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Interfaces. Enquêtes sur les mondes intermédiaires
Chazal Gérard
CHAMP VALLON
24,00 €
Épuisé
EAN :9782876733510
Dans son précédent ouvrage, Les Réseaux du sens, Gérard Chazal développait l'idée que le sens tenait aussi bien de l'ordre du monde que de la puissance et de la structure de notre cerveau ou de notre esprit. Autrement dit toute signification naît de l'interaction de l'homme et du monde et des hommes entre eux. Cependant, ces interactions ne se construisent que rarement par un contact direct ou par une présence immédiate de l'individu aux choses et aux événements. L'homme est informé par son milieu physique et social et en retour informe ce milieu, le modifie, le reconstruit incessamment. Ces actions réciproques des hommes et de l'univers qui les entoure passent par de nombreux intermédiaires qu'on appelle ici, par analogie avec les systèmes informatiques, des interfaces. L'interface est donc ce qui se glisse entre deux éléments pour les relier, les mettre en rapport, les faire interagir et les modifier profondément en les intégrant dans un tout auxquels ils se soumettent. Les interfaces elles-mêmes se construisent et évoluent sous la pression de l'activité humaine et du fait des inévitables relations qu'elles entretiennent. Interfaces est une véritable enquête sur ces intermédiaires. Il y est donc question du langage, des signes, des outils et des machines, des institutions de toutes sortes mais aussi de notre corps lui-même (la peau est l'interface la plus immédiate dont nous usons) que nous décorons et parons (tatouages, peintures, scarifications...) pour tisser les liens indispensables entre les hommes et la nature, et indispensables à la cohésion des communautés humaines.
En associant philosophie et logique, cet ouvrage apporte un éclairage sur l'évolution de la logique de l'époque d'Aristote à nos jours. Il présente les différents formalismes des logiques non-standard en expliquant tout d'abord les besoins de ces logiques puis leurs descriptions syntaxiques et sémantiques. A l'aide d'exercices, il offre un panorama de ces logiques qui sont complexes à "utiliser" pour modéliser des connaissances permettant ainsi aux lecteurs d'appréhender ce domaine.
Au terme de l'évolution animale, l'apparition de l'homme marque une rupture. Non seulement sa faiblesse l'oblige à recourir à divers artifices pour se vêtir, se protéger des intempéries et des fauves, chasser et se nourrir, mais, la rupture d'avec l'ordre naturel consommée, il entre dans un processus sans fin de développement d'un ordre proprement humain et artificiel, toujours plus éloigné de la nature, à laquelle il appartient mais de laquelle il ne cesse de s'échapper. Pour l'homme le monde est radicalement inachevé. Il vit en effet dans une permanente insatisfaction, moteur d'un procès d'humanisation qui creuse entre lui et le monde lui abîme impossible à combler. Cet ouvrage décrit cette dimension humaine en la déclinant selon quatre grands ordres. L'ordre des bâtisseurs. Etre fragile, l'homme a dû construire des abris, mais très vite il fut question de bien autre chose quand il éleva pour les dieux et pour les princes des bâtiments faits pour défier le temps. L'architecture raconte l'homme in travers l'espace et le temps. Il fallait en repérer les articulations. L'ordre de la représentation. Musique, poésie, sculpture ou peinture, l'artifice est aussi l'image in travers laquelle nous nous arrachons à la nature première. Dans ce jeu de miroirs que les hommes ont instauré depuis les premières représentations sur les parois des grottes, nous ne cessons de conjuguer la rupture d'avec une immédiate présence à nous-mêmes. L'ordre des techniques. S'il avait suffi de se doter des outils indispensables à notre survie, le développement technique aurait pu s'arrêter à l'aube du néolithique. Il n'en fut rien. Dans la frénésie technique il s'agit bien plutôt d'accomplir cette tâche d'humanisation à laquelle l'incomplétude du monde nous condamne. L'ordre de l'information. Là encore l'humanité ne pouvait pas en rester au strict et nécessaire échange d'information tel que certains animaux sociaux le pratiquent. L'ordre humain, c'est aussi celui d'un échange créateur d'ordre, une manière symbolique d'organiser le monde.
Certains voient dans les techniques la promesse d'un avenir enchanté, pour d'autres la technique est la source de tous nos maux-gaspillage, pollution, réchauffement climatique. Comment dépasser cette opposition ? On considère souvent que les techniques viennent satisfaire nos besoins, les plus vitaux comme les plus superficiels. Cependant elles s'avèrent, à l'examen, n'être pas toujours parfaitement rationnelles : y interviennent aussi bien notre imaginaire que notre vie émotionnelle. Des pratiques initiales de la magie et des jeux de l'enfance au labyrinthe du monde numérique et où les techniques ont partie liée avec les sciences et les arts, on montrera comment l'être humain crée les techniques autant qu'il est façonné par elles. En outre, parce que la technique projette sur le monde un univers de possibles et s'inscrit dans le futur, cet ouvrage éclaircira les relations complexes qu'elle entretient avec les pouvoirs tant économiques que politiques.
