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Indications N° 395, décembre 2012 : L'art en toutes lettres
Corbeel Lorent
ADEN BELGIQUE
8,00 €
Épuisé
EAN :9782805920318
En décembre 2012, Indications expose dans sa nouvelle galerie " les artistes en toutes lettres ". Les pages du Journal de Delacroix, les romans de Valloton, les lettres de Félicien Rops, les articles des membres de Cobra et les écrits de Sophie Calle présentés sur nos cimaises vous prouveront qu'en prenant la plume ces peintres, dessinateurs, graveurs et photographes n'ont pas perdu leur coup d'oeil acéré. Le prix du billet comprend la visite de notre collection permanente dédiée au monde du livre. Vous y admirerez en primeur un traducteur ukrainien de Maeterlinck, le catalogue des éditions Anacharsis, les derniers développements des réseaux de lecteurs sur la toile. Valérie Mréjen vous ouvrira la porte de son atelier (sur rendez-vous). Vous saurez pourquoi à l'Impossible Michel Butel se sent tenu. Le soir du vernissage, on a vu Steve Tesich et Saul Karoo tenter en vain de s'enivrer. Vasquez Montalbàn et Pepe Carvalho picolaient sec en échangeant leurs meilleures recettes. On a perdu Connie Smith dans une faille spatio-temporelle tandis que Georges Bataille s'abîmait dans le mal. Indifférent à cette agitation, Ollie Schrauwen a sorti ses crayons pour dessiner Mowgli sur un coin de mur. Entre deux petits fours, les invités triés sur le volet ont discuté passionnément les romans d'Aurélien Bellanger, Alex Capus, Laurent Gaudé, Toni Morrison, Françoise Pirart, Goliarda Sapienza, Keith Scribner et Élie Treese. Seul, un peu à l'écart, Ambrose Bierce contemplait cette humanité en prenant des notes sarcastiques.
Résumé : Sous le terme général de Non-fictions, on regroupe un ensemble de travaux allant de la biographie au documentaire, en passant par l'essai, le récit, le témoignage. Tous ces genres relèvent a priori d'une description du réel qui tend à l'objectivité dans la relation des faits. Pourtant, un phénomène remarquable consiste en l'utilisation de stratégies narratives, dans ces ouvrages, qui n'ont rien à envier au roman. Indications ira interroger ces narrations qui ne veulent pas se raconter d'histoires, et observer où se situe la limite entre la représentation du réel et la mise en fonction du réel. Outre le dossier , ce numéro 393 comprendra des articles et des interviews consacrés au monde du livre (édition, métiers du livre, traduction littéraire...), une section " traverses " (auteurs belges et étrangers, classiques ou oubliés, polars, s-f...), ainsi qu'une nouvelle inédite. Comme chaque fois, le dossier sera illustré par les étudiants de l'Ecole supérieure des arts Saint-Luc à Bruxelles !
Résumé : Voici l'été, et nous sortons encore en manteau d'hiver. Dans les livres aussi, c'est le monde à l'envers. Non contents d'habiter leur oeuvre, des écrivains s'évadent pour aller vivre de nouvelles aventures dans les romans des autres. Un Tigre rugit dans les kiosques et dans toutes les bonnes libraires partez à sa rencontre chez Ptyx. Des Belges prennent le vent à Saint-Malo. Des paroles se lèvent à Liège et font des petits. Christophe Sedierta et Nathalie Eberhardt publient des livres bons jusqu'à La Dernière Goutte. Des auteurs s'interconnectent grâce à Bela. Joseph Ndwaniye se perd et se retrouve entre la Belgique et un Rwanda aussi réel qu'imaginaire. Eric Lambé lance ses traits aux couleurs de nuit. Albert t'Serstevens bourlingue aux quatre coins du monde et dans sa bibliothèque. Peut-être a-t-il croisé aux antipodes Kenneth Cook pourchassé par des kangourous ivres et des koalas fous. Les romanciers de science-fiction se disséminent à leur tour. Et qui sait ce qu'il advient d'improbable dans les livres de Jeffrey Eugenides, Francis Scott Fitzgerald, Svava Jakobsdottir, Ariane Le Fort, Doris Lessing, Dominique Maes, Hilary Mantel, Pia Petersen, Bernard Quiriny, Jean-Noël Schifano, Gilles Sebhan et Fan Wen ? Martha Beullens, Martin Boonen, Lorent Corbeel, Aliénor Debrocq, Rony Demaeseneer, Valentine De Muylder, Xavier Dessaucy, Amélie Dewez, Thierry Horguelin, Pierre Jassogne, Thierry Leroy, Daniel Mangano, Nicolas Marchai, Camille Picquot, Jean-Claude Vantroyen, Primaëlle Vertenoeil, Mathias Vincent, Natacha Wallez, Louis Wiart et Nicolas Zouliamis se sont abîmés dans leurs propres textes, tandis que Georgia Antonopoulou, Laure Breant, Filippo Fontana, Laura Gautheron, Valentin Gorris, Léa Issard, Adrien Roubens, Fabien Rousseau et Estelle Van Malle se diffractaient dans leurs images. Non loin de là, dans la forêt de Sébastien Fevry, des chiens rendent hommage au plus grand des loups.
