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Aux limites du sujet
Chemla Patrick
ERES
18,50 €
Épuisé
EAN :9782749205892
Cet ouvrage à plusieurs voix tente de déployer l'enjeu des "limites du sujet", tant au niveau de la clinique du "transfert/contre-transfert" que des théories analytiques qui en répondent sans se cantonner à la catégorie problématique des "états-limite". Bien au contraire, il s'agirait de penser à partir de notre embarras dans le transfert, tant dans la cure que dans les pratiques institutionnelles ; à chaque fois que le thérapeute vient à être troublé dans son repérage : qui parle ? Quelle strate psychique est atteinte ? De quel sujet s'agit-il ? Et surtout, comment continuer à avancer, perlaborer la traversée et faire advenir le sujet potentiel dans le transfert ? C'est ainsi que "l'enseignement de la Folie" pourrait s'avérer d'autant plus précieux qu'on ne le cantonne pas à la psychose. Cet enjeu, présent dès l'origine de la psychanalyse, s'actualise aujourd'hui dans un contexte idéologique qui constitue non pas une limite externe que l'on pourrait aisément identifier, mais la texture même de l'aliénation politique qu'il faudrait analyser. Ce contexte politique peut aussi prendre une tournure plus violente, comme actuellement au Proche-Orient. Au delà des tensions identitaires, il s'agirait là encore d'accueillir ceux qui tentent de surmonter la catastrophe, en gardant le souci de l'Autre. Cette mise tout à fait incalculable sur l'Autre du transfert pourrait s'avérer paradoxalement une chance pour réinventer la Psychanalyse en insistant sur les enjeux essentiels de la "fonction thérapeutique", au-delà des labels et des garanties illusoires.
Pourrions-nous envisager qu'il y ait du trauma dans la Culture, ce dont Freud avait d'ailleurs pris acte après la Première Guerre mondiale, l'impact des névroses traumatiques le conduisant à reconsidérer sa doctrine et à inventer la pulsion de mort ? La Deuxième Guerre mondiale et la Shoah n'ont-elles pas ruiné la Culture, faisant surgir les génocides, " l'homme des camps " et l'enjeu de la survie ? Comment articuler ces différents registres qui trament le sujet ? Quoi d'autre que le fil rouge de l'inconscient freudien ? La clinique, et en particulier celle des psychoses, est là pour témoigner des catastrophes qui peuvent affecter toute une lignée. Ne s'agirait-il pas alors pour le thérapeute d'?uvrer à ce que cette catastrophe puisse se mettre en scène, faisant advenir " un semblant de trauma " qui permette au sujet psychotique de se construire dans l'espace du transfert ? Issu des VIIe rencontres de la CRIEE (Reims), cet ouvrage rassemble des psychiatres, des psychanalystes, des soignants, qui étayent leurs réflexions sur leur pratique professionnelle.
Plus ou moins désavouées, les forces de déliaison à l'oeuvre pendant la pandémie ont mis à mal les Collectifs, les atomisant, chacun étant renvoyé à une lutte pour sa survie personnelle. Cette attaque des liens vivants renvoit à une entame de "la confiance dans le Monde" . Elle peut être mise en relation avec une destruction du Nebenmensch freudien que nous pourrions traduire par "complexe du prochain" . L'enjeu de la rencontre transférentielle dans la psychose, mais aussi dans d'autres configurations cliniques, suppose de prendre en charge ce Nebenmensch en péril, strate inaugurale pour soutenir le registre de "l'image inconsciente du corps" . Ce qui reste problématique et difficilement transmissible concernerait la capacité de chaque thérapeute, de chaque soignant à "entrer dans la danse" (Davoine), à partager des zones de catastrophe, voire des "aires de mort" psychiques (Benedetti), à s'y risquer, avec son corps et son "être au monde" . Cela nécessite d'articuler la dimension du désir inconscient avec les pratiques des collectifs pris dans la tourmente.
Parmi les multiples acceptions du terme de résistance, celle qui se rapporte à l'imaginaire politique vient en premier à l'esprit. La psychothérapie institutionnelle ne s'est-elle pas inventée sur fond de résistance au nazisme, en articulant les registres hétérogènes du politique et de la psychanalyse? Actualiser cette démarche, c'est prendre acte de la montée des communautarismes et, dans le champ psychiatrique, résister à l'air du temps, à tous les processus normatifs qui, au nom du bien, risquent d'étouffer les possibilités de parcours imprévus.Comment insister sur cette dimension d'un "désir travaillé" qui relance sans cesse pour chacun son rapport à la psychanalyse sans pour autant méconnaître les enjeux d'une aliénation politique sous-jacente? Au-delà de l'actualité des résistances à la psychanalyse, l'objet de ce livre est d'analyser, à partir de la clinique psychanalytique et du travail de psychothérapie institutionnelle, les résistances à l'Inconscient, de l'Inconscient, ce qui toujours ramène à la question du transfert et à celle de l'engagement du désir de l'analyste ou du soignant.
