Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les Stromates. Stromates III, Edition bilingue français-grec ancien
CLEMENT D'ALEXANDRIE
CERF
40,00 €
Épuisé
EAN :9782204136471
Le Stromate III, en 18 chapitres et 110 sections, porte sur le mariage, en trois parties principales : exposé des diverses positions adverses (chap. 1-4), synthétisées et réfutées en deux groupes, les licencieux et les encratites (chap. 5-11), réfutées à nouveau par les Ecritures et les arguments de Clément (chap. 12-18). Ce livre est, par son ampleur et sa diversité, une source capitale pour la connaissance des doctrines multiples sur le mariage qui se sont affrontées au IIe siècle chez les chrétiens et de l'émergence d'une orthopraxie. Aux interprétations contrastées de l'enseignement de Paul et des évangiles, viennent s'associer des pratiques et des théories portées par des paroles et des textes, auxquels Clément donne accès, qui relèvent de traditions qu'on appelle aujourd'hui apocryphes. Un tel document n'a pas manqué, dans les décennies récentes, de susciter l'intérêt non seulement des historiens du christianisme et des théologiens, mais aussi des anthropologues et des philosophes, en particulier Michel Foucault dans le récent volume posthume, Les Aveux de la chair. Tout en étant en accord avec les philosophes grecs, platoniciens, aristotéliciens et surtout stoïciens, Clément s'efforce de tout faire remonter aux prescriptions du Logos, qu'elles s'énoncent dans la nature, la raison humaine ou la parole de Dieu, et donne à l'enseignement sur le mariage une portée théologique : la procréation humaine, pour autant qu'elle aura été accomplie selon la loi, est " à la ressemblance " de la Création divine. Rejetant les deux excès (licence ou rejet pur et simple) et soucieux de définir une voie moyenne en promouvant une continence vraiment chrétienne, l'Alexandrin apporte ici la première réflexion approfondie sur les développements du Nouveau Testament et une nouveauté par rapport aux précédents philosophiques : les considérations sur les plaisirs de l'amour et les réflexions sur le mariage, séparées jusque-là, sont réunies dans l'examen des relations entre époux, lequel devient un objet " relativement autonome ".
Extraits des oeuvres de Théodote et de l'école dite orientale, à l'époque de Valentin" : tel est le titre du recueil qui s'insère dans les écrits de Clément d'Alexandrie. Tous les essais pour identifier ce Théodote sont restés vains, mais on sait qu'il était un élève de Valentin. Ces Extraits sont une source importante de la gnose valentinienne, l'une des plus puissantes hérésies du IIe siècle. La discussion avec la gnose a formé la doctrine de l'Eglise des premiers siècles.
Le vaste traité de vie chrétienne que, d'une façon très consciente, Clément d'Alexandrie a voulu intituler " Le Pédagogue " est divisé en trois livres. Le premier jette les fondements. En fait, il n'y en a qu'un : le " Logos " dans notre chair, Jésus, qui seul peut guérir l'homme de son inhumanité et lui apprendre à honorer jusqu'au bout sa dignité et sa noblesse. Sous sa direction, l'existence chrétienne accomplit pleinement la morale que les sages de la Grèce avaient enseignée. Les livres II et III, se coulant sans raideur dans ce que pouvait être la journée d'un habitant d'une grande ville hellénistique, exposent tous les aspects d'une conduite juste, saine, belle, évangélique. La table et le lit sont particulièrement l'objet du livre II. Clément écrit avec verdeur, et non sans grâce. Clément est exigeant, mais sans rien d'étriqué. Un souffle de jeunesse et d'humanisme conquérant soulève cette diatribe familière qui, à propos de tous les détails de la vie, reste une hymne au Pédagogue.
Dans ce Stromate, qui tente comme les autres de greffer le christianisme sur la culture grecque, Clément réfléchit sur le martyre, sur son sens chrétien à la lumière de l'Ecriture (et notamment des Béatitudes), et plus largement sur le sens d'une mort acceptée, en inscrivant sa réflexion dans la tradition littéraire et philosophique des Grecs sur la souffrance, l'héroïsme, la vertu.
