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Forêt et paysage. Xe-XXIe siècle
Corvol Andrée
L'HARMATTAN
48,50 €
Épuisé
EAN :9782296562578
Certains arbres retiennent l'attention par leur âge ou par leur taille. Objets d'admiration, ils participent à la description d'un paysage, au repérage d'un site, à l'estimation d'un terrain. En effet, comment dissocier les Vosges de leurs sapins, le Forez de ses douglas ou la Provence de ses cyprès; l'Espagne de ses oliviers, la Toscane de ses pins ou le Japon de ses mélèzes ? Pourtant, il en est davantage qui correspondent à des plantations contemporaines qu'à des peuplements historiques. Combien de temps s'écoule-t-il avant que les unes et les autres soient regardés avec le même intérêt ? Mieux, avec la même affection ? Car l'appropriation, la défense et l'entretien d'un paysage sylvicole demandent plusieurs générations. Ce serait une erreur que d'attacher une image positive à tout panorama forestier. L'image l'est en fonction d'une histoire familiale et d'une mémoire collective. Car, avant d'être réserves ligneuses, les espaces forestiers furent réserves foncières, époque qui a laissé des traces. De fait,le paysage aimable reflète la présence humaine et le paysage inquiétant, son absence. Ce subtil dosage entre Nature et Culture fait l'objet du présent livre.
L'arbre grandit et grossit, dépérit, brûle ou casse (on l'a encore constaté en janvier 2009 dans le Sud-Ouest de la France). Ces phénomènes reflètent le nombre des années ou la colère des cieux. Voilà 400 millions d'années qu'il démontre ses capacités évolutives. Il connaît le sort de tous les vivants: l'éloignement des anciens conditionne le développement des jeunes - leçon de tout temps difficile à admettre. Mais si les individus meurent, l'espèce demeure. Pourtant, inerte, l'arbre semble immuable, immortel même. Son espérance de vie excède celle des hommes et des animaux. Comment imaginer qu'un sujet si familier puisse disparaître? Comment ne pas honorer un individu très vieux? Comment ne pas lui attribuer des pouvoirs extraordinaires? Comment ne pas conserver, parfois à tout prix, ce témoin de notre existence? Il la rappellera peut-être lorsqu'elle sera éteinte. Jadis, les arbres furent des dieux ou des messagers. Naguère, ils fournissaient de quoi soulager les gens souffrants, combattre les maladies, éviter le malheur, obtenir le bonheur. Hier encore, en plantant un arbre, l'homme célébrait la naissance et le mariage; il espérait la prospérité de la famille et la tranquillité de l'au-delà. Mais aujourd'hui, victimes des pollutions et des déboisements, les arbres n'écartent plus tous les maux de la terre: ils les dévoilent. Sans conteste, l'arbre est un objet d'histoire fascinant. Cette histoire-là, trop mal connue du public, réserve des surprises innombrables et est souvent plus prenante que celle de beaucoup de personnes ou de collectivités humaines. Biographie de l'auteur Directrice de recherche au CNRS, présidente du Groupe d'histoire des forêts françaises (CHEF), spécialiste de l'histoire des forêts et de la place du bois dans la civilisation occidentale, Andrée Corvol a déjà publié, chez Fayard, en 1987, L'Homme aux bois. Histoire des relations de l'homme et de la forêt (XVIIe - XXe siècle).
Qui prononce les mots ENSEIGNER, APPRENDRE, pense modes de transmission, à commencer par le premier d'entre eux : l'Ecole. Cela étonne appliqué à la Forêt car on croit volontiers qu'elle est du seul domaine de la Nature et que la Nature, ça ne s'apprend pas. Il y a du vrai et du faux là-dedans. Du vrai, car l'individu élevé au village en sait davantage que celui qui la visite épisodiquement. Du faux, car la question ne se limite pas au contraste ville-campagne, connaissance abstraite-expérience vécue. Cette vision est doublement réductrice. Parce qu'elle renvoie l'enseignement vers les livres alors qu'il peut emprunter d'autres supports, le geste que l'on imite, la voix que l'on écoute. Parce qu'elle postule l'incompétence du citadin alors qu'il impose au monde rural des exigences nouvelles et que les anciennes, celui-là les néglige souvent. L'ouvrage examine la conduite des hommes EN forêt, l'éducation qu'ils ont reçue SUR la forêt. En fonction des objectifs définis, bien sûr. On ne parle pas de même d'une forêt à rendre productive et d'une forêt devenue espace de loisir et lieu de beauté. En fonction de l'auditeur. Le langage varie devant l'enfant qui méconnaît la gravité d'un geste et devant l'adulte qui découvre, par la promenade, arbres et bois.
