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L'engagement dans l'espace de la rencontre transférentielle
Chemla Patrick
ERES
28,01 €
Épuisé
EAN :9782749277479
Plus ou moins désavouées, les forces de déliaison à l'oeuvre pendant la pandémie ont mis à mal les Collectifs, les atomisant, chacun étant renvoyé à une lutte pour sa survie personnelle. Cette attaque des liens vivants renvoit à une entame de "la confiance dans le Monde" . Elle peut être mise en relation avec une destruction du Nebenmensch freudien que nous pourrions traduire par "complexe du prochain" . L'enjeu de la rencontre transférentielle dans la psychose, mais aussi dans d'autres configurations cliniques, suppose de prendre en charge ce Nebenmensch en péril, strate inaugurale pour soutenir le registre de "l'image inconsciente du corps" . Ce qui reste problématique et difficilement transmissible concernerait la capacité de chaque thérapeute, de chaque soignant à "entrer dans la danse" (Davoine), à partager des zones de catastrophe, voire des "aires de mort" psychiques (Benedetti), à s'y risquer, avec son corps et son "être au monde" . Cela nécessite d'articuler la dimension du désir inconscient avec les pratiques des collectifs pris dans la tourmente.
Extrait Extrait du préliminaire de Patrick Chemla Expériences de la folie Faire «l'expérience de la folie» renverrait en premier lieu chacun à l'énigme de l'Inconscient que l'invention freudienne a défriché mais qui nous revient toujours de façon inédite et bouleversante. Enjeu d'une analyse infinie qui se relance à chaque rencontre transférentielle pour peu que le psychanalyste, le thérapeute s'y prête ; autrement dit qu'il soit prêt à se découvrir en traversant les résistances nombreuses qui obturent ce mouvement. Celles qui proviennent du social semblent actuellement massives et évidentes avec le renforcement des hiérarchies et corporatismes qui accentuent les clivages, et surtout la tendance lourde à suturer «le malaise dans la culture». Le fantasme délirant d'un hygiénisme et d'une prévention généralisée articulé aux «techniques disciplinaires» et aux réponses médicamenteuses produirait ainsi l'espoir insensé d'en finir avec la folie, la maladie et, pourquoi pas, la mort. Ce symptôme social est à prendre au sérieux car au-delà des prétendues garanties et accréditations qui visent au nom du Bien à supprimer le risque de la rencontre, il s'agit de prendre la mesure d'une véritable emprise sur les processus de subjectivation. Les institutions soignantes se retrouvent ainsi «normalisées» et nous avons vu avec «l'affaire des psychothérapies» que certains psychanalystes pouvaient se satisfaire, voire désirer «un abri dans la loi». Comment pourtant ne pas voir que les lois en question ne font que renforcer «l'empire de la norme» et les mesures d'exception pour les fous et les irréductibles !
Parmi les multiples acceptions du terme de résistance, celle qui se rapporte à l'imaginaire politique vient en premier à l'esprit. La psychothérapie institutionnelle ne s'est-elle pas inventée sur fond de résistance au nazisme, en articulant les registres hétérogènes du politique et de la psychanalyse? Actualiser cette démarche, c'est prendre acte de la montée des communautarismes et, dans le champ psychiatrique, résister à l'air du temps, à tous les processus normatifs qui, au nom du bien, risquent d'étouffer les possibilités de parcours imprévus.Comment insister sur cette dimension d'un "désir travaillé" qui relance sans cesse pour chacun son rapport à la psychanalyse sans pour autant méconnaître les enjeux d'une aliénation politique sous-jacente? Au-delà de l'actualité des résistances à la psychanalyse, l'objet de ce livre est d'analyser, à partir de la clinique psychanalytique et du travail de psychothérapie institutionnelle, les résistances à l'Inconscient, de l'Inconscient, ce qui toujours ramène à la question du transfert et à celle de l'engagement du désir de l'analyste ou du soignant.
La réalité clinique et institutionnelle, et ses difficultés actuelles, ont conduit les auteurs à relire plusieurs séminaires de Jean Oury, mais aussi à revisiter la catégorie de l'imaginaire à partir de l'élaboration de Cornelius Castoriadis. Là où Lacan mettait le symbolique, puis le Réel, au coeur de la problématique du sujet, Castoriadis place l'imaginaire radical — à entendre dans ses deux acceptions : à la racine du sujet, mais aussi dans son inscription dans les " productions imaginaires du social-historique e —, une manière pour lui de se détacher très tôt du structuralisme, de tout déterminisme, et de ce qu'il appelle " la pensée héritée e. A partir de cet ancrage théorique et politique, les auteurs explorent les pistes offertes par leur clinique des psychoses et des états limites, attentive à la narrativité, aux productions plastiques des patients, à leur accès à l'espace imaginaire... Ils insistent sur la nécessité actuelle de repenser leur pratique clinique et institutionnelle en prise avec une " nouvelle raison du monde " néolibérale qui engendre une vision réifiée des sujets en souffrance, et promeut un imaginaire comptable, marchand, où chacun se trouve mis en concurrence avec tous.