Ce traité qui relève d'un genre littéraire qui remonte Aristote, celui du protreptique, est une invitation à la conversion, une exhortation à se tourner vers le véritable Logos. Ecrivant dans un style raffiné, n'hésitant pas à recourir à la rhétorique traditionnelle et à une abondante documentation érudite, Clément met toute sa culture au service de la défense du christianisme. Commençant par opposer aux chants erronés de la mythologie païenne le chant véritable du Logos, nouvel Orphée, qui est venu apporter le salut aux hommes, il présente les principaux aspects de la foi chrétienne, de l'économie du salut à la rédemption. Il passe alors à la critique de la religion grecque en attaquant les mystères, notamment ceux d'Eleusis auxquels il a sans doute été initié, l'astrologie, le culte des démons et les sacrifices humains. S'il s'en prend également aux mythes, c'est en admettant qu'ils peuvent traduire des intuitions justes sur la condition humaine même si c'est de façon déformée, et il n'hésite pas reconnaître chez les poètes et les philosophes grecs la présence de lueurs de vérité qui témoignent qu'ils ont été eux-mêmes inspirés par le Logos. Mais désormais, une nouvelle étape est franchie : depuis l'Incarnation, il faut abandonner les coutumes fausses et vaines des ancêtres et faire confiance à Celui qui a toujours manifesté sa bienveillance pour l'humanité. L'ouvrage se clôt sur un appel à fuir l'attrait qu'exercent les sirènes du plaisir pour monter sur le navire piloté par le Christ et retrouver, grâce à lui, sa ressemblance d'origine avec Dieu.
En ces temps de crise profonde, la relation entre les hommes et les femmes à l'intérieur de l'institution ecclésiale impose plus que jamais son actualité. Certes, le magistère entend, depuis quelques décennies, valoriser la part féminine de l'Eglise. Mais le constat s'impose : stéréotypes et préjugés sont demeurés intacts, tout comme des pratiques de gouvernance qui maintiennent les femmes sous le pouvoir d'hommes - des clercs en l'occurrence. Sortant de ces ornières, il s'agit d'éprouver ce que le " temps des femmes " qui cherche à advenir peut apporter de renouvellement dans l'intelligence des textes scripturaires qui ont modelé l'imaginaire en monde chrétien. Il s'agit aussi de montrer combien la prise en compte des femmes questionne à frais nouveaux l'identité de l'Eglise, l'économie en son sein du sacerdoce des baptisés et du ministère presbytéral, donc également les modalités de sa gouvernance. Un livre qui nous montre une série d'" éclats de féminin " pour suggérer les gains qui seraient ceux de cette ouverture. Et si, la femme était l'avenir de... l'église !
Biographie de l'auteur Depuis plus de cinquante ans, le père Bernard Bro, dominicain, a eu la joie de dire l'Evangile sur les cinq continents, en renouvelant la prédication par l'art de la " parabole ". Il fut maintes fois copié, à son étonnement... et à sa grande joie. Professeur en théologie dogmatique pendant dix ans aux facultés pontificales du Saulchoir, puis nommé directeur des Editions du Cerf, où il promeut, entre autres, la Bible cuménique, la collection de poche " Foi vivante ", les grandes séries de théologie biblique et de théologie contemporaine ainsi que, avec le père et cardinal Congar, les commentaires de tous les textes du Concile. Chargé des Conférences de carême à Notre-Dame de Paris pendant quatre ans, responsable de la messe de la radio à France-Culture où il prêcha pendant trente-cinq ans, prédicateur pendant plusieurs dizaines d'années à la télévision, au " Jour du Seigneur " ; depuis la fondation de la chaîne de télévision KTO, auteur de plus de quatre cents émissions sous le titre " Paraboles ".
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
L'histoire de la papauté est complexe et ne se résume pas à l'histoire de la religion catholique. Institution globale, cherchant à guider les sociétés, la papauté doit être réinsérée dans un cycle historique de long terme, celui qui a vu un espace marginal, désigné d'abord comme "chrétienté" puis comme "Occident" , se développer avant de se projeter à la conquête du globe, jusqu'à la "mondialisation" actuelle. Son rôle a souvent été esquivé par un compromis historiographique entre auteurs laïcs, soucieux de faire un récit du progrès dégagé de l'Eglise, et auteurs catholiques, désireux de faire l'histoire irénique et morale d'une papauté humanitaire au-dessus des Etats, des frontières et des guerres. L'objet de cette réflexion sera au contraire d'envisager la papauté comme un acteur majeur à une échelle globale dans une histoire qui ne peut se réduire à un ordre linéaire et simpliste, celui d'un progrès scientifique, économique ou d'une sortie de la religion, une histoire dont on cherchera à redécouvrir toute la pluralité.