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Formes, figures, réalité
Chazal Gérard
CHAMP VALLON
23,50 €
Épuisé
EAN :9782876732452
Le concept de forme, qui hanta la philosophie antique, a été au cours du temps bien oublié, victime d'une science triomphante fondée sur l'usage restreint de la cause efficiente, mécanique et mathématisée. La forme fut longtemps victime des succès d'une physique algébrisée où le calcul s'était substitué à la représentation géométrique. Pourtant, c'est par les mathématiques et les sciences que la forme revient aujourd'hui comme concept opératoire et explicatif, dans l'étude des systèmes dynamiques ou dans celle de l'embryogenèse, par exemple. En témoignent de nombreux travaux dont ceux, particulièrement significatifs, de René Thom. Bien sûr, nous ne sommes plus en présence de l'antique cause formelle d'Aristote et de ses avatars scolastiques. La rigueur mathématique et les développements des sciences et techniques l'ont considérablement transformée. Il s'agit donc ici de retrouver la notion de forme comme schème explicatif, si ce n'est universel, tout du moins transversal à de nombreux domaines, des sciences aux arts, des techniques les plus primitives aux plus modernes. Face au savoir en miettes, le savant étant de plus en plus enfermé dans sa spécialité, le rôle de la philosophie est bien d'articuler ce qui se donne de manière séparée. La philosophie est, par une sorte de nécessité, le lieu où tout se croise. Ni art ni science, elle est l'intersection des deux, le point de fuite qu'il faut donner aux savoirs éparpillés. La forme et l'espace peuvent-ils féconder la pensée et fournir ce fond ontologique que réclament le développement des connaissances et notre emprise sur le monde ? Telle est donc la question que ce travail veut aborder.
Certains voient dans les techniques la promesse d'un avenir enchanté, pour d'autres la technique est la source de tous nos maux-gaspillage, pollution, réchauffement climatique. Comment dépasser cette opposition ? On considère souvent que les techniques viennent satisfaire nos besoins, les plus vitaux comme les plus superficiels. Cependant elles s'avèrent, à l'examen, n'être pas toujours parfaitement rationnelles : y interviennent aussi bien notre imaginaire que notre vie émotionnelle. Des pratiques initiales de la magie et des jeux de l'enfance au labyrinthe du monde numérique et où les techniques ont partie liée avec les sciences et les arts, on montrera comment l'être humain crée les techniques autant qu'il est façonné par elles. En outre, parce que la technique projette sur le monde un univers de possibles et s'inscrit dans le futur, cet ouvrage éclaircira les relations complexes qu'elle entretient avec les pouvoirs tant économiques que politiques.
Aujourd'hui la notion de nature est omniprésente : le mot se trouve au coeur des réflexions écologiques mais sert aussi d'argument publicitaire pour les produits les plus divers de l'industrie agroalimentaire à la cosmétique. Cependant, les usages actuels et multiformes de cette notion se trouvaient déjà dans les débats du siècle des Lumières. Alors que les fondements religieux de la société s'effritaient sous l'effet de la division du christianisme et de la révolution scientifique, la Nature cessait d'être l'oeuvre divine offerte à la contemplation pour devenir l'objet de la science. Elle devint aussi le pivot d'un basculement culturel, social et politique lorsqu'on opposa à la religion révélée la religion naturelle, au droit divin le droit naturel. Si la dialectique entre la raison et la nature ouverte au XVIIIe siècle se poursuit, un retour sur ce thème des Lumières à nos jours éclaire l'actualité de ce début du XXIe siècle. Les articles réunis dans cet ouvrage s'intéressent successivement à l'idée de nature dans les sciences, les techniques, les arts, le droit et la politique ainsi qu'à l'héritage actuel de ces débats.