Un constat : les filles sont beaucoup moins nombreuses à s'engager dans des études scientifiques, les femmes moins nombreuses dans les carrières liées aux sciences. Cela est-il le fait d'une " nature féminine " qui serait incompatible avec les sciences ou bien le résultat d'une violence faite aux femmes depuis des siècles leur interdisant l'accès au savoir, les confinant dans des tâches subalternes, les enfermant dans le soin du ménage et des enfants ? L'auteur a tenté dans cet ouvrage de montrer qu'il a existé une véritable discrimination vis-à-vis des femmes quant à la possibilité qu'elles participent à la constitution des savoirs. Pire, il y eut dans l'histoire de très grandes figures de femmes scientifiques mais on a trop souvent occulté leur nom et leurs apports. Elles ont ajouté à leur génie de savantes le courage de leur lutte pour s'imposer dans un monde masculin des sciences. C'est donc à un tableau de ces femmes remarquables que ce livre est consacré, à leurs apports éminents aux savoirs de l'humanité, aux obstacles culturels, idéologiques et sociaux qu'elles ont dû vaincre. Depuis Hypatie assassinée sur les pavés d'Alexandrie par les fanatiques chrétiens à Lise Meitner injustement privée de prix Nobel, en passant par la Marquise du Châtelet et Marie Curie, ce livre se veut une rapide histoire qui rende justice aux femmes en sciences. En astronomie, en mathématiques, en physique, en chimie, en biologie, en médecine, elles ont été sur tous les fronts de la recherche, pionnières dont il est peut-être temps de sortir les noms de l'oubli en rappelant ce que furent leur vie, leurs combats et leurs succès.
Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d'un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre fut destructrice et indécise, c'est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d'une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l'Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.
Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l'interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l'état d'urgence quasi permanent. En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d'une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l'on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s'invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019. La vie politique française, malgré ce qu'en dit toute une tradition historiographique, n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison : celui d'un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n'est pas une Révolution : c'est une vieille histoire.
Volontiers qualifiées de "favorites", de "presque reines" et même parfois de "sultanes", les maîtresses des rois de France sont parmi les femmes les plus célèbres de l'Ancien Régime. Si, depuis le début du XIXe siècle, nombre de biographies et de romans historiques leur furent consacrés, elles rencontrent un accueil plus mitigé auprès des chercheurs. Flavie Leroux vise dans cet ouvrage à dépasser l'anecdote et la "petite histoire", pour proposer une perspective plus large rendre compte du rôle central que les maîtresses ont pu tenir dans la construction de leur propre parcours, dans le devenir de certaines familles et dans le fonctionnement institutionnel de la monarchie. L'enjeu est d'étudier le phénomène de la faveur au féminin en général à l'aide de sources largement inédites. A cet effet, est considérée une période charnière dans l'histoire de France : les règnes de Henri IV (1589-1610) et de Louis XIV (1643-1715), qui marquent l'avènement et l'expansion de la monarchie dite absolue. On retrouvera des figures fameuses, telles Gabrielle d'Estrées, Mme de Montespan ou Mme de Maintenon, mais aussi des maîtresses moins connues, comme Jacqueline de Bueil, Charlotte des Essarts ou encore Marie-Angélique de Fontanges. L'étude ne s'arrête cependant pas aux femmes qui entretiennent une liaison avec le roi. Leurs enfants, leurs parents, les individus et les communautés qu'elles protègent sont également au coeur de la réflexion. Au-delà du portrait factuel, politique, tapageur ou moral, la maîtresse et les siens sont considérés dans leur réalité sociale. Filles, soeurs, tantes, mères, parfois épouses ou veuves, mais aussi dames nobles, femmes d'affaires et protectrices : autant de visages qui montrent la capacité d'action de ces femmes et leur influence dans le devenir de leurs proches, tout en éclairant le fonctionnement du pouvoir royal.
Reprenant une expression célèbre de Térence, l'empereur Tibère aurait comparé l'exercice du pouvoir au fait de tenir un loup par les oreilles : sous la menace permanente du complot ou de l'usurpation, celui qui avait su parvenir au pouvoir devait savoir, pour s'y maintenir, déployer en permanence les qualités et les techniques les plus diverses sous peine de succomber. En cas de contestation, il n'y avait pas d'autre alternative que la victoire ou la mort, que ce soit pour l'empereur en titre ou pour celui qui entreprenait de prendre sa place. C'est cette histoire que ce livre se propose de raconter et d'analyser afin d'en mettre en valeur les ressorts secrets ? les fameux arcana imperii ? mais aussi le langage officiel fait de gestes, de pratiques et de mots d'ordre destinés à assurer la paix et la longévité d'un règne, ou à justifier la révolte. Depuis Auguste jusqu'aux Sévères, durant les trois siècles étudiés ici, complots et éliminations jalonnent l'histoire impériale. Une analyse précise permet de mettre en lumière les logiques qui les sous-tendent. Au gré des variations du consensus dont bénéficie l'empereur, des styles de gouvernement se dégagent, mais aussi des profils de concurrents, hommes et femmes ? car ces dernières jouent un rôle clé et payent un lourd tribut à la stabilité du pouvoir. Dans un régime sans constitution, qui prétend, au début, poursuivre inchangée sa forme républicaine, un langage du pouvoir et de sa contestation se crée et s'installe dans les pratiques. Il constitue, règne après règne, comme une nouvelle tradition. Sources littéraires variées en grec ou en latin, inscriptions ou graffitis, programmes monumentaux ou frappes monétaires, c'est avec une richesse inouïe que l'Antiquité nous a légué son témoignage sur les pratiques impériales, nous permettant d'en lire l'histoire avec une précision qui ne laisse de nous surprendre et de nous parler aussi de notre monde contemporain.