Une réflexion collective sur les enjeux cliniques et politiques du transmettre en psychiatrie. La haine de la psychanalyse et de la psychothérapie institutionnelle, la haine de l'inconscient font rage et engendrent des campagnes qui affolent l'opinion par le biais de calomnies qui tournent sur Internet et dans de nombreux médias. Le récent plan Autisme en est un symptôme politique accablant. Comment en sommes-nous arrivés là ? L'association La Criée reprend à bras le corps un de ses motifs fondateurs dans un mouvement de mise au travail du Collectif.
L'essentiel du travail de l'éducateur réside dans le caractère anecdotique de sa présence à l'Autre. Ce n'est pas pour autant que tout le monde peut se dire éducateur! L'apparente simplicité d'un "être avec" masque la réelle complexité du "faire avec". Et ce serait maintenir une illusion que de penser trouver les ressorts du métier d'éducateur en quelques savoirs disciplinaires: ceux-ci ne peuvent l'expliquer que dans l'après-coup. Le sens du métier d'éducateur est à puiser dans une lecture appliquée des actes posés au jour le jour; encore faut-il pour cela disposer d'un langage approprié. D'où le choix de cent mots simples et pourtant illustratifs de la difficulté de ce métier. Cent mots pour une profession longtemps restée sans mots! Tel est le pari de ce dictionnaire qui, par le biais de chacune des notions explorées, tisse des liens entre l'apparente banalité des gestes quotidiens de l'éducateur et leur fondamentale répercussion sur le développement de la personne accompagnée dans une relation d'aide éducative ou de soin. Au final, ce dictionnaire ne conceptualise pas une pratique professionnelle; il la rend visible et lisible par tous ceux qui sont appelés à l'exercer. Il est une trousse à outils que tout éducateur devra savoir garder à portée de main, tant pour l'aider dans ses écrits que pour penser sa pratique. Biographie de l'auteur Philippe Gaberan, éducateur spécialisé et docteur en Sciences de l'éducation, est formateur et chercheur en travail social à l'ADEA (Bourg-en-Bresse). Rédacteur au journal Lien Social, il est aussi l'auteur ou le coauteur de plusieurs ouvrages et articles de référence.
Un nourrisson éveillé reste rarement inactif, même lorsqu'il n'est pas pressé par les besoins de la vie. Joue-t-il pour autant ? Le cas échéant, à quoi joue-t-il et comment ? Questions fédératrices de ce recueil d'observations et de commentaires divers. D'abord, s'entendre sur la définition du jeu, sa fonction, son origine... Ensuite, chercher les conditions nécessaires au jouet : quiétude, maturité, présence de l'adulte, choix des jouets... Vingt-six volets pour se faire une idée à ce sujet : coups de zoom ou angles plus larges sur des situations de la vie quotidienne.
Bosse-Platière Suzon ; Ben Soussan Patrick ; Desca
Si de tout temps les femmes ont travaillé tout en ayant des enfants, aujourd'hui elles sont de plus en plus nombreuses à exercer leur activité à l'extérieur de chez elles. Et les transformations de la famille conduisent la plupart d'entre elles à confier leurs enfants à des professionnels de l'accueil éducatif. Le mouvement féministe, ces dernières décennies, s'est attaché à l'émancipation de la femme et à la construction de la parité avec les hommes. Aujourd'hui, il apparaît important de repenser la maternité et la prise en charge du jeune enfant à partir de la question de la place des femmes dans la société. C'est cette interrogation qui est ici soumise à des historienne, sociologue, médecin, psychiatre, psychologues et psychanalyste.
La résilience, terme emprunté à la physique pour désigner la capacité des individus à surmonter les traumatismes, n'est pas une notion globale ou uniforme : elle présente de multiples facettes et provoque des controverses dans le monde thérapeutique. Dans cet ouvrage où dialoguent Boris Cyrulnik, à 'origine de la diffusion de cette notion en France, et Serge Tisseron qui en combat les ambiguïtés, les auteurs s'attachent à explorer les phénomènes de résiliences: la résilience serait-elle une recette miracle ou une réelle capacité de chacun à s'épanouir malgré le poids d'un traumatisme ? S'agit-il d'un état ou d'un processus ? D'un mécanisme de défense inné ou acquis ? D'une méthode comportementale ou d'une thérapie ? A mener seul ou avec l'aide d'un tuteur de résilience ? Apanage seulement de la jeunesse ou bien possible à tout âge ? Serait-ce un mot magique survalorisant ceux qui ont survécu à un traumatisme en même temps qu'il donnerait du rêve à ceux qui, dans des difficultés graves, peuvent espérer guérir par leurs seules ressources ? D'autre part, la résilience relève-t-elle du scientifique ou bien du moral dans la mesure où l'amour et la compassion semblent y jouer un râle primordial au détriment du travail scientifique sur l'Inconscient ? Et n'emprunte-t-elle pas à la psychanalyse certains concepts dans leur seul aspect positif et structurant ? Enfin, peut-on en tirer des outils thérapeutiques, voire pédagogiques, où à la traditionnelle prise en charge se substituerait une approche valorisant les ressources de vie, les potentialités de l'individu et de son environnement en développant l'espoir sous forme de réparation ou de création ? . . Joyce Aïn, psychanalyste (Toulouse), membre de la Société Psychanalytique de Paris, présidente de l'association Carrefours & Médiations.