On a tenu des congrès sur l'Eau au plan international comme au plan national dès la fin du XIXe siècle. Tous insistaient sur le rôle de la forêt dans la lutte contre l'érosion et la régularisation des climats. C'était le signe d'une mobilisation sans précédent, car l'opinion publique avait été sensible aux calamités météorologiques, celles des Etats-Unis, avec les grands froids des années 1880, et celles des inondations en Europe dont la facture restait à payer. Depuis lors, les travaux des spécialistes ont nuancé les conclusions hâtives qu'on prononça alors et l'on avança des hypothèses nouvelles, mais non moins pessimistes. En la matière, peu importait que les travaux relèvent des sciences de l'Homme ou de la Terre. Qu'en est-il aujourd'hui de notre connaissance des phénomènes anciens et actuels ? Sommes-nous moins ou plus catastrophistes que nos ancêtres ? En effet, voilà longtemps qu'on associe Eau et Arbre : on sait qu'un grand ligneux a besoin, pour survivre et prospérer, de mobiliser les réserves hydriques du sol et que ses exigences varient selon l'espèce, la station, la saison ; on sait aussi que ces données changent quand l'arbre n'est pas isolé, mais immergé dans une société d'arbres où interfèrent faune et flore. Cela conditionnait les plantations et les reboisements. Pourtant, on eut du mal à en prendre conscience. Or ces plantations, ces reboisements, on les faisait pour lutter contre les conséquences des inondations, tel le ravinement des sols, la destruction des maisons, la ruine des villages de haute montagne. Dans la période retenue, XIIIe-XXIe siècle, l'ouvrage privilégie sept axes : 1. Protéger et valoriser les zones humides 2. Conserver et améliorer la qualité de l'eau 3. Employer l'eau pour éteindre et prévenir les incendies 4. Connaître les exigences en eau des essences forestières 5. Réduire les ravages de l'eau sur les pentes et dans la plaine 6. Évacuer les excédents d'eau en forêts trop humides ou/et submersibles 7. Exploiter la force et la hauteur de l'eau pour assurer le transport des bois
Le massif vosgien a échappé à l'urbanisation et à la dénaturation sylvicole. Cela tient aux circonstances historiques : elles en firent l'obstacle qui protégeait l'hexagone des invasions ; elles empêchèrent ensuite d'y attenter. Sa ligne bleutée n'avait-elle pas été la limite du territoire national et l'incarnation du devoir patriotique : récupérer les régions perdues en 1870 ? Ces données expliquent que les Vosges paraissent d'un bloc. L'impression est confortée par la couverture végétale. Le Sapin unifie, mieux, identifie la contrée. Chacun pense qu'il en fut toujours ainsi. Rien n'est moins exact, comme le montre ce livre : les aspects actuels datent des lendemains de la Deuxième Guerre mondiale, quand les hommes quittèrent les vallées et laissèrent les prairies envahies par la broussaille, les parcours occupés par la friche et la forêt. Naguère, la tradition des emplois multiples mariait agriculture et industrie, agriculture et foresterie. Le travail aux bois qu'imposaient les pratiques affouagères, familiarisait avec les métiers du bois et de son transport, prolongés par la charpente et la menuiserie, voire par la boissellerie là où l'on fabriquait les fromages. L'emploi en usine facilitait le maniement du fer, de la soudure, de l'électricité, de la mécanique, d'où l'aptitude au bricolage qui pérennisait l'exploitation d'hectares boisés près d'un ruisseau ou d'une source. La forêt fut l'emblème des Vosges ? Elle l'est restée. Le vert est à l'honneur, puisque les peuplements de sapin et d'épicéa dominent. La " sapinière " désigne les peuplements où le sapin constitue plus des trois quarts du couvert résineux. C'est le cas pour 43 % du domanial, 47 % du communal et 10 % du privatif. Le sapin l'emporte même sur tout autre dans les parcelles de cette dernière catégorie. La chanson " Mon beau sapin, roi des forêts " retentit ici plus qu'ailleurs. Mais cette pureté des peuplements engendre des problèmes. Problèmes sanitaires en raison de l'absence de cloisons végétales pour contenir les maladies, les attaques parasitaires. Problèmes commerciaux en raison d'une production insuffisamment diversifiée. Ces difficultés préoccupent également les voisins transalpins, helvétiques et germaniques, ainsi que l'aire scandinave. Le présent ouvrage compare diagnostics et solutions. Il révèle ainsi le Sapin européen dans tous ses états, au propre comme au figuré.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.