Résumé : Ici ou autre part, c'est toujours quelque part. Ce numéro vous invite à dériver dans cet ailleurs indéterminé en compagnie de Guy Debord, Rodrigo Fresan, Jim Harrison, Octave Mirbeau, Jeff Noon, Georges Perec, Francis Ponge, Charles Robinson, Raymond Roussel et tain Sinclair. De Londres à Mexico, des cités de banlieue aux grands espaces américains, des appartements parisiens aux jardins imaginaires, quelque part, c'est peut-être, tout simplement, l'espace littéraire. A part quoi, Zellige lance une nouvelle collection, le jury du prix Rossel délibère, Arles cogite sur la traduction des écrits politiques, Le Dilettante publie des livres intempestifs que la librairie Pax propose à son aimable clientèle. Dan Fante évoque librement sa part d'ombre. Dans le grand nulle part virtuel, Bragelonne ouvre à la fantasy les portes de l'édition numérique.
Corbeel Lorent ; Lazaro Christophe ; Rouvroy Antoi
Voici l'été. Pourquoi partir en vacances ? D'ailleurs vous n'avez plus de sous. Ça n'a pas d'importance. Des lointains antipodes aux abîmes intérieurs, la littérature est par définition voyage en terres étrangères, de Conrad à Michaux, de Melville à Stevenson, de Bouvier à Calvino. Mais ce n'est pas tout. Stefania Ricciardi fait transhumer les mots d'une langue à une autre. Antoine Boute et Vincent Tholomé les font sortir des pages et performer sur scène. Camilo José Cela s'égare dans l'Alcarria. Luc Dellisse explore de nouvelles Atlantides. Nicolas Marchai décortique le Katanga. Le patafoulipien André Blavier voyage dans sa bibliothèque. Manchette bouscule le paysage du polar. Malerba brouille les frontières du réel et de la fiction ; Zelazny, celles de la SF et de la fantasy. Perpignan est méconnaissable sous le crayon d'Alexis Barbier. Et même là où passe Attila, les livres repoussent encore. Mais ce n'est pas fini. Dimitri Verhulst, Jon Raymond, Jens Christian Grendahl, Kossi Efoui, Niccolà Ammaniti, Richard Powers, lan McEwan, Miguel Syjuco, Tom Rachman, Alessandro De Roma, Tricia Sullivan, Hugo Hamilton, Curzio Malaparte, Howard McCord, Frédéric Berthet, Paul Emond et Urbano Moacir Espedite arpentent d'autres territoires imaginaires.
En 1893, le kilo de caoutchouc récolté dans la forêt équatoriale du Congo valait 6 francs-or; en dix ans, l'essor de l'automobile doubla ce prix. Le caoutchouc se trouvait, sous forme de lianes, dans de vastes territoires d'un Congo qui n'était pas encore le Congo belge. La saignée des lianes à caoutchouc pour la récolte du latex était un calvaire pour les indigènes. Ceux qui se dérobaient à cet impôt sanglant pouvaient être mis à mort, et ils le savaient. Leurs femmes prises en otage étaient souvent vouées à la famine. On coupait les mains des hommes victimes de la répression pour prouver aux supérieurs hiérarchiques qu'on les avait tués. Le bassin du Congo est plongé dans le sang. Léopold II, le 4 avril 1892, écrivait au gouverneur général du Congo Wahis: "Il importe d'achever le développement bien nécessaire de nos récoltes d'ivoire et de caoutchouc. L'Etat ne peut maintenir son existence qu'au moyen de très larges et très fructueuses récoltes." Les ordres royaux furent exécutés à la lettre. De 1900 à 1908, l'Etat indépendant du Congo, propriété personnelle du deuxième roi des Belges, exporta en moyenne 5 000 tonnes de caoutchouc par an... Ce livre détaille à quel prix pour les populations locales.
Résumé : Nico Hirtt, auteur de Tableau Noir et des Nouveaux maîtres de l'école nous revient avec son nouveau livre. L'école : Elle était pourtant venue à nous, porteuse de tant de promesses ! Elle allait assurer l'émancipation des individus, le développement de leur personnalité et de leur pensée critique ; elle devait permettre le fonctionnement d'une société démocratique, pacifiste, civilisée et multiculturelle ; elle ouvrirait aux enfants de toutes extractions les portes des Sciences et des Arts ; elle formerait les créateurs dont se nourrit la Culture, les décideurs qu'exigent les plus hautes fonctions publiques et privées, les travailleurs hautement qualifiés que devaient réclamer en nombres croissants l'industrie et les services modernes ; elle serait garante de l'égalité des chances sur le plan social et professionnel, de l'égalité des droits devant la Justice et l'Etat... Hélas ! Après quelque cent ans d'instruction obligatoire , force est de constater que l'Ecole - avec majuscule, pour désigner l'institution d'Etat et non l'un de ses établissements particuliers - n'a pas seulement failli à tenir ses engagements de jeunesse, mais qu'elle ne semble même plus capable de tendre, fut-ce timidement, vers la réalisation de ces généreux objectifs. La Culture, les Arts, la Science, disiez-vous ? Voilà belle lurette que ces vieilleries ont été remplacées par le seul critère de la compétence, c'est-à-dire de l'utilité pratique sur le marché du travail. Une société démocratique et une pensée critique ? Comment voulez-vous que les élèves aient appris à en être les acteurs alors que, pendant les 18 premières années de leur existence, ils ne leur aura jamais permis de participer à l'organisation de leur vie scolaire ; et vous voudriez leur faire gouverner le monde ? Préparer aux plus hautes fonctions ? Allons donc ! Aujourd'hui on devient ministre de l'environnement en ignorant ce qu'est l'énergie ; on dirige une entreprise en ne sachant pas écrire une phrase correcte. Former des travailleurs qualifiés ? Certes, mais la plupart d'entre eux occuperont des emplois précaires qui ne réclament guère de qualification. Quant à l'égalité des chances, n'en parlons pas... Ou plutôt, parlons-en !