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Le protreptique
CLEMENT D'ALEXANDRIE
CERF
35,00 €
Épuisé
EAN :9782204076258
Ce traité qui relève d'un genre littéraire qui remonte Aristote, celui du protreptique, est une invitation à la conversion, une exhortation à se tourner vers le véritable Logos. Ecrivant dans un style raffiné, n'hésitant pas à recourir à la rhétorique traditionnelle et à une abondante documentation érudite, Clément met toute sa culture au service de la défense du christianisme. Commençant par opposer aux chants erronés de la mythologie païenne le chant véritable du Logos, nouvel Orphée, qui est venu apporter le salut aux hommes, il présente les principaux aspects de la foi chrétienne, de l'économie du salut à la rédemption. Il passe alors à la critique de la religion grecque en attaquant les mystères, notamment ceux d'Eleusis auxquels il a sans doute été initié, l'astrologie, le culte des démons et les sacrifices humains. S'il s'en prend également aux mythes, c'est en admettant qu'ils peuvent traduire des intuitions justes sur la condition humaine même si c'est de façon déformée, et il n'hésite pas reconnaître chez les poètes et les philosophes grecs la présence de lueurs de vérité qui témoignent qu'ils ont été eux-mêmes inspirés par le Logos. Mais désormais, une nouvelle étape est franchie : depuis l'Incarnation, il faut abandonner les coutumes fausses et vaines des ancêtres et faire confiance à Celui qui a toujours manifesté sa bienveillance pour l'humanité. L'ouvrage se clôt sur un appel à fuir l'attrait qu'exercent les sirènes du plaisir pour monter sur le navire piloté par le Christ et retrouver, grâce à lui, sa ressemblance d'origine avec Dieu.
Le vaste traité de vie chrétienne que, d'une façon très consciente, Clément d'Alexandrie a voulu intituler " Le Pédagogue " est divisé en trois livres. Le premier jette les fondements. En fait, il n'y en a qu'un : le " Logos " dans notre chair, Jésus, qui seul peut guérir l'homme de son inhumanité et lui apprendre à honorer jusqu'au bout sa dignité et sa noblesse. Sous sa direction, l'existence chrétienne accomplit pleinement la morale que les sages de la Grèce avaient enseignée. Les livres II et III, se coulant sans raideur dans ce que pouvait être la journée d'un habitant d'une grande ville hellénistique, exposent tous les aspects d'une conduite juste, saine, belle, évangélique. La table et le lit sont particulièrement l'objet du livre II. Clément écrit avec verdeur, et non sans grâce. Clément est exigeant, mais sans rien d'étriqué. Un souffle de jeunesse et d'humanisme conquérant soulève cette diatribe familière qui, à propos de tous les détails de la vie, reste une hymne au Pédagogue.
Dans ce Stromate, le dernier que Clément d'Alexandrie ait entièrement rédigé, la question est finalement : Qu'est-ce que le chrétien ? Clément le décrit ici sous le nom du gnostique, en montrant, contre les accusations des philosophes de la cité, que lui seul est vraiment pieux, et que sa manière de vivre est totalement conforme à sa piété. La réflexion éthique, qui court tout au long des Stromates, est ici parachevée par le portrait du gnostique véritable : sa beauté intérieure, nourrie par la maîtrise de toutes les vertus, illuminée par l'amour de Dieu et du prochain, en fait, selon l'expression de Clément, l'image terrestre de la puissance divine. Ce livre offre aussi l'un des premiers traités sur la prière et sur le culte spirituel. La dernière partie, plus apologétique, cherche à expliquer l'existence des hérésies dans le christianisme et contribue ainsi, par contraste, à montrer à tout lecteur de bonne volonté le véritable christianisme.
Dans ce Stromate, qui tente comme les autres de greffer le christianisme sur la culture grecque, Clément réfléchit sur le martyre, sur son sens chrétien à la lumière de l'Ecriture (et notamment des Béatitudes), et plus largement sur le sens d'une mort acceptée, en inscrivant sa réflexion dans la tradition littéraire et philosophique des Grecs sur la souffrance, l'héroïsme, la vertu.
