26 juin 2020. M. Turturica, professeur de latin, fuit ChiÅinÄu après l'invasion de la Moldavie par l'armée russe. Mais il ne parvient pas à se réfugier en Roumanie car son passeport est périmé... De retour à la capitale, il trouve l'aéroport assiégé et, sous ses yeux, un MiG abat un avion rempli d'hommes politiques moldaves qui tentaient de s'échapper. Par une suite de circonstances absurdes, il se retrouve en prison... Une fable grotesque et terrifiante basée sur l'une des plus grandes peurs des Moldaves ! L'auteur de ce scénario dystopien, un étudiant de Bessarabie, rentre à ChiÅinÄu après avoir obtenu son diplôme de philologie. Nous sommes en 1995, et la vie écrase sans aucune pitié le destin des Moldaves, quel que soit leur milieu social. Suite à la publication de son petit roman dans une maison d'édition confidentielle, le jeune écrivain se retrouve pourtant traîné dans un procès kafkaïen, où on l'accuse de trahison envers sa patrie. Deux histoires s'entremêlent, le fantastique e
« Aucune volupté ne surpasse celle qu'on éprouve à l'idée qu'on aurait pu se maintenir dans un état de pure possibilité. Liberté, bonheur, espace - ces termes définissent la condition antérieure à la malchance de naître. La mort est un fléau quelconque ; le vrai fléau n'est pas devant nous mais derrière. Nous avons tout perdu en naissant.Mieux encore que dans le malaise et l'accablement, c'est dans des instants d'une insoutenable plénitude que nous comprenons la catastrophe de la naissance. Nos pensées se reportent alors vers ce monde où rien ne daignait s'actualiser, affecter une forme, choir dans un nom, et, où, toute détermination abolie, il était aisé d'accéder à une extase anonyme.Nous retrouvons cette expérience extatique lorsque, à la faveur de quelque état extrême, nous liquidons notre identité et brisons nos limites. Du coup, le temps qui nous précède, le temps d'avant le temps, nous appartient en propre, et nous rejoignons, non pas notre figure, qui n'est rien, mais cette virtualité bienheureuse où nous résistions à l'infâme tentation de nous incarner. » E.M. Cioran est né en 1911 en Roumanie où il a fait des études supérieures de philosophie. Bergsonien d'abord, il se tourna ensuite vers Nietzsche. En 1937, il fut envoyé par l'Institut français de Bucarest en France où il s'établit jusqu'à sa mort en juin 1995.
E.M. Cioran est né en 1911 en Roumanie où il a fait des études supérieures de philosophie. Bergsonien d'abord, il se tourna ensuite vers Nietzsche. En 1937, il fut envoyé par l'Institut français de Bucarest en France où il s'établit jusqu'à sa mort en juin 1995.
Lask Emil ; Seron Denis ; Ciocan Cristian ; Billon
Ce numéro s'ouvre par la traduction d'un extrait de cours sur Platon, "La théorie des Idées", prononcé par Emil Lask à l'Université de Heidelberg durant le semestre d'hiver 1911-12 et publié à titre posthume en 1924 dans ses ?uvrés complètes. Cherchant en Platon la source d'une forme d'objectivisme logique ou axiologique qui contraste avec le prétendu "subjectivisme" de Kant et Natorp, Lask entreprend d'y relire les principaux concepts clés de la théorie platonicienne dans la perspective de la philosophie des valeurs propre à l'école néo-kantienne de Bade. Publié à la suite du texte de Natorp sur Platon, l'extrait ici traduit constitue un nouvel exemple d'interprétation néo-kantienne de l'" idéalisme" platonicien - interprétation contre laquelle s'est construite celle de Heidegger. Dans le sillage de Roman Ingarden, l'idéalisme phénoménologique de Husserl est fréquemment associé à la thèse selon laquelle l'existence est équivalente à la perceptibilité. S'employant, dans "Intentionnalité, idéalité, idéalisme", à réfuter cette interprétation, dont il montre les faiblesses tant historiques que conceptuelles, Denis Seron en propose une nouvelle définition: l'idéalisme est une théorie non relationnelle de l'intentionnalité. Après avoir tracé les grandes lignes et tiré les conséquences philosophiques de cette théorie, il en rappelle les sources brentaniennes et en révèle quelques enjeux polémiques. Dans "Mort et vérité: Heidegger et le problème de la certitude", Cristian Ciocan interroge la relation entre la vérité et le phénomène de la mort, telle qu'elle est déployée dans l'analytique heideggérienne du Dasein. Il montre que cette relation n'est concevable que si ses termes sont arrachés à leur signification habituelle: la mort n'est pas le point terminal de l'existence, mais le noyau qui concentre son authenticité possible; et la vérité n'est pas un caractère essentiel de l'énoncé, mais le phénomène fondamental de l'existence facticielle. En définitive, c'est sur le problème de la certitude que se focalise cette relation: la certitude existentielle du ,noribundus sum étant plus originaire que la certitude théorique du cogito cartésien, le Dasein n'est plus subjectivité pensante, mais se redéfinit comme mortel ou capable de la mort. Enfin, dans "L'énigme de l'attribution d'expériences", Alexandre Billon propose une énigme analogue à celle de Goodman, qui concerne la confirmation, non des hypothèses inductives, mais des attributions d'expériences à autrui (dou-sir et plai-leur, au lieu de v-leu et bl-ert) ; il montre que l'exigence d'une justification (même minimale) est dans ce cas plus pressante et plus difficile à satisfaire. La possibilité d'une solution implique une thèse radicale: les données environnementales et comportementales que l'on peut obtenir sur autrui doivent permettre d'être certain qu'il a telle ou telle expérience. En mettant en avant une conception naturaliste de la croyance et de la certitude, il tâche de démontrer la plausibilité de ces thèses, avant d'en tirer les conséquences épistémologiques et ontologiques.
