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Philosophie N° 105, Printemps 2010
Lask Emil ; Seron Denis ; Ciocan Cristian ; Billon
MINUIT
10,00 €
Épuisé
EAN :9782707321169
Ce numéro s'ouvre par la traduction d'un extrait de cours sur Platon, "La théorie des Idées", prononcé par Emil Lask à l'Université de Heidelberg durant le semestre d'hiver 1911-12 et publié à titre posthume en 1924 dans ses ?uvrés complètes. Cherchant en Platon la source d'une forme d'objectivisme logique ou axiologique qui contraste avec le prétendu "subjectivisme" de Kant et Natorp, Lask entreprend d'y relire les principaux concepts clés de la théorie platonicienne dans la perspective de la philosophie des valeurs propre à l'école néo-kantienne de Bade. Publié à la suite du texte de Natorp sur Platon, l'extrait ici traduit constitue un nouvel exemple d'interprétation néo-kantienne de l'" idéalisme" platonicien - interprétation contre laquelle s'est construite celle de Heidegger. Dans le sillage de Roman Ingarden, l'idéalisme phénoménologique de Husserl est fréquemment associé à la thèse selon laquelle l'existence est équivalente à la perceptibilité. S'employant, dans "Intentionnalité, idéalité, idéalisme", à réfuter cette interprétation, dont il montre les faiblesses tant historiques que conceptuelles, Denis Seron en propose une nouvelle définition: l'idéalisme est une théorie non relationnelle de l'intentionnalité. Après avoir tracé les grandes lignes et tiré les conséquences philosophiques de cette théorie, il en rappelle les sources brentaniennes et en révèle quelques enjeux polémiques. Dans "Mort et vérité: Heidegger et le problème de la certitude", Cristian Ciocan interroge la relation entre la vérité et le phénomène de la mort, telle qu'elle est déployée dans l'analytique heideggérienne du Dasein. Il montre que cette relation n'est concevable que si ses termes sont arrachés à leur signification habituelle: la mort n'est pas le point terminal de l'existence, mais le noyau qui concentre son authenticité possible; et la vérité n'est pas un caractère essentiel de l'énoncé, mais le phénomène fondamental de l'existence facticielle. En définitive, c'est sur le problème de la certitude que se focalise cette relation: la certitude existentielle du ,noribundus sum étant plus originaire que la certitude théorique du cogito cartésien, le Dasein n'est plus subjectivité pensante, mais se redéfinit comme mortel ou capable de la mort. Enfin, dans "L'énigme de l'attribution d'expériences", Alexandre Billon propose une énigme analogue à celle de Goodman, qui concerne la confirmation, non des hypothèses inductives, mais des attributions d'expériences à autrui (dou-sir et plai-leur, au lieu de v-leu et bl-ert) ; il montre que l'exigence d'une justification (même minimale) est dans ce cas plus pressante et plus difficile à satisfaire. La possibilité d'une solution implique une thèse radicale: les données environnementales et comportementales que l'on peut obtenir sur autrui doivent permettre d'être certain qu'il a telle ou telle expérience. En mettant en avant une conception naturaliste de la croyance et de la certitude, il tâche de démontrer la plausibilité de ces thèses, avant d'en tirer les conséquences épistémologiques et ontologiques.
Formé par Windelband et Rickert, Lask prend ses distances dans cette étude, parue en 1911, avec la philosophie de la valeur, et s'il entend "réaliser" le kantisme, c'est en radicalisant de manière critique ce qu'il appelle la "thèse copernicienne" : la théorie de la connaissance de Kant est toute entière commandée par l'idée que les catégories seraient exclusivement celles de l'être (effectif) ; alors que Lask cherche à fonder une logique où ce qui relève de la validité - la démarche cognitive et la formation des catégories - doit aussi pouvoir être objet d'une connaissance. C'est ainsi que cette logique veut être proprement celle de la connaissance philosophique en acte. Cette entreprise implique une nouvelle théorie de l'objet qui, constitué par la relation indissoluble d'une forme et d'un matériau, est immanent au logos et coïncide avec la vérité. Ce n'est plus de la distinction entre sensible et suprasensible ou non sensible que part cette nouvelle logique, mais de la différence entre l'étant et ce qui est valant, sans admettre non plus une quelconque priorité de la valeur sur l'être, sans plus établir de hiérarchie entre le devoir-être et l'étant. La théorie de la forme, toujours liée à un matériau, sans que forme ou matériau soient autre chose que des fonctions, toujours différenciées en fonction d'un matériau, a intéressé le jeune Heidegger, a joué un rôle formateur dans l'esthétique de Lukàcs, et représente sans doute la pointe la plus radicale de la révision du kantisme au début du XXe siècle.
