans parler de l'observation des méthodes et des expériences adverses. Le livre révèle le recrutement des ingénieurs navals et la nature des périmètres d'approvisionnement. Les effets sur le patrimoine. Les contraintes que les Etats ont imposées aux propriétaires forestiers comme aux pays fournisseurs ont-elles contribué au passage bois-métal ? Quelle part tient dans cette conversion les recherches en matière de performance ? de longévité? Quelles forêts naquirent des politiques navales ? Comment évoluèrent celles qui furent intégrées aux périmètres d'approvisionnement ? Et celles qui cessèrent de l'être ? On le voit, l'ouvrage concerne autant les passionnés de la Marine que les amoureux de la Forêt.
On a souvent abordé l'extrême sensibilité du second XVIIIe siècle, celui des " torrents " de larmes et des rires "en cascade". Ce vocabulaire témoigne de l'imbrication des phénomènes naturels et des sentiments humains. On a aussi beaucoup glosé sur le spleen des jeunes, leur désenchantement lorsque s'écroule le rêve impérial alors qu'aucun grand dessein ne se profile plus à l'horizon européen. On n'a guère discuté en revanche des fils tissés d'une période à l'autre tant la cassure de 1789 focalisait l'attention. Là est l'originalité de cet ouvrage, éclairer différemment les réalités françaises. Le projecteur révèle des spectacles inouïs pour les générations antérieures et dévoile l'ordonnancement d'une France unifiée, d'une Europe conquise. Y contribuent tous ceux qui lancent des ponts, percent des canaux, ouvrent des routes. Ils brisent l'isolement. Ils façonnent les villes. Ils incarnent le Progrès. Celui de la technique. Celui de l'homme. L'homme régénéré, voilà qui inquiète aujourd'hui mais hier, qu'en était-il ? Cet homme nouveau que les politiques annonçaient, ils ne le concevaient que dans le cadre d'une Nature revigorée, une nature qui mérite d'être protégée, une nature, aussi, où chacun exprime sa récente liberté. Cette liberté qui signifie jouir de ses biens ne compromet-elle pas le bien de tous, cette Nature dont on entrevoit déjà la fragilité ? Toutes les angoisses actuelles sont au rendez-vous du VXIIIe siècle finissant. Les réponses du XIXe siècle sont hésitantes, contradictoires. Elles préfigurent plus d'une fois les attitudes présentes : profiter de la Nature tout en la préservant mais sans réviser modes de vie et de pensée. La nature en révolution invite donc le lecteur à regarder agir ses ancêtres, lesquels ont cru qu'il suffisait de le vouloir pour embellir le monde et ses habitants.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.