Résumé : Le Collectif à venir indique d'emblée la dimension et le projet politique de ce livre, au sens de : comment s'organiser, comment se regrouper, comment agir ensemble ? Ou encore : comment créer du commun ? Les auteurs rassemblés par La Criée, association créée en 1986 à Reims, exercent dans des institutions psychiatriques. En s'appuyant sur ceux qui les ont précédés, et en particulier sur la pensée de Jean Oury, ils témoignent de leur résistance opiniâtre contre les folies évaluatrices et les volontés de mise au pas de la Haute Autorité de santé, qui s'institue aujourd'hui en "police de la pensée" du soin et des pratiques. Ils montrent comment leur clinique prend sens dans un collectif à construire et à entretenir en ayant le souci de tenir le cap des "praxis instituantes" , autrement dit de relancer sans cesse la création de lieux d'accueil et de soins qui s'appuient sur la créativité et la parole mise en acte de ceux qui s'y tiennent : patients, soignants, mais aussi familles et personnes concernées.
L'essentiel du travail de l'éducateur réside dans le caractère anecdotique de sa présence à l'Autre. Ce n'est pas pour autant que tout le monde peut se dire éducateur! L'apparente simplicité d'un "être avec" masque la réelle complexité du "faire avec". Et ce serait maintenir une illusion que de penser trouver les ressorts du métier d'éducateur en quelques savoirs disciplinaires: ceux-ci ne peuvent l'expliquer que dans l'après-coup. Le sens du métier d'éducateur est à puiser dans une lecture appliquée des actes posés au jour le jour; encore faut-il pour cela disposer d'un langage approprié. D'où le choix de cent mots simples et pourtant illustratifs de la difficulté de ce métier. Cent mots pour une profession longtemps restée sans mots! Tel est le pari de ce dictionnaire qui, par le biais de chacune des notions explorées, tisse des liens entre l'apparente banalité des gestes quotidiens de l'éducateur et leur fondamentale répercussion sur le développement de la personne accompagnée dans une relation d'aide éducative ou de soin. Au final, ce dictionnaire ne conceptualise pas une pratique professionnelle; il la rend visible et lisible par tous ceux qui sont appelés à l'exercer. Il est une trousse à outils que tout éducateur devra savoir garder à portée de main, tant pour l'aider dans ses écrits que pour penser sa pratique. Biographie de l'auteur Philippe Gaberan, éducateur spécialisé et docteur en Sciences de l'éducation, est formateur et chercheur en travail social à l'ADEA (Bourg-en-Bresse). Rédacteur au journal Lien Social, il est aussi l'auteur ou le coauteur de plusieurs ouvrages et articles de référence.
A travers les yeux d?un bébé, cet ouvrage évoque la vie quotidienne des bébés chez leur assistantematernelle. S?appuyant sur des témoignages de collègues, de parents, de professionnels de lapetite enfance et sur sa propre expérience, l?auteur aborde le métier d?assistante maternelle danssa globalité et au quotidien, avec ses joies, ses difficultés, ses incertitudes, tout au long des étapesdu développement physique et psychologique de l?enfant. Des sujets plus délicats y sont abordés,comme la maltraitance, la négligence professionnelle ou parentale, le manque de formation desassistantes maternelles. Une approche intimiste du métier, élargie à des recherches plusapprofondies et prolongée par des conseils et des contacts professionnels.
Ben Soussan Patrick ; Korff-Sausse Simone ; Nelson
Comment dire l'indicible de cette rencontre fondatrice entre un enfant porteur d'un handicap et ses parents? Comment partager cette expérience impensable, comment l'élaborer, lui donner du sens?Quelles peurs, quelles résistances suscite le handicap? Comment dès lors l'accueillir? Comment aider les parents, les fratries, les familles mais aussi les équipes à faire en sorte que le handicap nommé n'assigne pas le nouveau-né à la différence, ne le condamne pas à être autre, irréductiblement, aux yeux de tous?Pédiatres, psychiatre et psychanalyste proposent ici des élaborations croisées à ces situations surchargées d'affects.
La résilience, terme emprunté à la physique pour désigner la capacité des individus à surmonter les traumatismes, n'est pas une notion globale ou uniforme : elle présente de multiples facettes et provoque des controverses dans le monde thérapeutique. Dans cet ouvrage où dialoguent Boris Cyrulnik, à 'origine de la diffusion de cette notion en France, et Serge Tisseron qui en combat les ambiguïtés, les auteurs s'attachent à explorer les phénomènes de résiliences: la résilience serait-elle une recette miracle ou une réelle capacité de chacun à s'épanouir malgré le poids d'un traumatisme ? S'agit-il d'un état ou d'un processus ? D'un mécanisme de défense inné ou acquis ? D'une méthode comportementale ou d'une thérapie ? A mener seul ou avec l'aide d'un tuteur de résilience ? Apanage seulement de la jeunesse ou bien possible à tout âge ? Serait-ce un mot magique survalorisant ceux qui ont survécu à un traumatisme en même temps qu'il donnerait du rêve à ceux qui, dans des difficultés graves, peuvent espérer guérir par leurs seules ressources ? D'autre part, la résilience relève-t-elle du scientifique ou bien du moral dans la mesure où l'amour et la compassion semblent y jouer un râle primordial au détriment du travail scientifique sur l'Inconscient ? Et n'emprunte-t-elle pas à la psychanalyse certains concepts dans leur seul aspect positif et structurant ? Enfin, peut-on en tirer des outils thérapeutiques, voire pédagogiques, où à la traditionnelle prise en charge se substituerait une approche valorisant les ressources de vie, les potentialités de l'individu et de son environnement en développant l'espoir sous forme de réparation ou de création ? . . Joyce Aïn, psychanalyste (Toulouse), membre de la Société Psychanalytique de Paris, présidente de l'association Carrefours & Médiations.