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Les Lumières et l'idée de nature
Chazal Gérard
EUD
22,00 €
Épuisé
EAN :9782915611823
Aujourd'hui la notion de nature est omniprésente : le mot se trouve au coeur des réflexions écologiques mais sert aussi d'argument publicitaire pour les produits les plus divers de l'industrie agroalimentaire à la cosmétique. Cependant, les usages actuels et multiformes de cette notion se trouvaient déjà dans les débats du siècle des Lumières. Alors que les fondements religieux de la société s'effritaient sous l'effet de la division du christianisme et de la révolution scientifique, la Nature cessait d'être l'oeuvre divine offerte à la contemplation pour devenir l'objet de la science. Elle devint aussi le pivot d'un basculement culturel, social et politique lorsqu'on opposa à la religion révélée la religion naturelle, au droit divin le droit naturel. Si la dialectique entre la raison et la nature ouverte au XVIIIe siècle se poursuit, un retour sur ce thème des Lumières à nos jours éclaire l'actualité de ce début du XXIe siècle. Les articles réunis dans cet ouvrage s'intéressent successivement à l'idée de nature dans les sciences, les techniques, les arts, le droit et la politique ainsi qu'à l'héritage actuel de ces débats.
Dans son précédent ouvrage, Les Réseaux du sens, Gérard Chazal développait l'idée que le sens tenait aussi bien de l'ordre du monde que de la puissance et de la structure de notre cerveau ou de notre esprit. Autrement dit toute signification naît de l'interaction de l'homme et du monde et des hommes entre eux. Cependant, ces interactions ne se construisent que rarement par un contact direct ou par une présence immédiate de l'individu aux choses et aux événements. L'homme est informé par son milieu physique et social et en retour informe ce milieu, le modifie, le reconstruit incessamment. Ces actions réciproques des hommes et de l'univers qui les entoure passent par de nombreux intermédiaires qu'on appelle ici, par analogie avec les systèmes informatiques, des interfaces. L'interface est donc ce qui se glisse entre deux éléments pour les relier, les mettre en rapport, les faire interagir et les modifier profondément en les intégrant dans un tout auxquels ils se soumettent. Les interfaces elles-mêmes se construisent et évoluent sous la pression de l'activité humaine et du fait des inévitables relations qu'elles entretiennent. Interfaces est une véritable enquête sur ces intermédiaires. Il y est donc question du langage, des signes, des outils et des machines, des institutions de toutes sortes mais aussi de notre corps lui-même (la peau est l'interface la plus immédiate dont nous usons) que nous décorons et parons (tatouages, peintures, scarifications...) pour tisser les liens indispensables entre les hommes et la nature, et indispensables à la cohésion des communautés humaines.
Au terme de l'évolution animale, l'apparition de l'homme marque une rupture. Non seulement sa faiblesse l'oblige à recourir à divers artifices pour se vêtir, se protéger des intempéries et des fauves, chasser et se nourrir, mais, la rupture d'avec l'ordre naturel consommée, il entre dans un processus sans fin de développement d'un ordre proprement humain et artificiel, toujours plus éloigné de la nature, à laquelle il appartient mais de laquelle il ne cesse de s'échapper. Pour l'homme le monde est radicalement inachevé. Il vit en effet dans une permanente insatisfaction, moteur d'un procès d'humanisation qui creuse entre lui et le monde lui abîme impossible à combler. Cet ouvrage décrit cette dimension humaine en la déclinant selon quatre grands ordres. L'ordre des bâtisseurs. Etre fragile, l'homme a dû construire des abris, mais très vite il fut question de bien autre chose quand il éleva pour les dieux et pour les princes des bâtiments faits pour défier le temps. L'architecture raconte l'homme in travers l'espace et le temps. Il fallait en repérer les articulations. L'ordre de la représentation. Musique, poésie, sculpture ou peinture, l'artifice est aussi l'image in travers laquelle nous nous arrachons à la nature première. Dans ce jeu de miroirs que les hommes ont instauré depuis les premières représentations sur les parois des grottes, nous ne cessons de conjuguer la rupture d'avec une immédiate présence à nous-mêmes. L'ordre des techniques. S'il avait suffi de se doter des outils indispensables à notre survie, le développement technique aurait pu s'arrêter à l'aube du néolithique. Il n'en fut rien. Dans la frénésie technique il s'agit bien plutôt d'accomplir cette tâche d'humanisation à laquelle l'incomplétude du monde nous condamne. L'ordre de l'information. Là encore l'humanité ne pouvait pas en rester au strict et nécessaire échange d'information tel que certains animaux sociaux le pratiquent. L'ordre humain, c'est aussi celui d'un échange créateur d'ordre, une manière symbolique d'organiser le monde.
Résumé : Le concept de forme, qui hanta la philosophie antique, a été au cours du temps bien oublié, victime d'une science triomphante fondée sur l'usage restreint de la cause efficiente, mécanique et mathématisée. La forme fut longtemps victime des succès d'une physique algébrisée où le calcul s'était substitué à la représentation géométrique. Pourtant, c'est par les mathématiques et les sciences que la forme revient aujourd'hui comme concept opératoire et explicatif, dans l'étude des systèmes dynamiques ou dans celle de l'embryogenèse, par exemple. En témoignent de nombreux travaux dont ceux, particulièrement significatifs, de René Thom. Bien sûr, nous ne sommes plus en présence de l'antique cause formelle d'Aristote et de ses avatars scolastiques. La rigueur mathématique et les développements des sciences et techniques l'ont considérablement transformée. Il s'agit donc ici de retrouver la notion de forme comme schème explicatif, si ce n'est universel, tout du moins transversal à de nombreux domaines, des sciences aux arts, des techniques les plus primitives aux plus modernes. Face au savoir en miettes, le savant étant de plus en plus enfermé dans sa spécialité, le rôle de la philosophie est bien d'articuler ce qui se donne de manière séparée. La philosophie est, par une sorte de nécessité, le lieu où tout se croise. Ni art ni science, elle est l'intersection des deux, le point de fuite qu'il faut donner aux savoirs éparpillés. La forme et l'espace peuvent-ils féconder la pensée et fournir ce fond ontologique que réclament le développement des connaissances et notre emprise sur le monde ? Telle est donc la question que ce travail veut aborder.
La mort accidentelle d'Albert Camus, l'intellectuel solitaire et solidaire, le 4 janvier 1960 à Villeblevin (Yonne), a sidéré le monde entier. Quand on évoque Albert Camus, icône de la littérature française, ce sont les écrits du romancier, L'Etranger, La Peste, La Chute que l'on cite spontanément. Mais il était aussi dramaturge, éditorialiste de génie, essayiste, philosophe et citoyen du monde, ne se dérobant jamais face à un combat pour condamner toutes les formes de totalitarismes et l'horreur nazie. L'Algérie, son pays d'origine, fait partie intégrante de sa vie et de son oeuvre. L'originalité du présent essai est de retracer la trajectoire exceptionnelle d'un gamin pauvre du quartier Belcourt à Alger au Prix Nobel de littérature. Mais au-delà d'une simple biographie, ce texte cerne une production littéraire qui reste un témoignage essentiel sur les bouleversements du XXe siècle et sur des faits qui sont encore de notre temps. Dans un monde absurde, l'être humain doit faire au mieux pour accomplir sa destinée d'Homme.