Stromate I Vers l'an 200, Clément d'Alexandrie entreprend l'écriture de Stromates (ou Tapisseries), où il voit dans le christianisme l'accomplissement de la sagesse grecque et de ses efforts de raison et de vertu. Dans ce premier Stromate, il montre que la philosophie ne s'oppose pas à la foi chrétienne mais vient la nourrir et la consolider. Il n'ignore pas cependant les rapports conflictuels que connaissent païens et chrétiens, et souligne que la culture grecque si fière d'elle-même doit plus qu'elle ne le pense à la sagesse biblique. Il se lance dans de vastes études chronologiques pour prouver l'antériorité de la Bible sur les auteurs grecs. Il cite au passage nombre d'auteurs païens, souvent perdus, pour montrer combien convergent rationalité grecque et révélation biblique : cette documentation hors du commun fait de son oeuvre une source essentielle pour l'histoire de la philosophie et de la littérature grecque païennes. Cette nouvelle édition du Stromate I, pourvue d'une annotation précise et d'index riches, indispensables pour entrer dans un texte aussi foisonnant, remplace celle de C. Mondésert et M. Caster, parue en 1951 (SC 30).
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
En ces temps de crise profonde, la relation entre les hommes et les femmes à l'intérieur de l'institution ecclésiale impose plus que jamais son actualité. Certes, le magistère entend, depuis quelques décennies, valoriser la part féminine de l'Eglise. Mais le constat s'impose : stéréotypes et préjugés sont demeurés intacts, tout comme des pratiques de gouvernance qui maintiennent les femmes sous le pouvoir d'hommes - des clercs en l'occurrence. Sortant de ces ornières, il s'agit d'éprouver ce que le " temps des femmes " qui cherche à advenir peut apporter de renouvellement dans l'intelligence des textes scripturaires qui ont modelé l'imaginaire en monde chrétien. Il s'agit aussi de montrer combien la prise en compte des femmes questionne à frais nouveaux l'identité de l'Eglise, l'économie en son sein du sacerdoce des baptisés et du ministère presbytéral, donc également les modalités de sa gouvernance. Un livre qui nous montre une série d'" éclats de féminin " pour suggérer les gains qui seraient ceux de cette ouverture. Et si, la femme était l'avenir de... l'église !
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
L'histoire du christianisme commence par l'acte de foi des disciples juifs de Jésus devant son tombeau vide: ils croient en sa résurrection et le reconnaissent comme le Messie annoncé dans la Bible. Le christianisme n'est alors qu'une de ces nombreuses religions de salut, qui multiplient les adeptes dans le monde gréco-romain. Mais d'emblée, il définit le salut comme un événement historique unique et non comme le résultat d'initiations individuelles à la façon des religions à mystères; il donne à cet événement uneportée universelle, et ouvre la communauté de Jérusalem au monde polyglotte et diversifié que vient d'unifier l'empire romain. Par là, il lie son destin à celui de Rome, ce qu'affirment très tôt les auteurs chrétiens: l'Église et l'Empire sont les deux seules structures de l'Antiquité à penser la mondialisation, ce qui facilitera la christianisation de l'État et du pouvoir au IVe siècle, après celle de la société. Or, quoi qu'on en ait, il est impossible de restituer une histoire linéaire et complète de l'Église primitive, de Jésus à saint Augustin, non plus qu'une histoire complète de la christianisation de l'Empire. La nature des sources - le plus souvent indirectes, apologétiques ou postérieures aux événements - ne permet que des approches ponctuelles, diversifiées, particulièrementriches pour certaines régions comme la Palestine, Rome et, plus encore, l'Asie Mineure. C'est donc une histoire partielle, en kaléidoscope, à travers une Bible plurielle et des groupes éclatés, très personnalisés, que retracent une soixantaine d'historiens, archéologues et biblistes, tous spécialistes de ces cinq siècles décisifs. Les chapitres de cet ouvrage, remis à jour et complétés pour ce volume, ont initialement paru dans la revue Le monde de la Bible. Il est le troisième et dernier volume du triptyque commencé, dans cette même collection, avec Le monde de la Bible (n° 88) et Aux origines du christianisme (n° 98).