Dans son précédent ouvrage, Les Réseaux du sens, Gérard Chazal développait l'idée que le sens tenait aussi bien de l'ordre du monde que de la puissance et de la structure de notre cerveau ou de notre esprit. Autrement dit toute signification naît de l'interaction de l'homme et du monde et des hommes entre eux. Cependant, ces interactions ne se construisent que rarement par un contact direct ou par une présence immédiate de l'individu aux choses et aux événements. L'homme est informé par son milieu physique et social et en retour informe ce milieu, le modifie, le reconstruit incessamment. Ces actions réciproques des hommes et de l'univers qui les entoure passent par de nombreux intermédiaires qu'on appelle ici, par analogie avec les systèmes informatiques, des interfaces. L'interface est donc ce qui se glisse entre deux éléments pour les relier, les mettre en rapport, les faire interagir et les modifier profondément en les intégrant dans un tout auxquels ils se soumettent. Les interfaces elles-mêmes se construisent et évoluent sous la pression de l'activité humaine et du fait des inévitables relations qu'elles entretiennent. Interfaces est une véritable enquête sur ces intermédiaires. Il y est donc question du langage, des signes, des outils et des machines, des institutions de toutes sortes mais aussi de notre corps lui-même (la peau est l'interface la plus immédiate dont nous usons) que nous décorons et parons (tatouages, peintures, scarifications...) pour tisser les liens indispensables entre les hommes et la nature, et indispensables à la cohésion des communautés humaines.
La période qui voit le passage de la ville de l'Ancien Régime à la ville haussmannienne ou haussmannisée semble bien connue et les conditions de cette transformation ont été largement analysées. Schématiquement, on considère que le milieu urbain s'assainit tout au long du XIXe siècle, passant de la stagnation miasmatique encouragée par les activités artisanales à la dynamique industrielle symbolisée par la rectification urbaine qui associe percée, aménagement du réseau viaire, nettoiement généralisé de l'espace public grâce aux égouts et à la distribution de l'eau, renouvellement de l'air grâce aux grands mouvements urbains, humains et économiques. Cet ouvrage aborde la ville du point de vue de deux acteurs qui ont joué un rôle fondamental dans les transformations du milieu urbain : le médecin et l'ingénieur, en mettant en avant la cohérence et surtout les limites de leurs approches respectives, traduites par les dysfonctionnements connus par le milieu. Pour ce faire, l'auteur adopte un point de vue original, celui du sol et du sous-sol urbains, par opposition à l'air et à l'eau qui sont considérés depuis plus d'un siècle comme les principaux vecteurs de l'environnement et de la salubrité. L'évolution du milieu urbain, principalement étudiée dans le cas de Paris, révèle les limites des transformations mises en ?uvre au XIXe siècle. L'imperméabilisation du sol, la production de boues, les effets de l'assainissement ou le paludisme urbain traduisent l'échec (certes relatif) et les effets pervers du projet hygiéniste. En définitive, le milieu urbain échappe rapidement à la science.
Résumé : Dans le monde entier, citoyens, militants et experts cherchent aujourd'hui à repenser nos sociétés et leur rapport à la nature à l'aune d'un usage et d'un gouvernement en commun des environnements et des ressources. Forêts et pâturages, terres et marais, lacs et rivières, pêcheries, systèmes d'irrigation : partout on redécouvre, expérimente, promeut leur gestion collective, avec l'espoir d'un avenir plus soutenable et plus démocratique. Ce monde des communs est à inventer, mais il hérite aussi d'une longue histoire que ce volume voudrait éclairer. Quelle place ceux-ci ont-ils occupée, en France et dans son Empire, sur la longue durée depuis le XVIIe siècle ? Comment les communs ont-ils évolué en lien avec les mutations de l'Etat et des marchés ? Quelles ont été leurs trajectoires dans le contexte des territoires colonisés par la France ? Et comment restituer toute la complexité des formes de gouvernement collectif des environnements, au-delà d'une conception parfois trop idéalisée des communs ? Une équipe d'historiens présente ici leurs résultats d'enquête sur tout ce pan encore trop méconnu de l'histoire sociale, écologique et politique de nos sociétés.
Les débats autour de la désinformation, des fake news et de la post-vérité risquent d'occulter une crise peut-être plus radicale que la crise de la vérité : la destitution de la réalité elle-même. Cette destitution commence avec la volonté prométhéenne de transformer la nature en environnement, et donc de détruire celle-ci. Elle prend bien d'autres formes, hétérogènes et indépendantes les unes des autres en apparence, mais qui en fait conjoignent leurs effets. L'artificialisme, le simulationnisme, le présentisme, le prédictionnisme, le fictionnisme, le négationnisme, le complotisme et le nihilisme sont les huit formes de destitution de la réalité analysées dans cet essai. Comme l'avait vu le psychanalyste Jacques Lacan, c'est la psychose qui guette l'humanité.