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UN REVOLUTIONNAIRE ORDINAIRE. Benoît Lacombe, négociant 1759-1819
Cornette Joël
CHAMP VALLON
24,00 €
Épuisé
EAN :9782903528621
En 1783, à vingt-trois ans, un jeune commissionnaire découvre sur les pavés du quai des Chartrons, à Bordeaux, l'âpreté des hommes de marchandise et de profit confrontés à une " crise sans pareille ". En 1793, à trente-trois ans, un révolutionnaire ardent dirige les débats orageux de la section des " sans-culottes à picques " de Gaillac. En 1805, à quarante-cinq ans, un propagandiste zélé et provisoire de la cause impériale vibre aux glorieuses victoires de l'" aigle " contre la " perfide Albion ". En 1816, à cinquante-six ans, un notable mélancolique, infiniment dévoué au trône et à l'autel, visite en calèche ses parcelles " réparties quasi dans tout le vignoble ", en ruminant le passé, le sommeil agité par les images du temps où " planait le couteau tranchant de la Révolution ". Le même homme. Joël Cornette analyse 3890 lettres, 500 actes notariés, les archives révolutionnaires et construit une exemplaire biographie : celle d'un homme sans qualités. Un roman " vrai ", l'itinéraire d'un inconnu, prototype des " masses de granit " que sont les " 100000 notables ", vainqueurs de la Révolution.
Versailles offre, à qui se propose d'en parcourir les pages, un mode d'emploi de l'absolutisme et une interrogation sur le pouvoir.Discours politique par architecture interposée, Versailles s'identifie en grande partie au long règne de Louis XIV (1643-1715). C'est à une relecture de ce règne et de la monarchie de l'Ancien Régime que nous vous invitons. Trois grands thèmes - le château, le roi absolu, la vie de cour - permettent de croiser plusieurs histoires, plusieurs lectures.L'histoire du château, tout d'abord. Par ses dimensions, par son opulence, par sa richesse iconographique, ce palais du "plus grand roi du monde" a fasciné tous les souverains de l'Europe des Lumières, et fascine encore chaque année des millions de visiteurs venus du monde entier.L'histoire d'une forme de pouvoir, ensuite. L'État absolu dont Versailles constitue le coeur fut imité, contesté, avant d'être abattu par les révolutionnaires de 1789, ceux-là même qui, quelques mois après la prise de la Bastille, allèrent à Versailles pour contraindre le roi, la reine et le dauphin à retrouver Paris.Mais la "grande histoire" ne doit pas masquer les manifestations moins connues de la vie quotidienne à Versailles : le rituel contraignant sous le regard d'un roi qui "veut tout savoir", les problèmes d'intendance - trois mille bouches à nourrir ! - et la vie des courtisans, une vie si bien décrite sous la plume la plus acérée du duc de Saint-Simon. Le palais fut un espace bruissant de rumeurs, de cabales, de scandales...Et puis il demeure une énigme : comment comprendre l'obstination d'un monarque à vouloir transformer un espace "sans vue, sans bois, sans eau, sans terre", comme l'explique Saint-Simon, en un palais d'une ampleur, d'une richesse inédite ? Car nous connaissons aujourd'hui le rôle personnel joué par Louis XVI dans la construction du palais.Monarchie et Républiques confondues ; les grands travaux du prince, à l'image des chantiers de François Mitterrand, seraient-ils une spécificité et une passion française ? Manifestations de puissance, balises de pierre édifiées contre l'usure du temps, ils sont aussi des monuments-gardiens de mémoire et d'identité."
Résumé : L'histoire a quelque peu oublié Omer Talon (1595-1652). Cet avocat général au parlement de Paris, le plus éloquent magistrat de son temps, fut témoin et acteur d'une révolution dans l'art de gouverner : l'affirmation, à l'époque de Richelieu et de Mazarin, d'une monarchie autoritaire, impérieuse, de plus en plus déliée des préoccupations morales et religieuses. Une vie au miroir du temps, un temps au miroir d'une vie : ce livre retrace l'itinéraire d'un magistrat, dessine le portrait d'un homme emblématique et fait le récit des troubles et des tumultes que connut l'Etat royal entre 1630 et 1652. Joël Cornette suit Omer Talon aux Grands Jours de Poitiers (1632), ce tribunal d'exception où le roi de justice donna à voir le spectacle de la souveraineté. Il le voit réagir aux actions implacables du pouvoir sous la pression de la guerre. Il l'observe aussi affronter les violences de la Fronde. Il fait de lui le greffier clairvoyant de ces événements dramatiques, témoin désemparé d'une ère qui s'achève sous ses yeux et dont il appréhende les lendemains. La mélancolie du pouvoir est ici vécue par un homme conduit presque malgré lui à instruire le procès de la toute-puissance du roi à l'heure de la raison d'Etat.
Résumé : Cette édition met à jour de la partie "l'histoire au travail" pour tenir compte des recherches historiques les plus récentes sur la période. Ce livre offre une analyse et une synthèse de deux siècles d'effervescences multiples. Il présente aussi les recherches les plus récentes, en accordant une place privilégiée aux sources, aux débats et aux questionnements des historiens.
Résumé : L'histoire de la clandestinité intrigue, tant sont nombreuses les zones d'ombre, parfois artificiellement entretenues, et les pages méconnues, tandis qu'une poignée de clandestins a su polariser la curiosité du public et des historiens. Mais cette histoire est-elle seulement possible ? Chaque chapitre de ce livre, à sa manière, répond par l'affirmative, en retraçant la trajectoire d'un groupe politique, d'un mouvement structuré, avec une fortune variable, dans la dissimulation et par la pratique de l'illégalité. Contrairement à une impression première, les sources les plus diverses permettent d'en brosser une histoire incarnée, une histoire de l'intérieur, sans négliger pour autant le domaine des fantasmes que la lutte clandestine suscite immanquablement. Il s'agit là d'une conviction partagée par les auteurs, la compréhension de la clandestinité en politique se doit d'articuler, d'une part, les représentations propres aux mondes clandestins, qui, malgré leur diversité, peuvent être rassemblées dans l'expérience de cette lutte radicale et secrète, avec, d'autre part, les images de la lutte clandestine qui circulent à l'extérieur des groupes, que ce soit celles diffusées par le pouvoir ou les médias ou bien celles qui se développent au sein de la société et des différents mouvements sociaux. A travers l'exploration de la clandestinité comme modalité d'action politique, cet ouvrage expérimente une comparaison entre différents mouvements politiques dont les spécialistes dialoguent d'ordinaire trop peu ? anarchismes, résistances, mouvements révolutionnaires ou anticoloniaux ? en montrant l'existence de problématiques communes malgré les différents contextes. Il ambitionne également de fournir des clés pour comprendre la persistance de la menace clandestine, toujours actuelle, mais qui plonge ses racines dans une histoire longue et multiforme.
Résumé : Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ?
Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l'interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l'état d'urgence quasi permanent. En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d'une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l'on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s'invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019. La vie politique française, malgré ce qu'en dit toute une tradition historiographique, n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison : celui d'un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n'est pas une Révolution : c'est une vieille histoire.
Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d'un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre fut destructrice et indécise, c'est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d'une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l'Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.