Il y a le stigmate d'infamie, tel la fleur de lys gravée au fer rouge sur l'épaule des galériens. Il y a les stigmates sacrés qui frappent les mystiques. Il y a les stigmates que laissent la maladie ou l'accident. Il y a les stigmates de l'alcoolisme et ceux qu'inflige l'emploi des drogues. Il y a la peau du Noir, l'étoile du Juif, les façons de l'homosexuel. Il y a enfin le dossier de police du militant et, plus généralement, ce que l'on sait de quelqu'un qui a fait ou été quelque chose, et "ces gens-là, vous savez..." Le point commun de tout cela ? Marquer une différence et assigner une place : une différence entre ceux qui se disent "normaux" et les hommes qui ne le sont pas tout à fait (ou, plus exactement, les anormaux qui ne sont pas tout à fait des hommes) ; une place dans un jeu qui, mené selon les règles, permet aux uns de se sentir à bon compte supérieurs devant le Noir, virils devant l'homosexuel, etc., et donne aux autres l'assurance, fragile, qu'à tout le moins on ne les lynchera pas, et aussi l'espoir tranquillisant que, peut-être, un jour, ils passeront de l'autre côté de la barrière.
Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à cher-cher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin. Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique.
L'espace lisse, ou Nomos : sa différence avec l'espace strié. - Ce qui remplit l'espace lisse : le corps, sa différence avec l'organisme. - Ce qui se distribue dans cet espace : rhizome, meutes et multiplicités, - Ce qui se passe : les devenirs et les intensités. - Les coordonnées tracées : territoires, terre et déterritorialisations, Cosmos. - Les signes correspondants, le langage et la musique (les ritournelles). - Agencement des espaces-temps : machine de guerre et appareil d'Etat. Chaque thème est censé constituer un "plateau", c'est-à-dire une région continue d'intensités. Le raccordement des régions se fait à la fois de proche en proche et à distance, suivant des lignes de rhizome, qui concernent les éléments de l'art, de la science et de la politique.
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.
Résumé : L'esthétique est une fois encore à l'ordre du jour philosophique. Notre époque, pressée d'en découdre avec la fin proclamée de l'Art, tient pour évident l'objet de cette discipline. Or l'esthétique est relativement récente : la réflexion sur l'art est une histoire parallèle à celle de la rationalité. Marc Jimenez en retrace ici le développement. C'est au siècle des Lumières que l'esthétique s'autonomise, qu'elle conquiert ses lettres de noblesse, quand devient primordiale la question du Beau comme accès au sens, à la vérité. Alors s'ouvrent des voies diverses : la science du beau (Kunstwissenschaft) n'est pas la faculté de juger kantienne ni la philosophie de l'Art, entre tradition et modernité, imaginée par Hegel. D'où les grands changements de perspective opérés au XXe siècle : le tournant esthétique de la philosophie, inauguré par Nietzsche ; le tournant politique de l'esthétique (Lukàcs, Heidegger, Benjamin, Adorno notamment) ; le tournant culturel de l'esthétique (Goodman, Danto, etc.). Rarement un ouvrage aura dressé un panorama aussi exact qu'utile de l'esthétique d'hier à aujourd'hui, alors que l'art demeure, pour la philosophie, une question essentielle.
Résumé : Révisez l'essentiel de ce qu'il faut savoir, pour le bac et au-delà, sur les plus grands philosophes, de Socrate à Michel Foucault. Dans un format pratique et maniable, retrouvez une présentation synthétique de la vie de ces penseurs et de leurs apports philosophiques. Un classement chronologique de ces 60 philosophes permet de bien saisir les grands courants de pensée à travers les siècles et les frontières.
Découvrez ou redécouvrez les oeuvres clés de la philosophie, des Dialogues de Platon à l'Histoire de la folie à l'âge classique de Michel Foucault. Les oeuvres majeures de chaque philosophe sont résumées, et leur apport dans l'histoire de la pensée est mis en avant et explicité. Ce petit livre donne les clés nécessaires pour construire une dissertation ou un commentaire de texte, mais se veut aussi une invitation à lire de la philosophie...
Une brève histoire de la philosophie : De sa naissance en Grèce antique aux mouvements de pensée postmodernes, en passant par le courant de l'humanisme ou celui des Lumières. Les grands débats de la philosophie, avec 50 grandes questions : Les classiques : l'homme est-il un loup pour l'homme ? En quoi le langage est-il spécifiquement humain ? L'Etat est-il l'ennemi de la liberté ? Les actuelles : l'embryon est-il une personne ? Y a-t-il un devoir de mémoire ? Peut-on dire qu'une civilisation est supérieure à une autre ? Faut-il protéger ou respecter la nature ? La morale a-t-elle sa place dans l'économie ? Un dictionnaire des auteurs et des concepts : Plus de 700 entrées consacrées aux philosophes, de Hannah Arendt à Ludwig Wittgenstein, et aux notions philosophiques majeures, d'absolu à vivant.