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Résistances et transferts
Chemla Patrick, Collectif
ERES
18,50 €
Épuisé
EAN :9782749203294
Parmi les multiples acceptions du terme de résistance, celle qui se rapporte à l'imaginaire politique vient en premier à l'esprit. La psychothérapie institutionnelle ne s'est-elle pas inventée sur fond de résistance au nazisme, en articulant les registres hétérogènes du politique et de la psychanalyse? Actualiser cette démarche, c'est prendre acte de la montée des communautarismes et, dans le champ psychiatrique, résister à l'air du temps, à tous les processus normatifs qui, au nom du bien, risquent d'étouffer les possibilités de parcours imprévus.Comment insister sur cette dimension d'un "désir travaillé" qui relance sans cesse pour chacun son rapport à la psychanalyse sans pour autant méconnaître les enjeux d'une aliénation politique sous-jacente? Au-delà de l'actualité des résistances à la psychanalyse, l'objet de ce livre est d'analyser, à partir de la clinique psychanalytique et du travail de psychothérapie institutionnelle, les résistances à l'Inconscient, de l'Inconscient, ce qui toujours ramène à la question du transfert et à celle de l'engagement du désir de l'analyste ou du soignant.
Cet ouvrage à plusieurs voix tente de déployer l'enjeu des "limites du sujet", tant au niveau de la clinique du "transfert/contre-transfert" que des théories analytiques qui en répondent sans se cantonner à la catégorie problématique des "états-limite". Bien au contraire, il s'agirait de penser à partir de notre embarras dans le transfert, tant dans la cure que dans les pratiques institutionnelles ; à chaque fois que le thérapeute vient à être troublé dans son repérage : qui parle ? Quelle strate psychique est atteinte ? De quel sujet s'agit-il ? Et surtout, comment continuer à avancer, perlaborer la traversée et faire advenir le sujet potentiel dans le transfert ? C'est ainsi que "l'enseignement de la Folie" pourrait s'avérer d'autant plus précieux qu'on ne le cantonne pas à la psychose. Cet enjeu, présent dès l'origine de la psychanalyse, s'actualise aujourd'hui dans un contexte idéologique qui constitue non pas une limite externe que l'on pourrait aisément identifier, mais la texture même de l'aliénation politique qu'il faudrait analyser. Ce contexte politique peut aussi prendre une tournure plus violente, comme actuellement au Proche-Orient. Au delà des tensions identitaires, il s'agirait là encore d'accueillir ceux qui tentent de surmonter la catastrophe, en gardant le souci de l'Autre. Cette mise tout à fait incalculable sur l'Autre du transfert pourrait s'avérer paradoxalement une chance pour réinventer la Psychanalyse en insistant sur les enjeux essentiels de la "fonction thérapeutique", au-delà des labels et des garanties illusoires.
Résumé : Il s'agit de penser l'actuel des pratiques de soin à destination des personnes psychotiques, mises à mal par une logique managériale de marchandisation de l'humain, redoublée maintenant d'une logique prétendument sécuritaire, en campant très fermement sur les deux jambes de la psychothérapie institutionnelle, la politique et la psychanalytique, pour soutenir les processus de subjectivation et de création au coeur même de la crise de la culture.
Plus ou moins désavouées, les forces de déliaison à l'oeuvre pendant la pandémie ont mis à mal les Collectifs, les atomisant, chacun étant renvoyé à une lutte pour sa survie personnelle. Cette attaque des liens vivants renvoit à une entame de "la confiance dans le Monde" . Elle peut être mise en relation avec une destruction du Nebenmensch freudien que nous pourrions traduire par "complexe du prochain" . L'enjeu de la rencontre transférentielle dans la psychose, mais aussi dans d'autres configurations cliniques, suppose de prendre en charge ce Nebenmensch en péril, strate inaugurale pour soutenir le registre de "l'image inconsciente du corps" . Ce qui reste problématique et difficilement transmissible concernerait la capacité de chaque thérapeute, de chaque soignant à "entrer dans la danse" (Davoine), à partager des zones de catastrophe, voire des "aires de mort" psychiques (Benedetti), à s'y risquer, avec son corps et son "être au monde" . Cela nécessite d'articuler la dimension du désir inconscient avec les pratiques des collectifs pris dans la tourmente.
Résumé : Alors que se trouve ravagée toute une tradition de droit d'asile et de lois de l'hospitalité au fondement du lien social, comment la haine et la peur de l'étranger retentissent-elles sur les pratiques d'accueil de la folie ? Aujourd'hui, la contrainte et les "soins sans consentement" reviennent sans vergogne tandis que sont vantées les vertus d'une déshospitalisation qui rejette les patients à la rue ou les condamne à la prison. Penser l'hospitalité en psychiatrie à l'entrecroisement hétérogène de plusieurs champs (psychanalytique, philosophique, littéraire, poétique) s'impose avec insistance. L'enjeu consiste, en évitant la nostalgie d'un âge d'or, à soutenir les collectifs qui résistent et développent une pratique inventive, tout en évitant un repli dans des institutions qui pourraient vite devenir de petites "forteresses vides", si le mouvement de subversion de l'institué n'y était pas relancé. L'appui sur l'abord freudien est ici essentiel pour questionner l'accueil de l'étrangement inquiétant (unheimilich) et les fondements d'une hospitalité où l'analyste, le soignant offrent leur espace psychique. Les auteurs témoignent de leur engagement à travers de nombreuses histoires cliniques.