Résumé : Les meilleures histoires sont celles que l'on raconte petit à petit, par fragments, un menu morceau à la fois. On se souvient d'une anecdote, et de cette mémoire naissent les plus beaux des récits. C'est comme se poser avec un ami et engager une conversation sur soi, sur son enfance à la campagne, maman, et surtout papa, les oncles, les tantes, les cousins... Dans ces moments-là, il s'agit d'expliquer ce qu'il y a de plus simple, sans prétention, ni pathos, ni honte. Le premier incendie auquel on a assisté avec avidité, la perte d'un être cher qui nous prépare à d'autres départs, les papillons morts auxquels on organise les plus belles des funérailles, faire pipi debout, les bruits et les animaux de la campagne, les petits boulots, et l'idée que maman pourrait tout à fait être Sting, si seulement elle en avait envie. Un texte chargé d'émotions et d'humour, qu'on peut décrire comme "un roman plein de vie sur la mort", un roman sur la perte du père et de l'enfance, sur la difficulté de
C'est le récit d'un monde qui disparaît pour céder la place à une nouvelle ère... Celui de la presse écrite, jugée jadis comme un refuge d'intellos intrépides. Le monde de Metod, rédacteur en chef d'un quotidien à l'agonie, réduit à obéir aux desiderata d'une grande entreprise qui vient d'acheter son journal, sans vraiment en comprendre les ordres ni les raisons. Face à ce quinquagénaire désabusé, Oïbej, jeune millionnaire de la Silicon Valley qui vient de faire fortune en vendant une appli qui ne sert absolument à rien... Pourtant, c'est lui qui représente l'avenir en train de naître. Lui qui prendra la place de Metod, et qui sera à la tête des futurs quotidiens sans message ni âme... Une satire sociétale délicieusement virulente, inspirée de l'histoire personnelle de l'autrice, parfois grinçante mais souvent à pleurer de rire !
Mélachvili Tamta ; Bainbridge Alexander ; Kapanadz
Résumé : Au fin fond de la Géorgie, dans une ville entourée de collines, Ethéro, quinquagénaire célibataire, s'occupe tranquillement de sa petite épicerie dans un quotidien monotone. Depuis toujours, elle mène une vie sans histoire. Jusqu'au jour où un incident vient bouleverser sa vie bien rangéeâ- En partant à la cueillette de mûres, Ethéro manque tomber dans le fleuve Rioni ! Prise soudain d'une peur bleue de la mort, elle se met à prendre des décisions qu'elle n'aurait jusque-là jamais envisagées. Chaque parcelle de son existence est désormais sens dessus dessous. Elle regarde son entourage avec un oeil nouveau, et notamment le livreur de lessive, qui l'approvisionne régulièrement, et qui semble l'observer avec un drôle intérêt. Ignorant les conventions et les ragots du voisinage, Ethéro va se noyer dans une relation amoureuse passionnelle qu'elle n'espérait plus. Dans ce roman plein de tendresse, Tamta Mélachvili, l'une des plus grandes voix féminines caucasiennes contemporaines, bouscule
Cette vie. Celle des femmes migrantes dans une Irlande que l'on ne voit jamais... Le foyer, la queue pour obtenir des produits de première nécessité, le racisme quotidien, l'injustice et les absurdités d'un système. Mais aussi la nostalgie constante du pays... Cette galerie de portraits par Melatu Uche Okorie donne, avec une grande qualité littéraire, un accès au quotidien de femmes prises dans un espace-temps perdu entre le Nigeria et l'Irlande. Des femmes en exil qui ne veulent pas se contenter de survivre et qui aspirent à vivre, à comprendre le monde qui les entoure et à y inscrire leur empreinte. L'autrice est née au Nigeria et a passé huit années dans un centre de rétention en Irlande dans l'attente d'un statut de réfugiée. Elle a commencé à écrire durant cette période. Depuis sa parution, le livre fait parler de lui sur la scène littéraire internationale.