Dès l'apparition de la théorie de l'attachement - dans la trilogie de John Bowlby, Attachement et perte - ses relations tumultueuses avec la psychanalyse ont occupé le devant de la scène. Plus encore, on peut affirmer rétrospectivement que cette option théorique a puisé une bonne part de sa créativité dans la vivacité de cette conflictualité. C'est dans cet esprit qu'a été conçu cet ouvrage qui reprend, actualisé et complété. le dossier publié dans Le carnet Psy. Il propose une revue critique en examinant les éléments de convergences. de divergences et d'enrichissement mutuels entre théorie de l'attachement et psychanalyse. Son format synthétique. sa vocation didactique et sa lisibilité en font un incontournable outil pour tous ceux qui veulent s'initier aux rudiments fondamentaux de la théorie de l'attachement; les thèmes traités et l'originalité des ouvertures épistémologiques offrent aussi une lecture stimulante pour les connaisseurs.
Face à la complexité croissante du mouvement systémique et des thérapies familiales, ce livre offre des repères théoriques largement illustrés par la pratique des auteurs. Pour chaque modèles de thérapie familiale, six rubriques: les concepts-clefs; sur quoi porte l'intervention; comment le problème est-il défini; l'objectif de l'intervention ou de la thérapie; les outils utilisés; la position de l'intervenant ou du thérapeute.
La résilience, terme emprunté à la physique pour désigner la capacité des individus à surmonter les traumatismes, n'est pas une notion globale ou uniforme : elle présente de multiples facettes et provoque des controverses dans le monde thérapeutique. Dans cet ouvrage où dialoguent Boris Cyrulnik, à 'origine de la diffusion de cette notion en France, et Serge Tisseron qui en combat les ambiguïtés, les auteurs s'attachent à explorer les phénomènes de résiliences: la résilience serait-elle une recette miracle ou une réelle capacité de chacun à s'épanouir malgré le poids d'un traumatisme ? S'agit-il d'un état ou d'un processus ? D'un mécanisme de défense inné ou acquis ? D'une méthode comportementale ou d'une thérapie ? A mener seul ou avec l'aide d'un tuteur de résilience ? Apanage seulement de la jeunesse ou bien possible à tout âge ? Serait-ce un mot magique survalorisant ceux qui ont survécu à un traumatisme en même temps qu'il donnerait du rêve à ceux qui, dans des difficultés graves, peuvent espérer guérir par leurs seules ressources ? D'autre part, la résilience relève-t-elle du scientifique ou bien du moral dans la mesure où l'amour et la compassion semblent y jouer un râle primordial au détriment du travail scientifique sur l'Inconscient ? Et n'emprunte-t-elle pas à la psychanalyse certains concepts dans leur seul aspect positif et structurant ? Enfin, peut-on en tirer des outils thérapeutiques, voire pédagogiques, où à la traditionnelle prise en charge se substituerait une approche valorisant les ressources de vie, les potentialités de l'individu et de son environnement en développant l'espoir sous forme de réparation ou de création ? . . Joyce Aïn, psychanalyste (Toulouse), membre de la Société Psychanalytique de Paris, présidente de l'association Carrefours & Médiations.
L'ouvrage est une réponse à la question "à quoi ça sert d'être éducateur?" A contre-courant d'une pensée unique qui réduit le sens d'une pratique à son utilité, l'auteur affirme que la relation éducative ne sert ni à guérir, ni à ramener des individus dans la norme, ni à réparer un préjudice comme y invite l'arrêt Perruche, mais à les aider à surmonter l'injustice liée à leur différence et à trouver du sens à leur vie. C'est ce que l'auteur appelle passer du "vivre" à "l'exister". Prenant appui sur l'expérience de terrain et sur cinq histoires de vie, l'ouvrage présente une relation éducative fondée sur l'engagement de l'éducateur autant que sur son savoir-faire professionnel. Il renoue avec les valeurs fondamentales du métier et tisse le lien entre l'éthique et la pratique. Biographie de l'auteur Educateur spécialisé et docteur en sciences de l'éducation, Philippe Gaberan est aujourd'hui formateur en travail social à l'ADEA de Bourg-en-Bresse (01); ses enseignements et ses recherches le conduisent à se spécialiser en histoire et philosophie de l'éducation. Il est rédacteur au journal Lien social (Toulouse) et l'auteur de plusieurs ouvrages.